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Notes de l’auteur : Les critiques et commentaires sont toujours les bienvenus ! :)

Une fois le commentaire ajouté, la bande s'attendait à voir débarquer Eloann d'un instant à l'autre. Il lui suffisait de le traverser. Si le blog avait comporté de nombreuses pages, il y aurait eu un risque qu’il manque l’apparition du commentaire mais comme l’espace était restreint, où qu’il soit, il verrait le lien apparaître.

Dans l’endroit où ils s’étaient réunis, ils avaient peu de chance d’être dérangés. Cette partie de l’Université abritait une ancienne salle informatique avec des ordinateurs vieux de plus de vingt ans que personne n’utilisait depuis des lustres. Ce que tout le monde ignorait, c’était que Raphaël, Albane et Robin avaient passé des journées entières à installer de nouveaux composants dans leurs systèmes. S’ils avaient un aspect antique, ce n’était que pour mieux dissimuler leur puissance. La salle se situait dans une aile en préfabriqué peu utilisée d’un des anciens bâtiments administratifs. Le sol couvert de carrelage gris datait de la fin des années 2000. Malgré cet aspect vintage, leur lieu de rendez-vous constituait une bulle de modernité comparé au reste du bâtiment. La porte donnait sur un des couloirs de l'Université historique : le carrelage et la peinture écaillée laissaient place aux boiseries bien plus anciennes qui n’avaient pas été restaurées depuis longtemps. Avec cette déco, on se serait presque attendu à entendre des Expelliarmus ! fuser dans les couloirs. Il ne manquait que les encriers sur les tables.

Les membres de la bande y avaient établi leur quartier général. Les placards étaient toujours remplis de nourriture, de plaids en cas de baisse des températures, de carnets de notes pour inscrire leurs meilleures idées. Ils s’y retrouvaient toutes les semaines depuis qu’ils s’étaient rencontrés et étaient tous devenus potes.

Robin et Gaylor patientaient en shootant tour à tour dans une ancienne souris défectueuse qu’ils avaient trouvé dans un tiroir. Ludivine et Albane chuchotaient en mangeant des chips. Lina avait décidé d'améliorer l'ambiance et cherchait dans sa playlist une musique qui permettrait d'accueillir Eloann comme il se devait.

Raphaël arriva avec un air désapprobateur. 

« Vous avez joué toute la nuit ?! »

Chacun des membres du groupe souhaitait du plus profond de son cœur qu’Eloann apparaisse à cet instant. Aucun d’entre eux n’avait envie d’avouer à Raphaël ce qu’il venait de se produire et ce à quoi Albane avait passé sa nuit. Ils se figèrent tous, s’échangeant des regards gênés, attendant que quelqu’un prenne la parole. Albane, en tant que membre le plus âgé aurait bien pris cette responsabilité en temps normal, d’autant qu’elle connaissait bien Raphaël, mais après une nuit blanche, elle n’avait plus la force de subir les foudres du jeune homme. Elle attendait donc qu’une âme charitable daigne les sortir de l’impasse.

La musique choisie par Lina qui chargeait depuis une dizaine de secondes se lança soudain. Un son rythmé qui donnait envie de danser envahit la pièce. S’il ne servit pas à accueillir Eloann qui ne fit pas son apparition, le morceau eut au moins l’effet de faire éclater la bulle d’atmosphère pesante qui régnait dans la pièce. Raphaël regarda Lina d’un air interloqué. Elle lui fit un sourire et esquissa un petit pas de danse. Tous éclatèrent de rire, un rire qui se transforma en une sorte de gloussement incontrôlable qui continua jusqu’à ce qu’ils en pleurent et se tiennent les côtes. La musique n’était pas si drôle mais cette excuse pour une bonne tranche de rigolade leur permit d’évacuer le stress et l’effet de la fatigue sur leurs nerfs. Lorsque le silence revint, tous se sentaient plus calmes sauf Raphaël qui regardait ses amis comme s’il était entouré d’une bande de fous. 

« Où est Eloann ? »

Cette question fit s’évanouir les derniers rires. Robin prit son courage à deux mains.

« Il est bloqué sur une page mais…

— Bloqué ? coupa Raphaël. Où ça ? Quelle page ? Qu’est-ce que vous avez foutu encore… ? »

Robin, aidé par Lina, essaya de prendre un ton rassurant pour calmer le jeune homme.

« Albane a géré, elle a piraté la page et ajouté un lien pour qu’il puisse rentrer. Il devrait arriver d’un moment à l’autre. 

— Pourquoi n’est-il pas encore là ? demanda-t-il avec un air suspicieux qui montrait qu’il ne se laissait pas berner par le ton complaisant que prenait son amie. Un transfert prend quoi ? Cinq minutes maximum. »

Ils ne le savaient tous que trop bien.

« Il doit dormir, bafouilla Lina en s’approchant de Raphaël pour le prendre par l’épaule avec douceur. Il est encore tôt. S’il a cherché un échappatoire toute la nuit, il doit être en train de se reposer. Tu veux un café en attendant ? »

En formulant cette hypothèse qui venait de lui traverser l’esprit, Lina rassurait Raphaël mais aussi toutes les autres personnes présentes dans la pièce, y compris elle-même. Ils n’avaient pas pensé qu’une chose si simple pourrait retenir le jeune homme. Ils avaient tous envisagé le pire.

