Golem, une série signée Murail(s)

Bonjour les Plumes ! Aujourd’hui, je vous présente une de mes séries jeunesse préférée !

Au programme : des jeux vidéos, des ados insupportables, de la pâte à prout, une petite fille malade, un gérant de supermarché con, djeun et cool, un ectoplasme électrique, un prof de Français qui vit toujours chez sa maman, un tueur à gages albinos, une multinationale louche, une réplique de Lara Croft en blonde, une prof d’SVT qui zozote, des coups de flippe, de cœur et de théâtre, des frissons, et enfin des gros fous rires.

Et si je devais résumer, je dirais que GOLEM, c’est l’histoire de Jean-Luc de Molenne, jeune prof dépassé par l’ampleur de la tâche et qui devient ami avec un de ses élèves… Ou non, c’est plutôt l’histoire de cet élève, Majid Badach, qui remporte un ordinateur et qui… Ou alors attendez, en fait c’est l’histoire de cet ordinateur qui contient un jeu vidéo, Golem, qui se manifeste sous forme de bugs et qui va prendre de plus en plus de place chez ceux qui y jouent, et… Rah, non, disons que l’histoire se passe principalement dans une cité et que les habitants observent de drôles de phénomènes qui, euh, qui vont finir par brouiller la limite entre jeu et réalité, mais c’est surtout la faute de la MC, ou alors d’Albert, qui est un clochard au passé, euh, intéressant… Enfin je veux dire…

Bon, ok. Échec total. Prenons ça autrement. Continuer la lecture Golem, une série signée Murail(s)

Changements d’équipe

Aujourd’hui, deux journalistes sont tombées au champ d’honneur, arrachées à l’exercice de leurs fonctions par les exigence d’une vie IRL très chargée. Nous sommes réunis aujourd’hui pour rendre hommage à Dragonwing et Vefree qui ont vogué à bord de notre navire par vents et marées et qui ont contribué à faire de ce journal ce qu’il est devenu. Merci Drago, merci Vef’ pour tout ce que vous avez apporté au PAen en particulier et à PA en général. Merci aussi pour les pièces d’or et le rhum, c’est sympa pour les copines. Nous n’oublierons pas vos services rendus et que le sort vous soit favorable.

Et comme la vie est comme une boîte de chocolats, nous avons le plaisir et l’honneur d’accueillir une nouvelle journaliste dans nos rangs : la jeune et talentueuse Eryblack sera dorénavant des nôtres ! Bienvenue dans l’équipe, Ery ! Tu vas perdre ce qui te reste d’innocence, mais c’est pour la bonne cause.

L’équipe du PAen

Un ruban bleu pour Derrière les Portes

Il y a deux mois, nous vous avons proposé une sélection de quatre œuvres de Fictions Plume d’Argent autour du thème ESPRIT D’EQUIPE. Vous avez voté de nombreuses plumes à voter et nous savons que le choix était pourtant difficile, étant donné la grande qualité des histoires en lice.

Arrive à présent le résultat des votes :

 

rubanbleu-4a5afb1 Le ruban bleu est décerné à Derrière les portes de Neila !

 

Résumé : Imaginez une ville d’une blancheur éblouissante, où les hommes n’ont pas seulement rêvé la société parfaite mais l’ont créée. L’endroit au monde où le taux de criminalité est le plus bas, où famine, misère, meurtre et convoitise sont des mots étrangers, où tous se respectent et vivent selon les préceptes religieux et moraux les plus vertueux qui soient. Mais même la perfection à un prix : la tolérance zéro.

Maintenant imaginez des individus capables de tuer d’un seul regard, d’ouvrir la terre en deux, de répandre le chaos autant que la justice, s’affranchissant sans vergogne des lois qui régissent depuis toujours l’univers façonné par Dieu. Jusqu’où croyez-vous alors les hommes susceptibles d’aller pour défendre leur monde idyllique ? Jusqu’où croyez-vous que ce désir maladif de perfection les ait poussés ?

Peut-être jusqu’à l’irréparable…

Commentaire : Dans ce texte, « esprit d’équipe » rime avec « survie ». Hayalee, notre héroïne, ne pourra s’en sortir qu’avec l’aide de ses coéquipiers, aussi bougon, renfermée et étrange qu’ils soient. L’amitié est au cœur de ce récit de fantasy, c’est elle qui lie Hayalee à ses compagnons d’aventure, elle qui porte le lecteur à travers différents paysages, villes, dangers et mystères.

Vous pouvez découvrir l’histoire ici : Derrière les Portes – Neila

Vous pouvez aussi consulter le site web du roman : http://neila-derrierelesportes.blogspot.be/

Toutes nos félicitations, Neila ! Nous tenons aussi à féliciter La P’tite Clo, Rachael et Sej que nous avons eu grand plaisir à sélectionner !

Nous remercions toutes les plumes qui se sont prêtées à l’exercice, qui ont lu, commenté et voté dans le cadre de cette sélection. Vous contribuez à faire du ruban bleu un label de qualité puisqu’il reflète à la fois notre coup de cœur à nous, les équipes de PA et du PAen, mais aussi votre coup de cœur à vous, les membres de toute la communauté.

Rendez-vous le 15 juillet pour notre prochaine sélection !

L’équipe du PAen

ESPRIT D’EQUIPE

ESPRIT D’ÉQUIPE. Le thème de ce numéro nous apprend à dépasser le modeste individu que nous sommes et à penser collectif ! « Quel rapport avec l’écriture ? » allez-vous nous demander. Il est multiple. Contrairement à une vieille idée reçue, un auteur n’est pas une créature solitaire. Il a besoin du lecteur pour se définir, il peut écrire à quatre mains et davantage, monter des projets avec un illustrateur ou intégrer un Psychiatric Asylum dont on ne divulguera pas le nom. On retrouve la notion d’équipe au cœur même des histoires, à travers les tandems improbables, les partenaires de choc et les grandes amitiés ! Convaincues, les plumes ? Alors entrez, entrez, ce PAen a été écrit pour vous.

Et histoire de rester dans le ton : merci à Marie-Ange Greiner et Philippe Madignier pour leur très joli témoignage dans Recto Verso, à Syrène pour sa contribution au Plume et Astuce, à Elka et Danah pour avoir prêté plume forte au PAen, à Shaoran qui est une coéquipière en argent massif et à tout l’équipage !

Cristal, rédactrice en chef

 

Au sommaire de ce numéro :

Annonce spéciale – Elka journaliste, retour des Sélections et solution du jeu

Recto Verso – La Co-écriture recto verso

Plume et Astuce – Auteurs et Lecteurs : une relation contractuelle ?

À vos claviers – Concours et appel à textes de mars 2015

Les Bonnes adresses – Ecrire un roman à 4 mains – avantages et inconvénients

Perles & Citations

Galerie des plumes – Lyra, Elka, Slyth et bannières PaNo/PaCo

Plumes à lire – Votez pour votre fiction « esprit d’équipe » favorite !

Perles & Citations

Entre les moments forts du fofo, la prose inspirée des plumes argentées et les envolées lyriques d’écrivains célèbres, nous partons régulièrement à la cueillette des perles. Est-ce que vous vous reconnaîtrez ?

Ces citations ont été sélectionnées par Elka et Cristal autour du thème Esprit d’équipe.

 

Moi je dis, merci au programme aléatoire des modotes au destin de m’avoir donné un partenaire aussi barré

Qu’Est-ce que tu en dis Mister D? D’abord le concours Saint Valentin et puis, quoi? Le Monde?

