Le livre à Rome – 2 : Conseils d’écriture de la part des Anciens

AVE, PLUMAE ! C’est encore moi, et c’est encore pour propager mon humble savoir de petite étudiante en Lettres Classiques que je viens à vous ! La dernière fois, je vous ai parlé des livres en tant qu’objets : leur fabrication, leur commercialisation… J’espère que vous avez bien tout retenu, on ne sait jamais quand le contrôle surprise vous tombera dessus.

Aujourd’hui, contre toute logique, on va remonter un peu le long de la chaîne du livre, jusqu’au bout du bout, à vrai dire : on va parler d’écriture !

Introduction

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il y a quelques petites choses qu’il faut savoir sur les auteurs romains. À travers cet article, je vais chercher à vous montrer que leurs préoccupations ressemblent fort aux nôtres, mais il est important de souligner d’abord les différences qui existent entre eux et nous, auteurs d’aujourd’hui.

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Le livre à Rome – 1

Je sais ce que vous pensez tous : « Quoi ? Elle va nous parler de ses bidules latins alors que le thème c’est TECHNOLOGIE ? Quel est le fuque ? ». Mais, chères Plumes, le monde moderne n’a pas l’apanage de la technologie ! Vous qui lisez et écrivez, ne frétillez-vous pas de curiosité à l’idée d’apprendre comment on lisait et écrivait avant ? Bien avant les claviers, bien avant l’imprimerie, bien avant, même, le papier tel qu’on le connaît aujourd’hui… Et puis, comment se passait le processus éditorial, la diffusion des livres ? Voilà sur quoi portait le cours optionnel que j’ai suivi au semestre dernier ; j’ai si souvent pensé aux Plumes en écoutant mon prof parler qu’il fallait que je vous fasse partager tout cela.

Avant toute chose, intéressons-nous à la technique. Continuer la lecture Le livre à Rome – 1

Ciel de nuit

Avec l’arrivée des beaux jours, la nuit devient moins froide et nous invite à s’y balader en compagnie des étoiles. On s’installe donc sur une lande déserte, loin de la ville et de ses lumières parasites pour renouer avec le ciel et ses merveilles. Admirer la noirceur de la nuit, tous y aspirent avec plus ou moins de poésie. Voilà surement la raison pour laquelle ce décor s’invite fréquemment dans nos écrits. Mais qu’y voit-on vraiment ? Qu’avons-nous oublié à force de côtoyer les myriades des réverbères ? Voila de quoi occuper cette rubrique dédiée à nos inspirations.

Loin des villes, proches des étoiles

Premier regard

Le premier élément qui vient à nos yeux, c’est cette obscurité constellée d’étoiles ; des étoiles aux couleurs différentes, de taille et de luminosité variées qui scintillent comme dans un conte de Noël.

Tiens, pourquoi les étoiles scintillent-elles ?

Eh bien, elles n’y sont pour rien, c’est juste l’atmosphère de la Terre qui nous joue un tour. Avez-vous déjà remarqué les ondulations de l’air quand l’air froid de l’hiver rencontre l’air chaud d’un radiateur ? C’est le même phénomène. La température des masses d’air joue avec la lumière, la déviant de sa trajectoire et nous faisant croire que l’image bouge.

Mais revenons à notre beau ciel où les soleils sont répartis comme si un être les avait jetés pêle-mêle dans l’espace. Une bande blanchâtre, comme une trainée de lait raille la sphère des fixes. Même depuis l’hémisphère Sud, cette trainée de lait est omniprésente !

Serions-nous encerclés ?

Là encore c’est notre vision de Terrien qui nous joue des tours. Cette bande n’est qu’un amas d’étoiles si proches qu’elles se confondent presque. Il s’agit de notre galaxie, la voie lactée.

Une galaxie ? C’est joli, mais c’est quoi ? En faisons-nous partie ?

Une galaxie c’est un disque d’étoiles, de poussières et de gaz qui tourne. Ces disques sont souvent dessinés de bras. C’est le cas de notre galaxie. Quant à notre place dans ce disque, je vous renvoie à la photo. Sachez juste que nous logeons dans le bras d’Orion. 

