Les Mots du Changement

Entre les moments forts du fofo, la prose inspirée des plumes argentées et les envolées lyriques d’écrivains célèbres, nous partons régulièrement à la cueillette des perles. Est-ce que vous vous reconnaîtrez ?

Ces citations ont été sélectionnées par EryBlack autour du thème Changement.

 

 

– Très bien, tout est en ordre. Si vous avez des questions, des doutes, quoi que ce soit, je vous écoute.

Stanley haussa les sourcils, pris au dépourvu. Le type le fixait ; il se gratta nerveusement le bras gauche par-dessous le brassard et finit par répondre.

– Non. C’est bon. Merci.

– Vous être sûr de vous ? C’est une intervention très lourde que le Vaccin, j’espère que vous en êtes bien conscient. Ça va totalement changer votre vie, et vous ne pourrez pas faire mar

– Je sais, merci.

Il n’avait pas voulu être désagréable, mais ce type devenait trop insistant. Il croyait quoi ? Que Stanley était venu ici recevoir un truc aussi important que cette foutue piqûre juste parce qu’il avait vu de la lumière ? Bien sûr qu’il avait réfléchi aux implications. Il n’en avait pas dormi pendant des nuits entières. Alors maintenant qu’il était là, qu’il avait réussi à se décider, tout ce qu’il souhaitait c’était en finir. En finir au plus vite.

Kateyana dans De la putréfaction des cerveaux – Fictions Plume d’Argent

 

Normalement, si, pour une fois au moins, tout s’était passé dans la vie comme dans les rêves, mes « petits camarades » auraient dû tous ouvrir de grands yeux et se pincer pour se persuader qu’ils ne rêvaient pas en me voyant entrer demain, moi, Julia Fuchs, toujours bonne élève, toujours fayote sur les bords, mais amoureuse, c’est-à-dire revisitée des pieds à la tête par un souffle qui me donnait le vertige quand je jetais un coup d’œil en moi-même, agrandie, étirée, approfondie par une force de type volcanique qui transformait l’introspection la plus quotidienne en plongée spéléologique. Je n’étais plus la même, je le savais, ma mère le savait, mon père s’en fichait et Judith était trop petite pour s’en rendre compte, mais zut et rezut, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mon nouveau moi brillait de mille feux, comme récuré au Cif ammoniacal (…).

Je ne t’aime pas, Paulus – Agnès Desarthe

 

(…) le premier cri explosa en bas.

Un cri chargé de douleur et de terreur brute. Un cri qui venait de jaillir de la gorge de Lysander qui, pourtant, allait encore vaguement bien un peu plus tôt. Un cri monstrueux qui donna envie à Ismael de se précipiter en bas des escaliers pour le rejoindre. À la place, on lui demanda de pousser ce fichu piano pour condamner la porte. Il s’exécuta. Quand le second hurlement arriva à ses oreilles, il lui fit monter les larmes aux yeux. Au troisième il fonça s’enfermer dans les toilettes en espérant ne plus l’entendre.

Mais la voix de Lysander portait jusque-là, et il n’eut pas la force de sortir pour essayer de se planquer dans la salle de bain à l’étage. Assis sur la cuvette, il tendit l’oreille, impuissant, et l’impensable se produisit. Du cri de souffrance bien humain de son ami se mêla un autre, un borborygme indéfinissable qui se prolongea encore et encore. Il y eut un silence abominable, pendant lequel Ismael s’entendit sangloter, puis ça reprit. Brièvement. Juste assez pour qu’il saisisse.

Un hurlement de loup.

Le genre qui passait dans les vieux films ou les dessins-animés, qui ne sortait que d’un documentaire animalier. Mais il résonnait ce soir dans la cave des Lancaster. Ismael n’entendait plus Lysander, désormais, seulement l’autre qui grondait.

Elka dans Meutes – Fictions Plume d’Argent

 

(Le chat) – Hé ?! C’est quoi, ça ?
(Lou) – ?!?
– Mais ?!? Mais c’est des p’tits lolos !
– Hein ? Non mais non, je…
– Elle a des lolos, elle a des lolos ! ♫
– Chhhht ! On va t’entendre !
– Woa ça va hé, c’est pas grave d’avoir des lolos !
– C’est pas grave, mais ça fait flipper un peu.

