Second Voyage : le Monomythe de Campbell, Narnia de C.S. Lewis et A la Croisée des Mondes de Philip Pullman

hello-thereBienvenue à bord de l’Hermine jeune héros ! Larguons les amarres et entamons notre second voyage. Cédons à l’appel de l’aventure, traversons ensemble de nombreuses épreuves et apprenons à nous connaître nous-même. Ce sera… notre voyage initiatique !

campbellPour mener à bien cette aventure, je vais devoir me munir de ma pelle et de mes plus beaux habits de profanateur de tombe… pour aller déterrer un super spécimen, j’ai nommé Joseph Campbell ! Professeur, écrivain, anthropologue, mythologue (pas mythomane, attention) et fin orateur, ce fringant américain avait tout pour lui. Nous le déterrons aujourd’hui afin d’entendre son concept du Monomythe, qui établit un schéma narratif archétypique du voyage du héros. Schéma que l’on retrouverait dans les mythes d’antan comme l’Iliade mais aussi dans les épopées modernes telles que Stars Wars, Harry Potter et bien plus encore ! Nous allons voir ensemble quelles sont les grandes étapes de ce voyage, mais laissez-moi d’abord vous parler de notre seconde destination.

danse-harry-danseCar c’est dans une armoire magique que nous ferons ensuite escale, ni plus ni moins ! Ce portail pittoresque nous offre deux voies : celle des contrées verdoyantes de Narnia de C.S Lewis, ou bien le chemin vers la Croisée des Mondes, de Philip Pullman. Si la première destination vous parait sans doute évidente, il se peut que vous soyez quelque peu surpris par la seconde. Rappelez-vous, l’une des première scènes de la trilogie de Pullman voit son héroïne se cacher dans une armoire ! Il se murmure en effet que le roman de Philip Pullman serait l’antithèse de celui de C.S Lewis… la vision de ces deux auteurs serait opposée sur bien des points, notamment sur la finalité du voyage de leurs héros !

C’est parti !

I: Le Monomythe, « Le Héros aux Mille et Un Visages » ou les 3 étapes du Voyage du Héros.

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Schéma trouvé sur http://4heros.fr/tag/campbell/

Comme je le disais plus haut, le concept du Monomythe a été développé par Joseph Campbell vers la fin des années 1940, au gré de ses livres et conférences. Mais c’est dans son ouvrage « Le Héros aux mille et un Visages » que Campbell campe véritablement les fondations de son monomythe : les 3 étapes du voyage du héros, qui jalonneraient tous les mythes créés par l’homme. George Lucas (Star Wars, juste au cas où) a d’ailleurs avoué s’être aidé du concept du monomythe pour écrire ses films.

Petite note : le « découpage » de ces étapes est en fait assez capricieux, tant et si bien qu’il diffère d’un site à un autre. Wikipédia recense par exemple 5 grandes étapes, tandis que certains schémas en montrent plus de 8. Mais le fond reste évidement le même et c’est ce qui prime, j’ai donc fait un condensé de ce qui me parait être le plus important !

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hp-griffonPremière étape : la séparation.

Tout commence par le monde ordinaire, morne prison de notre héros en devenir. Alors que celui-ci s’ennuie à mourir, tel Harry Potter se morfondant dans son placard, le protagoniste reçoit soudainement un appel à l’aventure ! D’abord réticent, le héros bénéficie d’une aide surnaturelle qui lui fait fraichir le seuil. Cette aide prend généralement la forme d’un mentor, figure que l’on retrouve un peu partout : d’Albus Dumbledore pour Harry Potter à Morpheus dans la trilogie Matrix, en passant par Gandalf, Yoda, Obi-Wan, Aslan…

parti-hardSeconde étape : l’initiation.

L’initiation consiste en une série d’épreuves ou bien un entraînement. Durant son périple, le héros rencontre ses alliés et souvent l’amour, mais surtout son terrifiant ennemi ! Le protagoniste principal se retrouve d’ailleurs en mauvaise posture face à lui, avant de triompher brillamment.

snape-approvesTroisième étape : le retour.