Galaxie : Vous êtes ici !

Nous n’en avons pas encore fini avec ces stars nocturnes, car je n’ai pas parlé de la très célèbre Grande Ourse, dite la Grande Casserole pour les intimes. De tous temps, les hommes observent le ciel, imaginant des formes et des histoires au gré des amas difformes des étoiles. Ils ont aussi fait ce constat : chaque nuit, les étoiles se lèvent à l’Est et se couchent à l’Ouest. Merci à la rotation de la Terre qui nous offre ce panorama mouvant en tournant sur elle-même. Mais de jour en jour, euh… pardon, de nuit en nuit, les étoiles se lèvent de plus en plus tard jusqu’à ne plus apparaitre la nuit. Que voilà un beau calendrier créé par le circuit de la Terre autour du Soleil ! Ainsi, si vous décrivez un ciel d’été, n’allez pas parler de la constellation d’Orion ou du grand Chien. Elles ne sont visibles qu’en hiver ! Il faudra plutôt citer la Lyre, l’Aigle et le Cygne. Si vous voulez être sûr de ne pas vous tromper, il se trouve que certaines constellations sont visibles toute l’année dans l’hémisphère Nord. Et voila enfin notre Grande Ourse, la Petite Ourse, le Dragon, Cassiopée…

Notre bonne vieille lune

Le cas particulier de le Lune

Donc, dans le ciel nous voyons : des étoiles et une zone avec une grande concentration d’étoiles. C’est un paysage peu varié, mais c’est sans compter sur notre joyau, muse des poètes : La Lune ! Joli corps faisant un quart de la Terre, sa surface est aussi désolée qu’un désert de poussière. Sans la lumière solaire, elle ne serait qu’un caillou noir sur la trame sombre de la nuit. Que ce serait triste ! Heureusement pour nous, elle éclaire nos nuits et même nos jours. Si elle nous offre un visage toujours changeant, c’est que la Lune fait un tour autour de la Terre en près de 29 jours. Cette « lente » rotation nous permet d’apprécier des croissants et des pleines lunes auréolés de mystères.

Du coup, puis-je voir un croissant de lune en plein milieu de la nuit ?

Malheureusement non. Les croissants ne sont visibles que de jour.

Mais si je me souviens bien, nous voyons ces phases à cause de l’ombre de la Terre…

C’est l’idée reçue la plus fréquente. L’ombre de la Terre n’a rien à voir là-dedans. Sans faire un cours de mécanique céleste, sachez juste que la Lune est toujours à moitié éclairée par le Soleil et que nous, Terriens sur notre vaisseau la Terre, voyons plus ou moins cette partie éclairée.

Et les éclipses ?

Le jour fera l’objet d’un autre article. Je ne parlerai ici que des éclipses de Lune et, cette fois, l’ombre de la Terre explique le phénomène. Cela n’a lieu qu’en période de pleine Lune, quand celle-ci est parfaitement alignée avec la Terre et le Soleil. Il se produit alors un phénomène particulier. Quand l’astre Séléné glisse dans l’ombre de la Terre, elle se colore de jaune puis de rouge. Comme pour le scintillement des étoiles, l’atmosphère de la Terre est encore la responsable du spectacle.

Les bolides

Si étoiles et Lune se déplacent lentement, d’autres passent en un instant. Je pense bien sûr aux étoiles filantes ! Ces cailloux de l’espace qui viennent bruler dans l’atmosphère de la Terre. Enfin, tant que ces roches spatiales sont de petites tailles, tout va bien, mais s’il leur prend la folie des grandeurs, nous revivrons l’extinction des dinosaures. Les créations humaines traversent aussi le ciel : c’est le cas des avions, mais aussi des satellites et de la station spatiale internationale. Cependant, il y a plus intéressant à traquer : les planètes.