Lou, tome 3 : Le cimetière des autobus – Julien Neel

 

Là, il visualisa une porte : le passage, c’était cela pour lui, cette porte à ouvrir pour se projeter au-delà de son espace physique. Il hésita un instant, sûr cette fois de ce que cela signifiait. Il pouvait encore refuser, faire demi-tour, rester lui-même comme avant. Cette « chose », sur laquelle il venait de mettre un mot, il l’aurait repoussée avec horreur, quelques semaines plus tôt. Mais tout était différent maintenant. (…)

Arthen se visualisa tendant la main. Il ouvrit résolument la porte ; il avança d’un pas, et pénétra dans la clarté.

Le monde extérieur entra en lui.

Rachael dans Les Héritiers Célestes : Arthen – Fictions Plume d’Argent

 

« Si tu veux vraiment sortir, il faudra te faire couper les cheveux. »

C’était le seul moyen que le jeune homme avait trouvé pour se débarrasser de la présence encombrante d’Ayleen. Il venait de la lui exposer alors qu’elle était toujours murée dans un silence boudeur. Cette proposition la fit pourtant réagir : elle lui lança un regard horrifié, trahissant ses émotions. Sacrifier la crinière de feu dont elle était si fière ? Hors de question ! Ces imbéciles ignoraient-ils donc que sa longueur était le symbole de sa suprématie ?

Slyth dans Une vie de château – Fictions Plume d’Argent

 

Avec une souveraine indifférence, le Mille-faces s’empara d’une chaise. Entre l’instant où il amorça un mouvement d’assise et celui où il prit place sur le siège, son corps s’était agrandi à la façon d’un élastique. De grosses moustaches en guidon lui poussèrent sur le visage comme un champignon, ses habits se muèrent en uniforme à brandebourgs et l’un de ses yeux dévia à l’intérieur de son orbite.

Les Disparus du Clairdelune – Cricrilameilleure (Si vous n’aviez pas reconnu, vous avez le droit de vous exiler.)

 

Que vois-je ? Est-ce Hermione ? Et que viens-je d’entendre ?
Pour qui coule le sang que je viens de répandre ?
Je suis, si je l’en crois, un traître, un assassin.
Est-ce Pyrrhus qui meurt ? Et suis-je Oreste enfin ?
Quoi ! J’étouffe en mon coeur la raison qui m’éclaire ;
J’assassine à regret un roi que je révère ;
Je viole en un jour les droits des souverains,
Ceux des ambassadeurs, et tous ceux des humains,
Ceux même des autels où ma fureur l’assiège ;
Je deviens parricide, assassin, sacrilège !
Pour qui ? Pour une ingrate à qui je le promets,
Qui même, s’il ne meurt, ne me verra jamais,
Dont j’épouse la rage ! Et quand je l’ai servie,
Elle me redemande et son sang et sa vie !
Elle l’aime ! Et je suis un monstre furieux !
Je la vois pour jamais s’éloigner de mes yeux !
Et l’ingrate en fuyant me laisse pour salaire
Tous les noms odieux que j’ai pris pour lui plaire !

Andromaque (Acte V scène 4) – Racine

 

Et pour finir, je vous invite à lire cette courte page de BD sur le blog du grand et glorieux Boulet. Avec plein de petits traits.

 

N’hésitez pas à partager vos propres perles dans les commentaires ou sur le forum ! Le changement, c’est une thématique universelle.

Ery

CHANGEMENT

CHANGEMENT. Nous, auteurs, sommes confrontés en permanence au changement. Dès l’instant où nous nous lançons dans l’écriture, que nous voulons graver nos idées dans le marbre, nous en faisons l’expérience : les idées bougent, le style évolue, le décalage se crée entre l’histoire que nous avons en tête et celle que nous rédigeons. Qui, parmi nous, n’a jamais ressenti le besoin impérieux de tout reprendre à zéro et de se lancer dans une énième réécriture ? Le changement se trouve au cœur même des histoires : le passage à l’âge adulte, les rites initiatiques, les métamorphoses, les ruptures d’équilibre. Bref, l’immuabilité n’est pas pour nous. Et c’est tellement mieux ainsi.

Toute l’équipe du PAen se joint à moi pour remercier Rimeko et Léthé pour leur contribution à ce numéro !

