Les chimères d’Atalaya de Keina

 

Sur Terre-Ma, les dernières dentelles de la nuit s’étiraient, paresseuses. La Lumière embrasa l’horizon et alluma une à une les silhouettes effilées des Tours qui jalonnaient le désert.

 

 

Bienvenue à Terre-Ma, où le climat est si rude que les habitants ont trouvé refuge dans des tours aux proportions ahurissantes. À Atalaya, l’environnement est double. D’une part il y a ce désert à perte de vue, ce sable, cette sècheresse, cette vie impensable sous le soleil écrasant ; et de l’autre l’ombre fraîche des murs, les routes qui s’enroulent jusqu’au ciel, les arbres fruitiers, les fermes… Les Tours d’Atalaya, ce sont des univers au creux de l’univers. Des oasis où il faisait encore bon de vivre il y a peu…

— C’est le troisième ce mois-ci, dit Teunus Kevork, sur le ton de l’évidence. Sans compter le petit de Mokba qui était tellement chétif qu’il n’a pas vécu une semaine. Nous allons devoir appeler les Fossoyeurs, encore une fois.

 

Mais à Atalaya, la vie doit continuer de toute façon. On y espère tous que les problèmes du moment ne sont que passager. Les jeunes se préparent donc pour leur examen. L’Épreuve sépare les habitants pour les répartir dans les différents étages, chacun consacré à une branche de métier. Les plus intelligents partent vivre en bas, avec les Penseurs, quand les autres sont condamnés à monter. Et là-haut, tout là-haut, il y a les pauvres et les fous ; ceux qu’on aimerait pouvoir oublier. Mais la vraie peur des habitants sont les Chimères – ces créatures étranges, à mi-chemin entre la légende urbaine et l’abominable réalité – pas la répartition de la population.

 

Au moins, tant qu’ils vivaient tous deux dans le degré Trente, rien ne leur interdisait de se voir et de se parler.

 

Mais nous, lecteurs, sommes forcément déchirés quand Keina nous présente ses personnages principaux. Lottie, Rasmus, Kori et Tibal sont si différents que leur destin est clairement énoncé dans les premiers chapitres : après l’Épreuve, chacun vivra sa vie. Peut-être certains d’entre eux ne se reverront pas. Et dès le premier chapitre, on le redoute, parce qu’ils comptent déjà pour nous. Par la langue, les tics de langage, de prononciation ; par l’invention des termes et des suffixes, Keina nous happe en quelques lignes dans son univers. Le soleil pèse sur nos épaules, le passage des Fossoyeurs nous fait frissonner et on se rassure de ne pas passer le test d’intelligence.

Une imagination fertile, une plume poétique et beaucoup d’humanité sont les trois grands ingrédients de Keina pour nous conter les Chimères d’Atalaya.

 

Dors, petite souris, dors
La Tour se tait, tout est serein,
Les Pensées en sommeil fredonnent ce refrain.
Dors, petite souris, dors
Si bientôt tu ne dors pas
La Chimère t’attendra
 Dors, petite souris, dors.
Sin’ est là qui te protégera,
Dors et n’aie crainte des Chimères d’Atalaya 
 

 

Amie plume, sache néanmoins qu’au PAen, nous avons beaucoup hésité pour la chronique. Les Chimères ont toute leur place ici, mais d’autres aussi… Sachez donc que nous vous invitons vivement à jeter aussi un noeinoeil à Ulfur de Sierra, dont la quête met l’environnement en premier plan, et Moonshine de Danah, dont les protagonistes ont dû s’adapter à leur environnement disons… spatial.
Cet été, sur PA, vous ne manquerez donc pas de belles lectures <3
(Et merci Léthé pour la bannière !)

Florilège de PAroles

Ça y est, les vacances sont là !

Et, une fois n’est pas coutume, vous allez avoir droit à un numéro « spécial été », réalisé avec la participation d’une dizaine de Plumes (non, non, je ne vous dirai pas que j’ai dû modifier mon organisation au dernier moment… c’était parfaitement voulu voyons !)

Une seule question et des réponses toutes différentes, captivantes, touchantes, intrigantes et merveilleuses, il y en a vraiment pour tous les goûts et je suis sûre que vous saurez apprécier chacune d’entre elles !

 

« Monde sauvage, monde urbain, monde féérique, monde poison : quelle place et quel rôle accordes-tu à l’environnement dans tes textes ? Quelles sont tes sources d’inspiration, fictives ou réelles, pour créer tes propres environnements ? »

 

Ethel

Pour moi, il n’y a rien qui soit plus important dans une histoire que les personnages. Par contre, l’environnement est lui aussi essentiel ! Il m’est arrivé de lire des romans captivants, mais dont les décors étaient très peu décrits ; à cause de ça, dans ma tête, toute l’action se déroulait dans une énorme grotte très sombre. Ce n’est pas la fin du monde, mais disons que ça rend les choses moins intéressantes. Et puis, je pense que ça donne des atmosphères moins fortes que si j’avais eu une meilleure idée du décor.
Pour éviter que ceux qui lisent mes textes rencontrent aussi ce problème, qui me frustre un peu, j’essaie de décrire assez précisément ce que j’ai dans la tête. Par contre, des commentaires reçus m’ont fait comprendre que la suggestion est souvent mieux que la longue description, et c’est donc ce que j’essaie maintenant (encore assez maladroitement) de privilégier.
Pour l’instant, j’écris surtout dans le réalisme, ou à peu près, donc je m’inspire en majeure partie de lieux réels. Durant ma presque déjà longue vie, j’ai eu la chance de voyager et de voir pas mal de trucs, et quand je vois un endroit où un objet décoratif qui me rappelle de près ou de loin mon histoire, je le photographie et je mets ça dans un dossier. Comme ça, j’ai plein d’inspiration à regarder quand j’ai à décrire un lieu. Et puis, pour Astel, mon « idée de départ » a commencé à se développer grâce à une vraie chose que j’ai vue et qui m’a tout de suite paru merveilleuse : la fontaine du Fallsview Casino, près des chutes du Niagara. Allez-y, c’est très beau et très impressionnant !