Les planètes

Cinq planètes sont visibles à l’œil nu : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. Néanmoins, n’espérez pas les observer toutes en même temps. Mercure se tient très souvent devant le Soleil, tant elle est proche de notre astre. Vénus, aussi appelé à tort « étoile du berger », est généralement observable aux premières ou aux dernières heures de la nuit. Pour les trois dernières planètes, c’est une autre danse. Là, je vous encourage à consulter les éphémérides si vous voulez vraiment faire un récit réaliste.

Aurore boréale


Les voiles

Il ne nous reste qu’une observation à faire dans ce ciel, à condition d’être près des pôles : les aurores boréales. Ces rideaux de lumière, principalement verts, voire roses, sont une interaction entre les particules solaires et notre atmosphère. Eh oui, encore et toujours elle. Pour les puristes, il faudrait aussi parler du champ magnétique de la Terre, mais nous ne sommes pas là pour ça. Donc, notre chère étoile produit de la lumière, de la chaleur mais aussi toute une flopée de particules et certaines viennent jouer avec les gaz de notre atmosphère et les illumine. L’intensité des aurores étant fonction du flot de particules, la zone de visibilité fluctue. Enfin, n’espérez pas voir des aurores en France ou même en Irlande, ou alors c’est que notre Soleil aura eu un excès de fièvre.

Ainsi, la nuit nous pouvons observer des étoiles regroupées en constellations pour se situer dans le temps, des galaxies dont une que nous habitons, la Lune, cinq planètes, des étoiles filantes, des satellites, et des aurores. Voila de quoi vous amuser une bonne partie de la nuit et transformer toutes ces sciences en vers ou en prose au gré de vos envies.

Saïph

L’épée – 2

Bien le bonjour, gentes Dames et gentils Seigneurs. Les épées vous manquent ? Connaitre juste les attentes militaires, leur anatomie et leur histoire vous a laissés sur votre faim ? Je vous propose donc de poursuivre ce voyage et de découvrir la symbolique, les épées historiques ainsi que tous les dérivés européens de l’épée.

Les épées : suite de l’épopée

Petit rappel : « L’épée une arme qui répond à un besoin militaire et physique. »
On demande à une épée d’être maniable, relativement souple afin de mieux absorber les coups et d’être tranchante ou piquante selon les époques.
L’épée, c’est trois grandes parties. La garde, la lame et le fourreau. Je ne rappellerai à votre mémoire que cette lame va être plus fine et tranchante au bout (le faible). Et plus large près de la garde (le fort).
Je me permets de vous rappeler aussi les termes d’estoc (piqué) et de taille (coupe).
Nous voilà parés pour la suite !

La symbolique de l’épée

L’épée n’est pas qu’une arme. Au-delà de son aspect martial, de nombreuses symboliques entourent cet objet. Dès le début de son existence (âge du Bronze : 2000 ans avant JC), elle sert aussi comme outil religieux et se retrouve décorée, gravée voire même incrustée de pierres.
Bien sur, quand nous pensons au symbole par excellence de l’épée, nous répondons tout d’abord : le symbole phallique. D’autre pourrait dire aussi : La croix. Ce qui n’est pas faux, mais plus récent.
Alors reprenons dans l’ordre.

Symbole phallique et masculin par excellence dans la plupart des cultures, l’épée représente :
– Des valeurs guerrières telles que la bravoure, la force, la puissance mais aussi le sacrifice.
L’épée est l’arme qui cherche à rétablir l’harmonie et la paix grâce à la soumission à une volonté. Si l’épée est le symbole du pouvoir guerrier et de la force, le fait de « donner l’épée », représente le « don du pouvoir ». Les Rois de France ont eux mêmes utilisé cette symbolique en se faisant remettre l’épée de Charlemagne, Joyeuse, ainsi que les éperons dorés lors de l’adoubement royal.
De plus des symboles sont aussi attribués aux différentes parties de l’épée. La sagesse est associée à la poignée, le courage au pommeau, la force à la lame et la justice à la garde.

