IRL de l’été 2018 : de Payrac à Payrac-Argenté-sur-Oise-en-Corrèze

En l’an de grâce 2018, entre le 19 et le 23 juillet, alors que les chaleurs de l’été nous plongeaient tous et toutes dans des torpeurs sans pareilles, a eu lieu un événement que la plumauté attendait avec impatience : la Grande IRL PAenne. L’accueil y a été mémorable, la nourriture incroyable, l’ambiance exceptionnelle et surtout la compagnie des plus raffinées. Sans plus attendre, voici un florilège de ces moments si précieux passés ensemble dans la vraie vie, à Payrac, chez la très accueillante famille de Jamreo !

 

TEXTES EN DEMI-PAGE

Pour cet atelier d’écriture, le principe est de partir d’un texte publié sur Fiction Plume d’Argent, d’en imprimer une page, puis de plier celle-ci en deux dans le sens de la hauteur. Ces “demi-pages” sont distribuées au hasard parmi les participant·e·s, qui doivent alors compléter la partie manquante au gré de leur imagination ! En voici les résultats, agrémentés de quelques photos des plumes en plein travail.

Les parties inventées sont en italique.

Jamou contemple sa création avec fierté, sans savoir que Dan est prête à tout pour piquer ses idées. Luna, elle, cherche au plus profond d’elle-même comme une vraie artiste.
Beul ne cache pas sa fatigue après tant de travail

 

Texte de Jam par Nana

À première vue, il s’agissait d’un établissement banal dont les clients avaient tendance à disparaître sous la montagne de gris, noir et blanc. C’était plutôt louche car la devanture était en sympathique bois vieillot dans les coins mais pas dans la partie centrale. Monsieur America vous invitait à entrer avec un large sourire. Mais comme souvent avec les robots, son sourire plastifié se répétait ainsi que le nom du café (hors de prix) qu’on ne pouvait obtenir que sur abonnement. Entre autres, un double american (édition collector avec du lait de brebis) vous obligeait à passer directement par la centrale d’achat.
Les non-initiés passaient à côté de l’insubordination de Monsieur America à cause des limites de ses capacités intellectuelles – un penchant extrêmement préjudiciable au syndicat des cafetiers, qui pouvaient être de réels oublieux, de temps à autre, et n’étaient qu’une bande de grosses feignasses. Au moins, Monsieur America n’avait pas trop d’ennuis. Combien de temps avant que quelqu’un se rende compte que son café était beaucoup trop cher ? Tout pouvait changer si vite.
Le cou rentré dans les épaules pour se faire plus petit qu’un raton-laveur, l’homme buvait son café en écoutant la musique entraînante à base de trombones l’englobant. Des gens louches mangeaient leur pâtisserie. Sanne en reconnut deux. Mais pas les autres, pourtant ils étaient encore plus louches. Soudain, il glissa sans s’arrêter, comme s’il ne s’était jamais tenu debout sur une surface horizontale. Quelqu’un lui lança un tablier rouge reprenant les motifs du mythique bouclier d’Abraracourcix. Il se retourna et repéra une femme avec un écran ouvert au creux de la main.

–     Bonjour, je voudrais retirer mon spécial super-héros – celui avec du lait de brebis.

La fille tendit impérieusement la main et Sanne lui donna 50€.

–     Hmm, il semble y avoir un problème. Votre solde n’est pas suffisant pour ajouter du lait de brebis.
–     Ah bon. Pourtant je sais compter.
–     Attendez, suivez-moi. Nous allons demander au gérant si sa brebis est prête à faire une exception…

La serveuse sortit de derrière le comptoir et fit signe à tout le monde de se tirer vite fait. Elle poussa la porte, qu’elle prit soin de fermer derrière elle.

–     Allez-y, souffla-t-elle.
–     Merci.

Sanne se pressa dans le couloir tandis que l’autre attaquait son café.
Après des tours et détours pris sans y penser, elle tomba sur une pièce remplie d’étagère. Elle n’eut pas fait trois pas que quelqu’un surgit de nulle part, une brebis dans les bras. Elle reconnut le chef au rythme particulier de la respiration, et se retourna vers la porte pour fuir. Mais au son de sa voix, elle se figea :

–     Bonjour.
–     Bonjour.
–     On vient pour un peu de lecture ?
–     Hmhm.

D’un air absent, elle délogea sa carte Captain America de son oreille. La serveuse était démasquée : elle faisait partie des plus fidèles visiteuses et il la fusilla du regard pour bien la faire culpabiliser. Soudain, sous ce front plissé comme un vieux parchemin, la fille compris tout : elle n’était qu’un personnage de fiction.

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Le zoo des plumes

Chroniques d’une IRL printanière

Même si elle semblait placée sous le signe de la poisse (changement de lieu, plusieurs désistements de Plumes – parfois involontaires –, retards de transports…), cette rencontre dans la campagne grenobloise a su conserver une joyeuse ambiance de douce folie, agrémentée de moments calmes, de discussions plus ou moins sérieuses et, surtout, d’activités délirantes concoctées avec un amour blobesque !

Voici tout d’abord un échantillon de quelques savoureux extraits tirés de l’atelier d’écriture organisé par Lou : vous verrez que les Plumes se sont joyeusement prêtées aux divers exercices proposés !

(Annonce : vous avez conservé vos participations ? N’hésitez pas à les partager avec nous sur le topic du Journal !)

 

Vous trouverez également, disséminées ici et là, quelques photos pour illustrer les moments forts de cette rencontre !

(Annonce : vous avez pu capter d’autres instants épiques/embarrassants/émouvants/délirants ? N’hésitez pas à les partager sur le topic du Journal !)

 

Moitié-moitié

Chaque participant s’est retrouvé avec une page du texte d’une autre Plume. Il fallait le plier en deux dans le sens de la longueur et chercher à combler les trous (en italique dans le texte)… de la manière la plus fidèle, la plus loufoque ou la plus scatophile possible.

 

Arlequine-Danah (Ascendia)

Le noir complet. La lueur vacillante d’une flammekueche éclaire le mur. Le sol est humide, sombre. Il y a comme une vieille odeur d’oignons frits. Je me retourne, et sens la sueur perler sur mon front. J’ai le ventre qui gargouille. L’odeur de plus en plus forte. J’ai l’impression d’être observée par le petit Tröll en kilt.

J’avance et fais volte-face vers le mur. Il a changé. Ma parole ! Le Tröll sort une nappe fleurie aux motifs rouges. Les plaintes dégoulinent comme la crème fraîche. Une piqûre sûrement. Une piqûre de guêpe mutante. Il n’y a rien. En effet, ce n’était qu’une illusion. Encore un tour du Tröll farceur ! La faim n’en est pas une. J’ai les cheveux coupés au carré, mais quel rapport ? C’est tout moi ! Je tâte mon visage et retrouve bien mes tractopelles. Ouf ! Je reviens à ce mur qui m’intrigue. Il est redevenu comme avant, gris et sans flammekueche. Il n’y a vraiment plus rien.

Je lève les yeux et découvre un objet. Je ne le vole pas tout de suite – je suis kleptomane. Une poire suspendue à un crochet. Elle me paraît énorme. Et à lavement. Chouette, il me la faut tout de suite.

J’essaie de tendre ma main vers elle pour la saisir par le bulbe. Je la chope.

Je me mets à courir mais la clef est toujours inaccessible. Heureusement, la poire ouvre la serrure. Je continue dans ma course. Toujours cette même flammekueche qui m’éclaire. Et d’un coup tout s’arrête, la fille surgit derrière moi  – la Tröllette – elle remue du kilt. J’ai l’impression d’avoir quitté mon corps, de ne plus être en possession de tous mes poils. La poire-clef. Mes doigts la frôlent. Le temps s’arrête. Il n’y a plus de Tröllette. Ni de flammekueche. Juste le néant. Est-ce là son prix ? Le vide ? La faim ? Je ne me rappelle même plus qui je suis ni où je vais.

Alors que je suis sur le point de l’attraper, une ombre surgit et dérobe ma poire par l’arrière. Mes poumons se contractent, le choc me coupe la respiration. Ouille. Je tombe au sol, le dos en compote. J’ai la tête qui tourne et ne sens plus mon dos, et mes fesses non plus.

 

Danah-Ery (Moonshine)

Il avait beau connaître l’heure et l’adresse du caca, il savait qu’il devait l’évacuer avant de verrouiller le vaisseau et de se diriger vers les toilettes publiques, sinon c’était trop propre. Il n’était motivé que par l’appréhension ; mais dès qu’il s’engagea dans la cuvette, Bowie se détendit un peu : personne ne le regardait en faisant une tronche de constipé. Lui, par contre, dévisageait tout le monde : touristes en jupe, marchant d’un pas prudent sous l’effet de la diarrhée, cacas chauves ou tatoués. Dans ce bouillon de cultures, une si petite crotte passait inaperçue. Approchant d’un lampadaire, Bowie profita de ce drôle d’anonymat pour faire un ptit pipi au passage.

(…)

Même s’il était ravi par ce plongeon en terrain miné, il fut déstabilisé par les bombes qui explosaient bruyamment en ralentissant au pied du Complexe. Les démineurs étaient tous bourrés. Mais il n’était pas trop tard pour une virée dans le quartier des anthropopithèques après sa rencontre avec Napoléon – même s’il n’aurait pas l’occasion de le rencontrer puisqu’il était mort en 1821, dans le hall, en jouant des coudes avec fureur ; il avait joué, et il avait perdu. Poil au cul.

« Complexe », comprit Bowie, était un joli merdier. Des cacas de toutes sortes étaient exposés sur des étagères sans nom, qui devaient appartenir au même propriétaire que le lampadaire de tout à l’heure. Bowie monta dessus pour voir par-dessus les têtes et tenter de repérer Napoléon, qui était pourtant bel et bien mort à Sainte-Hélène, avec

les yeux arrachés. Dans la semi-obscurité fumeuse, on pouvait distinguer des tricornes, des sombreros, quelques casques vikings et un béret, mais pas de fez à l’horizon.