 

GueuleDeLoup

Bonjour, bonjour ^^
Alors pour répondre, je dirais que j’accorde énormément de place à l’environnement où évoluent mes personnages. Je suis une personne très pointilleuse sur la notion d’ « ambiance ». J’aime les petits détails du décor, les objets, les odeurs, le bruit des machines.
Je parle beaucoup de la lumière et des reflets aussi, ça compte beaucoup dans la façon dont je visualise une scène. D’ailleurs quand j’ai commencé à monter le Multivers avec mon amie la plus proche, on visualisait plus ça comme une série télé que comme un livre. Du coup on parlait beaucoup d’effet de caméra, d’angle de l’image et de zoom.
J’utilise également souvent des codes couleurs. Celui de la Ville noire sont le noir et le vert laiteux. Celui de Limbo est un monochrome de gris.
Concernant le type de monde, je n’ai pas de préférence particulière: j’ai déjà écrit des histoires dans le monde réel, d’autres dans des mondes inventés. Ville Noire se situe entre un espèce de Steam Punk épuré et une ville ultra-moderne mais les annexes se passeront dans des ambiances totalement différentes: Il y en aura une qui se passera dans des d’arbres gigantesques et une autre qui suivra des pirates du désert.
Enfin concernant les inspiration, je pense que A la croisée des Mondes de Pullman m’a ouvert des tas de nouveaux horizons chocolatés et a initié le concept du Multivers. Et pour Ville Noire, je citerai  Huis clos  de Sartre, pour le huis clos justement, même si le mien se passe dans une ville énorme.

 

Jowie

L’environnement a un rôle crucial dans mes textes, car j’estime qu’il peut avoir une influence importante sur les personnages qui y ont grandi ou qui y évoluent. C’est un des facteurs qui peut forger ou expliquer certains aspects d’une personnalité. Vice-versa, une personne a également le pouvoir modifier son environnement jusqu’à un certain degré. Je trouve cette bidirectionnalité très intéressante et j’essaie de l’exploiter au maximum.
Pour créer un environnement, je choisis d’abord un décor, un paysage, une ambiance. Je m’inspire de lieux visités ou de photos. Par exemple, pour Le Bal aveugle, je me suis fortement inspirée de la région autour de la ville de Zermatt et du Cervin (alias « la montagne représentée sur les Toblerones »). Par contre, pour Les Croyances de Bronwen, un récit fantasy, j’essaie de me représenter le lieu dans ma tête, de faire des croquis et d’ensuite faire des recherches pour compléter mes brouillons d’idées. Mais ça reste assez superficiel jusqu’à ce que je décide quelle dynamique je vais superposer au décor. Par “dynamique”, j’entends comment les personnages peuplant ce milieu vont fonctionner/interagir, et quelles en sont les règles. Pour cela, je recueille des anecdotes ou des impressions ressenties en rencontrant certains groupes de personnes et après, j’exagère et je déforme à ma guise. C’est tout bête, mais rien qu’en visitant sa propre famille, on peut déjà percevoir son fonctionnement (ex : qui parle le plus, qui tranche, qui a le droit de faire quoi, etc.). Ce que j’ai remarqué, c’est que dans mes deux projets, les petits villages prédominent. Étant moi-même de la campagne, j’ai toujours été intriguée par le côté « tout le monde sait tout » ou « t’es pas d’ici, toi » de certains villages, ainsi que la dimension que peuvent y prendre les commérages !

 

Aloha

Une des choses que j’aime le plus dans la lecture, c’est croire à ce que je lis. J’aime être tellement immergée dans l’univers que je peux toucher les nuages si l’envie me prend de lâcher mon livre d’une main pour palper l’espace au-dessus de moi. J’aime me matérialiser dans cet ailleurs qu’on a créé et que je créé tout à la fois, alors que mes yeux continuent à avancer au fil des pages. J’aime que tout prenne vie, soit concret, et ce même si l’on me raconte quelque chose de complètement farfelu ; comme l’invasion d’un festival de rock par une armée de canards psychopathes (oui, cette histoire existe). L’environnement contribue pour moi à la modélisation de l’histoire. Au-delà d’asseoir sa crédibilité, il impacte l’intrigue et les innombrables possibilités qu’elle permet aux protagonistes d’explorer. Le monde les modèle, eux-mêmes, car leur psychologie découle directement de son influence constante, de par leur vécu.
Je suis actuellement plus axée dans une phase de recherches en ce qui concerne mon écriture. Je m’y perds très facilement. Mais je ne serai capable de rien sans comprendre un minimum où je suis dans ma tête. Ainsi, je n’ai pas de source unique. Je considère tout ce que je vois – l’illustration d’un livre de fantasy comme l’architecture de l’immeuble du voisin – comme une version d’une idée. J’adore laisser ensuite mon inconscient mélanger le tout et me faire des propositions. On croit souvent que je perds mon temps à rêvasser ou que je suis fainéante ; mais pas du tout. J’écris. Même les yeux fermés, assise au pied de mon lit, en souriant béatement, oui, je suis en train d’écrire.