Après une dernière tentative des forces du mal de prendre le dessus sur le bien, le héros est sauvé par ses amis. Le héros est alors triomphant et obtient de grands pouvoirs, un trésor et / ou une meilleure connaissance de lui-même ! Il a sauvé le monde et / ou revient à la normalité.

Campbell pose donc à la fois les bases d’un schéma narratif et d’un panthéon de protagonistes archétypaux. Mais est-ce là pour autant une recette magique qu’il faudrait suivre à la lettre pour écrire un bon roman ? A mon humble avis, non ! Le monomythe est intéressant car il permet de schématiser les grandes lignes de nos mythes. Je le vois plus comme un outil d’analyse que comme une réelle recette à suivre. A mon sens, garder en tête les étapes du héros (et les exemples qui vont avec) permet de se donner une base sur laquelle s’appuyer lors de l’écriture du roman. C’est un peu la même histoire qu’avec nos références littéraires ou cinématographiques : il me paraît nécessaire de se nourrir des histoires des autres, afin de faire grandir son propre univers, mais il est aussi facile de tomber dans la copie. C’est d’ailleurs l’une des critiques que l’on retrouve le plus dans la littérature jeune-adulte actuelle : une crainte de la redite et du plagiat éternel. Beaucoup sont lassés des poncifs habituels, comme les clichés chez les protagonistes principaux ou les romances un peu trop convenues.

C’est pour cela que je vois le Monomythe comme une sorte d’escabeau ou de tremplin vers le véritable but : créer et raconter son propre univers, pour apporter sa pierre au grand édifice qu’est l’imagination humaine.

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Terminons notre voyage par une citation de notre mentor, Joseph Campbell :

« Les artistes sont des passeurs de magie. Évoquant des symboles et des motifs qui nous relient à notre moi profond, ils peuvent nous aider le long du parcours héroïque de nos propres vies. […] L’artiste est destiné à placer les objets de ce monde dans une perspective telle qu’à travers eux l’on fera l’expérience de cette lumière, de ce rayonnement qui sont ceux de notre conscience et qui à la fois cachent toutes choses mais les révèlent lorsqu’elles sont regardées sous le bon angle. Le voyage du héros est l’un de ces schémas universels à travers lesquels ce rayonnement éclate. Ce que je pense, c’est qu’une bonne vie est une succession de voyages héroïques. Maintes et maintes fois, vous êtes appelé à l’aventure, vers de nouveaux horizons. Chaque fois se pose la même question : vais-je oser ? Et si vous osez, arrivent les dangers, mais l’aide aussi, et enfin le triomphe ou l’échec. L’échec est toujours possible. Mais il y a aussi la possibilité du bonheur. »

II : Narnia Vs A la Croisée des Mondes, le choc des titans !

Présentons en premier lieu nos deux champions de la littérature jeunesse !

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À ma droite, Le Monde de Narnia de C.S. Lewis (écrit entre 1949 et 1954), chroniques en sept tomes d’un univers magique et merveilleux où les animaux sont doués de parole. À travers les aventures de plusieurs enfants venus de notre monde, on découvre la genèse et la fin du pays de Narnia.

À ma gauche, À la Croisée des Mondes, une trilogie de fantasy signée Philip Pullman (1995-2000). Suivez les aventures passionnantes de Lyra et de son dæmon (âme personnifiée sous les traits d’un animal parlant) et traversez de nombreux mondes parallèles ! Fortement inspiré du Paradis Perdu de Milton, la trilogie a plusieurs niveaux de lecture à travers ses thèmes philosophiques et métaphysiques.

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Les deux œuvres ont en commun les thèmes du passage à l’âge adultes, la mort, la religion, le genre high fantasy et les nombreux mondes qui composent leurs univers respectifs. Ce sont deux monuments de la littérature anglophone, aussi tous deux ont été adaptés pour la radio, le cinéma et le théâtre !