 

Jowie – Slyth (Les Croyances de Bronwen)

Lorsqu’enfin elle atteignit l’écurie, l’elfe éternua juste à temps ! Déployés au maximum dans une mer noisette, se trouvaient des veilleurs de nuit. Elle frotta son front rougi ; elle venait de se prendre une colonne. Vivement le chemin de retournicoton !

(…)

Drapés jusqu’aux mollets dans leurs capes noisetières à la manière des morts vivants.

– Rendez-vous au cimetière chuchota allègrement le chef noisetier avant de rabattre son capuchon et d’entraîner Eleonara avec ses pinces de crabe.

Elle montra de la résistance en remarquant une verrue : les poils partaient du licol de Voulï et le reliaient à chaque face de sa silhouette. A tel point qu’il était incapable de bouger ou même de faire un tour sur lui-même. Voyant son air stupéfait, le chef noisetier se chargea de nourrir sa curiosité.

– En quel honneur a-t-on assemblé un attelage semblablement poilu ? Figure-toi que selon certains témoins (douteux, cela va de soi) notre maître les aurait récupérés sur un milicien. Il lui aurait arraché un doigt. Le majeur, lui, était rasé de près. Mais qui donc peut-être capable d’une atrocité pareille ?

Du coin de l’œil, Eleonara vit Sgarlaad croiser son regard : visiblement, il n’était pas  le seul à être dupe de la non-dangerosité apparente du gang des noisettes.

 

En pleine concentration durant l’atelier d’écriture
En pleine concentration durant l’atelier d’écriture

 

 

Le jeu du dictionnaire

Connaissez-vous ces drôles de mots ? La bonne définition est cachée parmi les autres, inventées par vos dévouées Plumes. Saurez-vous la retrouver ? (Et on ne triche pas, dans le fond !)

Vous trouverez la solution en toute fin d’article.

 

Gynécomaste

  1. Agglomérat de masses spongieuses au niveau du col de l’utérus
  2. Se dit d’un gynécologue massif
  3. Homme dont les mamelles sont aussi volumineuses que celles d’une femme
  4. Qui connaît bien les femmes
  5. Forme de gymnastique durant l’Antiquité
  6. Personne dont le métier est de mastiquer les organes féminins

 

Chionosphéréphile

  1. Qui aime les sphères de type chiono
  2. Qui aime dessiner des ronds
  3. Amateur de pétanque
  4. Collectionneur de boules à neige
  5. Qui aime les globes terrestres
  6. Personne ayant un goût prononcé pour les sphères de fromage italien

 

Anatidaephobie

  1. Peur d’être observé par un canard
  2. Peur de la pousse spontanée des poils de nez
  3. Phobie des calamars géants
  4. Peur qu’une météorite s’abatte sur le monde
  5. Peur des fruits de mer
  6. Peur des fourmis volantes

 

Fontaine ubérale

  1. Fontaine légendaire d’où coule la bière
  2. Fontaine de village
  3. Fontaine pour éteindre les incendies
  4. Fontaine avec de l’eau déshydratée
  5. Fontaine ornée de statues de femmes dont l’eau jaillit des mamelles
  6. Fontaine ayant la forme d’un taxi

 

Vinculum

  1. Fait d’écraser des insectes
  2. Bidet en argile
  3. Un jeune fabriquant de vin
  4. Se dit de quelqu’un qui a vaincu le vin
  5. Appareil datant du XIIIème siècle et permettant de boire le vin plus vite grâce à un système d’entonnoir
  6. Barre de fraction d’une division

 

Cucurbitaciste

  1. Raciste vis-à-vis des différentes sortes de cucurbitacées
  2. Collectionneur d’étiquettes de melon
  3. Éleveur de cucurbitacées
  4. Raciste envers les personnes qui mangent des concombres
  5. Expert en cucurbitacées
  6. Personne ayant une passion pour les cucurbitacées et dont le métier est de leur faire faire des roulades

 

 

Une partie des gagnantes de la cérémonie des Histoires d’Or (De haut en bas et de gauche à droite : Néné, Ery, Claquette, Jowie, Kitty, Jam, Danette, Lou)
Une partie des gagnantes de la cérémonie des Histoires d’Or
(De haut en bas et de gauche à droite : Néné, Ery, Claquette, Jowie, Kitty, Jam, Danette, Lou)

 

Poèmes – Le Vampire

 

Le crépuscule au soir venu

Goutte de sang sur l’oreiller

Au creux du lit ton corps nu

Et dans un verre, ton dentier

 

Ô ma douce Lulu !

Laisse-moi t’embrasser, cochonnet

Nous noyer dans un fût

Et cueillir des champignons aux lardons

 

Neila

 

Au détour d’une rue

Brumeuse et enfumée

Il tient des propos crus

À une jeune fée

Dans la sublimation

De ses grands yeux brillants

Rôde la tentation

De s’abreuver de sang

Ery

 

Peau de marbre sous le soleil

Sang séché sur ses incisives

Regard « so depressed » sans pareil

Parfois, il sent la lessive

 

Sur lui le temps n’a pas d’effet

De son regard sombre il regarde

Les enfants qui jonglent au mois de mai

Sur ses gardes.

 

Quinou

 

Il s’aventure à la nuit tombée,

Drapé d’étoiles et de pluie

Les pieds mouillés par la rosée

Et la face teintée d’ennui

Dans la maison il s’immisce

Laisse une offrande de deux fraises

Entre deux amants il se glisse

Puis part avec leurs charentaises

Elka

 

Les gonds grincent et la nuit est tombée

Dans le manoir tout noir le monstre se réveille

Une crampe à la fesse droite et un peu froid aux pieds

Il sort de son cercueil avec ses lunettes de soleil

 

Il a un peu faim alors il suçote un rat

Et va à la cuisine pour se servir une bière

Sa femme est là, cette grosse conne de Bella

Le vampire lâche un rot et lui fesse le derrière

 

Danah

 

Le soir il sort de sa maison

Alors que la lune éclaire les vallées

Pendant un temps il erre sans raison

Mais dès lors que paraît au sommet du clocher

L’ombre de sa vie de bonheur révolu

De tristesse il éclate et vers la falaise il court

Vers la maisonnette de couleur où il ne pleut plus

Et par la fenêtre il boit la joie et l’amour

Ethel

Dans son triste antre noir,

La chauve-souris sommeille.

Elle dort comme un loir

Sur des draps vermeils.

 

Minuit sonne enfin,

Le cercueil s’entrouvre.

Le vampire a faim,

Prends garde le Louvre.

 

Drago

 

Comme une ombre se glisse le monstre près d’elle

Dans le vertige de la nuit le froid d’un mort

Pâle souvenir d’une vie, amour éternel,

Des bras de ténèbres se referment sur son corps.

Veine bleue comme les cernes sous tes yeux, le cou

De la belle s’offre, blanc déjà comme un linceul

Quand son amant s’évapore il emporte tout

De sa vie, de la sienne, désormais ils sont seuls.

Rimeko

 

Les vampires ont les dents vraiment longues

Pourquoi ils ne les coupent pas, sont-ils trop cons ?

Et pourquoi en cape, pourquoi pas en tongs ?

Ils n’en ont jamais sauf dans ce truc en « tion »

 

Les yeux rouges aussi, ont-ils des lasers ?

Dans ce cas sont-ils des vampires Jedi,

Ou en ont-ils juste l’air ?

S’ils te voient du coup, ça fait « pioo » ou tu fais Aïe ?

 

Lyra

 

On lui connaît des dents pointues

Un appétit pour la chair fraîche

Dans l’ombre de la nuit, il tue

S’il se rate, c’est la dèche

La peau scintillante devant l’astre solaire

Non mais allô quoi !

Au fond, ce n’est qu’un vieux grégaire

Qui, par-dessus tout, craint les croix

Slyth

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Fin de cérémonie… quand les nerfs lâchent

 

 

Quelques souvenirs en images

Car oui, que serait une IRL Plumesque sans quelques citations des participants soigneusement consignées (en secret… au début) par Rimeko ?

Ou sans quelques photos (de Riri, toujours sur le coup) de ces moments privilégiés passés ensemble ?

 

Moment de lecture mené par Ery (avec une audience sous le charme de sa voix mélodieuse)
Moment de lecture mené par Ery (avec une audience sous le charme de sa voix mélodieuse)

 

Pour terminer en beauté, voici un petit florilège des paroles échangées durant ces quelques jours… sorties de leur contexte évidemment (parce que c’est bien plus drôle) et accompagnées de charmantes images qui viennent souligner leur ampleur cosmique !

 

citations (4)

citations

citations (3)

citations (2)

citations (5)

 

(Les bonnes réponses étaient : 3, 4, 1, 5, 6, 2)

 

Ces morceaux choisis de l’IRL ont été collectés et reconstitués par EryBlack et Slyth ^_^ Merci encore à Rimeko pour sa participation !

Les Plumeporters à Montreuil

Du 2 au 7 décembre, c’était le Salon de la Littérature et de la Presse Jeunesse, à Montreuil. C’est toujours pour les Plumes l’occasion rêvée de festoyer ensemble, de concilier IRL et littérature, d’envahir le resto japonais à proximité et de traumatiser quelques auteurs et lecteurs au passage. On se souvient de l’affaire des chapeaux Naruto en 2014… Cette année n’a pas fait exception à la règle !

Ce qu’il y a de nouveau en revanche, c’est qu’entre trois fous rires et sept parties de Loup-Garou, les Plumeporters se sont furtivement esquivées (que personne n’ose nous contredire) pour se la jouer vraies journalistes… Et interroger les auteurs en dédicace aux quatre coins du Salon ! Armées de nos téléphones en mode dictaphone – merci encore à Danah de nous avoir épargné l’angoisse de devoir tout consigner dans un carnet – nous avons multiplié les excuses bancales pour nous éloigner des Plumes et opérer en discrétion. Ce qui s’est révélé un échec total pour la journée du vendredi, même si nous avons pu sauver les apparences le samedi.

