26 février 1940

Par deb3083

CHer journal,

Christa est morte en mettant au monde notre fils, cinq jours seulement après notre arrivée au camp de Dachau. Je n'ai rien pu faire. Elle a ressenti des douleurs au ventre et, le temps qu'un médecin vienne l'examiner, le travail avait débuté.

Son père s'était pourtant arrangé pour qu'elle voyage dans d'excellentes conditions et notre maison ici près du camp disposait de tout le confort. Le médecin n'a pas été capable de nous indiquer les causes de son décès. Mon fils, Rudolf-Heinrich, s'est éteint quelques heures après sa naissance car il était trop faible.

Hier ont eu lieu leurs funérailles à Berlin puisque la famille de Christa vit dans notre belle capitale. Ce n'est pas que leurs corps que j'ai enterrés mais bien toutes mes espérances. Je ne fonderai jamais une famille car je ne tiens pas à renier mes vœux de mariage envers Christa.

Je ne peux pas faire cela à Gerhard, son père, lui qui a fait en sorte que je devienne Hauptscharführer dès mon arrivée à Dachau. Cette promotion a un goût amer pour moi mais je prouverai à tous que je suis un homme capable d'endurer toutes les souffrances. Le chagrin et la déception vont être mes compagnons de route à présent mais ils ne m'empêcheront pas de faire mon devoir.

Même si mon statut ne m'oblige pas à exécuter moi-même les prisonniers du camp, j'ai demandé l'autorisation à Herr Piorkowski, le commandant du camp, de pouvoir déroger à cette règle.

En effet, le drame qui me touche personnellement ne me fera pas perdre de vue pourquoi je me suis engagé dans l'armée et pourquoi je suis ici à Dachau.

Nous avons le devoir d'éliminer les Juifs et tous les opposants à notre Führer. Nous nous devons d'attaquer le mal à sa base et d'éliminer toutes ces sangsues, le fléau de l'humanité, la cause absolue de l'effondrement intérieur de toutes les races, dans lesquelles elles pénètrent en tant que parasites.

Je trouve d'ailleurs que les pendaisons sont bien trop douces pour nos ennemis. Je voudrais les voir souffrir, hurler et non se balancer mollement au bout d'une corde.

Le sang versé par les soldats allemands durant la Grande Guerre doit être expié par les Juifs. La flamme de colère ne cessera de brûler en moi, je te le promets, cher journal, et je suis fier de pouvoir rendre service à notre pays, à l'humanité tout entière en vérité, qui n'a que trop souffert pendant des milliers d'années.

Nous, le peuple aryen, vaincrons. Les Juifs ont ri de notre défaite mais je peux t'assurer que nous allons définitivement leur faire passer cette envie de se moquer de nous.

Werner

 

 

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MélanieDeLune
Posté le 26/11/2020
Werner n'est plus antipathique, à ce stade, je l'exècre, la mort de sa femme et son enfant ne déclenche pas la tristesse escomptée, car je ne suis pas attachée aux personnages ! Werner ne démontre rien de "bon", il était jusque là spectateur de sa vie, et dans ce chapitre il se transforme en monstre. La haine qui transparaît chez lui fait froid dans le dos. C'est aussi très dommageable qu'on ait pas le point de vu de Gretel à ce stade de la lecture. Je serais elle, je serais allé hurler à ma famille : "Grand Oncle Werner était un horrible Nazi et vous me l'avez caché !"
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