Et c’est justement parce que les deux œuvres ont de nombreuses similitudes qu’il est intéressant de se pencher sur ce qui les oppose. Savez-vous que Philip Pullman a violemment critiqué les chroniques de Narnia dans une tribune du journal The Guardian, intitulée « le côté obscur de Narnia » ?

« La mort est meilleure que la vie, les garçons sont meilleurs que les filles, les personnes à peau claire sont meilleures que celles à peau noire, et ainsi de suite. Il y a pas mal de bêtises écœurantes de ce genre dans Narnia, si vous y prenez garde. » Philip Pullman, pour The Guardian.

Et c’est en effet sur leurs thèmes sous-jacents que Lewis et Pullman s’opposent. Là où Pullman met en scène une héroïne qui défie l’autorité et cherche la liberté, Lewis fait de ses personnages féminins des protagonistes plus faibles que leurs homologues masculins. Quand Lewis fait du lion Aslan un dieu bon qu’il faut suivre à tout prix, Pullman pousse ses personnages à se rebeller contre un dieu dictateur et liberticide.

Mais ce qui m’intéresse aujourd’hui, dans le cadre de ce PAen consacré à l’apprentissage, c’est la finalité de ces deux œuvres. Qu’apprennent les héros de Lewis et Pullman ? Chez le premier auteur, les enfants sont automatiquement exclus de Narnia dès qu’ils deviennent un peu trop âgés. Le passage à l’âge adulte est vu comme une mauvaise chose.

J.K. Rowling dira : « Susan qui était la plus âgée des filles, est perdue pour le monde de Narnia parce qu’elle s’intéresse à son rouge à lèvres. En fait, elle devient irréligieuse parce qu’elle découvre sa sexualité, j’ai un gros problème avec ça. »

Quant à Pullman, voici son avis : « Les histoires de Narnia sont des dénigrements monumentaux de la femme, exemple : Susan, comme Cendrillon, passe une phase de transition entre une phase de sa vie à la suivante. Lewis n’approuvait pas cela. Il n’aimait pas les femmes, ou la sexualité, du moins à l’étape de sa vie où il a écrit les livres de Narnia. Il était effrayé et horrifié à l’idée de vouloir grandir. »

Dans À la Croisée des Mondes, le passage à l’âge adulte de Lyra est vu comme une bonne chose. Symbolisé par le changement de forme définitif de son dæmon, il survient à la fin de la trilogie : Lyra a acquis maturité, liberté et connaissances. Ce n’est pas une fin mais, au contraire, le début de nouvelles aventures à vivre avec un regard nouveau sur le monde.

Il y a énormément de choses à dire sur la trilogie de Philip Pullman et une fois n’est pas coutume, je vous conseille de jeter un coup d’œil à la page wikipédia d’A la Croisée des Mondes qui est ultra complète et pleine d’infos passionnantes. De quoi avoir un bon aperçu de la profondeur de l’œuvre !

Le mot de la fin : Si je suis bien plus attachée à la trilogie de Philip Pullman à cause des valeurs que l’auteur transmet, je ne jette pas pour autant Narnia à la poubelle ! J’aime beaucoup l’aspect « genèse , histoire et apocalypse » de ces chroniques d’un autre monde. Petite, j’ai vraiment pris plaisir à me plonger dans ces sept tomes très riches en aventures et créatures merveilleuses. C’est en grandissant que j’y ai vu des idées qui me déplaisent, nuisant grandement au plaisir que je peux avoir à relire Le Monde de Narnia. Quant à À la Croisée des Mondes, c’est l’inverse : plus je grandis, plus j’acquiers des connaissances et des valeurs, plus je l’apprécie ! Les deux univers valent le détour, je ne peux que les conseiller si vous avez envie de vous plonger dans d’autres univers.

Pour aller plus loin dans l’univers passionnant de Philip Pullman :

Le Paradis Perdu de John Milton, ainsi que les nombreux poèmes de Milton en général. Beaucoup d’éléments de la trilogie provienne de son œuvre, comme le nom de Lyra et même le titre anglais de la trilogie : His Dark Material, qui est selon moi un millier de fois mieux que le titre français.