Nous en profitons donc pour présenter toutes nos excuses aux autres Plumes : si nous disparaissions par moments, c’était pour la bonne cause. Nous tenons aussi à remercier chaleureusement les auteurs que nous avons interviewés : Vincent Villeminot, Tristan Koëgel, Flore Vesco, Alex Alice, Béatrice Bottet, François Descraques, Slimane-Baptiste Berhoun, Vincent Cuvellier et Victor Dixen. Ils se sont tous prêtés à l’exercice avec amabilité et nous ont donné des réponses variées et intéressantes.

 

Voici donc le résultat de notre dur labeur et nous sommes ravies de vous le présenter !

 

Vincent Villeminot

Vincent Villeminot est journaliste, spécialiste des questions de l’éducation. En 2002, il signe son premier livre, Anatole n’aime pas l’école, et poursuit une carrière de romancier en multipliant les genres. Ouvrages jeunesses, thriller pour adultes et œuvres pour jeunes adultes, Vincent Villeminot touche tant par la diversité de ses travaux et de ses thèmes que par la rudesse de son écriture.

 

Dans quelle mesure les mythes, légendes et religions vous inspirent dans l’élaboration de vos intrigues ?

 

Dans aucune mesure. J’essaye de commencer par le monde réel. Il peut arriver que je me rende compte en cours d’écriture qu’un mythe ou une légende fait écho à ce que j’écris, mais je n’en prends jamais pour source d’inspiration.

 

Vous pensez qu’il peut s’agir d’une inspiration inconsciente, alors ?

 

Non, je ne pense pas. Je pense au contraire qu’un vrai mythe, c’est une histoire universelle et intemporelle. Elle répond à des questions qu’on se pose à chaque époque, elle est un moyen d’aborder ces questions. Donc ce n’est pas que le mythe m’inspire inconsciemment, c’est juste que ses réponses restent valables.

 

L’actualité de notre monde trouve-t-elle écho dans vos textes ? Peut-être un peu dans U4 ? Et si oui, quel message cherchez-vous à transmettre ?

 

L’actualité est essentielle pour moi, j’écris en regardant le monde comme il va ou comme il ne va pas. J’estime que mon rôle d’écrivain, c’est de parler de ce monde. Après, je ne cherche pas à délivrer un message, mais éventuellement à raconter le monde. Si message il y avait, ce serait de regarder ce monde-là en m’adressant à des jeunes gens de 14 ans ; peut-être que je suis un peu plus désillusionné qu’eux, et que j’ai un regard qui pourrait les inspirer eux. Le but, c’est que mon regard soit pour eux source d’inspiration et pas de message. C’est pour ça qu’on a détruit le monde dans U4, qu’on l’a mis dans les mains des adolescents, mais qu’on n’a pas commencé à le reconstruire. Le reconstruire, c’est à eux de le faire.

 

 

Tristan Koëgel et Flore Vesco

« Tristan Koëgel est né en 1980 et vit à Aix en Provence. Après avoir été tour à tour distributeur de prospectus, garçon de café, pizzaïolo, animateur radio, écrivain public, il obtient une maîtrise de Lettres et enseigne la littérature et la langue française.

Épaulé par sa fille et sa compagne, Tristan Koëgel a l’ambition folle de visiter tous les pays du monde en ramenant à chaque fois une histoire à raconter. »

Il a écrit notamment le très bien accueilli Bluebird, qui raconte une rencontre à l’époque de la ségrégation raciale aux États-Unis. On n’a pas encore lu le livre, mais les quelques mots qu’on a échangés avec l’auteur donnaient envie !

« Flore Vesco a fait des études de lettres et de cinéma. Elle aime les anagrammes, les rébus, les listes et tout ce qui a des bulles (le champagne, le bain moussant, la bande dessinée…). De cape et de mots est son premier roman. »

L’histoire se passe visiblement au sein d’une cour pleine de manigances, de complots et d’intrigues, où Serine devra se faire une place en tant que demoiselle de compagnie. Parce qu’elle ne veut pas se marier ! (Ça vous évoque quelque chose ?)

 

Dans quelle mesure les mythes, légendes et religions vous inspirent quand vous écrivez ?

 

FV: Je pense que c’est une matière très intéressante. Pour le moment, je n’ai jamais écrit à partir de ça, mais si je le faisais, je pense que j’irais chercher vers la mythologie nordique. Ou quelque chose de moins retravaillé que la mythologie grecque, où on a eu par exemple Percy Jackson de Rick Riordan… (Qui s’est d’ailleurs attaqué à la mythologie nordique récemment, selon Elka)

TK: Je n’ai pas non plus eu l’occasion de travailler là-dessus, mais je suis assez passionné de mythologie gréco-latine…

FV : La mythologie hindoue, aussi, il y aurait des choses super à faire.

TK : Le mythe, je pense que c’est un trait d’union entre plusieurs civilisations, dont la nôtre. Je pense que ça fait partie du bagage culturel qui sert à cultiver notre imaginaire.

 

Est-ce que, dans ce que vous écrivez ou dans ce que vous lisez, vous avez parfois l’impression de voir des ressemblances avec les mythes ? Même involontaires ?

 

FV : Oui, d’un point de vue narratif, ça arrive souvent. Par exemple, pour mon livre, j’ai une structure qui rappelle le conte, donc forcément, quelque part, ça peut remonter jusqu’au mythe. L’obstacle à franchir, ce genre de choses… Sur l’intrigue et les schémas narratifs, je pense que les mythes ont un côté universel.

 

En quoi l’actualité vous inspire, ou ne vous inspire pas ? Est-ce que vous essayez de faire passer un message ?

 

FV : Personnellement, non. D’abord parce que je mets longtemps à écrire, donc je ne vais pas parler d’un événement qui survient alors que je suis en plein milieu de l’histoire. Après oui, on est influencés par l’ambiance ! Les événements récents ont amené une ambiance très particulière en ce moment en région parisienne, et on est touchés plus ou moins inconsciemment ; ça se ressent peut-être quand on écrit. Sinon, ce n’est pas une source d’inspiration pour moi.

TK : La littérature jeunesse permet d’apporter un autre regard sur l’actualité. Passer par l’enfant, par son prisme, c’est regarder le monde différemment. Je pense que c’est important.

 

 

Alex Alice

Alex Alice publie sa première BD, en collaboration avec Xavier Dorison, en 1997. Depuis, il a travaillé sur plus de quatre séries, participé à des ouvrages collectifs et acquis une grande reconnaissance dans le monde de la BD. Les quelques minutes qu’on a passées à l’interviewer nous ont révélé un auteur passionné par son travail, par la mythologie, les sciences, l’Histoire… Et un homme incroyablement ouvert et talentueux.

 

De quelle manière les mythes, légendes et religions peuvent vous inspirer dans vos œuvres ?

 

Oh mon dieu… Vous avez deux heures ! (rires) En gros, pour l’instant, toutes mes histoires en bande dessinée tournent autour des mythes et de la religion, à un degré ou à un autre. Par exemple, j’ai écrit une série qui s’appelle Le Troisième Testament, donc ça parle tout le temps de religion. C’est une aventure médiévale qui tourne autour d’un texte secret, inspiré par Dieu, qui aurait été perdu. J’ai écrit une deuxième série sur cette idée, qui s’appelle Le Troisième Testament – Julius, et qui est l’histoire de la personne à qui le testament aurait été révélé. Je suis en train de terminer le scénario en ce moment, mais ce n’est pas moi qui dessine. J’ai aussi publié Siegfried, une adaptation de mythes et légendes nordiques et germaniques.

 

Alors, vous avez pris les mythes comme base d’inspiration ?

 

Siegfried, c’est la relecture d’un mythe en partant des sources mythologiques que j’ai trouvées. L’avantage, c’est que contrairement à chez Homère par exemple, il n’y a pas un texte unique, les sources et traditions sont multiples. Ça m’a permis d’aller faire une espèce de marché mythologique. J’ai gardé ce qui me correspondait, ce qui me parlait à moi.

 

Donc on peut dire que ça vous inspire carrément.

 

Oui ! Dans le Château des Étoiles, c’est moins direct. Mais à travers le personnage du roi Ludwig, par exemple, les mythes et légendes de la table ronde sont présents. Il y a aussi un propos du roi sur le rôle des mythes et légendes, même dans le monde moderne du XIXème siècle.

Comme c’est un sujet qui m’intéresse, je pense que c’est vraiment difficile, aujourd’hui, de ne pas parler de religion.

 

 

Béatrice Bottet

Béatrice Bottet était autrefois professeure de Lettres et d’Histoire. Aujourd’hui, et depuis un certain temps, elle se consacre entièrement à l’écriture. La saga du Grimoire au Rubis, Fille de la Tempête, l’Encyclopédie du Fantastique et de l’Étrange… Tous contiennent une grande part de fantastique. Elle parle de magie, de légendes, de créatures inconnues et de mythologie ; parfois avec beaucoup d’humour, souvent avec suffisamment de sérieux pour qu’on y croie.

 

Notre prochain numéro porte sur les mythes, légendes et religions. C’est un thème très présent dans vos œuvres. Est-ce que vous êtes partie en prenant les mythes pour base d’inspiration ?

 

Je m’y intéresse depuis que j’ai quinze-seize ans. J’aimais déjà beaucoup tout ce qui est étrange, bizarre et mystérieux. De là, on a vite fait de passer à toutes les mythologies. Celles de l’Antiquité comme celles qui sont moins connues, celles des pays celtes par exemple. Donc on se retrouve avec des contes, avec un imaginaire très vivant, souvent méconnu d’ailleurs, et que moi j’aime bien. Voilà, ça ce serait la réponse express. (rires)

 

Donc c’est vraiment une source d’inspiration pour vous.