– Des valeurs sacrées. Depuis l’avènement de la religion chrétienne, l’épée incarne aussi le pouvoir du Verbe. On la retrouve à la main de l’archange Michel, du chérubin lors de l’exil d’Ève et d’Adam et dans de nombreux autres passages de la Bible. Plus tard elle aura aussi la symbolique de la croix, outil de la passion du Christ.

– Des valeurs judiciaires. La déesse romaine Justitia ou Thémis a les yeux bandés, tient une balance dans une main et l’épée de Némésis dans l’autre. Cette lame représente le fait de séparer la culpabilité de l’innocence et ainsi la capacité à juger. Là aussi, la lame est à double tranchant car la justice peut s’exercer aussi bien en faveur qu’au détriment des parties en désaccord.

La Justice et son épée

– Des valeurs liées à la connaissance. Eh oui, regardez nos académiciens. Dans la tenue officielle se trouve une épée en plus de l’habit vert, des bottes vernies et du chapeau à plumes d’Immortel. Là encore il y a tout un rituel. Comme le dit si bien Henri Lavedan, « La garde est un rébus flatteur, la sous-garde une charade, la branche un acrostiche, le quillon un trait d’esprit. La «fusée» exprime le départ, les débuts brillants, l’ascension rapide, et le pommeau, ferme comme une tête à cervelle, présente le chef-d’œuvre de la maturité — généralement personnifié par une femme en casque.»

Les épées historiques et de légendes.

Toutes les citer dans un article, le PAen ne suffirait pas. Je vais donc en évoquer trois et vous laisserais le loisir de découvrir celles qui peuplent aussi bien les légendes arthuriennes que celtique et arabe.

Hal’Gebrik
Cette épée forgée en Inde fut conquise par Alexandre et retrouvée au IVe siècle par Diophante d’Alexandrie. Le perse Al-Khawarizni s’en empare au IXe siècle et la rebaptise Ar’Ithme (l’inconnue). En 1746, le sultan en fait cadeau à l’encyclopédiste d’Alembert pour l’avoir soulagé d’un calcul rénal différentiel. Elle est depuis lors au musée de l’Académie Française et est réputée pour donner la bosse des maths. Pour tout ceux qui sont encore à l’école, c’est peut-être l’occasion d’allez la voir !

Joyeuse
C’est l’épée de Charlemagne puis du sacre des rois de France. Selon la légende, elle portait dans son pommeau de nombreuses reliques, dont celle de la Sainte Lance. La ville de Joyeuse (Ardèche) lui devrait son nom. Un des lieutenants de Charlemagne aurait retrouvé l’épée égarée sur un champ de bataille. En récompense il reçut une terre en Ardèche et un nouveau nom, Joyeuse.
L’épée du sacre exposée au Louvre, est un assemblage d’éléments disparates. Les oiseaux affrontés au pommeau seraient du Xème-XIème siècle, les dragons adossés et le filigrane aux quillons de la seconde moitié du XIIème siècle.

Joyeuse

Tizona
L’épée du Cid fut enterrée avec lui. Elle appartenait au chevalier Castillan Rodrigo Diaz de Vivar, connu sous le nom « El Cid Campeador ». Tizona mesure 93 centimètres de longueur depuis la poignée jusqu’à la pointe et pèse un peu plus d’un kilo. Sa lame mesure 4,3 centimètres de large. Elle symbolise l’honneur militaire du héros. Colada était l’autre épée du Cid, qu’il gardait également comme un trésor.

La famille des lames.