De Céline dans Concours Saint-Valentin 2015 – Forum Plume d’Argent

 

Te mets pas la pression Tröllbadëry ! Nous serons ravies de te voir revenir en pleine puissance fongique, mais bien malheureusement, c’est difficile d’accorder tout le temps qu’on voudrait au PaNo (moi, par exemple, je pensais finir le boulot tôt, et j’ai perdu un temps monstre de manière parfaitement inutile à choisir le meilleur appareillage de briques pour le modèle 3D de mon projet . Le seul avantage, c’est que ce genre de frustration me donne méchamment envie d’écrire )

De Danah dans Les Tröllbadoürs en kilts de velours – Forum Plume d’Argent

 

— Bon. Vous allez d’un côté, moi de l’autre.
Pour une fois, Marina espérait que monsieur Falseflower participerait activement aux recherches.
— Malheureuse ! Nous séparer ?
— Moins fort, Taylor !
Il s’était collé à elle, arc-bouté sur la petite silhouette qu’il dépassait d’une bonne tête. Afin de changer de position avant de se faire surprendre par un monsieur Bodlicott dont ils n’auraient pas entendu l’arrivée, Marina s’élança sur l’allée centrale pendant que Taylor, hagard, s’accrochait à sa jupe pour ne pas se faire distancer.
— Pas si vite, pas si vite !
— Mais enfin Taylor, lâchez-moi !
— Désolé ma chère, chuchota-t-il sans obéir.

Fiesta sous les Mottes de Beul – Fictions Plume d’Argent

 

Lillian avait peur de se noyer au milieu de tant de rayonnement et de vie. Elles étaient parfaites… ils étaient parfaits : tous les trois. Elle pouvait presque voir la solide chaine qui les unissait et soudait leur cœur avec tendresse. Ne risquait-elle pas de disparaître complètement ? Elle qui n’avait jamais brillé que par l’obtention de bonnes notes à l’école, n’allait-elle pas devenir encore moins qu’un simple fantôme en côtoyant une aussi belle amitié toute la journée ? Parce qu’elle était belle, elle pouvait le voir. Il y avait quelque chose de très fort entre ces trois-là. Quelque chose que n’importe qui désirerait rien qu’en posant les yeux dessus. Cela n’allait-il pas la consumer de jalousie ?
« Ou pas… »

Earth Never Dies d’Elka – Fictions Plume d’Argent

 

Ces pensées l’accompagnent tandis qu’elle se lève ce matin-là. Elle s’étire, debout, un peu chancelante, pour retrouver au plus vite sa tonicité, sans cesser de gamberger. Déjà, quelques personnes un peu partout sur le globe s’excitent sur cette nouvelle pensée. Mais ça ne dure jamais bien longtemps. Un homme, quelque part en Océanie, lui pense que c’est un début intéressant et qu’elle devrait développer. Elle bâille pour toute réponse, un moyen efficace de dire « Fichez moi la paix, je ne suis pas nouveleuse ». L’homme ne se démonte pas, et commence une longue pensée qui paraît terriblement ennuyeuse. « Tout est ennui » conclut-elle. Elle ne lui prête pas plus d’attention qu’aux autres, ce qui est difficile puisqu’il s’adresse directement à elle, à travers les milliards de pensées qui traversent leurs deux crânes. Mais bien entendu, le reste du globe ne perd rien de leur embryon de conversation.

À la recherche de l’abstraction perdue de EryBlack – Fictions Plume d’Argent

 

— Nous sommes trois à jouer… et l’argent n’est pas le problème, même si chacun d’entre nous serait heureux de s’enrichir un peu.
Il se tourna vers moi et poursuivit :
— Nous formons une magnifique équipe, je ne suis pas sûr que tu en aies conscience. Nous sommes des privilégiés, Wave. Essayer cette interface… crois-moi… je connais au moins un millier de personnes qui voudraient être à notre place. Alors, dis-m’en plus. Qu’est-ce qui se passe ? Qui a conduit ta voiture et nous a montré ce raccourci ?
— Tu vas être déçu, Eo.

ALE Alternative Life Experience – Votre futur de Sophinette – Fictions Plume d’Argent 

 

 Le Gif coup de cœur

La terrible angoisse qui te prend avant de consulter pour la première fois le Trombi : y rencontrer le visage d’un prof / d’une détestable connaissance de colonie de vacances / de cette pouffiasse qui était dans ta classe / de ce touriste que tu as égaré l’autre jour en lui indiquant la mauvaise direction. //Proposé par EryBlack sur le Tumblr de PA

 

Il prit un livre recouvert d’épais maroquin vert joliment piqueté d’or. Il l’essuya avec sa manche, bien qu’il me parût dépourvu du moindre grain de poussière. Cérémonieusement, grand-père s’inclinat et me l’offrit. Je le regardai. De l’origine des espèces. Ici, dans ma propre maison. Je tendis les deux mains pour le recevoir. Il sourit. C’est ainsi que commença ma relation avec bon-papa.

De Jacqueline Kelly dans Calpurnia

 

A compter de ce moment, Hermione devint amie avec Ron et Harry. Il se crée des liens particuliers lorsqu’on fait ensemble certaines choses. Abattre un troll de quatre mètres de haut, par exemple.

De J.K. Rowling dans Harry Potter à l’école des sorciers

 

Ellana !
Impossible de savoir qui, le premier, avait crié mais le cri fut repris.
Ellana !
D’abord par plus de cent marchombres.
Ellana !
Puis par cinq cents guerriers enthousiastes.
Ellana !
Salim avait lâché Ewilan. Il gravit l’escalier en courant, trébucha,retrouva son équilibre par miracle, reprit sa course…
Ellana !
…se figea.
Elle pleurait. Des larmes irrépressibles noyaient ses yeux, ruisselaient sur son visage, coulaient. Encore. Toujours. Elle pleurait.
Ellana !
Salim aurait voulu la prendre dans ses bras, la serrer contre son cœur, lui hurler sa joie…
Ils sont tous là pour toi, lui murmura-t-il.
Il lui saisit doucement la main.
Nous sommes tous là pour toi.

De Pierre Bottero dans Le Pacte des MarchOmbres, T3

 

— Tu sais te servir de cette épée que tu portes, petit ?
— J’ai suivi l’entraînement, oui.
— Bien. Bien. L’entraînement. Bien. Alors, si on est attaqués par une bande de sacs de paille pendus à une poutre, je peux compter sur toi. En attendant, tu la fermes, tu gardes les oreilles à l’affût, tu ouvres l’œil et tu apprends.

De Terry Pratchett dans Les Annales du Disque-Monde, T28

 

La Co-écriture recto verso

Salut les plumes,

Comme le disait Lavoisier en son temps « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Le PAen ne fait pas exception à cette règle. Le dernier numéro inaugurait la nouvelle formule, cette fois, c’est au tour de Paroles de pros de subir un lifting pour devenir Recto Verso, la rubrique qui réconcilie idées reçues et point de vue des professionnels.

 

1/ Recto

Qui dit esprit d’équipe, dit équipe ce qui implique l’idée de coopération entre individus pour le bien-être d’une communauté au détriment du bien-être individuel. Plein de gros mots pour désigner la capacité d’un groupe à travailler ensemble. Concrètement dans l’écriture qu’est-ce que cela peut donner ?