 

Ça a formé mon imaginaire, je dirais. Ce n’est pas une source d’inspiration à proprement parler, sinon dans un deuxième temps. Mon imaginaire est plus aventureux que ça. Mais c’est toujours bien d’y mettre un petit poil de fantastique.

 

 

François Descraques et Slimane-Baptiste Berhoun

 

François Descraques est réalisateur, scénariste et acteur. En 2009 il réalise Le Visiteur du Futur, une websérie où un jeune adulte ordinaire se trouve harcelé par un étrange clochard venu tout droit du futur. Le succès de la série est tel qu’au terme de 4 saisons de plus en plus fouillées, François Descraques et Slimane-Baptiste Berhoun (qui joue le Docteur Castafolte) sortent le roman La Meute en guise de saison 5. Il travaille actuellement sur divers projets pour la télé (Dead Landes) ainsi que sur la chaîne Frenchball.

Slimane-Baptiste Berhoun est acteur et réalisateur. Il réalise et interprète la websérie La Théorie des Balls, qui reprend les personnages de J’ai jamais su dire non, et a écrit Les Opérateurs pour le collectif Brainsonic. Frenchballiste de compète, il multiplie les rôles dans divers projets de Frenchnerd. Il joue dans la pièce Milarepa, mise en scène par Stanislas Grassian.

 

Est-ce que vous utilisez l’actualité dans vos séries ? Faites-vous passer un message ?

 

FD : J’ai été contraint, disons, par les évènements, de changer des trucs. Quand tu écris quelque chose, tu peux penser que c’est de la science-fiction et te dire « Ah, ça arrivera jamais dans la vraie vie ». Et quand tu vois que trois semaines plus tard, un mois plus tard, ça arrive, tu te sens vraiment dépassé. La seule façon d’essayer de se reprendre en main, d’être dans le contrôle dans un moment comme ça, c’est de créer quelque chose.

Je pense que tout le monde, tous mes potes créateurs, réalisateurs, etc… On se sentait tellement dépossédés, tellement victimes, qu’il a fallu que chacun essaye de faire quelque chose. Moi, à ce moment-là, c’était de remonter la fin de Rock Macabre pour en faire un truc pas glauque, un truc sur l’espoir, un truc sur la musique qui sauve les gens et pas qui fait peur. Et c’était ma façon, on va dire un peu complètement débile et personnelle, d’essayer de reprendre en main une situation qui nous échappait.

 

S-BB : J’étais affecté par les événements mais ce n’est pas quelque chose qui va influencer mon écriture. En tant qu’évènement ponctuel, ça me touche, mais je n’ai pas besoin de le sublimer dans l’écriture. Par contre, en tant que représentation de quelque chose de plus large qui est, par exemple, le problème de la religion et de comment elle est interprétée, là je trouve que c’est quelque chose qui mérite d’être abordé. Par petites touches, je vais essayer d’en parler en toile de fond dans ce que je vais écrire, parce que j’ai l’impression qu’au niveau global, c’est… enfin, c’est un truc qui me fait chier dans le monde. C’est bien, pour nous, de se dire qu’on fait quelque chose d’utile, qu’on ne fait pas que du « lol » qui part comme ça et qu’on oublie. On divertit les gens pour, quelque part, introduire quelque chose, peut-être pas une réflexion, mais au moins un point de vue qu’on défend.

On a la chance d’avoir des jeunes qui nous regardent, quelque part ça nous donne aussi une responsabilité sur ce qu’on doit leur dire et les sujets sur lesquels on doit porter leur attention. Dire : « Peut-être qu’il faut réfléchir là-dessus aussi ».

 

 

Vincent Cuvellier

Né à Brest en 1969, Vincent Cuvellier publie son premier roman à dix-sept ans. Suivent plusieurs textes pour la jeunesse, dont Kilomètre zéro, La chauffeuse de bus, La nuit de mes neuf ans, etc. Il est l’auteur d’une cinquantaine de livres qui ont obtenu de très nombreux prix et sont traduits en quinze langues.

 

Par rapport à l’actualité, est-ce que vous essayez de transmettre un message aux enfants ?

 

Non, je ne fais pas ça, délivrer un message. Je n’écris jamais mes livres en fonction du thème, mais toujours en fonction du style. C’est d’abord la manière de raconter qui va me faire écrire, jamais je ne me dis « Oh, je vais parler de tel thème », notamment pour les thèmes graves. Par contre, mes livres peuvent parfois mentionner des événements réels, forcément. J’ai pas mal de livres autour de la Seconde Guerre Mondiale, autour de l’enfance en général. Je pars du principe qu’on peut parler de tout aux enfants, il y a juste la manière de le faire. Donc pour les évènements qui se sont passés, comme pour tous les sujets, il faut juste savoir qu’on s’adresse à des enfants. C’est tout.

 

Et ça se manifeste comment, à votre avis, cette conscience qu’on parle à des enfants ? On n’évite pas des sujets mais certaines manières d’en parler, si j’ai bien compris ?

 

Le truc, c’est que je parle simplement, avec des mots simples et sans hypocrisie. C’est-à-dire que je vais être direct, mais sans violence. Par exemple, je ne fais jamais de suspens avec la violence ou la souffrance d’un enfant. J’ai fait des bouquins sur la guerre, mais je ne vais pas monter le truc en sauce pour qu’il y ait du suspens.

 

C’est suffisamment horrible tout seul.

 

Exactement. Pour écrire ce livre, Ils ont grandi pendant la guerre, j’ai rencontré des gens âgés qui étaient enfants à cette époque. Il y en a un qui était juif et qui s’était caché pour échapper au Vel’ d’Hiv’, et à la fin de l’entretien, je lui ai dit « C’est drôle, vous racontez votre histoire d’une manière plutôt marrante, il y a des bagarres, tout ça… ». Il m’a répondu « Mais attendez, c’était déjà tellement tragique, vous ne voulez pas que j’en rajoute en plus ? ».

Inconsciemment, c’est un peu ma ligne de conduite aussi.

 

 

Victor Dixen

Victor Dixen est né d’un père danois et d’une mère française. Enfant, il échappe à la surveillance de ses parents et s’embarque dans les montagnes russes du plus vieux parc d’attractions du monde, le Tivoli de Copenhague. Sujet à d’étranges insomnies depuis cet incident, il consacre l’essentiel de ses nuits à l’écriture de ses romans Le cas Jack Spark et Animale.

 

Dans quelle mesure les mythes, légendes et religions vous inspirent de manière générale ?

 

Les mythes m’inspirent énormément, à travers leur différentes formes. Il y a les mythes, les mythologies qu’on connait, mais aussi les contes qui sont des formes dégradées des mythes. La majorité des contes qui sont venus jusqu’à nous étaient, dans l’Antiquité, des mythes ou des religions. Et puis, avec l’influence du christianisme, de la modernité, ils sont devenus des contes qu’on se raconte à la veillée, ou des comptines, mais qui conservent une charge symbolique et émotionnelle très forte.

Donc pour moi, c’est un matériau très intéressant à travailler, parce qu’on le porte tous en nous dans notre imaginaire collectif. Une réécriture de contes, c’est quelque chose que j’ai beaucoup fait, à la fois dans Jack Spark et Animale ; ça permet pour le lecteur un plaisir de la reconnaissance. On reconnaît des figures mythiques ou de contes qu’on connaît, et ça fait plaisir, comme un refrain de chanson qui revient.

 

Un écho ?

 

Un écho, exactement. Et en même temps, il y a un plaisir de la surprise. « Où est-ce que l’auteur va nous emmener ? Comment va-t-il réinventer le mythe ou le conte ? »

 

C’est super que vous en parliez parce que nous sommes auteurs amateurs, sur le site, et une question qui nous obsède, c’est celle des clichés. On a toujours très peur de tomber dans le cliché, mais là vous semblez dire que c’est une chose dans laquelle on peut se reconnaître.

 

Les clichés, il faut savoir les utiliser. Il ne faut pas se dire « Je n’aurai aucun cliché dans mon livre », parce que sinon on tombe dans un roman expérimental. Si on veut vraiment chercher de l’originalité à tout prix, on va avoir un roman que je dirais « autiste », qui ne parle qu’à l’auteur et qui n’offre aucun point d’accès pour les lecteurs extérieurs. Il faut doser le cliché parce que le cliché est utile aussi, par exemple pour démarrer une histoire. On donne des points de repère pour donner un contrepoint aux éléments d’originalité qu’a choisi l’auteur. Si tout est original, plus rien ne ressort. Si il y a des points d’originalité qui ressortent par rapport à des choses plus communes, là il va y avoir du relief, quelque chose d’intéressant.

 

Est-ce que l’actualité de notre monde trouve un écho dans vos livres ? Vous inspirez-vous aussi du monde réel ? Cherchez-vous à transmettre des messages ?

 

Ça dépend. Je pense déjà qu’on peut transmettre des messages indépendamment de l’actualité. Sur la condition humaine, sur ce que c’est de grandir ; ce sont des expériences à travers lesquelles n’importe quel être passe à un moment donné, et qui sont indépendantes de l’actualité. La littérature, ce n’est pas du journalisme, elle peut s’extraire de l’actualité pour avoir un propos sur ces grandes expériences universelles de l’être humain. Mais elle peut aussi parler de l’actualité avec une certaine perspective, elle a cette chance, par rapport au journalisme, de pouvoir prendre un pas de côté.

En ce qui me concerne ça dépend des romans, mais dans ma dernière série, Phobos, je parle vraiment de l’actualité. Je parle de la conquête de l’espace, de la conquête de Mars, qui n’a jamais été si à portée de main qu’aujourd’hui. Et je parle aussi de notre société, qui est devenue une société de l’image, pour le meilleur et pour le pire car c’est également une dictature de l’image. De la mise en scène permanente, de la télé-réalité, des réseaux sociaux… Les sphères privée et publique se confondent totalement, avec les enjeux économiques qui vont avec. J’ai donc un discours critique sur cette société de l’image à travers Phobos.