Cristal, rédactrice en chef

Au sommaire de ce numéro :

Annonces spéciales – Plein de neuf sous le soleil

Nos Imagineurs – Une interview de Rimeko

Chroniques PAennes – Parhélie de AliveArsenic

Les Bonnes Adresses – NaNoWriMo, 3pages et Fabrique à texte

Galerie des plumes – Léthé et les bannières du PaCNo

Perles et Citations – Les mots du changement

 

Plein de neuf sous le soleil

Le PaCNo est fini, vive la Constance !

Dimanche dernier, aux douze coups de minuit, s’est achevée la plus grande épopée humaine de tous les siècles. Le PaCNo. Un mois intensif d’écriture pour les uns, de corrections pour les autres qui s’est soldé par un bilan pharamineux de morts… pardon, de mots : nous avons dépassé à nous toutes, plumes argentées, le million ! Félicitations aux PaNoteuses Jupsy (80 673 mots), Erinyes (69 537 mots), Sidmizar (51 204 mots), Rimeko (50 296 mots), Shaoran (50 286 mots), Sierra (50 188 mots) et à la PaCoteuse Kittylou (50 262 mots) qui ont franchi la barre des 50 000 mots du challenge ! Bravo aussi à toutes les autres plumes qui ont participé à l’événement dans la joie et la bonne humeur.

 

compteurs

 

Le PaCNo de l’hiver est terminé, oui, mais la Constance, elle, ne fait que commencer. Cette mode scripturale… que dis-je, ce véritable art de vivre est un mouvement initié par notre féline Flammy. L’objectif est de se discipliner à écrire un minimum de mots chaque jour (500 mots par exemple), qu’il vente, qu’il neige ou qu’il pleuve. Chacun est libre de définir son quota. Et comme nous avons parmi nous la grenouille la plus ingénieuse des sept univers, Sej a même conçu une plateforme spéciale pour l’occasion !

Vous voulez en savoir plus ? Rendez-vous aux bonnes adresses de ce numéro sélectionnées par Shaoran !

 

Rubans bleus et Histoires d’Or

Cela avait déjà été évoqué dans le précédent numéro, il y a un changement provisoire concernant les Plumes à Lire. En temps normal, l’équipe du PAen sélectionne des fictions de PA en rapport direct avec le thème du numéro, fictions pour lesquelles vous votez ensuite en vue de décerner un ruban bleu à l’histoire gagnante. Sauf qu’en ce début d’année, entre marathon d’écriture et marathon de lecture, vous avez déjà beaucoup à faire ! Aussi, avons-nous décidé de fusionner, à titre exceptionnel, les Plumes à Lire avec les Histoires d’Or qui se déroulent actuellement sur le fofo.

Danette et Flammy ont œuvré ensemble dans les coulisses pour vous proposer plusieurs catégories (La meilleure histoire de Fantasy, La meilleure galerie de personnages, Le meilleur background, etc.) et c’est vous qui nominez et qui votez pour les fictions PA chères à votre cœur. Rendez-vous sur le forum pour tous les détails de l’affaire !

Cristal

Léthé et les bannières du PaCNo

Saviez-vous que les plumes argentées sont souvent aussi de véritables pinceaux ? Du crayonné traditionnel à la modélisation en 3D, en passant par toutes les variantes de la peinture numérique, nombreux sont les auteurs qui illustrent leurs histoires et représentent leurs personnages. C’est pourquoi nous leur ouvrons grand les portes de notre Galerie des plumes !

 

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Milo, tirée de l’Héritage de Milo, par Léthé


Et parce qu’il y a des choses qui ne changent PAS :

les incontournables bannières du PaCNo

Nuisibles Constipés Intercacalactiques de la Scatosphère

Nuisibles Constipés Intercacalactiques de la Scatosphère

 

Turbocomètes centripètes en salopette à collerette

Turbocomètes centripètes en salopette à collerette

Les Pluméclairs de la Galaxie Confino-Nesquikée

Les Pluméclairs de la Galaxie Confino-Nesquikée

Secte des Cordasauteuses Maléfiques de l'Ether

Secte des Cordasauteuses Maléfiques de l’Ether

Le voilier pirate des giga-tortillas de la ceinture de Kuiper

Le voilier pirate des giga-tortillas de la ceinture de Kuiper

L'essaim saturnien des stellorizos à sombreros

L’essaim saturnien des stellorizos à sombreros

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L’Équipage du Très Reluisant Office de Nettoyage

Les fantastiques spatiogrenouilles atomiseurs de cosmoblobs

Les fantastiques spatiogrenouilles atomiseurs de cosmoblobs

 

NaNoWriMo, 3pages et Fabrique à texte

Coucou les Plumes, comme vous l’aurez sans doute remarqué ce numéro fait souffler un vent de changement. Le changement ce n’est pas qu’une transformation physique ou morale, il peut également s’agir d’une modification de ses habitudes, et notamment l’une d’elle que craignent particulièrement les Plumes, la procrastination scripturale.