Je n’ai parlé jusqu’à présent que de l’épée, mais croire qu’il n’existait que cette arme et qu’elle n’a pas évolué est une erreur. Face à la profusion des lames, je me bornerais à une liste détaillée.
– Le Messer, vient de l’Allemand « couteau » est une arme médiévale avec une protubérance au niveau de la garde. Elle sert aussi bien de protection, de « coup de poing » que d’accrochage pour des techniques de désarmement. L’équivalent français est le fauchon.
– La Claymore est une large et grande épée à une main et demie ou 2 mains qui était utilisée par les guerriers écossais. Elle est apparue au XIVème siècle et mesure environ 1,30 mètre de long soit 1 mètre de lame pour 30 centimètres de poignée. Cette poignée se distingue par 2 branches longues souvent terminées par un trèfle à quatre feuilles.
– La Rapière est une épée longue et fine, à la lame flexible, à la garde élaborée, destinée principalement aux coups d’estoc. Même si elle n’est pas faite pour trancher un homme en deux, la rapière est affûtée, et peut causer de sérieuses entailles si un coup à la volée atteint l’adversaire. La Rapière fut rapidement associé à une main gauche (dague) d’abord par les écoles italiennes puis dans le reste de l’Europe. La lame est d’ailleurs de section triangulaire ou losangique. À force d’évolution, elle donnera naissance à l’épée de cour, une arme de duel ne permettant que les piqués.
– Le Sabre est emblématique des armées napoléoniennes dont on utilise la pointe et le tranchant. Généralement courbe, il ne possède qu’un seul tranchant ce qui le distingue de l’épée. Ainsi l’autre bord permet d’être saisit et d’appuyer un coup ou d’engager des désarmements. Il faut distinguer le sabre de cavalerie qui est plus lourds que le sabre d’infanterie, mais les deux restent plus longs que le sabre briquet, arme des Voltigeurs.

Sabre et son fourreau

Il reste tant de chose à dire sur l’épée et son évolution, ses techniques, ses maitres et j’en passe. Mais je pense que vous êtes dorénavant armés pour rendre justice à cette arme blanche et la mettre en lumière au gré de vos envies.

Saïph

L’épée

Après la mythologie grecque et les éléments, je vous propose d’aller voir de plus près le monde de l’épée. Plus qu’une arme, cet objet fait partie de nos rêves d’enfant comme de notre passé. Cependant, devant l’étendu du sujet, je ne vous parlerai que de son anatomie et de son histoire jusqu’au Moyen-âge. Le reste fera l’objet d’un prochain article.


« L’épée, une arme qui répond à un besoin militaire et physique. »

Qu’est-ce qu’on attend d’une épée ? Tout d’abord des critères liés à sa maniabilité. Il ne faut pas oublier que c’est une arme avant d’être un objet de légende. Une épée se doit d’être légère afin d’être maniable. De cela dépend l’espérance de vie lors d’un combat. Ainsi, une épée à une main pèsera environ 1 kg, et environ 2 kg pour une épée à deux mains. Oubliez donc le cliché de l’épée de 10 kg, ce n’est absolument pas réaliste. Cela me permet d’aborder un autre critère important : la lame. Elle se doit d’être relativement souple afin de mieux absorber les coups. Si ce n’est pas le cas, vous risquez de briser votre arme comme de vous traumatiser les articulations. Ce serait dommage d’être mis en échec par votre propre corps alors que vous avez affronté les pires ennemis que la Terre puisse porter. Un dernier critère et pas des moindres : l’épée doit être tranchante voire piquante. Avec une épée émoussée il va être plus difficile de remporter un tournoi comme un duel judiciaire.


« L’épée, une arme complexe mais équilibrée. »

L’épée, c’est tout d’abord trois grandes parties. La garde (I), la lame (II) et le fourreau (III). Le fourreau est indissociable de l’arme car il protège le tranchant de ce qui pourrait l’endommager tout comme son porteur. Il serait fâcheux de se blesser avec sa propre arme.

Détaillons chacune de ces parties :

I. La garde.

Pommeau (1) : À la fois utile comme contrepoids pour assurer l’équilibre, il est aussi indispensable pour assommer un adversaire qui se serait avancé trop près.

Fusée (2) : Il se trouve que la lame se prolonge en s’affinant (la soie) afin de tenir ensemble chaque pièce de la garde. Pour ne pas avoir la main directement en contact avec le métal, on l’habille de cuir ou, si on a les moyens, de bois, corne, etc.