On peut distinguer plusieurs types d’associations :

  • L’écriture avec un nègre

Bien que le terme ait aujourd’hui une connotation négative, le recours à un nègre littéraire est une pratique relativement courante dans certaines formes de littérature et notamment la littérature autobiographique.

Couramment désigné par nos amis anglophones sous le nom de Ghost writer ou encore de Prête-Plume, le nègre littéraire désigne un écrivain inconnu rédigeant le texte d’une autre personne, la plupart du temps une célébrité, dont le nom figurera sur la couverture. D’après l’estimation du Magazine des livres de 2007, de nos jours, environ 20% des romans publiés font appel à ces écrivains fantômes, principalement des autobiographies de célébrités. On peut notamment citer pour exemple celle de Zinedine Zidane écrite par Dan Franck ou encore celle de Martin Gray écrite par Max Gallo. Parmi les romans plus anciens et célèbres, nous avons Les trois mousquetaires ou encore le Comte de Monte-Cristo signé d’Alexandre Dumas, mais occultant complètement la contribution d’Auguste Maquet.

Si pendant longtemps la charge d’écrivain fantôme exigeait l’anonymat, ces dernières années son statut commence à évoluer, faisant de ces écrivains de l’ombre des « écrivains privés » ou plus poétiquement des « artisans de la rédaction » qui s’il n’est pas placé sous les feux de la rampe, reçoit néanmoins un tiers du pourcentage des droits de l’auteur sur un livre.

  • L’écriture à quatre mains

Parfois désignée sous le terme de co-écriture, l’écriture à quatre mains fait intervenir deux auteurs qui collaborent pour créer une œuvre littéraire, mais aussi parfois cinématographique, musicale voire même artistique.

Pendant longtemps ce mode d’écriture n’a pas eu bonne presse pour une raison très simple : l’humilité d’un auteur prenait le pas sur l’exubérance de l’autre, conduisant alors l’opinion publique à assimiler la pratique à l’écriture fantôme. De nos jours, ce type d’écriture est pleinement reconnu et les conseils pour bien écrire à deux sont légions sur la toile.

L’avantage principal de cette méthode d’écriture c’est interactivité entre les deux auteurs qui permet une confrontation rapide et efficace des idées. Outre la multiplication des idées qui découle de l’émulation des deux auteurs, écrire et réfléchir à deux permet d’éliminer un maximum d’incohérences ou encore de maladresses, mais aussi d’apporter plus facilement de l’eau au moulin de l’intrigue. Enfin, cela permet également d’apporter à chaque auteur davantage de motivation qu’en aurait un écrivain seul dans ce coin. Ce peut-être un bon compromis pour un auteur débutant, désireux d’avoir un peu d’aide pour structurer son roman. Ne dit-on pas que deux cerveaux valent mieux qu’un ?

Évidemment, c’est bien beau de vouloir écrire en coopération, mais cela demande aussi quelques petits aménagements et notamment une capacité à travailler ensemble. Exit improvisation et flou artistique, écrire à deux nécessite d’établir un plan et de respecter une bonne organisation pour éviter les redites ou les descriptions. Nous ne voudrions pas d’un personnage brun aux yeux bleus qui sur la page suivante deviendrait blond aux yeux bruns. Cela nécessite également une bonne dose d’humilité afin que chacun des auteurs puissent exprimer sa propre créativité.

Parmi les livres signés à quatre mains se comptent les romans de la série noire comme Le Roi des Mirmidous en 1966 ou encore L’Embrumé, tous deux de Viard et Zaccharias. Plus récemment, nous pouvons citer la série des Oksa Pollock de Cendrine Wolf et Anne Plichota.

  • Le cadavre exquis

Cette pratique scripturale désigne au départ un jeu créé à Paris par trois auteurs (Marcel Duhamel, Jacques Prévert et Yves Tanguy). Son principe de départ est simple. Il consiste à faire composer par plusieurs personnes une phrase ou un dessin sans qu’elles puissent lire ou regarder la contribution des autres collaborateurs. Chaque participant écrit à tour de rôle un mot, une partie de la phrase. À la fin, les participants découvrent le résultat.

Ce qui au départ n’était qu’un passe-temps devint très vite un challenge, celui d’écrire un roman complet sur ce mode. L’avantage de ce mode d’écriture c’est bien entendu la surprise et l’inventivité. Contrairement à une écriture à quatre mains qui nécessite une grande organisation et un bon plan, le cadavre exquis se construit sur le mode de la totale improvisation. Si le challenge impose pour des soucis de cohérence que l’écrivain ait accès au chapitre suivant.

Curieusement, tous les essais de cadavres exquis que j’ai trouvé dans le genre étaient des romans policiers, peut-être parce qu’ainsi chaque auteur se retrouve placé au plus près de la réalité d’une enquête policière, ignorant les causes et les conséquences de la mort du colonel moutarde. Ce qui rend le dénouement imprévisible et les conclusions probablement bien loin de ce que chaque auteur imaginait en écrivant son propre chapitre.

Quelques exemples pour la route :

Le premier roman façon cadavre exquis fut rédigé par 12 auteurs différents (G. K. Chesterton, V. L. Whitechurch, G. D. H. et Margaret Cole, Henry Wade, Agatha Christie, John Rode, Milward Kennedy, Freeman Wills Crofts, Edgar Jepson, Clemence Dane. Anthony Berkeley) et portait le doux titre de L’Amiral flottant, illustre roman policier de son état.

Plus récemment, en 2010, Maxime Gillio proposa à Facebook un cadavre exquis. 420 signes maximum pour 80 auteurs (de la plume confirmé au duvet balbutiant), l’opération donna naissance à L’Exquise nouvelle, roman publié en 2011 et retraçant la délirante poursuite du tueur à l’andouillette.

Enfin, parce que PA n’est pas en reste, en 2010, le forum aussi se prêtait au jeu pour produire la merveilleuse aventure d’un petit personnage perdu sur son astéroïde qui un jour rencontrait le Père Noël.

Au final le cadavre exquis, c’est une murder party racontée par chacun des protagonistes.

 

2/ Verso

Bien, maintenant que nous avons vu les différents types d’écriture collaborative, voyons un peu ce que pensent quelques écrivains célèbres. Pour cela, je laisse la place à Cricri qui nous présentera le point de vue de différents auteurs de renom, glanés au hasard des salons. Puis nous verrons le point de vue de « l’artisan de l’ombre » d’un roman auto-publié au doux nom de Le souffle lointain des songes.

Cricri à toi le micro :

Ici Cricri, de retour des Oniriques de Meyzieu. Ce week-end, je me suis déguisée en auteure pour m’introduire dans la place et m’approcher au plus près des Grands de l’Imaginaire. Ma mission ? Récolter des petits témoignages pour le PAen autour du thème esprit d’équipe. Et ça tombe plutôt bien, car l’esprit d’équipe, j’en ai trouvé là-bas sous toutes les déclinaisons !

Le rêve. Si vous êtes un amateur de Steampunk, vous connaissez peut-être Xavier Mauméjean, spécialiste incollable de Sherlock Holmes. J’ai été frappée par la beauté des illustrations d’un livre dont il a écrit les histoires, Steampunk : De vapeur et d’acier. Il m’a alors confié, avec une étincelle au fond des yeux, que Didier Graffet et lui s’étaient vraiment bien trouvés et s’inspiraient mutuellement, l’un puisant ses images dans les mots de l’autre et vice versa. L’auteur a imaginé tout un univers et l’illustrateur lui a donné forme. Une parfaite complémentarité pour un livre de toute beauté ; deux êtres qui se sont retrouvés au sein du même monde intérieur. J’ai aimé cette étincelle dans ce regard et j’ai trouvé l’histoire de cette collaboration plus belle encore que l’œuvre qui en est née. Un esprit d’équipe comme celui-là, ça fait vraiment rêver.

