Google est ton ami

Notes de l’auteur : Bonne lecture !

Eloann, à des millions de kilomètres de ses amis, en était venu aux mêmes conclusions que Raphaël. S’il ne récupérait pas sa main, qu’il retrouvât ou pas le chemin de la maison ne changerait plus rien.

En passant par la fente de la boîte aux lettres, il avait atterri dans un autre site. Il restait dans le dark web à en juger par la noirceur du ciel mais l’endroit ressemblait plus à une vieux bâtiment administratif désaffecté qu’à un lieu de rencontre. Compte tenu de l’état du sol et des murs, il avait dû accueillir des activités peu recommandables jusqu’à être déserté par ses utilisateurs.

En fouillant un peu, le jeune homme trouva quelques liens pour sortir sur des documents qui trainaient, dans un encadré “Nos visiteurs ont aimé” qui listaient les autres sites favoris des utilisateurs… Il n’avait eu aucun problème à se constituer une carte des différentes portes de sortie mais il ne savait pas laquelle choisir. Dans un lieu aussi inutilisé, il risquait de tomber sur des liens morts et de se retrouver à nouveau coincé. L’expérience de l’écran de chargement ne lui avait pas laissé un bon souvenir. Il ne cherchait pas à la répéter.

Pour le moment, il refusait de se résigner au fait qu’il ne serait jamais physique à nouveau. Première étape du deuil : le déni, il était en plein dedans. Il cherchait encore la solution miracle mais si celle-ci existait, ce n’était pas dans le darknet qu’il la trouverait. Les gens ici étaient bien capables d’aller récupérer une main sur un cadavre pour la lui greffer. Il ne pouvait pas non plus se fier à ce que ses professeurs lui avaient enseigné à l’Université. Leurs recherches dans ce domaine n’étaient pas assez avancées et le darknet répondait à des règles bien différentes du reste de la toile. Il fallait qu’il retourne auprès de la communauté de Lana et qu’il rencontre les spécialistes du code qu’elle avait promis de lui présenter avant la destruction de la page. Tout ce qu’il pouvait espérait, c’était qu’ils n’aient pas péri dans l’attaque de l’antivirus. Comment les retrouver ? Il n’avait pas l’adresse de cette première page où il avait atterri et même s’il l’avait eu, elle avait été détruite et il n’existait sans doute aucune indication sur la façon d’accéder aux autres pages de la confédération. Le secret les protégeait.

Tout ce qu’il savait, c’était que dans le monde réel, les données des pages de la communauté étaient stockées dans un bunker sur une petite exoplanète trop éloignée pour la colonisation mais assez grande pour accueillir une armée. Il allait devoir se risquer à travers les liens dont il disposait pour trouver de quoi commencer sa quête : il avait besoin d’un moteur de recherche.

Le premier site sur lequel Eloann trouva une barre de recherche correcte et faussement légale était un catalogue proposant toutes sortes de pierreries à prix cassés. S’il ne transpirait pas l'honnêteté, le jeune homme brun le préférait néanmoins à ceux qu’il avait pu trouver sur d’autres pages de cet partie de l’Univers et qui proposaient au choix : de la drogue, des femmes ou des hommes vivants ou en morceaux, des animaux sauvages protégés, de l’alcool frelaté, des armes ou autres objets illicites. Il avait dû parcourir de nombreuses pages qu’il n’aurait jamais souhaité connaître pour en arriver là mais à force de courir à travers les liens pour passer le moins de temps possible dans les endroits mal famés, il avait trouvé ce qu’il cherchait.

Le site ressemblait à une bijouterie. Des vitrines de joyaux parsemaient le long des murs. Dans une pièce qui paraissait être une mezzanine surplombant le reste, il avait trouvé l’onglet de recherche. Eloann avait tracé en grand l'adresse trouvetaplanete.com sur un grand tableau blanc à l'aide d'un feutre qu'il avait trouvé dans un des tiroirs du bureau. A côté du tableau un vieux vélo d'appartement prenait la poussière. Le jeune homme grimpa dessus sans se soucier de son état et commença à pédaler pour actionner la recherche. Sans surprise, la page changea, aucune pierrerie n'apparut nulle part mais une ligne calligraphiée s’inscrit sous sa recherche.

No result found. Search for more”.

C’était ce dont il avait besoin. Eloann perçut le lien sans réellement le voir et le traversa. Ces quelques mots contenaient un passage vers un moteur de recherche conventionnel et général.

« C’est Albane qui va être contente » commenta-t-il en levant les yeux vers les étoiles.

Il était de retour sur le world wide web : le ciel n’était plus obscur et il avait un plan. Du moins, c’était ce qu’il pensait.

Il avait peut-être un peu sous-estimé sa tâche... Une fois sur le site de recensement des planètes connues, il filtra la liste selon les indications que Lana et Maxence lui avaient données sur la planète où se trouvait les données des pages de la confédération. Alors qu’il pensait que seules quelques-unes correspondraient au profil, 12 864 planètes remplissaient les critères. Même s’il passait seulement cinq minutes à vérifier chaque carte d’identité de la planète, sans faire de pause, il lui faudrait un mois et demi pour toutes les analyser. Or, cinq minutes était court pour déterminer si une planète banale et inconnue pouvait cacher une petite armée et un bunker rempli de données.

Eloann se résigna. Il fallait qu’il trouve une autre solution et la seule qu’il connaissait n’était pas pour le réjouir : retrouver Maxence et le supplier de l’aider en l’amenant à Lana.

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