« Il suffit de regarder le code source de la page ! s’exclama Albane. Nous verrons s’il y est encore ou s’il est en cours de transfert. »

Ils s’y connaissaient tous plus ou moins en code informatique. Impossible de survivre dans ce monde sans maîtriser plusieurs langages numériques. Chaque membre de la bande savait à quoi ressemblait le petit amas de données qui attestait de la présence d’une personne sur une page et qui se superposait au reste du contenu comme si on avait voulu écrire deux fois sur la même ligne. Le blog étant court et peu rempli, le code tenait en entier sur l’écran. Ils purent tous le lire en quelques minutes et se rendirent à l’évidence : Eloann n’était plus sur la page.

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FabrysBesson
Posté le 04/03/2021
Un chapitre agréable à lire.
Je regrouperais la description de l'endroit avant celle des ordinateurs.

"La salle se situait dans une aile en préfabriqué peu utilisée d’un des anciens bâtiments administratifs."
La phrase me semble compliquée. Je te propose :
"À une époque, on avait aménagé des modules préfabriqués en extension des bâtiments administratifs. Ils se réunissaient dans l'une des salles peu utilisées."
"Le sol couvert de carrelage gris"
>>Le sol carrelé de gris datait de la fin des années 2000. Malgré cet aspect vintage, leur lieu de rendez-vous constituait une bulle de modernité comparé au reste du bâtiment.
"La porte donnait sur un des couloirs de l'Université historique : le carrelage et la peinture écaillée"
>>Dans des modules préfabriqués, il y a rarement du placo-plâtre aux murs et de la peinture. Les parois souvent recouvertes d'une pellicule en vinyl qui se déchire en s'alterant. Tu peux consulter des sites de fabricants comme Portakabin pour t'inspirer.

"laissaient place aux boiseries bien plus anciennes qui n’avaient pas été restaurées depuis longtemps. Avec cette déco"
Je trouve la description de cette déco un peu maigre. Tu évoques cette Université comme une institution de poids, mais je ne sens pas son ancrage. Les simples boiseries ne me renvoient pas vers Poudlard. Il m'en faudrait plus.

"Il ne manquait que les encriers sur les tables.

Les membres de la bande y avaient établi leur quartier général."
>>En passant des bâtiments anciens à "y avaient établi", cela ne situe plus l'action dans le préfabriqué.
Je pense qu'il y a matière à retravailler en regroupant tes descriptions comme je l'ai écrit plus haut. Cela éviterait des allers et retours entre le préfabriqué, l'université et les ordinateurs.
ModesteContesse
Posté le 23/02/2021
Un chapitre transition (je trouve ?) qui est intéressant et permet d'introduire le personnage de Raphaël qui semble le plus mature et raisonnable de tous ! Tu arrives bien à retranscrire les ambiances de groupe je trouve : tantôt l'inquiétude contagieuse, et là ce fou rire - qui porte bien son nom - qui se propage parmi tous les protagonistes. C'est très réaliste, on imagine aisément la scène et on a cette impression de déjà vu : on a tous connu ces réunions dans l'angoisse ou dans le rire ! Alors bien joué pour ça ;)

Petites remarques :
"Le sol couvert de carrelage gris datait de la fin des années 2000 mais les boiseries au mur étaient bien plus anciennes" --> là ce n'est pas une correction mais une opinion que j'aimerais te soumettre : avec cette phrase, j'ai du mal à imaginer le décor. Le mélange carrelage gris année 2000 et boiseries anciennes crée quelque chose d'impossible et d'inconciliable dans ma tête (surtout quand tu ajoutes qu'on s'attendrait à entendre des Expelliarmus juste après). Ce n'est que mon avis bien sûr, mais ce que je te conseillerais c'est de décrire un peu plus le carrelage gris (ex "rugueux comme de la pierre d'un autre temps) ce genre de choses, qui rendraient son association avec les boiseries pas trop étrange ! Bon là c'est vraiment du chipotage (on peut même dire que je suis pénible) donc tu fais ce que tu veux de cette remarque ! Libre à toi de la prendre en compte ou pas ^^
"un ancienne souris" --> une
LiraBücher
Posté le 24/02/2021
Merci beaucoup pour ton commentaire.
J'ai changé le paragraphe qui posait problème. C'est peut-être plus facile à imaginer ainsi : une pièce "moderne" (année 2000) qui aurait été ajoutée pour agrandir l'université. Lorsqu'on ouvre la porte on passe dans la partie historique. J'espère que ce sera plus facile à imaginer ! Encore merci et bonne lecture :)
ModesteContesse
Posté le 24/02/2021
Je viens de relire le passage : oui c'est beaucoup plus clair comme ça ! Avant, on avait l'impression que c'était une seule et même pièce dans le même bâtiment, avec des boiseries anciennes et du carrelage des années 2000 au même endroit, j'étais un peu perdue ahah ! Ecrit comme ça, c'est logique et ça fait sens ;) Ça ajoute également des détails et des informations sur l'Université (qui est encore très mystérieuse à mes yeux), donc c'est très bien !
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