L’humour. Avec son allure de père Noël, Alain Grousset sait raconter des histoires aussi bien à l’écrit qu’à l’oral. J’étais assise juste à côté de lui quand nous avons rencontré les clubs de lecture ados et lorsqu’on lui parle « esprit d’équipe », lui, ça lui évoque directement ça : « Il y a deux écoles (imaginez la voix profonde de père Noël). Les Structurants et les Scripturants. Les Structurants, ce sont ceux qui ne peuvent pas écrire une histoire sans établir d’abord un plan minutieusement détaillé et sans maîtriser leur univers jusque dans les moindres recoins, la moindre branche généalogique. Je SUIS un Structurant. Les Scripurants, ce sont les auteurs qui se lancent tête baissée sur leur page blanche et qui suivent le fil de l’improvisation sans avoir la moindre idée de la tournure que va prendre l’histoire. Susie Morgenstern EST une Scripturante. Nous avons co-écrits un roman, elle et moi : Tout amour est extraterrestre. Un chapitre chacun. J’ai fait le plan précis et méticuleux de l’ensemble du roman, en bon Structurant, puis j’ai écrit le premier chapitre, je l’ai envoyé à Susie avec le plan détaillé de son propre chapitre. Je lui ai demandé de surtout bien respecter le plan. Elle m’a répondu « Yes, yes, okay ! » (elle est Américaine). Quand elle m’a renvoyé son chapitre, il n’y avait absolument rien de ce que j’avais écrit dans le plan. J’ai été obligé de complètement revoir mon programme, moi, le Structurant, et d’écrire un chapitre à l’opposé de ce que j’avais prévu. Tout le livre s’est déroulé ainsi ! Ça a été une expérience nouvelle pour moi (on sent une vibration de souffrance dans la voix d’Alain Grousset, comme une blessure qui n’a jamais vraiment guéri). Il faut savoir que dans le roman, le personnage principal est un extra-terrestre qui s’ignore… et qui change de sexe. Ça nous a permis, à Susie et à moi, d’explorer les deux versants de l’adolescence. Susie n’hésitait pas à écrire des scènes vraiment… (Alain Grousset se gratte la gorge) …vraiment osées. Quant à moi, j’ai la fierté de vous annoncer que j’ai réussi à décrire un passage où l’héroïne doit s’épiler les jambes. Je ne vous raconte pas les heures de recherche et de documentation acharnées sur Internet qu’il m’a fallu pour écrire cette seule scène. »* Alain Grousset ou un esprit d’équipe comme vous ne l’avez jamais vu.

* M. Grousset, j’ai rapporté vos paroles de mémoire, j’espère n’avoir pas déformé vos propos !

L’émotion. À l’occasion des Oniriques, j’ai également eu la chance formidable de siéger à la gauche d’Erik L’Homme. Il m’a même fait la bise (si, si), mais passons, là n’est pas le sujet. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’Erik L’Homme avait la veille remis le Prix Pierre Bottero et au moment de son discours, j’ai compris qu’il avait bien connu cet auteur avant son tragique accident. C’était un sujet un peu délicat à aborder, mais j’ai voulu en savoir plus et j’ai appris qu’ils avaient co-écrits ensemble la série A comme Association, qu’Erik L’Homme a finalement été obligé de terminer seul. J’ai toujours pensé, du fond de ma naïve ignorance, que la co-écriture d’un roman se faisait plus ou moins à la façon d’Alain Grousset et Susie Morgenstern, en alternance de scènes ou de chapitres. Erik m’a expliqué que A comme Association repose sur un principe différent. Pierre Bottero et lui ont écrit en alternance, oui, mais un tome entier à chaque fois. Un livre, un personnage. Erik L’Homme a écrit du point de vue d’un adolescent de 16 ans (Jasper) quand Pierre Bottero écrivait du point de vue d’une jeune femme de 18 ans (Ombe Duchemin). J’ai demandé à Erik comment se passait cette co-écriture, si elle se faisait uniquement à distance, par Internet, mais j’avais tout faux encore une fois : les deux auteurs étaient unis par une véritable amitié et ils avaient souvent l’habitude de se retrouver chez eux pour avancer le projet. Je n’ose même pas imaginer ce que ça a dû être de terminer seul cette série née dans la complicité de l’amitié. Et pourtant, n’était-ce pas aussi le plus beau des hommages, la plus belle expression que pouvait prendre cet esprit d’équipe ?

Cristal

Un grand merci à Cricri pour son témoignage vraiment super.

Passons maintenant à un autre témoignage. Eh oui, il n’y a pas besoin d’être un auteur célèbre et reconnu pour vouloir s’essayer à l’exercice de l’écriture coopérative. Parfois, il arrive qu’un auteur débutant ressente le besoin de s’entourer d’un de ses confrères pour parvenir à lancer son récit et voler de ses propres ailes. C’est le cas de l’auteur que je vais vous présenter. Il s’appelle Philippe Madignier, auteur du livre Le souffle lointain des songes. Roman initiatique d’un adolescent, dont je vous laisse apprécier le résumé.

Nul ne se connaît vraiment, avant de s’être affronté lui-même. Quand Albert vient emménager avec sa famille à Mont-sur-Mer, c’est avec soulagement qu’il quitte son ancienne ville. Discret, gentil, naïf même, sa perception de la vie est très différente d’un ado ordinaire. Auparavant chahuté et tourmenté, ce changement de vie va enfin lui offrir ce qu’il n’espérait plus trouver : des amis. Mais les vieux démons rôdent… Une vie qui le rattrape, un passé qui le hante, et l’Autre monde, à l’univers trouble et mystérieux, lui ouvre ses portes… Si vous aviez des certitudes sur le bien et le mal, Albert va vous les ébranler.

 

 

Les présentations faites, voyons maintenant son point de vue sur la question.

  1. Si je vous parle d’esprit d’équipe en écriture, qu’est-ce que ça vous évoque ?

L’inspiration. Il me plaît de savoir que j’écris pour quelqu’un qui me connaît. C’est une sorte d’expiation, de recherche de soi, où mon lecteur privilégié, qui n’est autre que ma meilleure amie, est à la fois lecteur, critique, directeur artistique et psy. Mais je ne crois pas que je pourrais travailler avec quelqu’un d’autre. Mon écriture doit rester personnelle, et ma collaboratrice sait parfaitement travailler avec moi sans changer l’essence même de ce que j’écris, d’autant qu’elle a son propre style d’écriture qui est à la fois fluide et concis, et dont je manque cruellement.

  1. Comment s’est passé votre collaboration sur Le souffle lointain des songes ? Quel était le rôle de chacun dans cette collaboration ?

J’avais déjà écrit l’intégralité du plan durant deux ans, mais j’avais besoin de quelqu’un pour me « pousser ». La collaboration est un tremplin pour moi. En dehors de toutes les corrections et soutiens dans l’évolution de mon histoire, je n’aurais rien écrit de plus que deux chapitres si je n’avais pas eu en tête constamment que ma « collaboratrice » attendait mes manuscrits.

