Chapitre 1

 

LA CLOISON

 

DÉCOR :

Sur scène, deux chambres d’hôpital côte à côte, en parfaite symétrie, séparées par une cloison. Seul le mur côté spectateur est absent, les cinq autres (murs, sol et plafond) sont physiquement présents, augmentant l’effet de “boîte”. Le mur du fond est celui de la porte vers le couloir. Fenêtres aux murs extérieurs, dehors il fait nuit. Les deux chambres sont éclairées de lampes intérieures (pas d’éclairage général de la scène).

Il y a un enfant dans la chambre de gauche, ARTHUR (9 ans), et un dans celle de droite, NARSEH (13 ans). Pleurs et gémissements venant d’autres pièces.

ACTE 1

 

NARSEH. Alors, on cause aujourd’hui ?  

ARTHUR. Chuuut-euh! Ils ont dit qu’on devait pas parler !

NARSEH s’assoit dos à la cloison qui les sépare, et commence à jouer avec de petits bouts de bois qu’il arrache aux lattes du parquet.

NARSEH. C’est nul, comme règle - déjà, tout le monde parle, et puis ça fait trois jours que je t’entends chouiner, alors ne viens pas me parler de discrétion. Attention, sinon, je fais comme hier et je te raconte ma vie - je m’étais arrêté où, déjà ? Ah, oui, alors - donc, cette pétasse de Mélissa -

NARSEH continue à parler, très vite et quasiment sans jamais s’interrompre.

ARTHUR laisse passer une minute.

ARTHUR. Tu crois qu’ils vont revenir un jour ?

NARSEH, immédiatement. Non, ils sont tous morts et on va crever de faim.

ARTHUR frappe contre la cloison.

ARTHUR. Hé ! Pourquoi tu dis ça !? Tu crois qu’y a plus rien à espérer ?

NARSEH. Plus d’espoir de baiser ta mère, ça c’est sûr ! Toutes ces nuits passées ensembles… Je crois qu’elle va plus me manquer que ma mère.

Vacarme de métal au pied de l’édifice.

ARTHUR, se paralyse. C’est quoi ça ?

NARSEH. Attends, laisse-moi activer mes lunettes à rayon X - oups, je les ai oubliées à la maison quand j’ai fui la horde de monstres qui voulait me bouffer le cul !

ARTHUR, après un instant. Dommage, ça nous aurait servi… Tu t’appelles comment, déjà ?

NARSEH. Abraham Lincoln.

À l’étage inférieur, une porte battante grince et claque.

NARSEH soupire. Vingt dollars que c’est les gosses de Perkins, ils arrêtent pas de faire du bruit depuis hier. Ils tapent contre le plafond la nuit, ces crétins.

ARTHUR. Alors ils vont mourir…

NARSEH. Bah, franchement, bien fait pour eux.

(pause)

NARSEH. Non, je pense pas qu’ils vont mourir. T’as une fenêtre de ton côté ?

ARTHUR, regarde autour de lui. Sur la gauche, elle donne sur la cour intérieure. Mais bon, c’est fermé… T’en as une toi ?

NARSEH. Ouais, sur le mur à ma gauche - je vois la route, mais pas la cour. Tu vois, si t’avais parlé plus tôt, on aurait pu monter un putain de plan de surveillance.

Des chuchotements sous leurs pieds.Des portes s’ouvrent, et des enfants crient.

Silence.

NARSEH, après un moment. T’es toujours là ?

ARTHUR, moqueur. Je te manquais ?

NARSEH. Chaque moment loin de toi est une souffrance.

NARSEH s’accroupit et pose son oreille contre le sol. Il écoute attentivement. Rien.ARTHUR vérifie que sa porte est bien verrouillée.

ARTHUR. Tu parlais d’un plan ? Tu veux sortir ? On doit attendre les grands, normalement !

NARSEH. Sortir ? T’es fou ou bien ? Je pensais à un plan de défense. Avec nos fenêtres, on couvre déjà deux côtés du bâtiment. Après...