Références :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Monomythe

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_H%C3%A9ros_aux_mille_et_un_visages

https://www.chroniques-ludiques.fr/le-heros-aux-mille-et-un-visages-monomythe-de-campbell/

http://giphy.com/search/harry-potter

http://auteurinspire.blogspot.fr/2006/07/le-monomythe.html

Le premier voyage

Bienvenue dans mon vaisseau, jeune matelot en quête de nouvelles aventures !

Nous embarquons aujourd’hui pour le premier voyage de l’Hermine. Mais quel est le but de cette nouvelle rubrique Paenne, me demandez-vous ? C’est simple : s’affranchir du temps et de l’espace afin d’explorer différentes facettes du thème du Paen du jour, partir pour un tour du monde à la recherche de nouveaux horizons et de belles découvertes. Ici on parlera cinéma, bande-dessinée, musique, jeux-vidéo, culture étrangère, manifestation… notre voyage sera volontairement hétéroclite.

Larguez les amarres !

L’ environnement, la nature et nous

 


Match France-Allemagne : l’expression de ma joie profonde

Mi-juillet : l’été tire la gueule entre pluie et grosses chaleurs. Le vrombissement des tondeuses à gazon accompagnent gaiement vos apéros au balcon, tandis que votre voisine vous gratifie généreusement de la fumée de sa cigarette. L’Euro vient à peine de se terminer, au grand soulagement des non-footeux qui étonnamment n’apprécient pas les braiments de certains voisins très enthousiastes. Les résultats du bac et autres examens sont tombés, beaucoup sont enfin en vacances et notre vie citadine bat son plein.

Les humains que nous sommes se sont coupés de l’environnement, surtout les plus citadins d’entre nous. Les occasions de respirer les odeurs de la campagne, de profiter de la fraicheur et du silence des forêts se font rares.

Pourtant, certains gardent au fond d’eux-mêmes la nostalgie des grands espaces naturels. Les forêts et les montagnes, la mer et les déserts sont présents de manière récurrentes dans nos lectures, dans les séries ou au cinéma. Quel rapport entretiennent les artistes vis-à-vis du monde sauvage ? Quelles sont ses représentations dans les différents médias ? C’est ce que nous allons voir !

 


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L’ appel de la nature, un monde sauvage et merveilleux… et un espace à protéger

Myazaki, la nostalgie d’un monde sauvage

Lorsqu’il est question d’environnement dans le cinéma d’animation, difficile de ne pas penser au grand homme qu’est Hayao Myazaki. Maître de l’animation japonaise et co-créateur des éponymes Studios Ghibli, ce cinéaste à la renommée mondiale a maintes fois abordé le thème de l’environnement dans ses films : parfois à visée écologique (Princesse Monoké, Nausicaä de la vallée du vent) ou comme simple cadre pour ses histoires (Mon voisin Totoro).

Dans Princesse Mononoké, Myazaki interroge la place de l’homme dans la nature. Le film met en scène une lutte sans merci entre les divinités de la nature et la civilisation humaine. Civilisation et monde sauvage sont-ils obligatoirement des concepts opposés ?

Citation du narrateur : « C’était il y a bien longtemps, dans une contrée lointaine, jadis recouverte de forêts.
En ce temps-là, l’esprit de la nature veillait sur le monde sous la forme d’animaux gigantesques.
Hommes et bêtes vivaient en harmonie.

Mais les siècles passants, l’équilibre se modifia, les rares forêts que l’homme n’avait pas saccagé furent alors protégées par des animaux immenses qui obéissaient au grand esprit de la forêt.
C’était le temps des dieux et le temps des démons. »

Comme pour chacun de ses films, l’animation somptueuse met en valeur une nature magnifique, sauvage et quasi mystique, en rébellion contre une civilisation guerrière et insatiable.

