13. L'acrobate

Par Romane

 

En accrochant son insigne de Légendière ce matin-là, Viya décida que cette histoire d’Intermonde était derrière elle.

Elle méritait d’être heureuse. Elle méritait de vivre la vie dont elle avait toujours rêvé.

– Bonjour, Viya.

Dans la cuisine, le ton de Fid était neutre et il ne leva pas les yeux du journal posé à plat sur la table devant lui. Sa mauvaise jambe étendue devant lui, il sirotait son thé au jasmin et grignotait du bout des lèvres une petite brioche saupoudrée de perles de sucre. C’était une matinée délicieusement normale.

– Bonjour, répondit-elle depuis l’encadrement de la porte.

Elle sut, à l’infime pli qui creusa son front, qu’il analysa les informations qui circulaient dans ce tout petit mot.

– Quand je suis rentré hier soir, Véra m’a dit que tu n’allais pas bien.

La gorge de Viya se serra. « Si tu ne vas pas à la source, tu mourras. » Elle ne pouvait pas lui dire toute la vérité. Partager cela avec lui c’était donner du poids à la menace, c’était presque la rendre réelle… Mais c’était juste une histoire que la Sœur avait inventée pour l’effrayer, elle en était certaine.

– J’ai… rencontré Sœur Helena. L’ancienne Matriarche est morte. Tout ça m’a rappelé des mauvais souvenirs.

– C’est donc ça. Nous avons discuté, au Palais, elle semblait inquiète. Elle t’a parlé de ton statut de Protectrice ?

– Non, mentit-elle. J’imagine qu’elles ont dû trouver quelqu’un.

Il acquiesça. Elle fut soulagée qu’il ne détecte pas son mensonge.

– Des nouvelles d’Hydendark ? demanda-t-elle avec un regard vers le journal, désireuse de changer de sujet.

Il marqua un petit temps d’hésitation.

– Rien de bien intéressant.

Sur ces mots, il plia avec soin le quotidien et le rangea dans une des poches de son manteau.

Il désigna l’assiette garnie de brioches posées devant lui.

– George a menacé de m’étriper si je ne lui faisais pas l’honneur de manger une des brioches qu’il a fait cuire hier soir. Il a ensuite fait savoir qu’il réserverait le même traitement à tous ceux qui entreraient dans la cuisine à y goûter.

Viya sentit un sourire irrépressible lui monter aux lèvres quand il lui jeta un bref regard pour achever :

– Tu es donc condamnée comme moi à les déguster.

– Quel cruel châtiment…

– Sa tyrannie est sans limites.

Elle approcha la main des pâtisseries. Elles étaient toutes dorées, le sucre les parsemant en gros grains. L’odeur entêtante monta lorsqu’elle brisa la croûte avec ses pouces et dévoila une pâte légère au subtil parfum de fleur d’oranger. Elle en avala une exquise bouchée. Elle n’avait rien mangé la vieille au soir.

– Du thé ? demanda Fid.

Elle acquiesça, en continuant à mâcher. Lorsque les senteurs de jasmins vinrent chatouiller ses narines, elle était à peu près certaine d’avoir capturé le parfum du bonheur.

– Je dois vous dire : je ne veux plus parler de la Sororité. Je souhaite devenir Légendière, c’est tout. Vous m’avez donné mon insigne… c’est que je le mérite, non ?

– Bien sûr que tu le mérites. Pourquoi ?

Elle ne répondit pas, honteuse de la pensée qui ne cessait de revenir la hanter depuis qu’elle avait confié à Fid son appartenance au Prieuré.

– Tu penses que je regrette ma décision de t’avoir engagée et que je me trouve désormais affublé d’un boulet dont je ne sais pas me défaire ? Tu t’imagines donc que je pourrais subtilement chercher à gagner ta confiance pour te convaincre de retourner au Prieuré et ainsi me débarrasser de toi ?

Si, fait rare, il ne l’avait fixée que par intermittence depuis qu’elle était entrée dans la pièce, il aimanta à nouveau sur elle son regard.

Elle avala avec difficulté son morceau de brioche.

– Je n’ai pas pensé les choses aussi clairement…

Il grogna et but une gorgée de thé.

– Je… Je me disais juste que si les Sœurs me reprenaient, vous pourriez me demander de partir sans trop de remords, expliqua-t-elle d’une toute petite voix, sans respirer. Si mon apprentissage ne suivait pas la tournure que vous espériez.