Bruits de pas au bout du couloir.Un claquement, la lumière s'éteint dans les chambres.Seule la faible lumière des écrans de scope éclaire les pièces.

ARTHUR ouvre des yeux ronds et se fige.

NARSEH. Ça va ?! T’es toujours là ?!

ARTHUR ne répond pas, sa respiration est forte et saccadée.

NARSEH. T’es là ? Mec ? Ça va ?!

VOIX D’ENFANT (à l'étage inférieur). Papa ?

NARSEH, tapant du pied. ARRÊTEZ DE FAIRE DU BRUIT !

Puis il soupire, se frotte la nuque :

NARSEH. T’es toujours là ? Tu flippes ? Dis juste si ça va.

ARTHUR chuchote. Attends, écoute.

UNE FILLE (à l’étage inférieur). Maman ? Maman ?

Un verrou est ouvert, une porte grince.

PETITE FILLE. Ma… Maman ?!

Une deuxième, puis une troisième porte de chambre s’ouvre.

UN GARÇON. Papa ?

UNE FILLE. C’est vous ?

PETITE FILLE. Ma- (cri aigu)

Cris à l’étage inférieur.

 

FIN DU PREMIER ACTE.

 

 

 

 

ACTE 2

 

Les cris ont cessés, silence de plomb dans le corridor.

ARTHUR chuchote. Hé ! t’es là ?

NARSEH, sur le même ton. Où tu veux que je sois ? Ta lumière est toujours éteinte ?

ARTHUR. Oui. Et la tienne ?

NARSEH. Ouais, ça a dû péter dans tout le bâtiment.

ARTHUR. Faudrait aller les aider, tu crois pas ?

NARSEH. Qui ça, les autres ? Tu les connais ?

ARTHUR. Non, je crois pas… 

Bruits de pas dans le couloir.

Silence.

NARSEH hésite puis s’éloigne de la porte, s’aidant du mur pour aller s’accroupir dans le coin le plus éloigné de l’embrasure.

ARTHUR se colle au mur-cloison et chuchote. Hé ! Abraham Lincoln, me laisse pas tout seul, hein ?

NARSEH chuchotant, de plus en plus vite. Ah bah maintenant ça cause, ça a passé trois jours à me laisser me lamenter et maintenant ça veut que je lui tienne compagnie, super, génial, bravo…

(pause)

NARSEH. Eh, tu sors pas, hein ?

ARTHUR. T’es fou ? Je veux pas finir comme les autres. (pause) Comment on va faire si les grands reviennent jamais ?

Une sonnerie de téléphone fixe retentit dans une chambre éloignée.

NARSEH. T’entends ?

ARTHUR. Ouais.

NARSEH. Mais… Attends… Y’a plus d’électricité. Comment...

ARTHUR. Comment ça se fait, alors ? … Quelqu’un peut pas répondre ? Le faire s’arrêter de sonner ?

Au loin, la sonnerie s’est arrêtée.

Après un temps, un verrou s’ouvre, une porte grince.Bruit de course dans le couloir.

Silence.

ARTHUR. Quelqu’un s’est barré, j’crois.

NARSEH. J’espère qu’il a laissé sa bouffe. J’ai presque plus rien, moi.

ARTHUR gargouille. Ouais j’ai trop faim aussi… Eh mais, tu veux aller chercher la bouffe ? Tu m’avais dit que tu sortais pas ! Tu sors pas, hein ?

NARSEH. Non, non, pas maintenant, peut-être dans… Une, deux heures, je sais pas…

ARTHUR. C’est super dangereux ! (pause) Faut faire gaffe alors, se préparer, s’armer…

NARSEH, l’interrompt. Tu veux venir avec moi, tu veux dire ?

ARTHUR. Euh… Ben euh… Si on s’équipe bien… J’ai super faim.

NARSEH. Tu fais du sport ? T’es prêt à courir ? T’as qu’à faire l’appât.

ARTHUR. Eh ! Tu me prends pour un débile ? Vas y tout seul, dans ce cas.

NARSEH. Non mais, je - je disais ça comme ça.

