Allô la Terre ?

Notes de l’auteur : Bonne lecture !

Albane ne savait plus où donner de la tête ni qui elle devait aider. Eloann avait une nouvelle fois changé de page et il semblait se balader sur le darknet. Que cherchait-il ? Il changeait sans cesse de lieu sans lui laisser le temps de trouver un moyen d’entrer en contact avec lui. La jeune femme ne savait même pas s’il pourrait retourner dans le World Wide Web à partir des adresses présentes sur les sites. Il lui semblait que le darknet était un univers qui évoluait en vase clôt par rapport au reste de la toile et que passer de l’un à l’autre n’était possible que dans un sens. Ses recherches se poursuivaient pour déterminer si son intuition était la bonne bien qu’elle n’appréciait pas passer son temps sur des sites illégaux. Si l’administration de l’Université s'apercevait par un quelconque moyen de ses activités, elle risquait l’exclusion définitive. Et pour quels résultats ? Même si elle parvenait à entrer en contact avec son ami, que pourrait-elle faire pour lui ? Lorsqu’elle avait vu son code source amputé, Albane avait eu envie de pleurer. Tout ça pour rien ? La construction de la fusée, le danger, les nuits blanches. Tout ça pour finir par laisser Eloann sur la toile dans un format intéléchargeable. La jeune femme, après plusieurs heures de désespoir avait remonté la pente. Il fallait s’entêter pour trouver une solution, même si pour cela, elle devait passer toutes ses nuits à la bibliothèque.

À l’instant, elle venait de perdre le contact avec l’équipage. Peut-être aurait-elle dû installer son propre moyen de communication à bord du vaisseau. En l’état actuel, son temps de parole était tributaire du temps que lui accordait bien grassement Aby qui avait la fâcheuse tendance à raccrocher dès que cela lui chantait. L’ordinateur de la jeune femme s’éteignit. Son portable prendrait le relai en cas d’urgence. Elle devait aller en cours.

Au même moment, à l’autre bout de l’Université, Robin courait comme si sa vie en dépendait. Depuis deux jours, il avait l’impression de ne jamais s’arrêter. Même la nuit dans ses rêves, il continuait de courir. Il s’était imprimé les emplois de temps de ses amis et à chaque fin de cours, il parcourait l’Université de long en large pour pouvoir signer à leur place les feuilles de présence. Techniquement, ses potes n’avaient jamais été absents depuis le décollage de la fusée. Cette technique avait ses défauts. Si un jour les professeurs remarquaient leurs absences répétées et qu’ils voyaient pourtant une signature sur chaque feuille d’émargement, ils sauraient qu’il y avait un soucis et de gros problèmes leur tomberaient dessus. En attendant, Robin était le ninja du groupe.

Il n’avait jamais le temps de signer toutes les feuilles avant que les professeurs ne sortent de leur salle. Il signait les premières et ensuite devait trouver un moyen de récupérer les autres. Il traînait près de la machine à café, attrapait les papiers qui dépassaient des cartables. Il avait aussi photocopié plusieurs feuilles d’émargement complètes, il en changeait la date et les remplaçait simplement lorsqu’il ne parvenait pas à récupérer la première. Le professeur se retrouvait alors avec deux feuilles d’émargement et, dans le doute, gardait la plus remplie.

Pour le moment, il était parvenu à tenir le rythme. Heureusement, ils n’avaient pas tous cours tout le temps et pas tous en même temps. Cela faisait déjà deux jours qu’ils étaient partis. Il ne regrettait pas d’être resté. Dans le vaisseau, il n’aurait été d’aucune utilité tandis qu’ici, chaque heure de cours qui passait sans qu’on signalât leur absence était une petite victoire.

 

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