 

Dédé

Je dois dire que je ne suis pas très à l’aise dans les descriptions et dans le développement de mes différents univers. Cependant, j’essaie de me soigner…
En créant des univers inspirés de la réalité, je m’appuie fortement sur ce qui existe déjà : des restaurants, des noms de villes, de rues, quitte à avoir Google Maps sous le coude pour visualiser l’univers en question. Cela demande un travail de recherches qui est énorme pour quelque chose qui reste sans doute dans l’ordre du détail pour le lecteur mais, ce travail, effectué de temps en temps, m’amuse jusqu’au moment où ça ne m’amuse plus et je retourne dans les univers que j’invente de toutes pièces.
En revanche, il est vrai que j’ai encore du mal à développer pleinement ces univers créés par mes soins de A à Z. Je n’arrive pas à penser à tous les moindres détails avant de me lancer dans la phase d’écriture. J’ai besoin d’écrire et de me poser les bonnes questions en temps voulu. Je pense que c’est ça qui fait que mes backgrounds sont un peu bancals à l’heure actuelle (surtout que je ne m’aide de rien, la deuxième question à laquelle je réponds me fait prendre conscience de ça…) mais comme je l’ai dit au début : j’essaie de me soigner…

 

Dragonwing

Étant une enfant de la ville, toutes mes histoires se déroulent principalement dans un contexte urbain. Pourtant la nature finit toujours par y reprendre ses droits : que ce soit dans un monde futuriste où les espaces verts ont envahi la ville, ou dans un univers où les humains se sont retranchés derrière des murs pour la préserver.
Même quand ce n’est pas du tout le sujet que je cherchais à traiter, je ne peux pas m’empêcher d’utiliser la fiction comme un moyen de rechercher un équilibre entre ces deux mondes. Je construis des sociétés comme autant de maquettes pour me dire « Ça, ça pourrait marcher… Ça non. »
Il en résulte que, côté création, je m’écarte peu de ce que je connais. Mes villes sont assez modernes, avec toutefois toujours un élément de décalage (technologique, mystique, magique…) qui les rend fondamentalement différentes des nôtres et qui finit par avoir une grande importance dans l’intrigue. Rien d’exotique en revanche dans ma faune et ma flore. Je ne me vois pas faire mieux que Mère Nature elle-même, je m’en tiens donc (jusqu’à maintenant, du moins) à ce qu’elle nous offre de plus beau !

 

Rachael

J’adore fabriquer des univers différents, décalés, exotiques. Ils peuvent être sauvages ou urbains, accueillants ou hostiles. Dans Naelmo, mon héroïne se promène dans un univers ultra technologique, où l’homme a investi des planètes plus ou moins adaptées à ses besoins ou construit des structures artificielles pour y vivre.
J’aime décrire ces mondes, les difficultés qu’ils posent à leurs occupants (canyons infinis ou forêt pensante) et la façon dont ceux-ci s’y adaptent pour créer des sociétés originales. Quel genre de société ces endroits inspirent-ils aux humains qui les occupent ?
Pour moi, l’inspiration est partout, dans l’observation d’abord ou dans son souvenir : la tiédeur d’un caillou au soleil, les odeurs des buis surchauffés au pied des falaises, la douceur d’une crosse de fougère, la blancheur de la grue de papier pliée. Tous les sens peuvent/doivent participer à l’observation et à la création des univers.
L’inspiration est aussi dans l’Art : littérature, ou plus rarement peinture, photographie ou cinéma. Paradoxal ? Pas vraiment : dans l’écrit, on peut inventer des paysages, les nourrir à la fois par le texte et sa propre imagination. Au cinéma ou dans les représentations visuelles, on est obligé d’accepter l’univers déjà construit de l’auteur. Il peut être très beau, nous transporter ailleurs, mais il ne laisse plus beaucoup de place à l’imagination. Pour moi, c’est rarement un matériau propice, du moins consciemment.
Quel rôle tiennent-ils : ce sont des environnements, et quelquefois des personnages, comme la forêt pensante d’Hevéla. Mais ils ne sont pas là pour « faire joli » : ils m’intéressent dans la façon dont les personnages les perçoivent et sont influencés par eux. Si dans une scène le décor a peu d’importance, parce que les personnages n’y accordent pas d’attention, eh bien, il n’y aura quasiment pas de description du lieu.

 

Hermine

Depuis toute petite j’ai toujours été fascinée et attirée par le monde sauvage. La nature est aussi tendre qu’effrayante, magnifique et terrible, mystique voire magique. C’est une source d’inspiration infinie, qui fait naître en moi beaucoup d’émotions différentes.

C’est donc sans surprise que j’ai donné une place de choix au monde sauvage dans mon projet. Dans l’Eloge au Serpent, la forêt est crainte par les Hommes. Dans une société qui prône la raison et le contrôle des émotions, le monde sauvage y est considéré comme l’antithèse de la civilisation : monde de l’inconscience et de la folie, siège des émotions incontrôlées, asile des chimères et des démons. Les prêtres de ce monde pensent que la forêt progresse au fur et à mesure que les Hommes perdent la foi et la raison. Ces lieux dénués d’activité humaine sont évités par tous, car la légende dit que l’on s’y perd corps et âme. La quête de liberté et de vérité de mes personnages les conduira d’ailleurs au cœur de ces fameuses Montagnes…

Mes inspirations sont assez évidentes : Miyazaki, Miyazaki, Miyazaki ! Princesse Mononoké et Nausicaä de la Vallée du Vent ont marqué mon imaginaire pour toujours. Pour ce qui est des lieux réels dont je m’inspire, il y a les forêts de Bretagne et d’Irlande ainsi que les montagnes allemandes. Les tableaux de Caspar David Friedrich m’ont beaucoup aidée à mettre en image les montagnes de mon roman, notamment le « Voyageur contemplant une mer de nuage ».