Vaincre les blocages, libérer sa créativité, dérouiller sa plume, les expressions sont nombreuses pour décrire un phénomène que nous connaissons tous un jour où l’autre : la perte de motivation. Quelle plume ne s’est pas levé un matin en se disant « Fichtre je n’écris pas, j’aligne des phrases sans queue ni tête dans une intrigue aussi vide qu’un magasin de jouets la veille de Noël », s’en suit LA question qui tue « Pourquoi continuer ? ». En général à ce stade, la procrastination scripturale pointe son nez. Dans les formes les plus sévères de la maladie, elle s’accompagne d’un symptôme somme toute assez frustrant qu’est le blocage.

Rassurez-vous, plumes de toutes contrées, nous avons la solution. Voici le secret des maitres Plumes pour vaincre la page blanche et assurer leur productivité. Il est simple, rapide, efficace. Il se résume en un mot : constance, et tient en trois bonnes adresses à noter impérativement dans vos favoris.

NaNoWrimo
Lien : http://nanowrimo.org/
Le principe : écrire 50 000 mots en 30 jours.
Il n’est plus nécessaire de le présenter, le NaNo consiste à écrire l’équivalent d’un petit roman durant la période du mois de Novembre de chaque année. Le principe est simple, il vise à prouver à tout un chacun qu’il est tout à fait possible d’écrire un roman. Ici la quantité prime sur la qualité. Mais comme PA est une magnifique communauté qui ne se satisferait pas de la formule destinée au commun des mortels, nous avons notre propre version du NaNo, rebaptisé pour l’occasion PaCNo dont le principe est le même que le NaNo mais sur nos propres projets. Le but ici est clairement de se motiver pour avancer un maximum en profitant de l’émulation du groupe. Cela implique donc une certaine constance que l’on situera aux alentours des 1800 mots journaliers. Un rythme effréné qui représente un vrai défi pour nos plumes.

3Pages par jour
Lien : https://www.3pages.fr/
Le principe : écrire 3 pages chaque jour soit environ 750 mots par jour.
Tout est dans le titre. Le but de ce site est d’écrire 750 mots par jour, un compteur de mots vous accompagne au fur et à mesure de la progression journalière pour vous encourager à atteindre votre objectif. Il se base sur le principe même de la constance en visant à vous faire acquérir des automatismes d’écriture, en se dégageant un peu de temps chaque jour.

La fabrique à textes
Lien : http://champidents.fr/fabrique-textes/
Le principe : écrire 500 mots par jour
Là encore pas de mystère sur le principe, il s’agit d’écrire un peu tous les jours et tenir un journal de ses avancées pour mieux visualiser la progression de son histoire. Parce qu’il est souvent démoralisant de voir qu’au bout d’un an de réécriture on a toujours pas fini, mais voir que malgré tout on a écrit la bagatelle de 200 000 mots, au final ça fait toute la différence. Le gros avantage de ce site, c’est qu’il a été mis au point par notre très chère grenouille. Vous y trouverez non seulement un design sobre et épuré mais aussi une émulation d’un groupe de plumes survoltées, à la créativité débridée et à la langue bien pendue. Un historique de vos scores journaliers vous permettra une visualisation de vos progrès ainsi que ceux de vos auteurs favoris. Avec un super site comme ça, vous n’aurez plus la moindre excuse pour ne pas écrire.

En résumé, la constance est un principe simple. Pour écrire bien, il faut écrire chaque jour. Le but est d’avancer tous les jours un peu, selon les objectifs que l’on s’est fixé. Non seulement cela procure une sensation de satisfaction, puisque votre histoire avance finalement tous les jours, mais cela vous permet également de conserver le fil de votre roman bien en tête. Exit les grandes avancées spectaculaires par palier et les vides scripturaux entrecoupés de relecture pour se rappeler dans quelle sorte de galère nos personnages sont restés, et bonjour à une écriture fluide et quotidienne. Un petit moment de détente pour chaque auteur durant lequel il peut libérer sa créativité. Le muscle de l’écriture n’est pas différent des autres pour qu’il se développe, il faut l’entrainer. Et pour cela quoi de mieux qu’un peu de Constance.