ARTHUR. Mouais. Bon, faut chercher des armes alors, t’as quoi dans ta chambre ?

Une sonnerie de téléphone retentit dans une autre chambre, plus proche.

ARTHUR. Ok c’est bon, j’y vais plus.

NARSEH. Ouais, en fait j’ai plus faim.

(pause)

NARSEH. Tu crois que c’est - je veux dire… On doit avoir les mêmes chambres. T’as un téléphone à côté de ton lit ? Un gros truc blanc ?

ARTHUR tâtonne jusqu’au lit. Attends, je regarde… Oui c’est un téléphone, je crois.

NARSEH. Tu crois que c’est ça qui sonne ?

La sonnerie s’arrête. Un temps de silence. Un verrou s’ouvre.Des bruits de pas qui s’éloignent dans le couloir.

Silence.

ARTHUR. Mais qu’est-ce qu’ils font ?

Le téléphone de chevet sonne dans la chambre d’ARTHUR.

ARTHUR, après un moment à fixer le téléphone, paralysé. Je fais quoi ?!

NARSEH. Y’a plus d’électricité ! C’est forcément un piège !

ARTHUR. Mais c’est peut être les adultes ! Ils ont réussi et ils veulent qu’on sorte les rejoindre ?!

NARSEH. Et ils nous appellent comme ça un par un au lieu de - je sais pas, faire du bruit dans le couloir ? Crier ?

ARTHUR, après un moment de réflexion. Tu as peut être raison…

Le téléphone continue de sonner.

ARTHUR panique. Mais il s’arrête pas!

NARSEH. Bon, tu, tu, euh - tu décroches vite et tu - tu raccroches aussitôt, juste pour que le bruit s’arrête. Mais t’écoutes pas, hein !

ARTHUR décroche.

Dans le combiné, UNE VOIX. Arthu…

ARTHUR raccroche rapidement. Je … J’ai raccroché, j’ai raccroché ! …

Il déglutit.

ARTHUR. Ce … C’était ma mère …

NARSEH. Ta mère ?

ARTHUR, larmes aux yeux et voix tremblante. Oui… Elle m’appelait…

NARSEH, mal à l’aise. Si c’était vraiment elle, elle va rappeler…

ARTHUR. Elle avait une voix bizarre... mais c’était elle, j’en suis sûr !

Le téléphone de chevet d’Arthur sonne de nouveau.

ARTHUR. Je vais décrocher, hein?

NARSEH. … Ok. Mais tu dis rien, d’acc ? Tu fais gaffe.

Pause.ARTHUR décroche.

UNE VOIX. Arthur ? C’est Maman, il faut que tu sortes pour nous rejoindre. Il faut y aller un par un. Il suffit de courir sans rien toucher, tu vas jusqu’au couloir et tu descends nous rejoindre. Sors maintenant !

La ligne est coupée.ARTHUR raccroche le combiné et reste muet.

NARSEH. C’était ta mère ? Elle a dit quoi ?

ARTHUR. Elle veut que je sorte. Ils sont en bas, ils nous attendent. Il faut courir vite et rien toucher.

ARTHUR se dirige lentement vers la porte.

NARSEH. Eh ? Oh ! Tu me laisses pas là tout seul !

ARTHUR. Ils vont t’appeler aussi, c’est sûr ! Ils sont en bas, ils nous attendent ! Mais faut faire vite !

NARSEH. Sois pas chien, attends au moins qu’on m’appelle ?

ARTHUR, après un moment. Bon, d’accord. Mais juste un instant, et après, on sort.

NARSEH. Ok, ok. Cool.

(pause)

NARSEH. Merci.

ARTHUR. Ouais. (pause) Comme ça on sera ensemble. C’est mieux que tout seul.

NARSEH. Woah, c’est beau ce que tu dis.

Arthur sourit.

FIN DU DEUXIÈME ACTE.

ACTE 3

 

Après de longues minutes d’attente, le téléphone de Narseh n’a toujours pas sonné.

ARTHUR, soupire. Ça fait longtemps qu’on attend...