J’éprouve une étrange nostalgie pour le monde sauvage, comme une envie de retour aux sources.

 

Mandorle

Bien… Je n’ai pas vraiment commencé à écrire, à décrire réellement. Mais, dans mes quelques poèmes que j’ai pu rédiger, un seul traite réellement de l’environnement, lui donnant une dimension vivante, presque épique et mythologique.
Dans l’univers que je suis en train de créer, une des premières choses que j’ai cherché à faire a été d’imaginer un bestiaire. J’ai donc décrit des animaux, des plantes, leur aspect et caractéristiques. Il me fallait un décor pour planter mes personnages et mon récit. J’imagine davantage ce dernier comme une découverte progressive du monde et de ses règles. C’est donc une place majeure qui est accordée à l’environnement, comme élément inconnu mais pas forcément menaçant.

Je m’inspire très probablement des oeuvres de Pierre Bottero, et des mythologies celtiques, ainsi que du shintoïsme japonais (à travers Miyazaki). Mais comme personne n’a encore lu mes textes, je ne peux vous le montrer. Il s’agit aussi sans doute de déformer à travers ma propre perception des paysages / êtres réels, et de les présenter sous un autre jour, méconnaissables.

 

Ainsi s’achève cette interview collective.

Je tiens à remercier chaleureusement les neuf Plumes qui ont accepté mon invitation et contribué à élaborer cet article un  peu spécial. Un immense merci à vous pour votre participation enthousiaste et votre sincérité, ce n’était peut-être pas prévu au départ mais c’était vraiment une expérience géniale à vivre !

Si vous aussi vous souhaitez nous  faire partager vos expériences/anecdotes, n’hésitez pas à en parler sur le topic du Journal !

Gardez vos plumes affutées,

Slyth

Mots-Mondes

Entre les moments forts du fofo, la prose inspirée des plumes argentées et les envolées lyriques d’écrivains célèbres, nous partons régulièrement à la cueillette des perles. Est-ce que vous vous reconnaîtrez ?

Ces citations ont été sélectionnées par Elka, EryBlack, Shaoran et Cristal autour du thème Environnement.

 

Le souci, avec les gouvernements, c’est qu’ils sont élus par des majorités qui n’en ont rien a foutre, de la biodiversité. Alors que les milliardaires ont tendance a s’en occuper. C’est important pour eux que la planète ne soit pas complètement bousillée, parce que ce sont eux et leurs héritiers qui auront assez d’argent pour en profiter, de cette planète.

Jonathan Franzen dans Freedom

 

Aessa Jynne-Lorry était une femme impressionneuse. Haccan aurait pu la trouver belle si, à l’instar de ses concitoyens, elle n’avait pas eu le visage criblé de plaquettes chromées. L’assemblance d’écailles qui s’étendait de sa gorge à son nez permettait la traitance des traces d’hydrogène que les Jupitériens ne parvenaient pas à dissocier de l’atmosfère confinée des Ceintures.

Danah dans Moonshine – Fictions Plume d’Argent

 

– Les hommes prennent ce qui leur a été offert, mais ils ne remercient jamais. Ils ne donnent rien en échange, comme si tout leur était dû. Ils en veulent toujours plus. Ce qu’ils empruntent à notre terre, à Anörre, sans jamais le lui rendre, ils le détruisent. Le désir de puissance devient toujours plus fort. Notre monde est gigantesque, nous n’avons pas encore pu délimiter ses contours, aussi les hommes cherchent à posséder déjà tout ce qu’ils connaissent, pour pouvoir s’étendre sur ce qu’ils ne connaissent pas. Ils veulent posséder un monde qui ne leur appartient pas, sur lequel ils ont été posés et autorisés à vivre. Les dieux sont bafoués par leur comportement, mais la nature l’est tout autant. Ce qu’oublient ces êtres humains orgueilleux, c’est que la nature a été créée par les dieux anciens et mise à notre disposition, pour peu que nous la respections. Les abords d’Adélos ne me donnent pas l’impression que la nature est respectée. Les sols sont retournés et exploités, les montagnes alentours sont creusées jusqu’à la moelle, et tout ça pour extraire… on ne sait quelle substance des entrailles de la terre !

Sierra dans Ulfur – Fictions Plume d’Argent

 

La poussière est partout. Elle scintille dans les rayons de soleil qui filtrent, elle se dépose lentement sur chaque recoin. Jack tousse. Ses poumons sont en feu, il n’arrive pas à reprendre sa respiration.

Il tente de calmer son cœur. La panique ne va rien résoudre. Il inspire une nouvelle fois, essaie de ne pas tousser. Ça fait un mal de chien, mais cette fois, il sent l’air dans ses poumons. Il répète l’opération deux, trois, quinze fois jusqu’à sentir son cœur revenir à la normale. Alors, seulement, il regarde autour de lui.