L’un de ses films les plus engagés reste à mon sens Nausicaä de la vallée du vent. D’abord publié sous la forme d’un manga, ce film antérieur à la création des Studios Ghibli regroupe les thèmes de prédilections de Myazaki : l’homme et la nature, la guerre et la technologie.

Le réalisateur met en scène de manière originale un monde post-apocalyptique : la nature a muté pour s’adapter à la pollution, créant ainsi une immense forêt toxique gardée par des insectes gigantesques. Quant aux hommes, leur civilisation est en perdition suite aux Sept Jours de Feu, guerre planétaire qui signera la fin de l’âge industriel. Les survivants sont alors confrontés à la fukai, la forêt toxique, qui menace de détruire pour de bon l’humanité.

La nature est aussi très présente dans Mon Voisin Totoro. Ce conte tout en douceur se déroule dans la campagne japonaise, où emménage une petite famille afin de rester proche de l’hôpital où est alitée la maman des deux jeunes filles.

Ici, pas de nature sauvage et violente mais un espace de liberté, de miracle et d’apaisement.

Myazaki et l’ensemble de son oeuvre me semblent être de bons exemples de la nostalgie et de l’attrait que certains éprouvent vis-à-vis du monde sauvage. Le réalisateur confia d’ailleurs, lors d’une entrevue avec The New Yorker, qu’il trouve la civilisation moderne « légère, superficielle et fausse » et qu’il attend, « pas complètement en plaisantant », une ère apocalyptique où les « herbes vertes sauvages » reprendront la Terre.

Claude Ponti, nature et poésie enfantine

Claude Ponti est un auteur / illustrateur français de littérature jeunesse.
Il est connu pour ses visuels très riches et son style reconnaissable entre mille. Beaucoup de ses histoires jeunesses se déroulent dans des environnements naturels très originaux, tel que L’arbre sans fin ou Ma Vallée, foisonnant d’images merveilleuses où se mêlent humour et poésie.

Je trouve son univers très surprenant et inspirant, si vous tombez sur l’un de ses recueils en librairie surtout n’hésitez pas !

Samorost, inspiration forestière

Samorost est une perle vidéo-ludique, une aventure en point-and-clic développée par Jakub Dvorský et le studio Amanita Design. L’ambiance visuelle est juste magnifique et je vous conseille fortement d’aller écouter l’ost du jeu sur youtube, somptueuse elle-aussi.

Feat wikipedia, de quoi bien résumer l’ambiance particulière de ce jeu :
« Le mot « samorost » vient du tchèque et désigne un morceau de bois ou une racine dont l’apparence peut rappeler la forme d’une créature.
Il peut également désigner quelqu’un qui ne se soucie pas du reste du monde. »

Je vous conseille d’ailleurs d’aller écouter l’ost de Machinarium, un jeu développé par le même studio. Je trouve celle-ci particulièrement belle.

 

Tante Ilda et le Lorax, ces films d’animations au message écologique

Les réalisateurs de films s’adressant à un jeune publique font souvent le choix de traiter de sujet d’actualité, prenant soin de faire passer des messages positifs à travers des films d’animation hauts en couleur. L’écologie et la destruction de notre planète faisant partie des sujets chauds depuis quelques années, il n’est pas surprenant de trouver plusieurs films d’animation dont le message, plus ou moins subtil, encourage les enfants à protéger notre belle planète.

Film d’animation franco-american, Le Lorax est un exemple flagrant de film à message écologique.

Adapté du livre pour enfant du même nom, écrit par le célèbre Dr.Seuss (Le Chat Chapeauté, Le Grinch, Horton), ce film aussi coloré que délirant prend place dans un monde artificiel où il n’y a plus aucun arbre. Les gens sont donc forcés d’acheter de l’air en bouteille… L’histoire nous est alors contée par le Gash-Pilleur, décrivant le monde tel qu’il était quand il y avait encore des arbres. Le Lorax, esprit de la nature, veillait sur la forêt. C’était sans compter sur l’appât du gain du Gash-Pilleur…

Outre son message écologique, le film critique aussi l’insatiabilité de notre monde capitaliste. Malgré ces sujets compliqués, le film sait garder un ton enjoué et un humour à toute épreuve. L’aspect comédie musicale m’avait rebuté au début mais force est de constater que les chansons sont entraînantes et drôles. Elles ont même atterri dans mon Mp3, c’est dire !