Quillons (3) : Une pièce salutaire de l’épée. Cela permet à la main de ne pas déraper en cas d’estoc, mais aussi de protéger la main si l’arme de l’adversaire venait à glisser en direction de vos phalanges. Éventuellement, les quillons peuvent servir d’arme à eux seuls. Il est bon de savoir que si vous êtes apprenti escrimeur, ce sont vos poignets qui souffriront au début de la piqure sèche de ce bout de métal.

Chappe (4) : C’est une pièce de cuir qui protège la lame de l’eau en faisant joint avec le fourreau quand l’épée est rengainée.

II. La lame.

Le double tranchant (7) : Contrairement au sabre ou au fauchon, l’épée a un double tranchant. Cette lame va être plus fine et tranchante au bout (8) que l’on appelle « le faible ». Pourquoi le faible ? Eh bien, essayez de parer une attaque avec le bout de votre arme, vous comprendrez vite que même avec des muscles puissants, ce n’est pas possible : le « bras de levier » est trop important. Rassurez-vous, je vous ai vanté une arme équilibrée, alors s’il y a un faible, il y a un fort (5). Plus près de la garde, il devient aisé de parer les coups de l’adversaire. Voila une autre raison d’avoir des quillons.

La gorge (6) : Son utilité est double là encore, mais la deuxième n’est pas entièrement prouvée. Tout d’abord, cela permet d’alléger l’arme et d’améliorer sa résistance. Sinon cela permettrait d’évacuer le sang de l’adversaire. Et oui une épée c’est avant tout fait pour tuer, il ne faut pas l’oublier trop vite.

Il ne reste plus qu’à vous présenter l’arrête (9) et la pointe (10) très utile pour aller piquer son adversaire.

« La naissance de l’épée remonte à l’âge de bronze »

Dans la première moitié du IIème millénaire avant J.C., on retrouve la trace d’objet assimilables à des poignards plus qu’à des épées. Il faut attendre l’âge du Bronze moyen pour que les premières armes ayant la proportion suffisante pour être qualifiées d’épées apparaissent. On les obtenait d’un seul tenant en coulant le bronze dans un moule de pierre.

Age du Fer

La longueur d’une lame d’épée au début de cette période est d’environ 60cm. Il s’agit d’une arme polyvalente, de taille et d’estoc, utilisée aussi bien par les cavaliers que les fantassins. À l’abandon du char, l’épée devient l’arme principale du cavalier et subit des évolutions de forme : sa lame s’allonge et perd sa pointe pour permettre la taille.

Période romaine

Au premier siècle avant J.-C., sa morphologie est la suivante : bout arrondi et une lame de 90cm environ. Toutefois, les Celtes de la péninsule ibérique conservent l’épée courte, d’où viendrait probablement le glaive. A l’époque de l’empereur Auguste, le légionnaire dispose de l’équipement suivant : une lance et un pilum pour le combat à distance, un glaive et un poignard pour le corps à corps. L’épée longue (spartha), issue de l’armement de l’auxiliaire, supplante le glaive au IIème siècle après J.-C. et continue d’être utilisée avec peu de modifications jusqu’au début du Moyen-âge.

Moyen-âge

 

 
Au début du Moyen-âge, nous héritons donc d’une lame à la gorge large, des tranchants effilés parallèles ou presque et une pointe peu prononcée. Les frappes de taille sont donc avantagées. La lame de l’épée s’accroît progressivement en corrélation avec les évolutions techniques du bouclier. Outre la lame plus longue, la gorge se rétrécit, la garde se développe en envergure et s’incurve vers la lame. En parallèle à ces évolutions techniques, on commence à voir apparaitre dans la littérature les premiers termes d’escrime.

Au XIIIème siècle, certains écrits mentionnent les coups d’estoc, synonyme d’une pointe plus fine et d’un alliage plus solide.

Au XIVème siècle, la forte arrête médiane apparaît, tout en conservant bien sûr les capacités de coupe de la lame. La section losangique de celle-ci permet une meilleure technicité des tranchants. Selon l’usage, l’arme est soit destinée à l’escrime, soit (et surtout) pour abattre un homme en armure.