Ma manière de travailler a beaucoup évolué en trois ans qu’a demandés ce roman, mais d’une manière générale, je lui envoyais par mail les moitiés de chapitres et elle me corrigeait les fautes et améliorait les phrases lourdes qui étaient légion en réécrivant les parties les moins fluides. De plus, nous nous voyions régulièrement (comme nous l’avons toujours fait) pour discuter de mon histoire. Parler des personnages, du déroulement des évènements et des rebondissements, m’aidait à réfléchir et à trouver les articulations et enchaînements manquants. Et certains blocages ont été débloqués par ma collaboratrice elle-même.

  1. Si demain on vous proposait d’écrire à nouveau à quatre mains, cela vous paraîtrait-il envisageable ? Quels sont les avantages et les inconvénients de l’écriture à quatre mains ?

C’est déjà le cas, l’écriture de la suite du premier opus est en cours, même si je n’ai encore rien donné à ma collaboratrice. L’écriture est une introspection, une découverte de soi. Je m’étonne moi-même de tant de manières d’aborder cette écriture. Je ne suis pas écrivain, écrire est un exercice difficile, mais j’ai besoin de m’extraire de la réalité par ce biais. Pour l’instant, je suis en recherche de mon moi profond mais par un autre angle que dans le premier opus. Je travaille avec ma collaboratrice en parlant de l’histoire. Nous sommes dans une phase où elle me pousse à écrire ! Parce que je ne sais pas si je me sens encore capable de me mettre de deux à huit heures par jour pendant trois ans dans cet exercice.

L’avantage d’écrire à quatre mains, est qu’on peut s’appuyer sur l’autre pour confirmer ou réfuter une manière de faire, d’écrire, voire même de développer une idée. C’est réconfortant de ne pas avancer complètement en aveugle, même si j’ai à chaque fois le vertige quand je vois cette satanée page blanche!

L’inconvénient, pour ma part, c’est de se sentir « obligé » d’écrire. Mais c’est paradoxal avec le fait que c’est justement ce point-là qui m’a permis d’écrire ce premier roman.

  1. Quels sont vos projets scripturaux pour l’avenir ?

Comme je l’ai dit précédemment, je suis dans l’écriture du deuxième tome. Mais ayant déjà écrit deux petites nouvelles, j’ai envie de poursuivre cet exercice jusqu’à pouvoir en éditer un recueil. Je dois aussi aller au bout de mon projet « Le souffle lointain des songes ». L’objectif premier était d’écrire un roman, de composer sa musique et de l’adapter en film. J’ai composé déjà une dizaine de musiques qui m’ont permis de m’aider dans l’écriture, reste maintenant à l’adapter en film. C’est beaucoup de travail…

Voilà les Plumes c’est terminé pour cette nouvelle rubrique. Comme nous l’avons vu, contrairement aux idées reçues, l’écriture n’est pas toujours un acte solitaire, mais une belle collaboration née de l’amitié ou conduisant à elle, dans le but de produire une œuvre riche de l’imaginaire de ses auteurs. J’espère que cette nouvelle version de Paroles de Pros aura éclairé votre lanterne et je vous dis à bientôt pour un nouveau numéro inédit du PAen.

 

À vous les studios !

Shaoran

Concours et appel à textes de mars 2015

Ces Concours et Appels à textes ont été sélectionnés par Dragonwing et Elka dans le cadre du thème Esprit d’équipe.

[Concours] Concours Fanfiction Folio SF
Organisateur : Folio SF
Genres littéraires : Science-fiction
Thème : La horde du Contrevent d’Alain Damasio
Longueur : 20 pages maximum (environ 30 000 signes)
Modalités de soumission : Par courrier (un exemplaire) ou par mail
Date maximum de soumission : Le jeu se déroulera du 26 février 2015 au 14 juin 2015 à minuit.
Bénéfice : « 1 an de lecture Folio SF, une rencontre avec Alain Damasio aux Utopiales de Nantes et la mise en avant sur notre site et sur nos réseaux sociaux de la fanfiction gagnante ! »
Lien : http://www.folio-lesite.fr/fanfiction/

[Concours de nouvelles] Visions du futur
Organisateur : Club Présences d’esprits
Genres littéraires : science-fiction, fantastique, fantasy, merveilleux
Thème : (au choix : )
a. « Brûlez les ponts et voyez comme vous travaillez bien quand vous ne pouvez pas reculer. »
b. « — Quel est notre cap, Capitaine?
— La seconde étoile à droite, et puis tout droit jusqu’au matin. »
c. Perversion
Longueur : maximum 40 000 signes, espaces comprises
Modalités de soumission : Le texte devra être envoyé en pièce jointe exclusivement en format .rtf ou .doc à : visionsdufutur@presences-d-esprits.com. L’auteur devra préciser dans le corps du mail ses noms, prénoms, âge, adresse postale et adresse mail valide, ainsi que le titre de sa nouvelle et le sujet choisi pour élaborer son texte. Il précisera en outre par quel moyen il a pris connaissance de ce concours.
Date maximum de soumission : La date limite d’envoi est le jeudi 1er mai 2015, minuit.
Bénéfice : Les textes ayant obtenu un prix seront publiés dans un numéro spécial d’AOC consacré au concours « Visions du Futur ». En participant à ce concours, les auteurs s’engagent à accepter la publication du texte présenté et primé.
Lien : http://www.presences-d-esprits.com/visions-du-futur-edition-2015/

[Concours de nouvelles] Prix René Barjavel 2015
Organisateur : Les Intergalactiques
Genres littéraires : Science-fiction
Thème : « Le voyageur imprudent »
Longueur : maximum 3500 mots.
Modalités de soumission : Mail (format PDF ; en Time New Roman 12 ; interligne 1,5)
Date maximum de soumission : avant le 15 juillet au plus tard.
Bénéfice : Le gagnant du Prix Barjavel verra :
– Sa nouvelle publiée en édition numérique avec notre partenaires les éditions ActuSF.
– Dotation en ouvrages de littératures de l’imaginaire.
Lien : http://www.intergalactiques.net/prix-rene-barjavel-2015/

[Concours de nouvelles] Foire au Polar 2015
Organisateur : L’association Foire au Polar
Genre littéraire : Polar (!)
Thème : Polar et monde du sport
Longueur : 4 pages maximum
Modalités de soumission : Pas de frais de participation. Envoi par courrier en 3 exemplaires.
Date maximum de soumission : 30 avril 2015
Bénéfices : Des lots de livres policiers et, pour le 1er prix de chaque catégorie d’âge, une invitation à la Foire au Polar. Éventuelle publication d’un recueil.
Lien : http://www.bonnesnouvelles.net/associationfoireaupolar2015.htm

[Concours de nouvelles] L’Encrier Renversé
Organisateurs : La revue de nouvelles L’encrier renversé et la ville de Castres
Genre littéraire : Tous
Thème : Libre
Longueur : Maximum 15 pages (soit 22 500 signes)
Modalités de soumission : Pas de frais de participation pour les moins de 18 ans, sinon frais de 5€ payables par chèque. Envoi par courrier en 4 exemplaires.
Date maximum de soumission : 15 mai 2015
Bénéfices :
– 1er prix : 800 € ; 2ème prix : 350 € ; 3ème prix : 250 €
– Un prix indépendant de 150 €
– De la 4ème à la 10ème place : un abonnement de 4 numéros à L’encrier renversé
– Les dix premiers textes seront publiés dans le numéro « Spécial concours 2015 » de L’encrier renversé.
Lien : http://encrierrenverse.canalblog.com/archives/2014/12/13/31133746.html