 

À ce propos, le résumé de Phobos est très axé sur l’amour, mais manifestement vous avez voulu transmettre plus que ça ?

 

L’histoire d’amour est en surface, le speed-dating est en surface. C’est ce qu’on aimerait donner à voir au spectateur et au lecteur, mais l’enjeu du roman c’est de voir ce qu’il y a derrière. C’est de voir les coulisses, de voir ceux qui tirent les ficelles et de voir le pouvoir de l’image.

 


 

Que dire de plus ? C’était un très beau Salon comme on les aime, avec son cortège d’événements plumesques. Rappelons que nous avons célébré un mariage – celui de Loup et Flammy – et une bonne quinzaine de crémations durant nos parties de Loup-Garou. Rappelons que la maman de Rimeko est venue la chercher au restaurant alors que nous étions en plein fou rire. Rappelons que PA a eu son moment de gloire lorsqu’un illustre inconnu l’a mentionné en conférence. Rappelons que les IRL, c’est que du bonheur.

 

C’est tout pour cette fois, nous espérons que vous avez apprécié !

 

EryBlack et Elka

La rencontre sensationnelle de juin 2015

Chose promise, chose due : voici le compte-rendu schizophrénique du grand rassemblement de Plumes Argentées qui s’est tenu en juin à la Halte du Pèlerin, à l’occasion du Festival du Lire. Vous trouverez ici le récit de nos reporters dépêchés sur place (EryBlack, Elka et Slyth), ainsi que le témoignage de celle qui a rendu l’événement possible, notre sensationnelle Vefree. Du frisson, de l’aventure, de l’amour, de la magie : une IRL comme si vous y aviez été !

 

 


 Récit de Vefree – récit à une voix


 

C’est toujours un grand moment pour moi de recevoir à la maison la grande rencontre annuelle des Plumes.

Cette année, j’avais un prétexte tout trouvé pour les motiver à venir : le Festival du Lire de Champoly, première édition du genre dans mon petit coin paumé.

Certains sont même arrivés bien en avance, ce qui, grâce à leur gentillesse inébranlable, m’a permis d’avoir de l’aide pour régler les dernières installations du grenier et de la véranda pour recevoir les 24 plumes dans de bonnes conditions.

Elles sont arrivées petit à petit, sans trop d’encombre, à part notre Beul échouée au milieu de nulle part dans le brouillard avec sa voiture qu’il a fallu tirer avec le gros 4×4 de son assurance. Heureusement, tout s’est bien fini.

Oui, parce que la météo n’était pas trop avec nous ce week-end là. Mais dans mon coeur, le soleil brillait à plein. J’imagine que dans celui des autres aussi lorsque j’ai vu les sourires s’étirer tout le long du séjour. Passée l’appréhension de THE rencontre pour les nouveaux, les maître-mots étaient découverte et partage. Tout ce que j’aime !!

 

Avec les lève-tôt, Drago, Seja et moi sommes rendus au festival pour installer notre stand et notre poster. Hélas, la configuration du salon ne permettait pas d’afficher notre poster dans de bonnes conditions. Nous avons dû attendre la deuxième vague d’arrivée des plumes pour avoir quelques grandes plaques de carton venues de la maison pour le soutenir. Et là, pas peu fières, les plumes affichées en évidence, attroupées en mode groupies près de notre stand, Plume d’Argent n’a pas manqué de se faire remarquer par la gent locale. Nous avions là un bel échantillon du travail d’écriture produit et concrétisé.

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Le samedi soir nous étions donc au complet et, de retour à la maison, nous avons posé tous ensemble pour la postérité devant les nombreux objectifs. Quel succès !! Tchiiiiizze !

Puis, soudain, l’attraction du soir qui a mis l’inspiration des Plumes en ébullition ; un énooorme nuage à l’horizon, se mouvait, tel une tempête de sable sur les collines du Forez faisait son spectacle a lui tout seul. Bâton de noisetier en avant (comprendre baguette magique de Harry Potter), une dizaine de Plumes héroïques a vaincu le dangereux nuage noir.

 

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Puis, nous avons mangé, coude à coude, sur la loooongue table dans la véranda en regardant la pluie tomber dare-dare sur le vitrage. Et pour finir la soirée, tout le monde au grenier pour écouter des lectures de plumes. Aaaaah, que n’avais-je rêvé depuis que j’ai découvert «La Mousse» de Seja d’une lecture à deux voix dans le grenier ! Mon amie, auteure et conteuse, était venue un peu spécialement partager cette soirée avec nous et lire cette Mousse si vivante et si jouissive à écouter lire. Pascale et Ery se sont prêtées au jeu magistralement. J’ai jeté un oeil à Seja pendant la lecture et j’ai vu un visage si ému et si timide que j’en ai été toute émue aussi. Moooh, qu’elle mignonne notre Grenouille qui voudrait être aussi discrète qu’une souris !! Ce que tu écris est du grand art et c’est si vivant. Merci à toutes d’avoir rendu mon lieu si vivant, ce soir-là et les autres. Nous avons aussi découvert ou redécouvert les écrits de certaines autres. Je vous confirme, s’il en était encore besoin, que nous avons des talents chez les Plumes d’Argent !

Dimanche, c’était un peu décousu. Slyth et Sierra ont dû repartir les premières dès le matin et on a déjà commencé à pleurer les premiers départs. Peu à peu, la maison s’est vidée. Il y a eu une partie de loup-garou au grenier. J’entendais les éclats de voix deux étages plus bas. J’aime quand la maison est vivante, comme ça ! Et puis heureusement, certains ont aussi eu la bonne idée de prolonger leur séjour d’un ou deux jours et je les en remercie de ne pas avoir déserté les lieux trop vite. La transition a été beaucoup moins violente ainsi. Alors, je remercie tous les participants pour leur enthousiasme, leur bonne humeur et leur sympathie. Je vous aime toutes, les plumes, et je vous dis à l’année prochaine !

 


EryBlack et Elka – récit à deux voix.


 

Ery : Oh dis hé, faut qu’on fasse le compte-rendu de l’IRL… Galèèère.

Elka : C’est vrai que c’est pas qu’on est à la bourre, mais presque. Donc, le compte-rendu… De la journée du festival, c’est ça ?

Ery : Ouep. Par quoi on commence ? Bon, pour faire simple, on n’a qu’à dire par le début, hein ?
On avait trois Plumes invitées à ce festival : Vefree, Seja et Dragonwing. Elles sont parties dès l’aube (ou presque), accompagnées des quelques courageux qui ont réussi à se lever ! Moi, évidemment, je faisais partie des Plumes flemmardes qui sont arrivées plus tard dans la matinée, donc tous les événements du début du festival restent assez mystérieux… Enfin, pas tant que ça, parce qu’on a reçu un appel au secours de Vef qui nous a chargé d’amener des cartons et du scotch ; apparemment, la belle affiche de PA avait du mal à tenir derrière le stand de nos Plumes d’honneur.
Et puis on est arrivées en masse. Il y a eu une séance bricolage à faire rougir Mac Gyver, l’affiche a fini par se dresser fièrement sur une pile de valises et de cartons, et on a fait un petit tour du Salon, qui était sympa comme tout et en apparence parfaitement normal – avant qu’on débarque, bien entendu.

Elka : Ahaha moi je pense qu’on leur a fait bien ! 20 personnes en dessous de 65 ans qui surgissent, ça ne pouvait qu’être bénéfique !

Ery : C’est vrai qu’on apportait pas mal de fraîcheur *mouvement de cheveux parce-qu’on-le-vaut-bien* Mais pour être honnête, on servait surtout à bloquer les allées. On était quasiment tous là, à ce moment-là, ça fait du monde ! Mais Danette et toi vous êtes encore faites désirer pour un moment…

Elka : Luciole est venue nous récupérer à la gare pour nous conduire sur le lieux du festival. Et comme Chérier semble se trouver dans une dimension parallèle, il nous a fallu 30 minutes pour atteindre Champoly (qu’on pensait être tout proche).
A partir de notre arrivée, je le sais, votre journée s’est illuminée 8D

Ery : Ha, disons que ça voulait dire qu’on allait bientôt manger, donc oui, c’était réjouissant !

Elka : Tu me brises le cœur ! Surtout qu’on a pas mangé tout de suite.

Ery : Non, on a été sympas, on vous a laissées faire un tour avant.

Elka : Je retiens quand même certains livres du terroir aux couvertures artisanales assez magnifiques.

Ery : Et les affiches avec les titres des nouvelles écrites par des enfants d’une école du coin. Y’en avait des géniales – et là évidemment je me souviens pas des titres…

Elka : « Lumières vertes »

Ery : Ouiii c’était à peu près ça ! Un truc avec des chaussettes, aussi. « Les chaussettes maléfiques » ? « Les chaussettes capricieuses » ?

Elka : « Le crime de la chaussette » ?

Ery : Quelque chose comme ça… Avis aux Plumes qui auraient des souvenirs plus précis, n’hésitez pas à les partager !
Après le petit tour, après que Vef soit revenue de sa conférence, après de longues tergiversations, on a fini par se mettre en route pour le déjeuner. Enfin, d’abord pour trouver un endroit où dévorer nos sandwichs.

Elka : Dans les instants épiques nous pouvons raconter notre marche jusqu’à l’église, les bras chargés de glacières et de sacs, pour trouver un coin mi-ombre/mi-soleil assez sympa pour se poser. Au milieu d’un village déserté… Avec juste deux curieux en voiture qui nous on zieuté drôlement… Et Isy qui lance innocemment qu’il y avait un parc avec table et verdure juste à côté de la salle des fêtes… Epic fail.