NARSEH, nerveux. Tu sais, franchement, ça m’étonne pas - si ce sont vraiment les parents qui appellent… Ma mère en a rien à carrer de moi, ah ah. Euh. Ouais. Du coup tu, tu vas sortir ?

ARTHUR. Bah… C’est qu’ils nous attendent, du coup… Mais… Tu veux pas venir ? Je veux pas sortir tout seul.

NARSEH. Bon, si t’insistes - je veux dire, qu’on y aille tout seul ou à deux, ça va rien changer si ce sont de gros monstres qui nous attendent en bas, hein ?

Nouveaux bruits de pas dans le couloir.Des petits coups sont frappés aux portes d’autres chambres.

ARTHUR, chuchote. Attends ! T’entends ça ?

NARSEH. Chut !

NARSEH hésite, puis rampe jusqu’à la porte et y colle prudemment son oreille.

Dans le couloir, allers-retours à pas traînant.

NARSEH, chuchotant. Je crois qu’il y a un… Un truc. Dehors. T’es là ?

ARTHUR, chuchote. Oui oui … C’est qui ? Enfin … c’est quoi ?

Une porte est ouverte avec fracas.

VOIX DE FILLE. On se défend ! A l’attaque !

D’autres portes s’ouvrent.Bruits de combat et hurlements d’enfants.

ARTHUR se tapit sur le sol.

ARTHUR. Mais qui fait ça ? Qu’est-ce qu’ils font les autres ?!

NARSEH. Je sais pas ! Je - qu’est-ce - on se fait attaquer ? Y’a des monstres dans le couloir ?

Il s’éloigne de la porte en titubant.

NARSEH. Merde ! Putain ! Y’a des monstres dans le couloir !

ARTHUR, en panique. Oh merde ! Merde !

ARTHUR rampe en s’éloignant de la porte.

NARSEH. Éloigne-toi de la porte ! Recule le plus possible !

ARTHUR. Merde ! C’est déjà ce que je fais !

Silence.

ARTHUR. Hé ! Va falloir quand même sortir un jour, non ? Comment on va faire ? Ils sont tous… Tu crois qu’ils sont vivants ?

NARSEH. Chuuut.

Il se concentre.

NARSEH. Ils peuvent pas… Être tous morts. C’est allé trop vite.

De nouveaux pas hésitants dans le couloirs,de nouveaux coups sont frappés aux portes des chambres.

ARTHUR, à voix basse et tremblotant. Ça se rapproche !

NARSEH, sur le même ton. On était combien, à l’étage ? Tu te souviens ? Y’en a deux qui sont partis - trois qui se sont battus….

ARTHUR compte sur ses doigts.

ARTHUR. Je sais plus du tout !

NARSEH. On n’était pas que sept, si ? Si on était sept - c’est qu’il reste plus que - y reste plus que nous ?

Bruits métalliques et chuchotements au plafond.

ARTHUR se colle au mur-cloison.

ARTHUR, en panique. Hé, y’a des trucs dans les murs ! Reste là hein ! Dis un truc, dis un truc !

Les yeux de NARSEH passent de la porte au plafond, du plafond à la porte,mains enfouies dans ses cheveux, et bouche grande ouverte.

On toque aux portes d’ARTHUR et de NARSEH.

ARTHUR, à voix basse. Merde mais c’est qui ? (à voix haute, après une pause) C’EST QUI ?

NARSEH continue à fixer le plafond, immobile.

UNE VOIX (en toquant). Les enfants, les enfants, sortez.

ARTHUR, soulagé. C’est un grand ! T’entends ? C’est un grand !

NARSEH, marmonne. Y’avait lui, et moi, et la soeur d’Estelle, et l’autre - l’autre crétin, là, et Eddie, et… Et un autre gars… Ca fait sept - donc soit ils sont tous morts…

ARTHUR. Qu’est-ce que tu dis ? J’vais voir qui c’est. C’est peut être mon père !

ARTHUR se rapproche de la porte.

UNE VOIX (à la porte, enrouée). Arthur, c’est maman, il faut sortir, venez avec nous.