Voilà les Plumes, vous avez tous les outils en main pour réussir, le reste ne dépend que de vous.

Shaoran

Une interview de Rimeko

Salut les Plumes ! La frénésie scripturale du PaCNo vient de s’achever, les Histoires d’Or ont été mises en route et vont commencer à battre leur plein… une chose est sûre, grâce à nos organisatrices de génie, on n’a jamais le temps de s’ennuyer sur PA ! Les choses changent, les Plumes évoluent (ou gradent, c’est selon) mais l’esprit de la communauté reste le même : l’entraide, le fun et le flood. D’ailleurs, il y en a une qui a été élue Reine dans ce dernier domaine. Comment a-t-elle gravi les échelons de la gloire ? Quelles mystérieuses manigances lui ont-elles permis de briguer ce trône ? Répondra-t-elle à ces questions ou l’interview n’aura-t-elle finalement rien à voir avec tout ceci ? Quoi qu’il en soit, merci d’accueillir Rimeko 

 

1. Comment le goût de l’écriture t’est-il venu ?

J’avais onze ans, j’étais en sixième et cela a été grâce à ma prof de français ! Je me souviens encore de la rédaction après laquelle le déclic s’est produit ; il fallait écrire une description avec le plus d’adjectifs possible. Avant cela, j’avais toujours aimé lire et me « raconter des histoires dans ma tête » (un peu trop d’ailleurs) mais, dès que ma mère me parlait d’écrire, je faisais la grimace. C’était une activité qui me rappelait trop l’école, et je ne voyais pas comment elle pouvait être agréable. Toutefois, après la fameuse rédaction, j’ai commencé quelque chose entre le plagiat et la fanfiction que j’ai vite abandonné ; cependant à partir de là je n’ai jamais cessé d’écrire… Et je ne le regrette pas une seconde, maintenant je n’imagine plus ma vie sans l’écriture !

2. Comment s’est passée ta première expérience de publication en ligne ?

La première fois que j’ai publié un texte sur la toile, ce n’était étonnamment pas sur PA, mais sur un blog. Ma principale lectrice était ma grand-mère, et mes autres lecteurs n’ont jamais dépassé les premiers chapitres, ni les dix mots dans leurs commentaires – quand ils en laissaient. Puis j’ai découvert Plume d’Argent à travers la PM (oui, moi aussi)… Je me souviens que j’ai été sidérée par le nombre de commentaires que j’avais reçus sur ma nouvelle d’Halloween. J’ai même traversé toute ma maison en courant pour me jeter sur ma mère et lui annoncer que Cricri en avait laissé un ! Je me rappelle aussi avoir mis pas mal de temps à comprendre ce qu’il fallait remplir avant de poster une nouvelle histoire, et qu’il fallait cliquer sur « Ajouter une histoire » à chaque nouveau chapitre posté… Le boulet quoi !

3. Est-ce que tu dirais que ta venue sur PA a changé ton regard sur l’écriture et de quelle manière ?

Oui, je pense que cela a changé mon regard ! Comme si écrire était devenu à la fois plus sérieux et moins sérieux… (Vous la voyez venir la réponse pas claire ? Vous avez parfaitement raison.) Plus sérieux, dans le sens où mes parents prennent un peu ma passion à la rigolade, pour différentes raisons ; mon père parce qu’il se comporte ainsi pour presque tout, ma mère parce que son exigence et sa qualité de prof de français la poussent à me sortir régulièrement « Bon, certes, mais c’est pas du grand classique hein » (évidemment, c’est le cas, mais : et alors ?). Du coup, venir parmi vous m’a permis de considérer cette activité comme un art et un véritable travail, quelque chose qui mérite d’être valorisé ! Moins sérieux, enfin, parce que vous m’avez prouvé qu’on pouvait écrire simplement pour le plaisir, sans forcément penser aux lecteurs, sans savoir où l’on va, sans plans ni tout cela… Et c’est libérateur ! En somme (j’ai l’impression d’écrire un paragraphe argumenté pour le lycée), je pense que venir parmi vous m’a permis de prendre plus de plaisir à écrire, et aussi à arrêter de considérer cette passion comme obligatoirement solitaire…