Ery : Ménon ménon voyons, les Plumes ne se trompent jamais. On était très bien là où on était. Assis en cercle, avec nos boissons, à l’ombre d’une église… Mimi a sorti son turban et Sierra ses lunettes de soleil ; il ne manquait qu’un guitariste torturé pour compléter le tableau.

Elka : Après y’a eu distribution de sandwich et nous sommes repartis au salon où une annonce nous a appris… que Seja devait participer à une table ronde.

Ery : Le souci étant que Seja n’était visiblement pas au courant. Mais n’écoutant que notre fanatisme, nous nous sommes joyeusement précipités dans la toute petite salle de conférence pour prendre toutes les places disponibles, trop impatients de voir la Grenouille en imposer à tout le monde. On était tous là, tout mignons en rangs d’oignons, et elle nous a abandonnééés.

Elka : Coincés par l’ajout conséquent de chaises (forcément, les plumes seules étaient déjà trop pour la pièce) nous ne pouvions même plus nous esquiver discrètement (bon… et lâchement, okay).

Ery : Prises au piège. Mais finalement, je crois que personne ne l’a regretté. La conférence s’est révélée hyper intéressante !
Il aurait fallu l’enregistrer pour s’en souvenir vraiment, mais les intervenants ont dit beaucoup de belles choses sur la littérature en général. Ils parlaient de l’écriture avec du respect, de l’intérêt, et je crois me souvenir qu’ils ont même mentionné la « nécessité », le besoin d’écrire. Forcément, ça pouvait que nous parler !

Elka : Vraiment une belle conférence, sur la nouvelle mais pas que, menée très énergiquement par Jean-Noël Blanc et Jean-Claude Mourlevat (dont plusieurs plumes (moi comprise) ont acheté le recueil Silhouette).
Ils m’ont rabiboché avec la lecture de nouvelles je pense !

Ery : C’était cool d’être là, entourés par des gens qui aiment les livres et l’écriture <3
Et puis… Vint le boulet.
Un monsieur qui a pris la parole et ne l’a plus lâchée, en gros, sans toutefois parvenir à nous faire comprendre où il voulait en venir.

Elka : D’une impolitesse criante, fan de Françoise Sagan, il s’est mis à animer lui aussi la conférence tout en manquant d’assommer Slyth dans son élan. La tête que tirait Jean-Noël Blanc en l’écoutant était assez magique.

Ery : Tout pour plaire. Le genre de rencontre qui vous font regretter qu’il n’y ait pas de bouton « bannir » dans la vraie vie.

Elka : Il a même voulu nous spoiler l’une des nouvelles ! Et nos hurlements indignés l’ont fait sourire : « Oh bah ça va, on peut parler » – « Mais mais mais… Mais non ! »
Et comme il le disait si bien : « Merci de ne pas élucider ma question ! »

Ery : Bien, bien, cher monsieur… On ne vous élucidera jamais, promis.
Après cette éprouvante aventure, donc, nous sommes redescendus au Salon proprement dit. La journée était loiiiin d’être terminée. Le festival nous réservait encore de nombreuses surprises.

Elka : Quand les enfants sont montés sur scène lire leurs nouvelles c’était tout mignon ! Je maintiens qu’on aurait dû adopter la gamine dont la nouvelle finissait par « en fait mes parents ne m’aiment pas ».

Ery : Oh oui, cette pôv’choupinette. Viens nous faire un câlin, petit duvet ! C’était mignon et délicieusement absurde par moments – on se souviendra de l’histoire où une petite se retrouvait avec une fourchette plantée dans le pied qui la clouait au sol.

Elka : Oh que oui !

Ery : Une sadique en devenir, c’est pas Danah qui dira le contraire.

Elka : Du coup ça me rappelle la performance théâtrale des plus grands, ceux qui jouaient les nouvelles de Jean-Noël Blanc. Avec leur prof relou qui avait interrompu leur sketch pour leur tendre un micro…

Ery : On les entendait quand même mieux comme ça. C’était rigolo, leur truc, et courageux de jouer comme ça face à une salle !
Ah mais attends. Cette dame qui leur tendait le micro, c’est celle qui a ensuite essayé de nous convaincre de repeupler la région ! Elle s’appelait Mireille et elle était très gentille quoiqu’un peu effrayante.

Elka : Surtout effrayante… C’était plus tard, on était sortis prendre un peu l’air, nous mettant machinalement en cercle (les Plumes, cette secte étrange capable d’un cercle parfait sans même y réfléchir). Là, nous avons rencontré Mireille.
« Bonjour, moi c’est Mireille. Toi tu t’appelles comment ? Tu viens d’où ? »

Ery : « Prénom, pseudo et ville d’origine pour tout le monde, allez hop ! »
Le traumatisme quand on entend, une à une, les vrais identités des plumes… Je m’en suis toujours pas remise.

Elka : Avec Isy on envisageait de lui donner un faux nom, mais Danah a lâché mon prénom à ce moment et Isy a pas osé après.
« Trouvez-vous un homme ici et faites pleins d’enfants dans la région ! » J’ai adoré le vent de malaise après la déclaration de Mireille. On tirait une tronche de dix pieds de longs !

Ery : « Euh. Elle rigole hein ? Oui, elle rigole, haha, allez, lol. »

Elka : Je pense que dans le fond elle était hypra sérieuse… Elle voulait nous faire interviewer.

Ery : Ah oui c’est vrai ça. C’est peut-être pour ça qu’on s’est enfuis aussi vite après…
Sans compter l’orage !

Elka : Oh l’orage a été gentil, il ne s’est mis à pleuvoir qu’une fois qu’on était dehors avec notre belle affiche et plein de cartons !

Ery : Un bon orage vicieux comme on les aime. J’avais un sac de livres de Vefree sous le bras et j’essayais désespérément de les préserver des gouttes de pluie en collant Luna qui avait un carton-parapluie… Aaah, doux souvenirs.
Et puis la petite flippe, une fois qu’il s’est mis à vraiment pleuvoir, c’est qu’on était tellement nombreux que je me disais qu’on allait forcément en oublier deux ou trois sur place.

Elka : J’ai pas réfléchi, je suis remontée avec Luciole ! En utilisant mon carton comme parapluie AVANT de songer que Vef’ le préférait peut-être sec…

Ery : Tu as bien fait de monter avec Lulu. Il y a peut-être en ce moment même une Plume perdue qui erre autour de la salle des fêtes…

Elka : Elle a dû se faire enlever depuis, cette pauvre Plume.

Ery : Capturée par Mireille.
D’ailleurs hé, la salle des fêtes, elle était en forme de bateau !! J’avais trouvé ça génial !

Elka : Danah ne t’avait pas subtilement fait remarquer que c’est pour ça qu’elle s’appelait la « péniche » ?

Ery : Ah oui ! Marrant comme j’oublie facilement quand on me fait des remarques subtiles…

Elka : Fort heureusement, je m’en souviens pour toi. Ne me remercie pas !

Ery : T’inquiète, ça ne me viendrait pas à l’idée.
Ensuite, eh ben, on est rentrés sous la pluie, chargés de nos acquisitions livresques. La Halte nous attendait, les chats de Vef étaient vautrés sur nos sacs de couchage dans le grenier, et la soirée promettait d’être aussi chouette que la journée !

 

 


 Slyth, EryBlack (en orange) et Elka (en bleu) – récit à trois voix


 

Après un nouveau repas succulent, les Plumes rassasiées sortent prendre un bol d’air frais. Le soleil a brillé durant la majeure partie de la journée mais, depuis la fin de l’après-midi, le ciel s’est considérablement voilé. (Et pourtant, c’est pas faute de lui avoir gentiment demandé de rester dégagé)
Mais c’est un adversaire de taille qui attend la bande repue : une monstrueuse masse nuageuse qui fonce droit sur eux ! (Vous voyez la tempête de Mad Max ? Ben ce nuage, ça devait être son cousin germain au deuxième degré) (Une petite beauté cataclysmique)

Ni une ni deux, la résistance s’organise. Une dizaine de Plumettes se précipitent vers un tas de bois pour choisir leurs baguettes (à moins que ça ne soit l’inverse…). (Si c’est pas un beau réflexe de survie ça !)Elles reviennent se mettre en place, parfaitement alignées. Les bras se tendent avec détermination et, dans une parfaite synchronie, nos apprenties sorcières d’un jour lancent leur sort : Expecto Patronum ! (Au début, c’était plus « Yaaah » mais quelques rappels à l’ordre nous ont rendu notre dignité)(Nous en avons même oublié nos guerre de maisons puisque nous étions un beau rassemblement de Griffondor, Serdaigle, Serpentard et Poufsouffle !)

L’incantation est même prononcée plusieurs fois, mais cela ne semble pas suffire à faire reculer leur ennemi vaporeux qui s’est fait plus menaçant. (Alors on essaye autre chose : des proverbes latins, par exemple. « In vino veritas ! ») « ça ne veut rien dire mais c’est ce que j’ai trouvé de plus… aigre«  Le dernier espoir de nos valeureux combattants : une étendue d’herbes hautes qui se dresse à quelques mètres devant eux. Le célèbre « Wall of Pâquerettes » ! Si le nuage l’atteint, le combat serait perdu et la Halte deviendrait l’unique refuge des Plumes. Winter is coming guys.

Hélas ! Rien ne semble pouvoir arrêter l’inexorable avancée de l’envahisseur brumeux. Toute la bonne volonté (et les délires) du joyeux groupe auront à peine réussi à retarder l’inévitable. Résignées, voyant leur Mur ployer, les Plumettes décident sagement d’aller se barricader à l’intérieur. Pas par couardise, non ! Mais parce qu’elles savent qu’une soirée magique les attend là-haut, dans le grenier de tous les possibles. Bon… et parce qu’il restait des bonbons et de l’alcool.

Le nuage peut bien savourer sa réussite, elle n’est qu’illusoire.