Il y eut un lourd silence dans la cuisine, durant lequel la tasse de Fid demeura suspendue à hauteur de son visage.

– Dis-toi bien une chose. Quand tu doutes ainsi de toi, tu doutes aussi de moi. Je sais ce que je fais en te donnant ta chance. (Il eut un petit sourire pour adoucir ses propos). Je vais finir par me sentir offensé.

– Vous pensez vraiment qu’un jour, je serai comme vous ?

– Par tous les livres de l’univers, j’espère bien que non ! Une seule version de moi, c’est déjà plus que ce que le monde peut supporter.

Rassérénée, Viya s’autorisa un petit sourire.

– Alors, c’est d’accord pour ne plus évoquer Sœur Helena ?

Il eut un geste d’acquiescement.

– Nous n’en avons pas reparlé, mais la possibilité de porter plainte pour les coups qu’elle t’a portés tient toujours.

– Ce sera sa parole contre la mienne, refusa Viya avec un signe de tête.

– Et la mienne. C’est peut-être celle d’un Orateur déchu devenu simple Légendier, mais elle possède toujours un certain poids.

Viya secoua une seconde fois la tête. Elle craignait que sa voix la trahisse. La vérité, c’était qu’une plainte lui semblait une mascarade. On condamnerait Eugénia à une nouvelle amende, et ensuite ? Les choses s’arrêteraient-elles là ? Si elle se fiait aux mots prononcés par sa rivale au Palais-Citadelle, elle en doutait.

Fid eut à nouveau un mouvement de la main, signifiant qu’il se rangeait à ses désirs.

– Tu vas commencer à apprendre une histoire longue. Que tu puisses la raconter sur plusieurs soirs de suite. Je te laisse choisir dans la bibliothèque un texte assez conséquent, qui te plaît.

– Vous ne pouvez pas choisir pour moi ?

– Certainement pas ! C’est l’histoire qui te choisira. Souviens-toi ce que je t’ai dit quand tu as conté pour moi la première fois : les histoires se présentent à nous quand nous avons besoin d’elle. Si j’interférais, je risquerais de te faire manquer une rencontre capitale avec une œuvre qui pourrait bouleverser ta vie.

Cette théorie s’appliquait sans aucun doute à lui, mais Viya ne se sentait nullement portée par les histoires. Au contraire, les mots ne cessaient de la fuir. Polymnie, la Muse des Oratrices, avait toujours refusé de la secourir.

Fid eut un petit sourire qui l’alerta assez pour la sortir de ses pensées moroses.

– J’ajoute que puisque tu vas apprendre presque par cœur plusieurs centaines de pages, autant que ça te plaise.

Elle le dévisagea, certaine qu’il se fichait d’elle, mais il était sérieux.

– Plusieurs centaines de pages… Vous avez choisi quoi, vous ?

– Pour ma première ? Le Roman du Graal.

Votre première ?

– J’en connais une demi-douzaine au mot près. Une bonne cinquantaine si je m’autorise à reformuler.

– Vous êtes effrayant.

Il eut une moue modeste, mais elle sentit qu’il n’en était pas peu fier. Malgré son laïus sur l’ambition, il n’était lui-même pas dépourvu d’orgueil.

– Je n’exigerai pas que tu atteignes ma précision.

Elle grimaça.

– Pourquoi ne pourrais-je tout simplement pas lire le livre ?

Le visage de Fid perdit son espièglerie.

– La plupart des livres de la Bibliothèque sont issus de l’Intermonde. Nous ne voulons pas les sortir pour ne pas les abîmer. Et puis, ils sont différents. Cela inquiéterait les gens.

Il ajouta avec un petit sourire, mais d’un ton qu’il ne parvint pas à alléger tout à fait :

– On se méfie déjà assez de nous comme ça, tu ne crois pas ?

La phrase établit une connexion dans l’esprit de Viya, qui acquiesça. Elle avait toujours cru que le dédain qu’inspiraient parfois les Légendaires était surtout une histoire de prestige. Ils offraient leurs services dans des quartiers populaires et, au contraire des deux autres Corporations, ne faisaient pas acte de création. Elle venait de comprendre que la Montagne, leur principale source d’histoire, attisait elle aussi de nombreuses suspicions à leur égard.