[Appel à textes] Premier amour
Organisateur : Sidh Press
Genres littéraires : Au choix
Thème : Premier Amour
Longueur : entre 10 000 et 25 000 mots
Modalités de soumission : Par mail
Date maximum de soumission : Soumissions ouvertes du 20 Février 2015 au 15 Juillet 2015
Bénéfice : Les nouvelles sélectionnées seront rassemblées dans un recueil.
Lien : http://www.sidhpress.com/appels-agrave-textes.html

Elka journaliste, retour des Sélections et solution du jeu

Une nouvelle journaliste qui fait des claquettes

Les abonnées de la Newsletter ne l’ignorent pas (ceux qui sont dotés d’un bon sens de l’observation sur le fofo non plus), Elka nous a fait le grand honneur de rejoindre les rangs du journal. Sitôt arrivée dans les locaux, elle nous a gratifiés d’un impressionnant numéro de claquettes : c’est qu’elle déborde d’idées et d’énergie, Elka. L’encre bouillonnante du journalisme coule dans ses veines ! Sans doute certaines plumes ont-elles déjà suivi ses innombrables chroniques littéraires sur son blog : au mois de mai, vous aurez l’occasion de goûter à ses Chroniques PAennes, mais ce numéro a déjà bénéficié de sa formidable participation. Elka est une hyperactive, une hyperlectrice, une hyperauteure et elle est à présent une hyperjournaliste. Toute l’équipe du PAen se joint à moi pour lui souhaiter la bienvenue !

 

Le grand retour des Sélections

Les anciennes plumes s’en souviennent probablement, fut une époque où l’équipe de modottes décorait chaque mois, puis chaque saison, une Fiction de Plume d’Argent d’un petit ruban bleu. Cette récompense visait à mettre en vedette nos grands coups de cœur. Mesdames les plumes et messieurs les plumeaux, nous avons le plaisir et la joie de vous annoncer que les rubans bleus sont de retour !

Un numéro sur deux, l’équipe du PAen vous proposera une sélection de trois ou quatre Fictions publiées sur le site de Plume d’Argent. Vous aurez alors deux mois, vous, les illustres membres de Plume d’Argent, pour découvrir ces œuvres et voter pour celle qui aura fait chavirer votre cœur. L’histoire gagnante se verra gratifier d’un ruban bleu et d’une mise à l’honneur bien mérité !

Ces œuvres seront proposées non seulement par l’équipe du journal, mais aussi avec la contribution de l’équipe de modération. Elles sont choisies sur un ensemble de critères : l’intérêt de l’histoire, la qualité de l’écriture, l’état d’avancement du roman, la lisibilité du texte (orthographe, mise en page), etc. Comme beaucoup de fictions répondent déjà à tous ces critères de sélection, nous en avons ajouté un autre : le thème du journal. Par exemple, pour ce numéro-ci, le thème étant « Esprit d’équipe », nous avons sélectionné quatre histoires dont l’esprit d’équipe est l’un des sujets dominants.

Je vous invite à prendre connaissance de la nouvelle sélection dans Plumes à Lire !

 

La solution du jeu

Au mois de janvier, Shao vous avez proposé un fameux casse-tête. Il fallait répondre à la question « à quelle adresse habite le personnage qui possède des cheveux blancs mais qui n’est pas vieux ? »

La réponse était la Grotte Pleindesous.

La première maison, autrement nommée Salle des Tortures, appartient à Danette. Dedans vit Killimara, personnage de Porteurs, originaire de Talladar et dont la particularité est d’abriter contre son gré un inconnu dans sa tête.

La seconde maison, autrement appelée Marais Dacôté, appartient à Seja. Dedans vit Machin, personnage de La septième Face, originaire de la Face à l’Envers, et dont la particularité est d’avoir hérité d’un étrange coffret de son oncle.

La troisième maison, autrement appelée Allée de la Forêt, appartient à Elka. Dedans vit Gwenaëlle, personnage de Les Arkans, originaire de L’Académie, et dont la particularité est de posséder une clef remise lors d’une cérémonie spéciale.

La quatrième maison, autrement appelée Grotte Pleindesous, appartient à Drago. Dedans vit Dimitri, personnage de Le Dragon Blanc, originaire de Primville, et dont la particularité est de se confronter à la fin de son monde.

La cinquième maison, autrement appelée Grange aux Kangourous, appartient à Neila. Dedans vit Hayalee, personnage de Derrière les Portes, originaire de la Karakha, et dont la particularité est de posséder le matricule 012336.

Ecrire un roman à 4 mains – avantages et inconvénients

Plume d’Argent n’est pas la seule ressource en matière de littérature et d’écriture. Le PAen sélectionne désormais les articles qui pourraient, vous, plumes argentées en quête de perfection, vous faire battre le cœur. Vous trouverez ici des conseils, des chroniques, des astuces et des témoignages (certains noms ne vous seront peut-être pas inconnus) qui nous feront nous coucher un peu moins bêtes ce soir !

Les articles ci-dessous ont été sélectionnés par Slyth et Elka dans le cadre du thème esprit d’équipe.

Sujet : comment écrire un roman à 4 mains ?

Description : A propos d’écriture est un blog tenu par une passionnée d’écriture qui exerce le métier d’écrivain biographe. On y trouve aussi bien des conseils d’écriture et de lecture que des astuces pour apprendre et progresser sur des sujets aussi riches que variés.

L’article choisi se penche sur les précautions à prendre avant de se lancer dans l’écriture d’un roman à 4 mains.

Extrait : « Il y a quelques semaines, un lecteur du blog m’a posé une question concernant l’écriture à quatre mains. Il souhaitait en savoir un peu plus sur cette expérience et les précautions à prendre avant de se lancer dans l’aventure.
J’ai eu la chance de pouvoir vivre ce genre d’expérience dans le cadre de mon activité d’écrivain biographe. En fin d’année 2012, une jeune femme m’a contactée pour écrire une autofiction à quatre mains. »

Article intégral : http://www.aproposdecriture.com/comment-ecrire-un-roman-a-4-mains

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Sujet : Les avantages et inconvénients d’écrire à quatre mains

Description : Ecrire un roman est un site regroupant différentes passions autour du livre : astuce pour l’écriture, chroniques de lectures, informations sur les maisons d’éditions, jeux d’écriture… L’article choisit s’intéresse à l’écriture à quatre mains, donne une liste de pour et de contre sur le sujet.

Extrait : « Un soir où l’on a longuement discuté entre amis qui s’intéressent à l’écriture – et après peut-être quelques bières de trop… – quelqu’un lance :

« Eh, les gars ! Et si on écrivait un livre tous ensemble ? Un livre pour nous tous ? Joe s’occuperait de la psychologie des personnages, Jack des descriptions, moi je traquerais les lourdeurs de style, et on pourrait demander à William d’écrire les dialogues ! Tu me ressers un verre, Joe ? » »

Article intégral : http://www.ecrire-un-roman.com/articles/rubriques/boite-a-outils/ecrire-un-livre-a-plusieurs-avantages-et-inconvenients

Auteurs et Lecteurs : une relation contractuelle ?

Le thème du numéro étant « Esprit d’équipe », c’est en tandem avec Syrène que s’est réalisé ce Plume et Astuce. Et quoi de mieux, pour rester dans l’esprit collaboratif, que choisir comme sujet la relation auteur&lecteur ? Les questions sont les suivantes : quand un auteur publie son histoire sur le web, n’a-t-il pas un minimum de responsabilités envers ses lecteurs ? et le lecteur a-t-il lui-même un engagement vis-à-vis de l’auteur dont il suit les histoires ?