Dans les hauteurs de la Halte, un grand cercle s’est formé et une étrange réunion commence. Notre fabuleuse hôtesse a invité une lectrice étonnante, Pascale. Et qui dit nouvelle personne, dit présentations (ou l’occasion unique d’apprendre les véritables – et parfois difficilement avouables – prénoms des Plumes !) (Pour celles et ceux qui avaient rencontré Mireille, plus tôt, tout cela était digne d’une conspiration !). Mais, une fois n’est pas coutume, nos Plumettes doivent en plus pratiquer un exercice difficile : celui de résumer leurs projets scripturaux. Et c’est là que la galère commence. Des soupirs, des regards fuyants, des rougissements, des « euuuuuh » qui n’en finissent pas… c’est que derrière leurs pseudos et leur folie commune, les Plumes sont des timides mine de rien ! Mais, du coup, tout le monde se retrouve dans le même bateau et cette connexion (le champagne aidant peut-être un peu aussi) suffit à faire passer le malaise (même si personne ne se précipite pour prendre la parole !). (C’est à ce moment-là qu’on a réalisé que toutes nos histoires ont un point commun : il s’y passe des trucs !!)(Bon niveau promotion marketing, on repassera !)

Une fois ce tour de table version « alcooliques anonymes » terminé (pas si anonyme puisqu’il fallait décliner son nom pour avoir droit à son verre de champagne), il est temps de passer aux réjouissances : une lecture en live des productions plumesques ! Vef’ a monté sa collection personnelle et c’est Pascale et Ery qui ouvrent le bal avec une conversation tirée au hasard de Quand la mousse pousse. Les rires fusent presque immédiatement : difficile de rester de marbre (« Inutile d’opposer de résistance ») face aux talents des conteuses et de la maîtrise de l’absurde de Sej. Un rappel sera d’ailleurs rapidement demandé après cette première (et trop courte) bouchée. Pascale en remet une couche et c’est Elka qui reprend le flambeau pour l’accompagner. Puis une troisième salve sera envoyée avec le binôme Elka / Ery. (« Je veux faire le Rafistoleur! Je veux faire le Rafistoleur ! »)

Puis, c’est au tour de votre humble servante de se jeter à l’eau (de manière totalement involontaire et très maladroite, je tiens à le souligner !) avec un extrait de notre bien-aimée Passe-Miroir et la première rencontre entre ses deux personnages principaux, Ophélie et Thorn.

On passe ensuite (après un dilemme cornélien entre deux romans) à Rachael et à son Journal d’un chasseur de monstres (directement sur l’ordinateur, s’il vous plaît). C’est Elka qui se propose pour lire l’extrait, à croire qu’elle commence à y prendre goût ! (Et wouw. Elle a pas choisi le moment le plus chaste !)(J’ai choisi le premier chapitre ! Avec un regard de traviole à Rachael pour m’assurer que je pouvais VRAIMENT lire (mince quoi, Gwen était à côté ! xD)

Pascale, notre théâtrale lectrice d’un soir, s’empare alors des Pérégrinations d’une cuisinière : c’est qu’il faut bien faire honneur à notre hôtesse ! L’extrait choisi : une savoureuse description d’un potager qui a de quoi donner faim. (Alors qu’on venait de manger, hein, précisons-le à toutes fins utiles…)(Mais comme t’as tout le temps faim… (OK, moi aussi…))

Puis Nascana, qui a également embarqué son écran, nous propose le prologue de sa Dame qui sera porté par la voix mélodieuse de Luna.

Et finalement, malgré les protestations de la principale intéressée, un passage de L’Université est réclamé à grands cris. (Rétablissons les choses : j’étais beaucoup trop flattée pour protester correctement) C’est Elka qui prend l’écran sur ses genoux et nous offre un voyage dans le grand nord. Gâché par ma non-maitrise de la bestiole qu’est le Mac d’Ery (impossible de scroller convenablement !)

La soirée se termine doucement. Les Plumes sont étendues sur leurs matelas, les yeux brillants et le regard rêveur. Dans leurs oreilles tinte encore l’écho de tous ces univers brièvement visités. De merveilleux paysages plein la tête, c’est sans aucun doute le sourire aux lèvres qu’elles s’endormiront.
La journée du lendemain sonnera malheureusement l’heure de la séparation, toujours arrivée trop tôt.

 

 


Elka et EryBlack (en orange) – récit à deux voix.


Le dernier jour, après le repas, une brusque envie de partie de Loup-Garou happa les Plumes restantes. Certaines ne connaissant pas le principe il fallait FORCÉMENT y jouer ! Mais aïe, les cartes, c’était Slyth qui les avait… Et Slyth faisait partie des Plumettes disparues de la matinée. *petite musique dramatique*

« Bah, il suffit de les faire ! » lança une personne innocente « Le LG, à la base, on le faisait avec des bouts de papier ! »

Effectivement, écrire « villageois » sur des papiers et « loup-garou » sur d’autres, c’était facile. Mais comme on ne change pas les Plumes, nous avons rapidement digressé sur les cartes spéciales (tout en essayant d’apprendre les règles à Rachael et sa famille, il apparut que nous étions très quiche pour expliquer simplement…). « Quelle carte spéciale on met ? Oh et vous vous souvenez de… » et blablabla, 10 minutes après nous parlions toujours de nos parties de l’année précédente.

« Et le maître du jeu ? » rappela Beul « Je veux bien essayer, remarquez… mais faut me rappeler l’ordre des cartes. »

Cela nous a magiquement recentrés. Beulette en MJ, c’était parfait ! Et puis tiens, ce serait drôle qu’au lieu de raconter « Dans le petit village de Thiercelieux » (où se passe habituellement les parties de Loup-garou) on change en « Dans la cave aux auteurs de Seja… »

Une lueur passa alors de Plume en Plume, une illumination collective qui dut faire frémir la pauvre commune de Chérier déjà bien ébranlée par notre passage : et si nous faisions le LG de Plume d’Argent ??!

Cinq minutes après, c’était l’atelier artistique ! Un moment studieux, chaque Plume penchée sur sa carte, le front plissé de concentration ; c’était sans compter les grands éclats de rire chaque fois qu’une carte était révélée au grand jour… Pour faire honneur à la dernière cérémonie des Plumes d’Or (où Didier, le Dentier de Danah, s’est construit une belle réputation) les LG seraient remplacés par des Dentiers ! Les Villageois ? Des plumes voyons ! Qui mieux que notre chaton-garou pour représenter Cupidon ? Un petit Duvet dans le rôle de la Petite fille (Petit-Petite : notez. Sur PA, on est auteur de génie avant tout), un montreur de grenouilles à la place du montreur d’ours, un séquestré à l’armure rouillée au lieu d’un chevalier et… une reine de la fourchette en guise de sorcière ! (Fourchette plantée dans la cuisse : la carte survit. Fourchette dans les fesses : la carte meurt. Auteurs de génie vous dis-je)

Le plus beau dans tout ça c’est qu’on aurait pu s’arrêter là (avec le temps que ça nous a pris) mais non : nous avons bel et bien joué !
Comme aucun de nous n’était un MJ qualifié, la première partie fut comme les premières fournées de crêpes : bonne mais améliorable. Amoureux inconnus du MJ, tour de la sorcière oublié… on a tout fait pour, au final, plusieurs excellentes et mémorables parties !

Nous avons même trouvé un totem pour nous aider à voter ! Okay, on a jamais su interpréter ce qu’il disait correctement… (Rectification : J’AI fourni un totem INFAILLIBLE (mon pic à chignon). Il était juste un peu énigmatique dans les personnes qu’il désignait, mais une fois qu’on avait compris la logique, c’était TRÈS simple. Et c’était reparti pour des argumentations fallacieuses où « Et donc, si on se fie au totem… » était un argument tout à fait recevable.) Okay nous avons peut-être prouvé être les joueurs de LG les moins stratégiques du monde : mais qu’est-ce qu’on a ri !

 

IRL PAenne

Compte-rendu de l’IRL Paenne été 2014 par Diogène


Tout aurait pu commencer pour le mieux dans la meilleure des villes, au milieu de la meilleure des gares. Mais le sort, chaque fois, en décide autrement. Hélas pour nous, Ery et moi n’avons pu nous retrouver Gare de Lyon, au quai 21 de la gare sus désignée. Pourtant, amputer de plus d’une dizaine de bancs, que des postérieurs affamés attendaient avidement, nous aurions pu nous retrouver facilement au vue de la densité de la foule et de nos tailles largement respectables. Hélas, hélas, nous fûmes bel et bien séparés, à peine la voie annoncée entre deux annonces totalement farfelues. Rendez-vous compte, pendant pas moins de 45 minutes une valise fut menacée d’exécution ; à l’heure qu’il est, nous ignorons toujours si la sentence fut prononcée. Nous fîmes donc voyage voitures à part, obéissant aux directives strictes de maman SNCF. Même dans le TER qui nous emporta vers Roanne, nous ne pûmes nous retrouver, pas plus qu’à la gare de Roanne, qui ne brille pourtant pas par sa taille. Nous devions être trop pris dans les brumes de nos sommeils respectifs.

Ceci explique aussi le temps respectable pour nous retrouver dehors, mais Vef ayant été prise dans un trou blanc spatio-temporel, notre bévue ne fut jamais découverte. Et c’est toutes sirènes dehors et hurlantes que notre capitaine-cuisinière a déboulé en titine vert pomme devant la gare, pilant dans un atroce et adroit crissement de pneus : Capitaine Vef au volant et Julia E. Harrington à la vigie.
Sitôt arrivés, sitôt embarqués, nous fûmes proprement saucissonnés, jetés et kidnappés par une Julia déchaînée. Mais devant nos protestations, décision fut prise de nous enchaîner et de nous bâillonner, tandis que Vef s’enfuyait de Roanne son forfait accompli, dans un rire diabolique. Retrouver notre chemin nous a été impossible, non que nous ayons les yeux bandés, mais les routes étaient si tortueuses et les chemins si vicieux et sinueux, que nos esprits ne purent que se perdre parmi les brumes de la vallée. Le temps de réaliser notre sort, nous étions déjà au refuge du Capitaine Vef, où Julia a poliment accepté de nous mettre en liberté surveillée.