La jeune fille but une gorgée de thé. Elle cernait mieux la demande de Fid, mais elle n’était pas emballée par l’idée d’apprendre des milliers de mots par cœur. Son ventre se serra. Une vraie Légendière aurait sûrement ressenti de la joie à l’idée de porter en elle un récit d’une telle densité.

Fid lui tendit alors une petite enveloppe qui avait déjà été ouverte. Elle crut défaillir lorsqu’elle avisa que le sceau royal y était apposé.

– Le Prince Héritier veut que tu viennes conter pour lui, révéla-t-il sans même lui laisser le temps de lire.

Elle manqua de s’étrangler.

– C’est la raison de cet exercice. L’Héritier n’aime pas ne pas avoir la fin d’une histoire. Si tu lui offres un récit long, tu pourras revenir plusieurs jours de suite.

Elle aurait dû sans doute se sentir flattée, mais elle fut surtout gagnée par la panique.

– Qu’est-ce qui vous fait croire que j’ai envie de travailler pour lui sur le long terme ou même d’accepter une première entrevue ?

Fid haussa les épaules.

– Il te mande, tu n’as le choix. Non seulement parce que c’est le Prince-Héritier et qu’il a le pouvoir de te jeter en prison, mais aussi parce que tu seras payée au-delà de tes espérances les plus folles.

Viya grimaça, mais Fid avait raison. Être Légendier était un métier et chaque membre de la Confrérie devait gagner sa vie. Son mentor ne pourrait pas subvenir indéfiniment à ses besoins.

– Et quand je gagne de l’argent, comment ça se passe avec la Confrérie ?

– Quarante pour cent pour toi, soixante pour la corporation. Sachant que cette part que tu donnes couvre ton logement et ta nourriture.

C’était honnête. Les Orateurs ne reversaient que vingt pour cent, mais devaient payer tous leurs frais.

– Maintenant, si tu as fini de poser des questions, va me sélectionner une histoire.

Viya obéit. Lorsqu’elle arriva en haut des escaliers, elle était essoufflée. La faute, sans doute, à l’appréhension qui lui serrait le cœur.

La Bibliothèque était parfaitement silencieuse. Cheshire dormait sur le rebord d’une des fenêtres. Viya s’avança vers les étagères et caressa le dos des ouvrages, cherchant l’air de rien les plus fins d’entre eux. Elle en retira certain de leur rayon pour en survoler la première page. Elle procéda ainsi une bonne vingtaine de fois. Rien ne l’accrochait.

Elle s’écarta des rayonnages et s’assit sur le plateau d’une des grandes tables de travail. Ses jambes battaient dans le vide au rythme de son angoisse. Une vraie Légendière aurait déjà trouvé et se serait montrée enthousiaste, alors qu’elle se retrouvait bêtement paralysée par l’ampleur de la tâche à venir. Un horrible étau lui broya l’estomac et elle sentit une larme perler à ses cils.

« Mais comment pourrais-tu apprendre un livre entier ? » persifla la voix d’Eugénia à son oreille. « Tu n’as même pas réussi à réciter un petit conte sans te tromper. »

Viya se laissa glisser lentement de la table. Elle allait redescendre, et dire à Fid qu’elle abandonnait. Une seconde larme de rage coula sur sa joue. Une immense fatigue l’écrasait tout à coup. Sa tête tournait même un peu.

Elle se dirigeait vers l’encadrement de la porte quand un livre vert accrocha son regard, sans qu’elle sache trop pourquoi. Elle s’approcha, d’une démarche un peu traînante, hésita, et finit par le sortir de son étagère.

L’Odyssée.

La couverture en tissu n’était pas celle d’origine. Cette dernière se trouvait derrière, imprimée sur un papier qui semblait comme verni où l’on voyait le dessin d’un homme aux couleurs encore vives. Pas de doute, c’était un livre en provenance de la faille. Viya lut la première page, feuilleta. L’histoire parlait d’un héros pris dans un impossible périple pour revenir chez lui, de dieux dont elle n’avait jamais entendu les noms, mais dont la consonance lui rappelait étrangement celle des patronymes des Muses auxquelles se référaient les Orateurs et les Écrivains.

Au point où elle en était, elle décida que ce serait celui-ci, et peu importe s’il était un peu plus volumineux que ceux qu’elle avait d’abord considérés.

Viya redescendit. Elle ne présenterait pas à Fid sa démission aujourd’hui.