Syrène – les responsabilités de l’auteur

Une envie d’écrire, c’est comme une démangeaison lancinante. Ça vous trotte dans la cervelle, ça vous agace le bout des doigts, ça ne vous lâche pas. C’est non seulement l’histoire, ou du moins une partie d’histoire qui se met en place, mais aussi un texte, des dialogues, des situations. Les mots s’ordonnent d’eux-mêmes dans votre tête et l’on n’a qu’une envie, c’est de les coucher sur papier ou sur écran dès que possible, afin de se libérer et de leur donner vie. D’autant que les mots se vengent : si l’on attend trop longtemps pour les écrire, peu importe que l’on n’ait pas eu le choix, ils s’enfuient en ricanant, ne vous laissant plus que l’idée générale et une frustration certaine car dans ce cas, même en s’y donnant à fond, on ne retrouvera jamais l’ordonnancement premier, qui bien évidemment était le meilleur.

Donc, ces mots, les voilà enfin écrits ou saisis, formant un texte ou un début d’histoire, ou une partie de texte/histoire. Très bien. Et maintenant, que va-t-on en faire ?

Le net donne à tous ceux qui ont envie d’écrire toute latitude de poster leurs textes, courts ou longs, bien ou mal écrits, terminés ou pas, et quel qu’en soit le contenu. Et donc de le faire lire. Que l’on écrive une fanfiction, une histoire originale, ses souvenirs d’enfance ou les recettes de cuisine de sa grand-tante Justine, peu importe, les supports ne manquent pas. Et généralement, les règles de « publication » sont très larges : techniquement, il est possible de publier absolument tout ce que l’on veut, et comme on veut. Je veux dire par là : de l’œuvre inachevée (qui ne le sera jamais) à celle qui sera actualisée environ tous les deux ans, sans oublier les textes violents ou à caractère sexuel prononcés, voire même des pamphlets particulièrement virulents. Or donc, la souplesse et la liberté du net exemptent-elles pour autant les auteurs de leurs responsabilités vis-à-vis de leurs lecteurs ? Car enfin, celui/celle qui publie son texte a envie qu’il soit lu et commenté, nous sommes bien d’accord. Ce n’est pas le tout de savoir que les gens lisent, l’auteur a envie de savoir ce qu’ils pensent.

Il y a certes retour et retour : ceux qui par exemple publient sur une plate-forme de lecture n’attendent rien d’autres de leurs lecteurs (combien décident d’abandonner l’histoire s’ils estiment ne pas recevoir suffisamment de louanges ? ). Il y a aussi les retours j’allais dire « professionnels », destinés à aider l’auteur dans sa progression et son écriture. Je ne m’attarderai donc ni sur l’œuvre inachevée (ô combien frustrante cependant) ni sur les publications à rallonge et je passe directement aux constantes :

L’orthographe, la grammaire et la conjugaison ? Cékoi ?

Un grand débat sur le net, n’est-ce pas ? Certains textes vous arrachent les yeux dès la première ligne tant ils sont blindés de fautes ! Ça me paraît pourtant être la moindre des choses, dès lors que l’on prétend être lu, d’utiliser non seulement le correcteur automatique mais aussi un dictionnaire et un traité de conjugaison ! Combien ne trouve-t-on pas de phrases estropiées du genre : « Je veu pas te parlé »…. Aïïïeeee ! Mes yeux ! Ils saignent ! Je pense que certains/certaines partent du principe qu’ils écrivent pour s’amuser et qu’ils refusent la contrainte de la relecture et de la correction… mais au fait, pourquoi dans ce cas faudrait-il se contraindre à les lire ?

Accepter la critique

Rien n’est plus agréable et valorisant que de recevoir des commentaires positifs, voire enthousiastes, sur ce que l’on a écrit. L’inverse en revanche…. Un texte n’est-ce pas, c’est un peu le bébé de son auteur, et qui aimerait s’entendre dire que son bébé a les oreilles trop grandes et le nez trop court ? Personne, c’est clair.

Cela fait pourtant partie du « contrat » tacite de celui/celle qui écrit (et surtout qui publie) et ceux qui lisent : le droit de trouver que le texte, ou l’histoire, ou les personnages ont des défauts, que le texte est pourri de fautes et illisible, que l’ensemble est incompréhensible ou incohérent…. que sais-je encore ? Bien sûr, toute critique n’est pas forcément à prendre au pied de la lettre mais en publiant un texte, donc en cherchant à le faire lire, l’auteur s’engage à accepter qu’il ne plaise pas et qu’il soit jugé mauvais. Quand bien même il lui plaît beaucoup à lui-même, qui le trouve très bon !
C’est encore plus délicat lorsque l’auteur exprime ses pensées personnelles, ses convictions, sa manière de voir les choses. Mieux vaut sans doute prendre du recul avant de publier, car il se trouvera fatalement des lecteurs pour être en total désaccord et le faire savoir. C’est une responsabilité à laquelle il vaut mieux se préparer à l’avance : comme on met toujours beaucoup de soi-même dans ce que l’on écrit, forcément une critique de ce genre, même argumentée et solide, va piquer un peu…. ou beaucoup.

Les sujets tabous ou choquants

Bien sûr, chaque lecteur, que ce soit sur le net ou en librairie, sélectionne ses lectures selon ses goûts. Encore faut-il que la quatrième de couverture, le résumé etc soit explicite sur le contenu. C’est même la plus élémentaire honnêteté !
On va dire qu’il est difficile de savoir ce qui peut choquer le lecteur potentiel, que par exemple le simple fait qu’un gamin reçoive une fessée méritée peut en choquer certains. Sans aucun doute. Il n’en reste pas moins que chacun a une idée ne serait-ce qu’approximative des sujets sensibles ou plus ou moins tabous (je ne sais pas moi, disons l’inceste, par exemple) et que d’une manière générale, les textes violents ou dits « pour adultes » doivent être signalés. D’autant que l’on peut être adulte et malgré tout les éviter comme la peste ! Prendre son lecteur par surprise et ainsi risquer de le mettre mal à l’aise, voire de le choquer sans qu’il sache à quoi s’attendre n’est tout simplement pas une option.

 

Cristal – les responsabilités du lecteur

Internet a considérablement fait évoluer le statut du lecteur traditionnel. Le lecteur 2.0 est un lecteur actif et participatif, un « lect-acteur ». Toutes les plateformes de publication (comme la célébrissime Plume d’Argent, mais tchh tchh, pas de marque) sont désormais conçues pour lui permettre de non seulement donner son avis sur un texte, mais aussi établir un véritable dialogue avec l’auteur ; ce dialogue peut créer un lien de fidélisation très fort entre l’auteur et son lecteur. Un lien si fort que j’ai souvent vu des lecteurs, stimulés par ces échanges, se transformer à leur tour en auteur et basculer du côté littéraire de la force. Cette mutation du lecteur (oui, Internet génère des mutants) soulève un certain nombre de questions. Le lecteur peut-il absolument tout dire à un auteur ? Dispose-t-il de son texte à sa guise ? Est-il moralement engagé à suivre sa publication ?