4. Déjà 12 textes à ton actif.. tu es très prolifique ! Comment expliques-tu cette productivité ?

Douze, vraiment ? (Hé bien, il serait grand temps que j’aille faire du ménage sur mon compte FPA moi…) Plus sérieusement, déjà, ce sont principalement des textes courts, quelques chapitres tout au plus, exception faite de mes deux projets principaux. La plupart, en outre, ont été écrits dans le cadre des concours PA ! Et puis je pense tout le temps à l’écriture ; en marchant, en m’ennuyant en cours, en plein contrôle aussi, dans mon lit… Donc forcément, il faut que cela sorte ! Du coup, j’écris des nouvelles… C’est ça ou j’abandonne mes projets principaux parce que j’ai envie d’écrire sur autre chose, et cela je me suis promis de ne plus le faire. Enfin, en tant qu’élève j’ai aussi pas mal de temps libre, ça aide quand même un peu !

5. Parlons maintenant de l’une de tes histoires que les lecteurs connaissent (peut-être) bien… Comment es-tu parvenue à créer Amalys ?

Ah… Comment vous dire que je ne m’en rappelle plus vraiment… En fait, cette histoire ne s’est pas imposée à moi telle quelle, mais au contraire elle a beaucoup évolué. Au début, ça a été l’envie de raconter une relation entre trois adolescents qui se nouait à travers Internet (je n’ai pas totalement abandonné l’idée d’écrire cela un jour d’ailleurs !), puis j’ai décidé de centrer cela sur une seule personne, une fille d’à peu près mon âge : Amalys (j’ai trouvé son prénom en errant sur Google et il m’a tout de suite plu). Puis les deux autres ont finalement disparus et l’histoire d’Amalys s’est précisée. En fait, pour le chapitre 7 de la première version, je cherchais une raison au fait que ses parents la délaissent quelque peu et l’idée d’une parenté cachée m’est rapidement venue. L’intrigue a changé en conséquence, passant de scènes de vie au récit d’un voyage en solitaire à travers la France ! Le reste s’impose un peu tout seul, au fil de l’inspiration et des caprices de ma jeune demoiselle…

6. Ton style d’écriture est-il différent ici par rapport à tes précédents textes et à tes premières expériences ? Essaies-tu de « tester » de nouvelles choses ?

J’ai l’impression qu’il est quelque peu différent, oui… Plus léger, tout d’abord, avec des essais d’humour (pas sûr qu’ils ne fassent pas rire que moi). Ensuite, je décris un voyage de quelques jours d’une jeune adolescente dans le monde réel ; il ne lui arrive en vérité par grand-chose, ou en tous cas rien d’extraordinaire, donc l’histoire se centre plus sur son ressenti, sur des anecdotes, des « petits riens » (dont certains sont, je l’avoue, tirés de mon expérience personnelle) et des rencontres sans conséquence, mais qui restent cependant gravés dans notre mémoire. J’espère que cela pourra parler à chaque lecteur !

Enfin, bref, je m’éloigne du sujet là… Pour y revenir, j’ajouterai que j’essaie en effet de tester quelque chose : le style « journal intime » – et je crois avoir déjà regretté de nombreuses fois ce choix, certains d’entre vous ont d’ailleurs dû déjà voir passer mes galères à ce sujet (le seul avantage, c’est que je peux laisser libre court à mon amour pour les parenthèses). N’empêche, c’est une expérience intéressante et qui, je crois et je l’espère, ajoute un côté plus réaliste à l’ensemble tout en me permettant de continuer dans la même veine psychologique et anecdotique (si ce que je raconte a un sens pour vous, c’est un miracle).

7. Amalys semble avoir déjà changé plusieurs fois depuis sa première version. Qu’est-ce qui a motivé ce changement et qu’est-ce qui en découle de positif pour toi ?