Un sentiment stupide d’anxiété l’envahit quand il jeta un coup d’œil sur l’ouvrage qu’elle avait choisi. Elle savait pourtant qu’en vertu de sa théorie, Fid, ne se risquerait pas à émettre le moindre jugement.

– Bon choix, commenta-t-il seulement, en faisant tourner le livre entre ses fines mains. Cette histoire est, semble-t-il, une œuvre majeure dans le monde d’où elle est originaire et très ancienne. Tu le savais ?

– Non.

Elle lui reprit l’ouvrage des mains, d’un geste un peu brusque. Elle ne s’était pas dirigée vers le livre complètement par hasard. C’était comme si elle avait senti son poids.

Comme si ses dons de Sœur lui avaient soufflé son importance.

Non. C’était juste la théorie de Fid qui se confirmait. Elle avait besoin d’une histoire, celle-ci s’était désignée pour lui apporter son aide, voilà tout.

Ils s’installèrent l’un en face de l’autre, dans le jardin d’hiver et lurent chacun de leur côté jusqu’à l’heure du déjeuner. Elle appréciait regarder Fid lire. Son visage trahissait une myriade de sentiments qu’il ne manifestait jamais autrement tant il était impassible. Elle aimait tout particulièrement voir un coin de sa bouche se soulever légèrement, quand il dégustait un passage finement ironique.

Alors qu’elle l’observait à la dérobée, leurs regards se soudèrent au-dessus de leurs ouvrages respectifs. Elle replongea entre les pages, embarrassée. Il ne fit aucun commentaire.

Il la fascinait. Elle voyait en lui tout ce à quoi elle aspirait. Il incarnait tout ce que la voix mauvaise dans sa tête lui soufflait qu’elle ne serait jamais.

Lorsqu’après un repas préparé par George, qui était rentré entre temps, Fid décréta qu’il recommençait à souffrir de ses douleurs et qu’il allait se reposer, Viya en profita pour s’éclipser. Elle avait besoin de prendre l’air. Fid lui avait recommandé de rester à la maison pour finir sa lecture. Il avait même été un peu insistant. Mais puisqu’il n’était pas là pour la surveiller et que George venait lui aussi de monter faire une sieste, elle n’avait de comptes à rendre à personne.

Elle remonta Dreamyard Alley. Cela ne lui sauta pas aux yeux tout de suite, mais elle finit par réaliser que des traces de colles fraîches subsistaient sur une petite demi-douzaine de murs et portes, ainsi que des lambeaux de papiers. Il n’était pas rare que des pamphlets soient ainsi placardés. La fête du Palais-Citadelle avait-elle attisé la colère des gens du peuple ? Les Corporations abreuvaient Hydendark en divertissement, mais celui-ci ne faisait qu’adoucir la misère qui régnait sur une grande partie de la ville. Des contestations s’élevaient toujours et les Écrivains et Orateurs s’en faisaient alors le relais.

Ce ne fut que lorsque la jeune fille parvint au pont où se trouvait un placard en parfait état qu’elle comprit.

L’affiche n’attaquait pas le pouvoir.

Elle attaquait Viya.

« Dans les légendes, la décadence », titrait l’affiche en détournant la devise des Légendes. Un dessin de Viya faisait suite. « Ce visage vous est familier ? Souvenez-vous, il appartient à celle qui vous a livré, aux Joutes Automnales dernières, une prestation qui aurait fait merveille dans une comédie burlesque. Las, il semble que son autrice n’ait point cherché intentionnellement à verser dans la bouffonnerie. C’est sans doute dans le but de réhabiliter quelques textes comiques que les Légendiers l’ont intégrée à leurs rangs. Une fort belle idée, car Madame maîtrise bien d’autres registres. À l’occasion d’une réception organisée au Palais-Citadelle, il fut donné d’entendre, au public ébahi, une histoire pathétique, qui aurait bien tiré des larmes à toute l’assemblée… Si tant est que la voix fluette de cette conteuse reconvertie eût porté plus loin que le premier rang. Gens d’Hydendark, s’il vous venait à l’envie d’écouter quelques histoires mièvres, pensez donc à l’engager. »

Le texte se poursuivait sur toute la page. Elle ne prit pas la peine d’en lire davantage.

« Ça explique les affiches décollées dans Dreamyard Alley, sans doute par George », fut tout ce qu’elle trouva à penser.

