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Notes de l’auteur : Bonne lecture !
Commentaires et surtout critiques très appréciés !

« Il a accepté le cookie ! »

Des cris de joie emplirent la salle. Lina lança la musique et les jumeaux commencèrent à danser une chorégraphie de leur cru. Ils avaient apporté les traditionnelles chips mais aussi quelques boissons et bonbons pour fêter l’événement. Gaylor et Ludivine ne rejoignirent pas la danse mais regardaient le spectacle en riant et Raphaël tapait des mains. Seule Albane était assise à son bureau et continuait de tapoter sur le clavier de son ordinateur en sirotant son soda.

***

Tant qu’Eloann n’avait pas accepté le cookie, les membres de sa bande n’avaient aucun moyen de savoir si ses données avaient survécu au transfert raté vers le site de l’Université ou s’il avait disparu à jamais.

Le jour suivant la disparition d’Eloann, Albane avait été dormir un peu, puis, avait passé le reste de sa soirée à coder le livreur du cookie afin qu’il retrouve la trace du jeune homme à partir de son code source. Elle avait fait en sorte qu’il soit rapide. L’algorithme du petit bonhomme passait en revue des millions de pages, cherchant des traces de passage, analysant les probabilités, lançant ses “filets” dans toutes les directions. Contente de son travail, la jeune femme ne doutait pas de son succès futur : si Eloann avait atterri quelque part dans l’espace, elle le trouverait.

Pourtant, l’angoisse était progressivement montée avec l’allongement du temps de recherche. La jeune femme avait rapidement calculé que si son ami n’avait pas changé de code source depuis qu’il avait quitté la page, le livreur mettrait une à deux heures à le retrouver. Il ne pouvait être si loin !

C’était sans compter qu’il se trouvait sur cette page blanche, non reliée et ultra protégée. Le délai était passé depuis longtemps mais eux n’avait aucun moyen de savoir ce qui clochait. Ils ne pouvaient qu’imaginer le pire.

Après avoir mis en ligne l’intelligence artificielle, ils avaient dû retourner en cours. Eloann suivait des études dans la même classe que l’une des amies de Lina. Cette dernière l’avait supplié de couvrir l’absence du jeune homme en l’excusant auprès des professeurs.

« Dis-leur qu’il est malade ! »

L’amie en question n’avait accepté qu’à condition que Lina lui organise un rendez-vous avec son jumeau, ce qu’elle avait accepté. Vendre Robin n’était pas un problème si ça arrangeait tout le monde. Elle ne l’avait pas informé qu’il avait déjà une copine. Il fallait qu’elle accepte et n’avait pas besoin de le savoir. Ils iraient prendre un café un jour ou l’autre, Robin lui sourira gentiment, sera poli, fera la conversation et ne la rappellera jamais.

Alors qu’il traversait l’Université, Gaylor avait croisé Gaëlle, la copine d’Eloann. Elle avait des cernes sous les yeux et semblait assez anxieuse. Au moment où il passa près d’elle, alors qu’il essayait tant bien que mal de ne pas se faire remarquer en baissant la tête vers le sol, elle lui sauta dessus. Maudits cheveux blonds ! Ils le rendaient bien trop repérable. Il savait bien qu’il aurait dû mettre une capuche…

« Salut Gaëlle, marmonna-t-il en essayant de paraître naturel, innocent et enjoué à la fois.

— Où est-il ? gonda-t-elle. Qu’est-ce que vous avez encore foutu ? Pourquoi ne répondit-il pas à mes messages ? »

Des frissons de peur parcoururent l’échine de Gaylor en entendant son ton menaçant. Il prit le parti de fuir au plus vite. S’arrêtant brusquement alors qu’elle continuait de marcher, regardant droit devant elle pour ne pas foncer dans quelqu’un, il fit volte-face et couru aussi vite qu’il le pu dans la direction opposée. Il serait en retard en cours mais il tenait à la vie. Gaëlle ne remarqua que quelques instants plus tard sa disparition. Lorsqu’elle se retourna pour voir pourquoi il ne lui répondait pas, il était déjà hors de vue et elle était seule en train de parler toute seule au milieu d’un couloir.