Il rentrait chez lui après une nuit au boulot, comme chaque matin. Il rentrait et ne rêvait que de s’effondrer dans son lit. C’est alors que les sirènes ont commencé à hurler dans toute la ville. Et puis…

Seja dans Les Pâtes froides – Fictions Plume d’Argent

 

Nous vous proposons aussi la découverte et l’exploration d’un nouvel environnement virtuel. Son nom de code : ALE. Alternative Life Experience. En voici quelques images.

L’hologramme disparut et dans un silence complet, des images vidéo défilèrent sur les quatre murs qui nous entouraient. Comme la bande-annonce d’un nouveau film catastrophe, A.L.E était en définitive notre planète ayant subi de grandes perturbations. Déluges, montées des eaux, effondrements, villes à moitié englouties, îles rayées de la carte, déforestations, invasions d’insectes, conflits armés… Bref, la totale.

Sophie G. Winner (alias Sophinette) dans ALE2100

 

— Léa, demandai-je à mon tour, pourquoi des robots sous forme de rhinos ?

La fillette tourna son visage constellé de taches de rousseur vers moi.

— L’explication est simple. On prédit la disparition de nombreuses espèces dès 2050. La plupart des grands mammifères se seront éteints, beaucoup seront en voie d’extinction. D’un autre côté, la robotique aura, elle, fait d’énormes avancées. Dans ALE, le gouvernement africain souhaite préserver son tourisme, qui tient la première place dans l’économie de certaines régions : il a donc décidé de camoufler ces disparitions en introduisant dans les parcs ce que l’on appelle des « ABots », contraction des mots « animal » et « robot ».

Sophie G. Winner (alias Sophinette)  dans ALE2100

 

Le sol. Cette pensée traversa tout à coup l’esprit du garçon sans qu’il ne parvînt à en comprendre l’intensité. Le visage de son oncle repassa devant ses yeux ; doucement, ses mots lui revinrent en mémoire. « C’est en bas » avait-il dit à propos des Enfers. Juste sous ses pieds… Shin se pencha précautionneusement au-dessus la portière pour jeter un coup d’œil en contrebas. L’océan des Enfers lui parvenait, tel un mirage happé dans le blanc laiteux des nuages, à peine perceptible.

Céline Chevet (alias Erinyes) dans Les Enfants d’Elyn

 

ENVIRONNEMENT

ENVIRONNEMENT. On ne mesure pas toujours à quel point il joue un rôle déterminant dans nos fictions. Il est ce personnage silencieux qui influe l’intrigue d’une façon ou d’une autre. L’environnement peut être harmonieux : l’enjeu sera de préserver son équilibre. L’environnement peut être hostile à l’homme : l’enjeu sera d’y survivre. Monde clos, monde ville, monde nature, monde apocalypse, mondes multiples, il existe une infinité d’environnements donnant lieu à une infinité d’histoires. Toutes méritent d’être racontées.

Le PAen a le plaisir d’accueillir dans ses rangs Hermine, notre nouvelle journaliste : elle inaugure dans ce numéro une rubrique qui vous fera voyager à travers tous les horizons !

Toute l’équipe se joint à moi pour remercier Ethel, GueuleDeLoup, Jowie, Aloha, Dédé, Dragonwing, Rachael, Hermine et Mandorle pour leur belle contribution aux Imagineurs !

Cristal, rédactrice en chef

 

Au programme de ce numéro :

 

 

Et vous ?

Vous, auteurs, quelle place et quel traitement accordez-vous à l’environnement dans vos textes ? Votre avis nous intéresse !

 

 

Concours Léthé #2

J’attire aussi votre attention sur le Jeu Concours de l’été/Léthé ouvert aux plumes qui posteront un commentaire dans le topic du PAen. Il roxe de la nouille japonaise ♥

Conditions de participation : avoir plus de 50 messages à son actif depuis votre inscription sur le forum, avoir rempli le test (n’oubliez pas de mentionner le bon pseudo) et avoir posté un commentaire dans le topic du journal (ceux qui n’en laissent pas seront punis) – Le concours est fermé au(x) gagnant(s) de la dernière session.

À gagner : 4 illustrations, fanart de Chihiro & Haku du Voyage de Chihiro (© Hayao Miyazaki) ; «On n’oublie jamais les gens qu’on a rencontrés, on a seulement du mal à s’en souvenir. »

 

 


Note – Au moment où j’ai écrit cet édito et les journalistes leurs articles, l’attentat de Nice ne s’était pas encore produit. Ce matin, nous nous sommes réveillées choquées comme tout le monde. J’ai donc préféré attendre cet après-midi pour sortir le numéro, afin de respecter l’émotion de chacun d’entre vous. Merci par avance de votre compréhension et nous vous souhaitons, aujourd’hui plus que jamais, une bonne lecture ♥

Les dessins de Léthé #2

DANS CE NUMÉRO : du faciès dépressif, de la chaleur suprême et de la nudité partielle.

C’est l’été (lol, Léthé, l’été, vous l’avez ? Qu’est-ce qu’on se marre par ici.), alors on va manger des moules-frites et sentir les aisselles des gens dans les transports en commun, parce que ça fait plaisir. Non, je déconne. On est mieux ici, en train de chiller sur le PAen. Et pour ce thème de l’environnement, je vous ai prévu du lourd : de la nuit, de l’eau, des apocalypses, du drama qui fait pleuvoir (tristesse), du ciel avec parfois des nuages parfois moins car il fait beau, pour finir sur du désert chaud du slip qui va vous donner envie de prendre une douche (♪ Dévisse-moi la bonde, nettoie-moi l’siphon… BREF)(disait Pépin)(j’adore l’humour).