Ses joues la brûlaient de honte.

« Ça explique aussi pourquoi Fid ne voulait pas que je sorte. » Bon sang, il avait lu le journal ! Le texte y était sans doute reproduit. Il n’avait rien dit.

Fid. Elle avait envie de rentrer le retrouver. Il aurait su l’apaiser, prononcer les mots qui l’auraient réconfortée, mais elle se ravisa.

Ce n’était peut-être pas si grave. Quelqu’un s’était amusé à placarder le texte autour de la demeure des Légendiers, par pure provocation. Pour s’en persuader, Viya poursuivit son chemin, en prenant soin de rabattre sa capuche sur sa tête.

Elle déchanta vite. Il y en avait partout. Aucune rue ou presque n’était exempte de cette affichette.

C’était plus fort qu’elle. Elle arpentait chaque rue, sentait son cœur se déchirer un peu plus à chaque fois que son regard se posait sur une nouvelle affiche. Elle ne sut pas combien de temps elle s’imposa ce supplice, mais elle finit par atteindre la Place des Orpailleurs. Le retour en ces lieux familiers brisa alors l’ultime barrage qui retenait ses larmes. Elle se rencogna sous un porche près de l’hôtel particulier des Écrivains juste en face de celui des Orateurs et laissa échapper des sanglots étouffés.

Ils s’estompèrent bien vite.

Une silhouette trop reconnaissable se trouvait au centre de l’esplanade. Elle lisait un texte que Viya authentifia au premier coup d’œil pour l’avoir vu placardé en des dizaines et des dizaines d’exemplaires. Debout sur le rebord de la fontaine qui occupait son centre, elle l’arpentait avec une grâce aérienne sur un demi-cercle, testant parfois son équilibre sans paraître pourtant craindre un seul instant de trébucher. Une foule compacte était rassemblée devant elle.

Du haut de sa margelle, comme une acrobate ivre de hauteurs dansant sur son fil, Eugénia avait aux lèvres un sourire de pure jubilation.

 

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Louison-
Posté le 14/06/2021
Comme toujours, encore un grand plaisir de te lire ! :D
Juste petite remarque avant que je l'oublie :
"– Alors, c’est d’accord pour ne plus évoquer Sœur Helena ?
Il eut un geste d’acquiescement.
– Nous n’en avons pas reparlé, mais la possibilité de porter plainte pour les coups qu’elle t’a portés tient toujours.
– Ce sera sa parole contre la mienne, refusa Viya avec un signe de tête."
Je n'ai pas compris, on parle de soeur Héléna ou d'Eugénia? Parce que tu parles d'Hélèna, mais les coups venaient d'Eugénia non? Enfin ça m'a laissé confuse, mais je suppose que ce n'est qu'une coquille.

Voilà, sinon pour le reste, j'ai adoré l'ambiance sereine lorsque Viya et Fid lisaient, ou encore le thé qu'ils boivent, les brioches... enfin ça donne toute une atmosphère à la scène, et c'est super à la lecture ! ça climatise bien :D
Fid et Viya, aaaah ce duo que j'adore ! Et lorsque Viya choisit l'Odyssée, dans ma tête je me disais : oui oui oui ! Trop chouette de faire des références à notre monde, et avant il y en avait déjà bien sûr, mais là c'est plus "grandiose" comme référence, et bon, je souhaite bien du courage à Viya pour apprendre l'Odyssée par coeur ^^
Et Eugénia: argh, la perfide :( Tous ces placards... coup bas pour Viya.
Et sinon, je vais aussi te partager une pensée que j'ai eue : je t'avoue avoir été un peu surprise par le mandement de l'Héritier, parce que dans mes souvenirs, il m'a pas semblé que Viya avait été à ce point-là éblouissante lors de son premier conte. Bien sûr, elle s'en est bien sorti, et le Prince avait apprécié, mais je me dis juste, sur le moment, qu'il faudrait ajouter à la scène du conte un petit plus de particularité? Qui nous ferait comprendre, à nous en tant que lecteur, que Viya est douée pour un aspect en particulier? Enfin ma position est contradictoire, en fait, parce qu'à la scène du conte, je m'étais dit : ah c'est cool, Viya ne fait pas non plus une prouesse qui va rester dans les annales dans les siècles à venir, et ça casse un peu le cliché du protagoniste super puissant et unique et bref, sur le moment je trouvais bien, mais à ce chapitre-ci, je me retrouve malgré tout étonné par le mandement du Prince, sûrement parce que je n'ai pas saisi exactement ce qui fait qu'il la rappelle elle et pas quelqu'un d'autre? Enfin voilà, c'est juste une pensée que j'ai eue à ce chapitre. Fais-en ce que tu veux :) Parce que pour le reste, vraiment j'insiste, c'est super <3