Nous voila arrivés à la fin de ce voyage. J’espère que cela vous a ouvert de nouvelles perspectives ou une meilleure compréhension de vos lectures.

Saïph

Les éléments

Dans cette rubrique, je vous propose de partir à la découverte de tout ce qui nous inspire. Après la mythologie grecque, voici un autre sujet que de nombreux auteurs ont traité dans leurs écrits de SFFF, que ce soit pour décrire une magie, une civilisation ou encore une religion : les éléments. Mais réellement, c’est quoi les éléments ?

 

«Ils sont au nombre de quatre et constituent tout ce qu’il y a sur Terre, affirme Aristote. L’Air, le Feu, l’Eau et la Terre décrivent tout ce qui nous entoure.»

Ces éléments que l’on attribue très souvent à Aristote, sont à l’origine une hypothèse de plusieurs philosophes grecs du Vème siècle avant J.C. D’après eux, tous les matériaux constituant le monde seraient composés de quatre Éléments.
Chaque substance présente dans l’univers serait constituée d’un ou plusieurs de ces Éléments, en plus ou moins grande quantité. L’interprétation symbolique des quatre éléments repose sur leur décomposition en quatre qualités : le chaud, le froid, le sec et l’humide. Dans cette analyse, la terre hérite des qualités froides et sèches, le feu est sec et chaud, l’air est chaud et humide, et l’eau est froide et humide. Bien sûr, tout cela est empirique.
L’apport le plus décisif à la théorie fut celui d’Aristote, qui donna un ordre aux quatre Élément : en bas la terre, puis l’eau, puis l’air, et enfin le feu. Il met aussi en correspondance les sens et les éléments. La vue, la couleur, est liée au feu, les sons à l’air, l’odorat a pour support l’air ou même l’eau. Enfin, le toucher est lié à la terre.

 


«Il faut ajouter à ceux d’Aristote la quintessence, le soufre, le mercure et le sel. La théorie du phlogistique est aussi primordiale, murmure l’alchimiste.»
Le modèle d’Aristote n’a cessé de s’améliorer au fil des siècles. Si cela était secret durant des centaines d’années, cette réflexion, ces expériences sont à la base de la chimie moderne. À défaut de créer de l’or ou la Pierre Philosophale, les alchimistes ont découvert de nombreuses propriétés sur les produits chimiques. Ainsi, la Quintessence (ou éther) baigne l’univers.
Le soufre est le principe de l’actif, du chaud, du dur : masculin.
Le mercure est le principe du passif, du froid, du volatile : féminin.
Le sel permet d’unir le soufre et le mercure. En effet, l’expérience montre que le sel empêche le putréfaction des viandes. Le sel est donc le symbole de la vie.
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«Les éléments sont appelés atomes. Ce sont des particules infiniment petites qui constituent toute la matière connue. Il en existe environ 118 allant de l’hydrogène à l’uranium en passant par l’oxygène, le fer, l’or… s’exclame le chimiste moderne.»
Pour passer de l’alchimie à la chimie moderne, il a fallu attendre 1805 et le scientifique John Dalton, qui remit au goût du jour l’idée du philosophe grec Démocrite. Selon lui : la matière serait formée de grains invisibles : les atomes (du grec atomos : qu’on ne peut pas diviser). Démocrite pense que les atomes sont tous différents : certains crochus, ronds… pour les emboîter ensemble.
Cette idée, à l’allure farfelue, finit par trouver un fondement expérimental au point qu’en 1869, Dimitri Mendeleïev présente un tableau où sont classés les atomes connus aux propriétés remarquables. Par contre, pas de crochets pour relier les éléments entre eux. Ce sont juste des sphères contenant des particules encore plus petites (proton, neutron, électron, quark, boson…), qui s’attirent par des interactions physiques.
Aujourd’hui, les chimistes du monde entier utilisent les éléments de ce tableau périodique. Voila de quoi exploser les limites de votre imagination.