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Jeu Concours #2 – Tirage au sort le 30 juillet 2016

Difficile de parler environnement sans mentionner le maître Miyazaki : voici donc des illustrations inspirées du célèbre film d’animation Le Voyage de Chihiro. Pour cette session, il n’y aura pas un mais quatre gagnants et le tirage au sort se fera… en couple ! Quatre participants, soit deux couples de Chihiro et Haku. Mais comment savoir pour quel personnage vous serez tirés au sort ? Rien de plus simple, il vous suffit de passer le test de personnalité concocté spécialement pour vous ! Alors, vous êtes plutôt #teamchihiro ou #teamhaku ?

Pour participer au Concours et passer le test, c’est ici !

Conditions de participation : avoir plus de 50 messages à son actif depuis votre inscription sur le forum, avoir rempli le test (n’oubliez pas de mentionner le bon pseudo) et avoir posté un commentaire dans le topic du journal (ceux qui n’en laissent pas seront punis) – Le concours est fermé au(x) gagnant(s) de la dernière session.
À gagner : 4 illustrations, fanart de Chihiro & Haku du Voyage de Chihiro (© Hayao Miyazaki) ; «On n’oublie jamais les gens qu’on a rencontrés, on a seulement du mal à s’en souvenir. »


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L’illustration du mois : « Not today »

Entre vous et moi, j’avais entendu parler de ALE 2100 bien avant de connaître Plume d’Argent : Eyvie, l’illustratrice qui travaille avec l’auteure, est une amie (le monde est si petit, c’est choupet). Je n’avais pas encore lu le livre que je m’étais déjà faite spoiler 45% de l’histoire. C’est avec un plaisir non dissimulé que je vous donne mon interprétation du personnage de Eo, du roman ALE 2100 de Sophie G. Winner. Un livre vraiment bouleversant, qui nous fait réfléchir sur les conséquences de nos actions sur l’environnement.

Synopsis : Lola, jeune étudiante, est invitée à entrer dans une représentation virtuelle de la Terre en 2100, dénommée ALE. Mais ce qu’elle imaginait comme un jeu de réalité augmentée va bientôt se transformer en tout autre chose. Parce que, dans ce monde là, les voyageurs peuvent sentir, souffrir et que le monde de 2100 n’est pas entièrement tel que la jeune fille l’imaginait…
Une aventure haletante qui vous transportera comme son héroïne dans une course folle pour sauver la planète… et retrouver ce mystérieux voyageur qui possède peut-être la clé de toute l’énigme.

Et pour ceux/celles que ça intéresse, j’ai réalisé l’illustration à partir d’un texte et d’une musique de Chill Bump, un groupe de rap-dubstep français que je vous conseille d’écouter, ils ont volé mon petit coeur et méritent leur succès grandissant. Voici leur morceau Not Today, qui correspondait parfaitement au thème que j’imaginais pour Eo.

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Une heure avec les Chimères

C’est l’heure de la plage et du Sunny Delight, restons dans le thème de la forte chaleur et des odeurs de transpiration : il est temps d’aller chafouiner du côté désertique. Keina a généreusement accepté de nous laisser suer avec elle durant une heure de LiveStream sur Le Délusoire, avec son roman Les Chimères d’Atalaya. On a parlé de roux sans censure et Lou avait encore un très beau pseudo à base de philosophe cette fois (au dernier stream on avait eu droit à « Poil », là à « Aristote », cette femme n’a aucun âge mental prédéfini). Une heure où 100% des gens de passage ont demandé qui était le beau gosse à l’air ténébreux (réponse : Tibal), où il a fallu calmer les modos qui s’amusaient à kicker l’invité (désolée Keinouille, j’ai parfois du mal à contenir leur énergie destructrice). Merci à ceux qui sont passés et à Keina pour nous avoir accompagnés ♥︎

N’oubliez pas d’aller faire un tour sur les Chimères d’Atalaya via Fictions Plume d’Argent !
Les illustrations en HD sont en téléchargement libre pendant 15 jours à cette adresse sur Dropbox.

PERSOS_OK_Tibal  PERSOS_OK_Lottie  PERSOS_OK_Rasmus  PERSOS_OK_Kori

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Chantilly sur vos keurs

Un merci à tous ceux ayant participé : Shaoran pour avoir trouvé la super idée du test pour le Concours, Cricri pour avoir aidé aux questions du test, Seja & Flamby pour m’avoir supportée pendant que je pleurais sur mes illustrations & Keinouille pour avoir accepté que je beau-gossise Kori (et que je le vieillisse un peu afin de le mettre dans mon harem) !

Et merci à vous, Plumeaux et Plumettes, pour votre présence lors des streams et vos remarques/mots d’amour/conseils ♥︎

Léthétine

Le premier voyage

Bienvenue dans mon vaisseau, jeune matelot en quête de nouvelles aventures !

Nous embarquons aujourd’hui pour le premier voyage de l’Hermine. Mais quel est le but de cette nouvelle rubrique Paenne, me demandez-vous ? C’est simple : s’affranchir du temps et de l’espace afin d’explorer différentes facettes du thème du Paen du jour, partir pour un tour du monde à la recherche de nouveaux horizons et de belles découvertes. Ici on parlera cinéma, bande-dessinée, musique, jeux-vidéo, culture étrangère, manifestation… notre voyage sera volontairement hétéroclite.