Voilà, bisous et à bientôt ! <3
Romane
Posté le 14/06/2021
Hello Louison !
Alors, pour ta première remarque, en fait Fid change de sujet. Mais c'est vrai que ce n'est pas assez clair.

Je suis contente que tu apprécies la référence à l'Odyssée, d'autant qu'elle va devenir importante pour l'histoire ( niveau mise en abîme ;-) )

Hmmm, alors, j'aurais envie de dire : que le Prince Héritier mande Viya a raison de te paraître étrange...C'est un signal que tu as raison de percevoir (d'ailleurs, je crois bien que tu es la seule à l'avoir fait remarquer). Maintenant, si ça te semble trop détonnant, c'est peut-être quelque chose à corriger.

Merci pour ta lecture ! Bisous, et je repasse très vite sur les Portiers du Ciel !
Louison-
Posté le 15/06/2021
Trop bien pour la mise en abîme ! :D J’adore les mises en abime haha ^^
Oh mais alors non ce n’est pas détonnant, c’est juste une petite pensée que j’ai eue mais s’il y’a une motivation bien fondée derrière le mandement du Prince, il n’y a rien à changer ;-)
Contesse
Posté le 30/05/2021
Oh là là, Eugenia est tellement... horrible, et insupportable ! Et en même temps, tu as réussi à la présenter comme attirante (ou alors je suis folle ? xD). Je redoute la suite avec force, donc je vais attendre la fin de mon brunch (oui oui je suis une bobo) pour lire la suite xD

J'ai compris un truc ! La Faille, elle s'ouvre sur notre monde entre autres, OMG :O

Encore une fois, je suis fan de la relation Fid/Viya, cet espèce de lien filial/fraternel/amical indéfinissable, teinté de fascination réciproque et d'une certaine appréhension à s'ouvrir l'un à l'autre ! J'ai vraiment hâte de voir ce qu'ils vont devenir. Si cette relation pouvait rester éternellement indéfinissable, ce serait beau selon moi <3

A bientôt pour la suite ;)
Romane
Posté le 02/06/2021
Oh, tu trouves vraiment Eugénia attirante ? Tu es bien la première, mais pourquoi pas, c'est mieux quand on a des sentimnts mixtes envers un personnage ;-)

Eh oui, la faille s'ouvre sur notre monde ! J'avais déjà glissé un indice avec "La Chèvre de M. Seguin" et "La jeune fille sans mains", mais je me rends compte que tout ke monde n'a pas les références... Peut-être que je devrais faire référence à un texte plus universel, genre, "Le corbeau et le renard" ? (Il y a d'autres références plus explicites ensuite, mais je tiens à les conserver pour plus tard ;-) )