La première version que j’avais imaginée pour elle, la relation à travers Internet, n’a jamais vu le jour que sur mes carnets (et je ne la ferai jamais lire dans l’état). Je me suis rendue compte que c’était un peu ambitieux pour le moment, le côté narration expérimentale, et la deuxième version (celle que j’avais commencé à publier sur FPA) est née. C’est suite à une BL de Kitty (merci encore, d’ailleurs, je la garde précieusement parce que certaines de tes remarques peuvent s’étendre à tous mes écrits) que j’ai réalisé qu’il manquait un fil rouge, quelque chose qui donnerait du sens à ce qui n’était pour l’instant qu’une juxtaposition de scènes de vie. Du coup, le voyage qu’entreprend Amalys me donne ce fil rouge et l’histoire de la parenté cachée, ainsi que la crise identitaire qui en découle, me permet de donner un côté roman d’apprentissage à l’ensemble… De plus, j’ai l’impression que ces différents essais m’ont permis de déterminer qui était vraiment Amalys (elle ressemblait beaucoup trop à moi-même au début), pourquoi j’aimais écrire son histoire et qu’est-ce qui faisait pour moi l’identité de celle-ci… Du coup, ça m’a remotivée d’avoir découvert cela ! Et j’espère également que cela sera bénéfique pour le lecteur, surtout que j’ai encore l’impression que certains passages semblent là pour combler des trous mais qu’ils ne font pas vraiment sens…

8. Cette histoire a-t-elle déjà une fin ou tout est-il encore à inventer ?

J’ai la fin, oui. En même temps, il s’agit d’un dénouement plutôt attendu : Amalys part retrouver son père, alors que pensez-vous qu’il arrive à la fin ? Je l’ai même déjà écrite, du moins en partie, dans le cadre du PaNo d’été de l’année dernière… Par contre, il reste à inventer ce qui se passe entre le début et la fin, ce qui fait quand même pas mal de mots ! Mais je n’utiliserai pas vraiment le mot « inventer » : c’est Amalys qui décide, en fait ! Par exemple, si quelqu’un se souvient de l’extrait que j’ai posté pendant le PaNo, cette rencontre avec Caroline et son fils n’était pas du tout prévue…

9. As-tu de grandes ambitions en tant qu’auteur (transmettre des messages de paix et de tolérance à travers tes textes, être traduit(e) en 25 langues, que l’on achète les droits de ton œuvre pour le cinéma… ou autre) ?

Hé bien… Je crois que mon ambition est principalement de voir un jour l’un de mes textes publiés, j’ai déjà l’impression que c’est utopique. Après, ma foi, le succès ne serait pas quelque chose de désagréable, mais là ça me semble tenir du miracle ! Ce qui me plairait surtout, ce serait de voir ce que j’ai imaginé, personnages et monde, portés à l’écran… C’est beau de rêver, n’est-ce pas ? Toutefois, écrire ce qui me plaît et être lu par d’autres (genre par les Plumes, à tout hasard) me semble déjà être un accomplissement en soi ! Quant au message à transmettre… Bien sûr, mes textes doivent véhiculer ce qui compte pour moi, ce qui me semble juste, cependant je n’ai pas l’impression de vraiment vouloir transmettre quelque chose…

10. Pour finir, y aurait-il quelque chose en particulier que tu voudrais dire aux personnes qui sont en train de nous lire ? Un message à leur transmettre peut-être ?

Comme je ne savais pas trop quoi répondre à cette question, je suis allée zyieuter les précédentes éditions du PAen et donc je sais maintenant que je ne vais pas faire dans l’originalité… Ce que je souhaite vous dire, c’est un immense MERCI, du fond du cœur.
D’ailleurs, il doit bien y avoir une raison à cette uniformité, et je crois savoir laquelle est-ce : PA est une communauté formidable, je crois qu’on ne pourra jamais le répéter assez, dans laquelle on ne peut que se sentir bien. Les IRL sont pour moi des parenthèses de soleil dans ma vie, tellement intenses que j’ai l’impression qu’elles ont duré des jours – et en même temps bien trop courtes. Comme rencontrer de vieux amis avec qui on a toujours quelque chose à se dire et tant de souvenirs en commun ! Et puis, quand même, un site qui réunit toutes mes passions (écrire, lire, flooder et dessiner), qu’est-ce que je pourrais souhaiter de plus ?
Je voulais vous remercier pour me faire rire et pleurer, pour me faire voyager à travers vos magnifiques histoires, pour lire les miennes et m’aider à les améliorer, pour m’encourager et… pour être vous, tout simplement. Vous comptez dans les personnes les plus importantes dans ma vie et… J’ai l’impression de ne pas trouver les mots justes, c’est quand même un comble pour une scribouillarde non ?
Bref, on va arrêter la tirade sentimentale où je vais me mettre à pleurer (… c’est déjà trop tard en fait), mais encore quelques mots : merci d’avoir lu ces réponses – j’espère ne pas vous avoir trop ennuyés, merci à Slythette pour ce beau questionnaire de pro, et longue vie à PA !