Larguez les amarres !

L’ environnement, la nature et nous

 


Match France-Allemagne : l’expression de ma joie profonde

Mi-juillet : l’été tire la gueule entre pluie et grosses chaleurs. Le vrombissement des tondeuses à gazon accompagnent gaiement vos apéros au balcon, tandis que votre voisine vous gratifie généreusement de la fumée de sa cigarette. L’Euro vient à peine de se terminer, au grand soulagement des non-footeux qui étonnamment n’apprécient pas les braiments de certains voisins très enthousiastes. Les résultats du bac et autres examens sont tombés, beaucoup sont enfin en vacances et notre vie citadine bat son plein.

Les humains que nous sommes se sont coupés de l’environnement, surtout les plus citadins d’entre nous. Les occasions de respirer les odeurs de la campagne, de profiter de la fraicheur et du silence des forêts se font rares.

Pourtant, certains gardent au fond d’eux-mêmes la nostalgie des grands espaces naturels. Les forêts et les montagnes, la mer et les déserts sont présents de manière récurrentes dans nos lectures, dans les séries ou au cinéma. Quel rapport entretiennent les artistes vis-à-vis du monde sauvage ? Quelles sont ses représentations dans les différents médias ? C’est ce que nous allons voir !

 


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L’ appel de la nature, un monde sauvage et merveilleux… et un espace à protéger

Myazaki, la nostalgie d’un monde sauvage

Lorsqu’il est question d’environnement dans le cinéma d’animation, difficile de ne pas penser au grand homme qu’est Hayao Myazaki. Maître de l’animation japonaise et co-créateur des éponymes Studios Ghibli, ce cinéaste à la renommée mondiale a maintes fois abordé le thème de l’environnement dans ses films : parfois à visée écologique (Princesse Monoké, Nausicaä de la vallée du vent) ou comme simple cadre pour ses histoires (Mon voisin Totoro).

Dans Princesse Mononoké, Myazaki interroge la place de l’homme dans la nature. Le film met en scène une lutte sans merci entre les divinités de la nature et la civilisation humaine. Civilisation et monde sauvage sont-ils obligatoirement des concepts opposés ?

Citation du narrateur : « C’était il y a bien longtemps, dans une contrée lointaine, jadis recouverte de forêts.
En ce temps-là, l’esprit de la nature veillait sur le monde sous la forme d’animaux gigantesques.
Hommes et bêtes vivaient en harmonie.

Mais les siècles passants, l’équilibre se modifia, les rares forêts que l’homme n’avait pas saccagé furent alors protégées par des animaux immenses qui obéissaient au grand esprit de la forêt.
C’était le temps des dieux et le temps des démons. »

Comme pour chacun de ses films, l’animation somptueuse met en valeur une nature magnifique, sauvage et quasi mystique, en rébellion contre une civilisation guerrière et insatiable.

L’un de ses films les plus engagés reste à mon sens Nausicaä de la vallée du vent. D’abord publié sous la forme d’un manga, ce film antérieur à la création des Studios Ghibli regroupe les thèmes de prédilections de Myazaki : l’homme et la nature, la guerre et la technologie.

Le réalisateur met en scène de manière originale un monde post-apocalyptique : la nature a muté pour s’adapter à la pollution, créant ainsi une immense forêt toxique gardée par des insectes gigantesques. Quant aux hommes, leur civilisation est en perdition suite aux Sept Jours de Feu, guerre planétaire qui signera la fin de l’âge industriel. Les survivants sont alors confrontés à la fukai, la forêt toxique, qui menace de détruire pour de bon l’humanité.

La nature est aussi très présente dans Mon Voisin Totoro. Ce conte tout en douceur se déroule dans la campagne japonaise, où emménage une petite famille afin de rester proche de l’hôpital où est alitée la maman des deux jeunes filles.

Ici, pas de nature sauvage et violente mais un espace de liberté, de miracle et d’apaisement.

Myazaki et l’ensemble de son oeuvre me semblent être de bons exemples de la nostalgie et de l’attrait que certains éprouvent vis-à-vis du monde sauvage. Le réalisateur confia d’ailleurs, lors d’une entrevue avec The New Yorker, qu’il trouve la civilisation moderne « légère, superficielle et fausse » et qu’il attend, « pas complètement en plaisantant », une ère apocalyptique où les « herbes vertes sauvages » reprendront la Terre.

Claude Ponti, nature et poésie enfantine

Claude Ponti est un auteur / illustrateur français de littérature jeunesse.
Il est connu pour ses visuels très riches et son style reconnaissable entre mille. Beaucoup de ses histoires jeunesses se déroulent dans des environnements naturels très originaux, tel que L’arbre sans fin ou Ma Vallée, foisonnant d’images merveilleuses où se mêlent humour et poésie.

Je trouve son univers très surprenant et inspirant, si vous tombez sur l’un de ses recueils en librairie surtout n’hésitez pas !

Samorost, inspiration forestière

Samorost est une perle vidéo-ludique, une aventure en point-and-clic développée par Jakub Dvorský et le studio Amanita Design. L’ambiance visuelle est juste magnifique et je vous conseille fortement d’aller écouter l’ost du jeu sur youtube, somptueuse elle-aussi.