NARSEH réagit, comme choqué.

NARSEH. C’est ta mère ?

ARTHUR, hésitant. Euh … Je crois.

NARSEH. Mais - c’est pas possible - si y’a eu des… Des trucs dans le couloir, elle a pas pu monter.

ARTHUR, soulagé. Alors ça veut dire qu’il y en a plus !

NARSEH hésite.

NARSEH. Demande-lui un truc. Je sais pas… Demande un truc qu’elle seule sait.

ARTHUR. Mam… Maman? Si c’est toi, dis moi : Tu te souviens ce que tu m’as dit quand l’arbre du jardin a pris feu?

Au plafond les bruits et les chuchotements deviennent des voix.

VOIX D’ENFANT (du plafond). C’est pas des vrais adultes, faut pas les écouter. Ouvrez les dalles au plafond, on vous fait monter et on s'enfuit ensemble.

ARTHUR, au plafond, méfiant. Et toi t’es qui?

NARSEH se fige à nouveau et tord le cou en direction du plafond.

MÈRE D’ARTHUR. Arthur, c’est pas des vrais enfants, faut pas les écouter. Il faut sortir, la voie est libre, venez avec nous.

ARTHUR hésite. Ses yeux passent de la porte au plafond.

ARTHUR. Mais qui dit la vérité?

NARSEH, sifflant. Ta question, là - elle a pas répondu.

VOIX D’ENFANT (du plafond). C’est pas des vrais adultes, faut pas les écouter. Montez.

NARSEH. On peut pas - on peut pas choisir là, comme ça. C’est trop… (il redresse la tête et s’adresse au plafond) : si vous dites qui vous êtes, je monte.

ARTHUR. C’est vrai ?!

NARSEH. Écoute, mon gars - le couloir était plein de monstres, donc soit ta mère a des couilles en acier et patauge dans la bouillie d’enfants morts, soit c’est un piège.

ARTHUR. Ouais… Mais si les gosses nous mentent aussi ?

VOIX D’ENFANTS (en choeur). C’est Estelle, c’est Eddie, c’est Maëlle. Montez, montez.

NARSEH ferme les yeux, les rouvre, et prend une grande inspiration

NARSEH. Bon. Pour moi, le choix est fait.

Il toque contre le mur-cloison.

NARSEH.Toi, tu fais quoi ? Tu me suis ?

ARTHUR, hésitant. Euh… Je …

ARTHUR regarde la porte puis le plafond et inspire profondément.

ARTHUR. Bon… D’accord.

MÈRE D’ARTHUR. Je t’ai dis que des fleurs pousseraient dans ses cendres, Arthur…

ARTHUR se fige.

ARTHUR. C’est ça…

NARSEH. Ah, bah - vingt-huit jours plus tard, là, ça répond…

Il est déjà debout et tâtonne dans le noir pour grimper sur son lit.

NARSEH. L’écoute pas - c’est ça le piège. Grouille, dépêche-toi.

ARTHUR. Nan, c’est ma mère, c’est elle, j’en suis sûr !!

ARTHUR se dirige vers la porte, pose la main sur la poignée.

NARSEH. Mec, non ! Rappelle-toi ! Le couloir était pas sûr ! Comment elle aurait pu monter ? C’est un faux, je te dis - eh, je croyais que tu me faisais confiance ?

ARTHUR. Mais comment on sait si les enfants c’est des vrais? Ils ont juste donné leurs prénoms. On sait rien sur eux. Et comment ils ont fait pour arriver dans le plafond?

NARSEH. Je… Ils ont peut-être, euh… Escaladé.... Bon, de toute manière, qu’est-ce que tu proposes, hein ? C’est quoi, nos options ? Moisir ici jusqu’à la fin des temps ? Faut bien qu’on sorte, non ? Depuis le début on se dit qu’on va sortir à deux, alors franchement, on va pas se séparer maintenant, si ?

(pause)

NARSEH. Si ?

VOIX D’ENFANT. Montez !

VOIX D’ADULTE. Sortez !

ARTHUR se prend la tête dans les mains.