«Les civilisations du continent asiatique ont des théories assez proches des notres, nous apprend l’ethnologue.»
Au Japon par exemple, les éléments seraient la terre (Chi), le feu (Ka), le vent (Fū), l’eau (Sui) et le vide parfois associé à la foudre (Kū).
En Chine encore, on parle du bois (Mù), du feu (Hu), du métal (Jïn), de l’eau (Shu) et de la terre (Tū).
Les bouddhistes innovent plus que nous tous, puisqu’aux quatre éléments d’Aristote, ils ajoutent l’espace et l’esprit.

J’espère que ce voyage dans le monde des éléments vous a ouvert de nouvelles perspectives ou une meilleure compréhension de vos lectures.

Saïph

La mythologie gréco-romaine

Qui peut dire que rien ni personne ne l’a inspiré ? Je pense que la réponse est négative. Tous autant que nous sommes, nous avons une culture, un vécu qui alimentent nos écrits. Ces sources d’inspiration sont diverses et nombreuses ; cependant, il y en a qui s’invitent davantage dans nos imaginaires que d’autres. Pour entreprendre ce nouveau voyage dans le monde littéraire, je vous propose de commencer par le monument qu’est la mythologie gréco-romaine.

Riche de 30 000 dieux, déesses, demi-dieux, héros, nymphes et j’en passe, cette mythologie est liée à la civilisation grecque, puis romaine. Ainsi, phénomènes et réalités locales ont trouvé un visage, un nom et une histoire qui encore aujourd’hui baignent notre société, marquant même l’architecture et les arts graphiques. Le quotidien lui-même est touché par cet héritage. Mais d’après ces Grecs, comment le monde a-t-il commencé ?

Du Chaos, naquit la Terre Gaïa et le désir Éros. Suivront de ces premiers nés d’autres dieux et les fameux Titans. Le combat pour dominer la Terre fut rude et les guerres sanglantes. Ce fut Zeus (Jupiter chez les Romains) qui mit fin à cet épisode et qui régna sur le mont Olympe sans partage. Pour mieux suivre la lignée divine, je vous propose un arbre généalogique simplifié. Je me permets de vous avertir, les dieux sont capables d’engendrer seuls et ont parfois des relations incestueuses entre eux.

Un peu complexe, n’est ce pas ? J’ai essayé de placer un attribut de chaque dieu à côté de son nom afin de vous faciliter la lecture par la suite. Je suis certaine qu’il y a un symbole qui vous a rappelé les pharmacies. En effet, il s’agit du caducée. La légende rapporte qu’Apollon échangea avec Hermès une baguette en or contre une lyre. Par la suite, Hermès l’utilise pour séparer deux serpents qui s’y enroulent en sens inverse et deviennent son emblème ainsi qu’une protection contre le venin.

Poussons les recherches plus loin. Les planètes de notre système ont des noms de dieux romains attribués en fonction de leur apparence. Ainsi, la plus grande planète reçut le nom du maître des dieux, Zeus (alias Jupiter). La planète rouge fut dénommée Mars à cause de sa symbolique martiale. Et ainsi de suite. Les jours de la semaine ont aussi eu droit à cet héritage. Lundi est le jour de la Lune (Artémis = Diane), mardi vient de Mars, mercredi de Mercure, jeudi de Jupiter, vendredi de Vénus (Aphrodite), samedi de Saturne (Chronos) et dimanche de… bon, si ça ne marche pas dans la langue française, d’autres ont gardé la filiation au soleil : Sunday (Hélios).

Pour en revenir à la littérature, l’époque classique avec Racine comme chef de file montre le lien fort avec la mythologie gréco-romaine. Plus près de nous, J.K. Rowling emprunte Minerva (Athéna), Touffu le cerbère gardien des enfers d’Hadès, Remus Lupin aux fondateurs de Rome, les centaures, le meurtre de Sirius par Bellatrix et j’en passe.

Sur ce, je vous laisse explorer la richesse de cette mythologie et trouver dans vos lectures des clins d’œil à cette source d’inspiration.

Saïph