Le droit d’expression

Dès qu’un auteur soumet sa production écrite à la lecture, il la soumet également à la critique et celle-ci n’est pas toujours agréable à entendre. Le lecteur a le droit de ne pas aimer votre histoire, vos personnages ou vos idées, et surtout il a le droit de vous le dire. Oui, ça fait bobo. Depuis que je suis modératrice, il m’est quelquefois arrivé d’être confrontée à des cas de conscience. Un auteur nous fait part de son désarroi, car la critique qu’il a reçue d’un lecteur l’a profondément heurté, voire découragé. Le commentaire en question peut être en effet sévère, parfois même injuste, mais il reflète une opinion. On peut demander au lecteur d’être plus constructif dans ses prochains commentaires, mais voilà, de là à le bâillonner et l’expédier au fond d’un lac avec un boulet à chaque pied… Bref, ça réclame parfois une bonne dose de courage, mais nous, auteurs, nous devons respecter la parole du lecteur, même si elle nous blesse dans notre amour-propre et qu’on aimerait pouvoir lui jeter un sortilège impardonnable.

N’y a-t-il pour autant aucune limite au droit d’expression du lecteur ? Internet est le royaume de l’anonymat et il peut désinhiber certains comportements. Le droit du lecteur s’arrête là où celui de l’auteur commence. La diffamation, la discrimination, la xénophobie, l’homophobie, pour ne citer qu’elles, sont illégales. Certaines plateformes d’échange poussent même plus loin la modération et se basent sur la nétiquette : « une règle informelle, puis une charte qui définit les règles de conduite et de politesse recommandées sur les premiers médias de communication mis à disposition par Internet. Il s’agit de tentatives de formalisation d’un certain contrat social pour l’Internet » (Wikipédia). En gros, on demande au lecteur de respecter les principes élémentaires de la politesse et de s’adresser à l’auteur avec le même respect qu’il le ferait lors d’une conversation non virtuelle. Oui, bon, ça admet que la personne en question maîtrise déjà les règles de la politesse dans la vie courante et il suffit de prendre la route un vendredi à 17h pour mesurer l’étendue du problème.

Propriété intellectuelle et copie privée

Parmi les droits inhérents à l’auteur que le lecteur doit respecter, il y a évidemment la propriété intellectuelle. J’ai écrit « évidemment », mais nous allons voir que cela ne coule pas forcément de source.

Un lecteur n’a pas le droit de reproduire votre texte (hors droit de citation), il ne peut pas le diffuser sans votre consentement et il ne peut pas s’en attribuer la paternité. On parlerait dès lors de plagiat, à savoir la « reproduction non avouée d’une œuvre originale ou d’une partie de cette dernière » (http://atilf.atilf.fr/tlf.htm). Il m’est arrivé une fois de tomber sur une de mes vieilles fanfictions signée par une parfaite inconnue ; je peux vous assurer que ça fait bizarre. Et là, c’est à vous, auteur, de prouver que la version de votre histoire est antérieure à celle dont dispose le plagiaire. Ah, ah.

Poussons le raisonnement plus loin, à présent. Un lecteur a-t-il le droit d’enregistrer votre histoire sur son ordinateur ? A-t-il le droit de l’imprimer ? Allez, honnêtement qui, parmi nous, ne l’a pas fait au moins une fois ? La copie privée est une exception au droit d’auteur, mais elle doit normalement se faire à partir d’une source licite. Par exemple à partir d’une œuvre que vous avez acheté de façon légale. Sur des sites comme Plume d’Argent, nous entrons dans un domaine border-line puisque les textes sont diffusés dans un cadre non-commercial. De plus, la copie privée se cantonne à un usage strictement personnel et ne doit pas sortir du cadre familial : passer la copie d’une histoire à des amis vous fait franchir la ligne rouge. Vous comprenez mieux pourquoi il est si rapide de traverser la frontière entre légalité et illégalité sans même s’en apercevoir ? Nous. Sommes. Tous. Des. Pirates. En. Puissance.

Désertion et harcèlement

Je parlais un peu plus haut de la possibilité extraordinaire qu’offrait Internet d’établir un véritable dialogue entre l’auteur et son lecteur. Tout ça c’est bien joli, mais que se passe-t-il quand ce dialogue ne se fait pas ? ou encore qu’il cesse brutalement du jour au lendemain ? C’est un fait, tous les auteurs ne sont pas égaux face au lectorat et, disons-le, ce n’est pas toujours juste. Certaines histoires créent le buzz quand d’autres passent inaperçues ou tombent dans l’oubli. Ce désintérêt du lecteur peut-être cause d’une réelle souffrance chez l’auteur ; après tout, n’écrit-il pas pour être lu ?

Mais voilà : peut-on moralement exiger d’un lecteur qu’il nous lise ? Faire de la sollicitation à répétition ou culpabiliser les déserteurs peut définitivement fausser la relation entre l’auteur et le lecteur. Sans même verser jusque-là, il m’est arrivé à plusieurs reprises de me trouver dans la posture de la lectrice à qui on a soumis une histoire et qu’on relance encore et encore pour avoir vite-vite-vite son avis. C’est très-très-très inconfortable. Et pour être tout à fait honnête, je dois confesser que j’ai aussi été dans la situation inverse. J’étais jeune, j’étais débutante, j’étais avide de reconnaissance et j’ai forcé ma meilleure amie à se coltiner les 1300 pages de mon manuscrit, jour après jour. Elle a fini par me gueuler dessus et elle a bien eu raison.

Plus on soumet un lecteur à la contrainte, moins il prendra de plaisir à lire. Il a le droit de lire SI il veut, QUAND il veut et AU RYTHME qu’il veut. Il peut parcourir votre histoire dans le désordre, commencer par la fin, sauter des passages, s’arrêter en plein milieu. Je vous invite à prendre connaissance de la célèbre affiche (on la retrouve dans beaucoup d’écoles et de bibliothèques) des « dix droits du lecteur » inspirés du livre Comme un roman de Daniel Pennac et illustrés par Quentin Blake. C’est vraiment instructif !

droits_lecteur

Je terminerai ma réflexion sur le harcèlement (histoire de finir sur une note plus joyeuse, youhou). J’ai tenu à en parler, car j’en ai été témoin – très rarement, je vous rassure – et je ne veux pas passer ce phénomène-là sous silence. Si un lecteur n’a pas l’obligation de vous lire, il n’a aucunement le droit de vous harceler. Je n’inclus évidemment pas ici les messages de type « vite la suite maintenant s’il te plaît ! » qui sont l’expression d’un enthousiasme maladroit. Non, je parle du harcèlement mal intentionné, celui qui vous soumet à une pression psychologique forte et répétée. J’ai vu un auteur se recevoir une série de messages décourageants et signés sous différents pseudos : une enquête a révélé que c’était une seule et même personne qui en harcelait une autre. De même, un lecteur n’a pas le droit de vous soumettre à un harcèlement pour connaître plus vite la suite de votre histoire ou vous faire reprendre un projet que vous avez abandonné. Il peut le déplorer, naturellement, mais il ne peut rien vous imposer.

À l’éclairage de nos réflexions croisées, à Syrène et à moi, s’il me fallait répondre à la question soulevée par le titre « Auteurs et lecteurs : une relation contractuelle ? », je serais tentée de répondre ceci : il n’y a pas de contrat signé avec le sang entre un auteur et un lecteur, mais pour que la coexistence se passe au mieux, il est important qu’elle se fasse dans le respect mutuel l’un de l’autre et… ma foi… faisons preuve d’esprit d’équipe 😉

Cristal et Syrène