Albane avait fait en sorte d’être prévenue lorsqu’Eloann aurait accepté le cookie, s’il l’acceptait… Elle était censée recevoir une notification sur son téléphone. Chaque fois qu’elle croisait un membre du groupe - et cela arrivait plus souvent que d’habitude, à croire qu’ils la suivaient ! – ils lui lançaient questions muettes à base de grands yeux écarquillés et de sourcils levés mais elle leur répondait toujours par le même petit signe de tête négatif.

Ils avaient dû attendre plusieurs jours avant de recevoir l’information tant attendue. Ils avaient tous l’air épuisé à force de passer des nuits entières à angoisser. Les cheveux de Lina, si bouclés d’habitude, pendaient mollement des deux côtés de son visage. Robin arborait toujours sa tignasse mais n’avait plus le cœur à shooter dans tout ce qui trainait au sol. Gaylor était encore plus taiseux qu’à l’ordinaire et sursautait quand on s’adressait à lui : il était persuadé que Gaëlle allait le retrouver d’un moment à l’autre. Ludivine restait de longs moments plongée dans ses pensées, les yeux dans le vague et cerclés de noir par la fatigue. Albane se rongeait méthodiquement les ongles. Raphaël était presque aussi introuvable qu’Eloann, tant il se perdait dans ses révisions.

Ils avaient établi de se retrouver chaque soir à la même heure afin de faire un point sur la situation. Eloann pouvait tenter de les contacter par d’autres moyens. Il fallait donc qu’ils soient extrêmement prudents et surveillent tous les signes qui pourraient se révéler être un message. Ils épluchaient donc leurs mails, y compris leurs spams, vérifiaient chacun de leurs réseaux sociaux, consultaient les commentaires sur les sites qu’Eloann consultait le plus souvent. Ils allaient même jusqu’à consulter l’intranet de l’Université, partie du site qu’ils n’utilisaient en temps normal que pour connaître leur relevé de note en fin de semestre.

Plus le temps passait et moins ils avaient d’espoir. Qu’allaient-ils donc dire à ses parents ? Combien de temps mettrait-il à se rendre compte de sa disparition ? Albane avait conservé le téléphone portable d’Eloann. Pour le moment, elle ne l’avait pas encore piraté mais elle y songeait de plus en plus. Peut-être qu’un indice se trouverait à l’intérieur. Si elle parvenait à le ramener, son ami lui pardonnerait d’avoir fouillé son téléphone.

En plein cours, Albane reçut enfin le message tant attendu : Eloann avait accepté le cookie. Elle s’empressa d’envoyer une capture au reste de la bande avec le message suivant : “Rendez-vous à 20h dans la salle”.

À présent, ils étaient rassemblés dans leur quartier général. Albane ouvrit le programme qui permettait de lire le cookie. Celui-ci présenta l’adresse d’une page étrangement compliquée qui se mit à clignoter quelques instants puis disparut. Albane devint livide. Le cookie était vide. 

 

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ModesteContesse
Posté le 28/02/2021
Je continue sur ma lancée ! J'aime beaucoup ces sauts entre le point de vue d'Eloann, qui ma foi n'est pas trop inquiet sur son sort, et le point de vue de ces amis ! C'est aussi une bonne façon de faire l'opposition entre le monde réel (monde d'angoisse, etc) et le monde virtuel (un nouveau monde riche à explorer, qui fait oublier la réalité)! J'espère que cette opposition monde réel / monde virtuel continuera de se manifester par la suite, avec un personnage dans le monde virtuel, et d'autres dans le monde réel.

Petites remarques :
"danser une chorégraphie de leur cru" --> danser sur une chorégraphie, non ?
"il fit volte-face et couru aussi vite qu’il le pu dans la direction opposée" --> courut et put
"ils lui lançaient questions muettes à base de grands yeux" --> des questions muettes
"leur relevé de note" --> notes (j'espère pour eux qu'ils en ont plusieurs ? xD)
"Combien de temps mettrait-il à se rendre compte de sa disparition ?" --> mettraient-ils (ce sont les parents il me semble ?)
ModesteContesse
Posté le 28/02/2021
P.S. j'ai oublié de demander : ça veut dire quoi un cookie vide ? Désolée, je suis vraiment nulle en informatique moi ^^
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