Je suis contente de savoir que tu apprécies l'aspect indéfinissable de la relation (c'est un peu à double tranchant). Je crois qu'elle le reste toujours un peu tout au long du roman :-)
Contesse
Posté le 02/06/2021
Ah si si ! Ne t'en fais pas, j'avais bien la référence de la chèvre du Monsieur Seguin, j'ai juste pas jugé utile de te le signer (j'aurais peut-être dû ^^)!
Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de modifier, en tout cas moi j'avais bien saisi l'indice ! Après à voir avec les autres plumes ;)
Contesse
Posté le 02/06/2021
Jugé utile de te le signaler* Oh là là, j'écris n'importe quoi je suis désolée xD
dodoreve
Posté le 05/05/2021
C'est amusant d'apprécier autant à la lecture ce thé au jasmin et ces brioches sucrées. Tu ne t'attardes pourtant pas beaucoup sur ce détail, mais il arrive quand il faut et comme il faut ! Ce que je veux sans doute dire, c'est qu'il y a une ambiance dans ton histoire qui ne s'alourdit pas de descriptions bien trop longues, ce qui rend la lecture très agréable. (Je n'ai pourtant rien contre les descriptions très longues, au contraire : mais tout est très bien dosé dans l'équilibre que tu t'es choisi et c'est ça que l'on a le plaisir d'apprécier.)
"Partager cela avec lui c’était donner du poids à la menace, c’était presque la rendre réelle… Mais c’était juste une histoire que la Sœur avait inventée pour l’effrayer, elle en était certaine." Ah, comme on en discutait dans le chapitre qui précède ! Forcément, j'aime énormément retrouver cette conscience dans les mots de Viya :)
Je ne reproduis pas les relevés déjà faits par Jane Demo avant moi, simplement celui-ci : "les histoires se présentent à nous quand nous avons besoin d’elle" - le dernier mot doit être au pluriel, non ? (les histoires)
J'ai énormément apprécié le passage où Viya regarde Fid. On sent qu'il y a beaucoup d'amour, même timide. Sans doute que dans les faits, c'est une forme d'amour qui peut gêner (un homme plus âgé ayant autorité sur une jeune fille qui l'admire sans limites), mais on retrouve dans ta description de ce moment une simplicité et une sincérité qui fait du bien et qui nous permet d'apprécier pleinement cette relation mentor-élève, sans qu'elle nous effraie. Tu as déjà remarqué que ce type de relation n'était pas nouveau dans la littérature, mais si je suis d'accord avec toi sur ce point, ce n'est pas un "amour" que je lis très souvent de mon côté. Alors qu'à mon sens il y a une forme d'amour - de la même manière qu'on aime nos parents, pour prendre un parallèle qui espérerait s'en approcher. Je ne l'apprécie que davantage ces personnages et cette histoire. Merci <3
Romane
Posté le 05/05/2021
Merci pour ton commentaire !

C'est vrai que je n'aime pas trop faire des descriptions longues.Et puis le texte me paraissait déjà volumineux, je n'avais pas envie de l'étendre par trop de détails.

Merci d'avoir relevé cette coquille... Je ne sais pas ce qui se passe avec ce chapitre ! Il y a énormément de petites choses qui ne vont pas.

Merci pour ton retour sur la relation Fid/Viya.
Je serais un peu plus mesurer sur le terme d'"amour" même si je peux comprendre que tu le ressentes comme ça. Pour moi c'est plutôt de l'affection et de la sympathie ^^
dodoreve
Posté le 05/05/2021
Je pense que tu t'y connais mieux que moi sur les termes à utiliser, mais j'ai tendance à aimer très facilement et voir de l'amour très vite à travers les petites choses (et amour pas forcément "amoureux" évidemment hein, surtout vu la relation dont il est question ici), ça explique peut-être ^^
Jane Demo
Posté le 04/05/2021
Quel plaisir de te lire ! Tu nous embarques progressivement dans ton univers, les éléments viennent petit à petit faire lien... Je suis à fond :)
J'ai repéré quelques coquilles que je te partage (mais bon je suis loin d'être une experte ou critique, juste une lectrice qui apprécie ton récit) :

Dans la cuisine, le ton de Fid était neutre et il ne leva pas les yeux du journal posé à plat sur la table devant lui. Sa mauvaise jambe étendue devant lui,
> répétition de "devant lui" : je pense que tu peux éventuellement supprimer le premier...

Elle fut soulagée qu’il ne détecte pas son mensonge. > détecta ?

qui entreraient dans la cuisine à y goûter. > sans y gouter ?

elle était à peu près certaine d’avoir capturé le parfum du bonheur. > je la comprends, j'ai envie de les manger moi aussi, avec ta description j'ai presque l'odeur dans les narines, miam :)

Nous n’en avons pas reparlé, mais la possibilité de porter plainte pour les coups qu’elle t’a portés tient toujours. > il me semble que les coups c'est Eugénia non? Parce que comme ils parlent de Soeur Helena, j'ai l'impression que le sujet renvoie à la soeur et non à Eugénia... mais c'est peut être moi qui ai mal compris.

Il te mande, tu n’as le choix. > pas*

Voilà. Pardon, j'espère que ça ne te gêne pas.
Romane
Posté le 05/05/2021
Merci pour ton retour !
En effet, il y a quelques petites erreurs. Elles sont assez nombreuses dans ce chapitre, j'en suis désolée :/
Jane Demo
Posté le 05/05/2021
Ne t'excuses pas ! Ça sert à ça de se faire relire.
Et je prends beaucoup de plaisir à lire ton récit. Merci 😊
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