 

Ainsi s’achève cette interview.

Un grand merci à Rimeko (qui gardera finalement le mystère entier sur son accession au titre de « Reine du flood ») pour t’être  impliquée avec beaucoup d’enthousiasme, de sincérité et d’humour dans cette petite aventure. C’était un plaisir de collaborer avec toi et je ne peux que te souhaiter une énergie toujours aussi prolifique, que ce soit dans l’écriture ou sur le forum !

Un grand merci également à vous chers/chères lecteurs/trices pour votre assiduité à suivre les sorties du Journal PAen et pour vos retours ô combien précieux !

 Gardez vos plumes affutées,

 Slyth

Parhélie de AliveArsenic

Résumé :

La vie de Leonora Solís Sanchez est une vie sans histoires, sans dangers. C’est une fille polie, disent les vieux, bien élevée, douée pour la SATI – Sciences et Arts du Tangible et de l’Intangible -, et elle et sa soeur vivent sous la garde de leur grand-père maternel dans le manoir au bout du village.

C’est pour cela que personne n’est étonné de ne plus la croiser dans les rues après avoir qu’elle ait vu sa soeur se faire tirer une balle dans la tête. Ce genre d’accidents, ça ruine une vie, disent également les vieux. Ca rend les gens amers, ça leur fait dire des bêtises. Faire des folies.

Personne n’est étonné et pourtant, pense Leonora, s’ils savaient ce qu’elle avait fait, ils le seraient.

 

***

Avec une grimace, Leonora donna une pichenette à la sauterelle qui avait eu l’imprudence de s’approcher trop près de son bras. L’insecte s’enfuit avant qu’elle ne puisse le toucher, et elle le regarda disparaître dans l’herbe avant de se rallonger en grognant.

Difficile de dire ce qui frappe en premier, quand on lit Parhélie. Le monde dans lequel on vient de mettre le pied ? Cet endroit où magie et sciences s’emmêlent, qu’Alive nous décrit en en appelant à nos cinq sens, et dont on ne distingue pas les limites. Les personnages ? Leonara marque par sa force de caractère de la même façon que Caterina touche par sa naïveté et sa douceur. Mais il n’y a pas qu’elles, et difficile de résister à la gentillesse de Teo, impossible de ne pas être intrigué par la mention d’êtres étranges aux doux noms d’astrologie.
Ou peut-être que c’est l’écriture très aboutie d’AliveArsenic, qui nous balance sensations et nouveautés dans la face, avec la même efficacité que quand vous vous jetez à l’eau d’un seul coup.

 

Taurus comprenait pourquoi Aries n’aimait pas parler.

Ce qui est certain (outre son talent, fichtre !) c’est que le Changement est à la base de cette histoire. Changement de vie puis, plus brutalement, de situation. La mort de Cat est le déclencheur d’une transformation en Leo. Sa force s’effrite, devient une résolution dangereuse qui la pousse au pire : changer la mort en une nouvelle vie.
Je n’en dirai pas plus mais, là encore, les métamorphoses se multiplient : apparences, caractère, statut… Toute la base de Parhélie est fondée sur le passage d’un état à un autre. De là débute une quête qui promet de nous mener loin, droit vers ces limites de l’univers qu’on peine à discerner.

 

Teo se levait plusieurs fois par nuit pour aller calmer ses cauchemars. Il était déjà arrivé [que Leonara] vomisse, ou qu’elle ne le reconnaisse pas ; il avait une cicatrice en forme de croissant sur l’avant-bras, blanche sur fond mat, à l’endroit où elle l’avait mordu en se débattant.

Les personnages s’enchaînent et ne se ressemblent pas, chacun dévoilant un petit bout d’univers dans son sillage, qu’il s’agisse d’us et coutume, de météo ou de politique. Si Leo, l’héroïne, est une boule de nerfs, d’autres personnages viennent l’adoucir. Cat, principalement, mais aussi Charlie qui sait lui tenir tête tout en faisant preuve de compassion.
De par les épreuves qu’elle fait traverser à ses personnages et le voyage qui en découle, Parhélie me rappelle FullMetal Alchemist. Leo a, comme Edward, cette façon de jouer les dures dans les pires situations. Et ces situations semblent de plus en plus lourdes à vivre ; Alive n’épargne ni lecteur, ni personnage dans sa quête du Changement.

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Elka