Feat wikipedia, de quoi bien résumer l’ambiance particulière de ce jeu :
« Le mot « samorost » vient du tchèque et désigne un morceau de bois ou une racine dont l’apparence peut rappeler la forme d’une créature.
Il peut également désigner quelqu’un qui ne se soucie pas du reste du monde. »

Je vous conseille d’ailleurs d’aller écouter l’ost de Machinarium, un jeu développé par le même studio. Je trouve celle-ci particulièrement belle.

 

Tante Ilda et le Lorax, ces films d’animations au message écologique

Les réalisateurs de films s’adressant à un jeune publique font souvent le choix de traiter de sujet d’actualité, prenant soin de faire passer des messages positifs à travers des films d’animation hauts en couleur. L’écologie et la destruction de notre planète faisant partie des sujets chauds depuis quelques années, il n’est pas surprenant de trouver plusieurs films d’animation dont le message, plus ou moins subtil, encourage les enfants à protéger notre belle planète.

Film d’animation franco-american, Le Lorax est un exemple flagrant de film à message écologique.

Adapté du livre pour enfant du même nom, écrit par le célèbre Dr.Seuss (Le Chat Chapeauté, Le Grinch, Horton), ce film aussi coloré que délirant prend place dans un monde artificiel où il n’y a plus aucun arbre. Les gens sont donc forcés d’acheter de l’air en bouteille… L’histoire nous est alors contée par le Gash-Pilleur, décrivant le monde tel qu’il était quand il y avait encore des arbres. Le Lorax, esprit de la nature, veillait sur la forêt. C’était sans compter sur l’appât du gain du Gash-Pilleur…

Outre son message écologique, le film critique aussi l’insatiabilité de notre monde capitaliste. Malgré ces sujets compliqués, le film sait garder un ton enjoué et un humour à toute épreuve. L’aspect comédie musicale m’avait rebuté au début mais force est de constater que les chansons sont entraînantes et drôles. Elles ont même atterri dans mon Mp3, c’est dire !


Quant à Tante Hilda!, il s’agit d’un film d’animation franco-luxembourgeois produit par Folimage, notamment connu pour des films comme La prophétie des Grenouilles ou Mia et le Migou.

L’histoire oppose deux soeurs, tante Hilda et Dolorès : l’une est une écologiste convaincue, l’autre la pdg d’une société agro-alimentaire sans scrupule. Grâce aux OGM, Dolorès et sa société créent une plante géante censée résoudre le problème de la faim dans le monde… jusqu’au jour où les plantes se mettent à grandir de manière incontrôlée, envahissant les villes.

Le style graphique très particulier pourrait rebuter certain, mais croyez-moi c’est un film qui vaut le coup d’oeil !

Beaucoup d’autres films traitent plus ou moins directement de l’écologie.
Tempête de Boulettes Géantes (1 et 2) évoque aussi bien le dérèglement climatique que l’utilisation abusive d’OGM, tandis qu’un film comme Horton attire l’attention sur la fragilité du monde qui nous entoure. On peut aussi citer des films tel que Mia et le Migou, ou encore la Prophétie des Grenouilles. Sans oublié les très connus Wall-E et Là-Haut. Et je dois en oublier beaucoup d’autres !

Enki Bilal nous conte le dérèglement climatique

Enki Bilal est un scénariste et illustrateur de BD français (La Tetralogie du Monstre, la Foire aux Immortels…), dont plusieurs de ses oeuvres ont déjà été adaptées au cinéma.

L’une de ses trilogies les plus connues, Coup de Sang, met en scène un monde futuriste dans lequel un dérèglement climatique brutal à quasiment détruit la civilisation humaine. Le premier tome (Animal’z) se concentre sur un monde aquatique et froid, le second (Julia & Roem) se déroule dans le désert. Quant au troisième tome (La couleur de l’air), Bilal nous livre une vision aérienne et plus optimiste de son monde apocalyptique. Entre steam-punk et onirisme, cette trilogie monochrome vaut vraiment le coup d’oeil !

Pompoko, fable écologique

Pompoko est un film d’animation japonais d’Isao Takahata (Le tombeau des lucioles), produit par le Studio Ghibli.

Il y met en scène des tanuki transformistes, confrontés à la destruction de leur milieu naturel par des hommes friands d’extension urbaine. Ces animaux farceurs décident alors d’user de leur pouvoir de métamorphose pour faire fuir les humains. A travers ces êtres comiques et attachants, le réalisateur dénonce l’insatiabilité des hommes et le manque de respect à la nature. C’est un film très riche visuellement et vraiment drôle, je vous le conseille ! Par contre la fin me parait très peu optimiste, mais c’est à vous de juger !

 

Origine, pour les fans de Myazaki

Planète Terre, 300 ans après notre ère.

Meurtrie par l’inconscience et la cupidité des Hommes, la Terre en colère lâche sur l’humanité les Esprits de la Forêt. Rancunier de leurs souffrances passées, ces esprits contrôlent le monde et veillent à l’équilibre de la nature. Dans ce nouveau monde, co-existent deux cités : Ragna, qui oeuvre pour le retour de la civilisation, et la Cité Neutre, qui prône l’harmonie avec la forêt. Mais quelques hommes menacent à nouveau l’équilibre de la nature… Fable écologique, Origine (Gin-iro no kami no Agito) est un très beau film d’animation japonais réalisé par Keiichi Sugiyama. On ressent très fortement (peut-être trop ?) l’influence de films tel que Princesse Mononoké ou Nausicaä de la Vallée du Vent, si vous avez aimé ces films il y a de grandes chances pour que le film vous plaise. En outre, les musiques sont somptueuses. A découvrir absolument !