ARTHUR. TAISEZ-VOUS !

NARSEH. Allez, bouge ! Dépêche-toi !

NARSEH parvient à se hisser sur son lit et, en tâtonnant,pose ses mains sur les dalles du plafond. Elles ont l’air très solides.

NARSEH. Eh, les gosses ? J’ai juste à pousser ?

VOIX D’ENFANT. Montez ! Poussez une dalle du plafond !

ARTHUR déverrouille sa porte.

ARTHUR. On se reverra …. de l’autre côté.

NARSEH est en train de soulever une des dalles,et a une main dans l’obscurité lorsqu’il entend ARTHUR.

NARSEH. Non, fais pas le con !

Dans la chambre de NARSEH, des mains blêmes et écorchées descendent du plafond et le soulèvent.

PETITE FILLE. Oui, monte !

Dans l’encadrement de la porte d’ARTHUR apparaissent des mains blêmes et écorchées qui l’attrapent pour le tirer hors de sa chambre.

ARTHUR. Mam… ?

Ils sortent de la scène.

Après un silence, cris horrifiés des deux enfants qui retentissent dans tout le théâtre.

FIN DU TROISIÈME ET DERNIER ACTE.

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.
touratiy
Posté le 26/04/2018
Sympa... je la tenterai avec ma classe :p ;)
Rimeko
Posté le 06/11/2017
Oh, j'aime bien l'idée de ces deux personnages séparés par une cloison, ça fait une mise en scène très intéressante !
(J'admire aussi beaucoup la façon dont vous l'avez écrite, même si je n'en savais rien quand je l'ai lue ^^)
Je me suis demandé pendant toute ma lecture ce qui se passait, pourquoi ils étaient là, qui étaient dehors... Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, c'était bien stressant ^^ Au final, on ne sait pas trop, mais ce n'est pas grave.
Et cette fin, arg, elle est juste horrible ! Je croyais plus ou moins que Narseh allait s'en sortir, la didascalie ne m'inquiétait pas plus que ça (j'imaginais plus ou moins que les enfants avaient pu s'écorcher les mains en arrivant jusque là), puis là il y a eu l'autre, celle d'Arthur, et la même pourtant... J'étais tellement choquée XD C'était super bien fait !
Isapass
Posté le 01/11/2017
Wouaouh ! Ca fout bien les chocottes !! Comme tout est suggéré et que meme la fin ne révèle en fait pas grand chose, on peut tout imaginer... ce qui est à mon avis une des meilleures méthodes pour faire peur !
Bravo !  
Elka
Posté le 30/10/2017
C'était excellent ! L'ambiance, les dialogues, la fin abominable... J'ai adoré, félicitations à vous trois ! C'est du super travail d'équipe ♥ !
Christian
Posté le 29/10/2017
J'ai beaucoup aimé !
Dès la quatrième réplique : "Tu crois qu’ils vont revenir un jour ?", j'ai été accroché.
Le suspense est vraiment bien mené et j'ai été emporté du début jusqu'à la chute.
 
 
 
Carvage
Posté le 24/10/2017
No Review
Patbingsu
Posté le 24/10/2017
La tension qui monte petit à petit et cette fin ....j'en frissonne encore ! J'ai bien aimé le dilemme "qui croire ou ne pas croire", on doute de tout, et au final, on ne sait même pas comment ça fini vraiment !
Vous avez rempli le contrat ;) 
Milyana
Posté le 23/10/2017
C'est cool ! Genre méga-cool !
 
Mais aussi méga-glauque ... J'adore ! 
Jamreo
Posté le 22/10/2017
ah mais miam, qu'est-ce que c'est que ça :3 on ne sait pas ce qui s'est passé pour que les choses soient comme ça mais on imagine une catastrophe, une apocalypse zombiesque... et du coup, voilà, pour moi les enfants et les adultes sont des zombies - anciennement les parents et les enfants cachés dans l'hôpital - et Arthur et Narseh vont se faire bouffer la cervelle et/ou transformer en zombies. Bravo en tout cas, c'était très original !