Quant à Tante Hilda!, il s’agit d’un film d’animation franco-luxembourgeois produit par Folimage, notamment connu pour des films comme La prophétie des Grenouilles ou Mia et le Migou.

L’histoire oppose deux soeurs, tante Hilda et Dolorès : l’une est une écologiste convaincue, l’autre la pdg d’une société agro-alimentaire sans scrupule. Grâce aux OGM, Dolorès et sa société créent une plante géante censée résoudre le problème de la faim dans le monde… jusqu’au jour où les plantes se mettent à grandir de manière incontrôlée, envahissant les villes.

Le style graphique très particulier pourrait rebuter certain, mais croyez-moi c’est un film qui vaut le coup d’oeil !

Beaucoup d’autres films traitent plus ou moins directement de l’écologie.
Tempête de Boulettes Géantes (1 et 2) évoque aussi bien le dérèglement climatique que l’utilisation abusive d’OGM, tandis qu’un film comme Horton attire l’attention sur la fragilité du monde qui nous entoure. On peut aussi citer des films tel que Mia et le Migou, ou encore la Prophétie des Grenouilles. Sans oublié les très connus Wall-E et Là-Haut. Et je dois en oublier beaucoup d’autres !

Enki Bilal nous conte le dérèglement climatique

Enki Bilal est un scénariste et illustrateur de BD français (La Tetralogie du Monstre, la Foire aux Immortels…), dont plusieurs de ses oeuvres ont déjà été adaptées au cinéma.

L’une de ses trilogies les plus connues, Coup de Sang, met en scène un monde futuriste dans lequel un dérèglement climatique brutal à quasiment détruit la civilisation humaine. Le premier tome (Animal’z) se concentre sur un monde aquatique et froid, le second (Julia & Roem) se déroule dans le désert. Quant au troisième tome (La couleur de l’air), Bilal nous livre une vision aérienne et plus optimiste de son monde apocalyptique. Entre steam-punk et onirisme, cette trilogie monochrome vaut vraiment le coup d’oeil !

Pompoko, fable écologique

Pompoko est un film d’animation japonais d’Isao Takahata (Le tombeau des lucioles), produit par le Studio Ghibli.

Il y met en scène des tanuki transformistes, confrontés à la destruction de leur milieu naturel par des hommes friands d’extension urbaine. Ces animaux farceurs décident alors d’user de leur pouvoir de métamorphose pour faire fuir les humains. A travers ces êtres comiques et attachants, le réalisateur dénonce l’insatiabilité des hommes et le manque de respect à la nature. C’est un film très riche visuellement et vraiment drôle, je vous le conseille ! Par contre la fin me parait très peu optimiste, mais c’est à vous de juger !

 

Origine, pour les fans de Myazaki

Planète Terre, 300 ans après notre ère.

Meurtrie par l’inconscience et la cupidité des Hommes, la Terre en colère lâche sur l’humanité les Esprits de la Forêt. Rancunier de leurs souffrances passées, ces esprits contrôlent le monde et veillent à l’équilibre de la nature. Dans ce nouveau monde, co-existent deux cités : Ragna, qui oeuvre pour le retour de la civilisation, et la Cité Neutre, qui prône l’harmonie avec la forêt. Mais quelques hommes menacent à nouveau l’équilibre de la nature… Fable écologique, Origine (Gin-iro no kami no Agito) est un très beau film d’animation japonais réalisé par Keiichi Sugiyama. On ressent très fortement (peut-être trop ?) l’influence de films tel que Princesse Mononoké ou Nausicaä de la Vallée du Vent, si vous avez aimé ces films il y a de grandes chances pour que le film vous plaise. En outre, les musiques sont somptueuses. A découvrir absolument !