— Attention, nous a-t-elle prévenus, ces lieux sont gardés par un féroce cerbère.

Trois boules de poils ronronnantes et plus ou moins câlines, répondant aux noms de Gribouille, Tigrou et Tigris, qui, entre deux parties de chasse au lapin et de pêche à la mouche, volent dans les Plumes.
Ensuite, je ne saurais dire, mais il règne une certaine confusion. Sans doute n’étions-nous pas encore remis de toutes nos émotions. Cependant, quelques heures plus tard, un groupe de quatre s’est approché, mené par une plume à la hache facile. Parmi elles, un cerbère-garou, une étrangère (sûrement encore un coup de l’Anti-France) avec de délicieux chocolats et une paire de chaussures. N’est-ce pas pour le moins curieux ?

Peu de temps après, la terreur nous saisissait quand l’ombre d’un gigantesque dragon a survolé la région. Il était accompagné d’une comtesse grenouille, assassin de surcroît. Le coup de grâce fut donné par l’arrivée de l’assistante du cerbère-garou. La pauvre Eryblack, coincée entre un réfrigérateur récalcitrant et un édredon, ne savait plus où donner de la tête quand deux salvateurs sont arrivés, Mimi et Torvucci, couple de souris timides. Cependant, la glace se brisa complètement lorsque Hadana sortit son arme suprême, après un bref conciliabule extérieure, au cours duquel il fut décidé de dévorer le pâté de son grand-père.

Le soir venu, alors que Vef s’activait au milieu de ses fourneaux, les plumes ayant toutes renoncé devant le mystère, non de la chambre jaune, mais de la chambre froide, l’on entendit bientôt des estomacs s’affoler avant de se mettre à courir en tous sens. Il faut dire que Vef nous avait promis ripailles, après nous être régalés de tripailles (non c’était un pâté de jambon, mais pour la rime). Des odeurs alléchantes de sauce et de pâtes se répandaient dans la véranda, creusant à qui mieux-mieux l’appétit de plumes de plus en plus affamées. Heureusement, Vef, en grande prêtresse cuisinière, amena une énorme marmite d’où elle tira un plat fumant de spaghetti.

— Pâtes à l’Arrabiata ! nous annonça-t-elle

Il faut croire que nombre de plumes ont confondu la Traviata et l’Arrabiata. Le premier est un opéra joyeux, le second est un redoutable piment sicilien et mafieux qui, à la première bouchée, fit passer plus d’une figure de la porcelaine au rouge le plus cramoisi. Cela suscita moult commentaires sur ce piège diabolique qui leur avait été tendu. Ce piment était en effet si puissant qu’il terrassa même le très redoutable Chaton-Garou, ainsi que la non moins redoutable Plume à la Hache. Heureusement, Slyth, dont l’étrangeté devenait à mesure de plus en plus suspecte, fit passer ses chocolats, ce qui eut pour vertu d’apaiser les gosiers incendiés.

Il aurait été ensuite facile de nous glisser dans nos couettes respectives. Mais c’était sans compter l’ingéniosité de notre Cerbère-Garou, qui nous a entraînés jusque minuit avec de petits meurtres entre amis. Cependant, dire que la nuit fut paisible pour tous serait une gageure. Hé oui, il y a toujours quelqu’un pour servir de coussin à nos adorables cerbères. En effet, l’assistance de notre Chaton-Garou aurait dû être plus méfiante. Deux de ces trois adorables boules de poils se sont subrepticement glissées dans son sac de couchage, la réveillant à coup de ronrons et autres câlinous.
Gribouille ! Tigris ! Sortez de là les pattes en l’air !

Le matin étirant en longueur le petit déjeuner, nous avons été surpris la main dans le pot de confiture, en pleine déconfiture, par nos deux nouveaux montpelliérains, Spilou et Carmae. Ce dernier, et parce que le temps n’était pas de la partie, a produit un jeu du Loup-Garou, sur lequel tout le monde ou presque s’est précipité. Bien sûr ce n’était là qu’une mise en bouche en vue de la Murder Party de Flammy. Niark, niark. J’aurai dû me méfier avant de participer aux LG, n’avais-je pas déjà péri sous les crocs des loups-garous ? Certainement, mais selon Ery, l’explication est fort simple : je suis la réincarnation d’un loup-garou… ou étais-je une proie fort tentante, hum, hum. De vous à moi, je préfère le bûcher, au moins puis-je surveiller la cuisson. C’est ainsi que nous avons pu découvrir une arme, au moins aussi redoutable que la hache d’Hadana : le crayon assassinateur de Flammy ! Malheur à celui qu’il désigne, car aussitôt il périt sous les coups des fourches caudines des villageois en furie. Un lancer, un tourniquet et vous voilà plié, bon pour le bûcher.

Après bon nombre de massacres en règles de villageois (et oui les gentils perdent souvent), voici que le Capitaine Vef nous appelle en renfort pour passer à la pendaison haut et court de sa crémaillère. Rassurez-vous celle-ci n’a pas souffert. Nous pouvons le voir, aucun doute, nous restons dans le ton : massacre écarlate, pendaison de la maison, avant une vague meurtrière en guise de dessert. Mais n’anticipons pas les choses et entrons plutôt dans le vif de notre sujet et parlons nœud coulant et corde de chanvre. Il s’agissait pour l’occasion de mettre au supplice deux magnifiques fourmes (toutes mes excuses Vef, je n’ai pas retenu le nom, juste le goût), que l’on évide soigneusement de toute leur substance. Faites fondre ensuite la matière et coulez-la dans les meules dès lors qu’elle est en fusion. Préalablement écartelez quelques baguettes jusqu’à les réduire à l’état de presque miette ou de croquette. Puis écorchez quelques pommes de terre, pas de pommes de verre, ou de vert ou de je ne sais quel autre vair, s’il vous plaît, avant de les découpez en morceaux d’un taille raisonnable. Amenez à table meules, pains et patates. Régalez-vous, la cuisine du diable vous est ouverte. Hélas ce supplice ne fut pas qu’infligé qu’aux fromages et souffrez que le Capitaine Vef eu du remord en découvrant l’affreux supplice auquel furent soumises certaines plumes. Rassurez-vous, Vef s’est excusé auprès des suppliciés et le mal fut réparé. Cependant, si le fromage se défend, soyez impitoyable, il ne doit pas résister. Pire qu’une Danette à la hachette, plus sadique qu’un Chaton-Garou au stylo. Faites-le fondre ! A peine eussions-nous fini de régaler nos estomacs de ce mirifique plat et aménager la table, que surgirent, de par-derrière les fagots, des verrines au chocolat qui firent frétiller nos papilles. Vef, donne-nous ta recette !

Mais alors que se profile une longue digestion (non, il n’y a pas eu d’indigestion), au grenier, entre deux ombres, le drame se noue. Un chaton rôde. Plus tôt dans la soirée, des assassins surgissent et se dissimulent entre les ombres. Désormais il est trop tard, le bateau nous embarque pour une destination des plus funestes, d’où nul ne sortira indemne. Hadana la veuve pas éploré, Cristal le faux-frère amant et vrai mage noir, Flammy le capitaine de bateau ivre, Sej faux comte russe et vrai mage encore plus noir, Jam la bonne envoûtante et envoûtée, Shao une guitariste à l’âme double, Elka l’incorruptible, Slyth la souris d’hôtel, Ery la sacrifiée ressuscitée et Dio, un comptable navigant en eaux troubles. Les protagonistes sont là, ils s’observent, se jaugent, s’épient sous l’œil goguenard de notre MJ. Bientôt le grenier n’est plus que rumeurs, torpeurs, vapeurs, traîtrises, maîtrises, mensonges et trahisons. Bienvenue dans la Murrrrrrder Paaaaaaaarty.

*Rire Démoniaque du MJ*

Bien sûr, bien sûr, toutes les bonnes choses ont une fin et Flammy nous mis le couteau sous la gorge… enfin, plutôt un kraken sous le navire, qui coula corps et âmes.
Ensuite, il fut naturellement question de dormir. Enfin, presque pour tout le monde, car visiblement le sac de couchage de Shao est un véritable cinq étoiles aux dires de Gribouille et Tigris. Mais qu’elle ne fut pas notre stupeur le lendemain matin, quand nous nous aperçûmes de la perte de quatre plumes ! Sûrement un coup du Kraken qui rôdait dans les parages : leurs corps n’ont jamais été retrouvés. Le Comte Sej est attendu à l’accueil pour venir récupérer le petit Kraken, qui attend son invocateur. Ce qu’il s’est passé, je dois le confesser, je l’ignore. J’étais en grande discussion avec Torvucci, loin de ce massacre.

L’après-midi, en guise de pénitence, nous avons Julia et moi rôti consciencieusement, tandis que les autres plumes se cachaient à l’ombre du grand sapin.

A midi, pour noyer notre chagrin, avant leur ultime sacrifice, nous nous étions réfugiés dans le délicieux couscous de Vef. Miam.
Le soir venu, les plumes disparues, nous nous sommes réfugiés, Cristal, Mimi, Ery, Shao et moi dans le grenier pour y pleurer leur disparition, en abordant les sujets les plus déprimants possibles. Pour nous achever, nous avons, au dessert, noyé notre chagrin dans les chocolats de feu Slyth. Terrassés par le chagrin et la peur, nous sommes allés nous coucher de bonne heure. Nous voulions tous fuir ces lieux maudits, le plus tôt possible. Mais surprise de la nuit : Gribouille s’est réfugié chez moi, délaissant pour le coup Shao, qui n’en fut pas moins réveillée quand j’ai malencontreusement bousculé la pauvre Gribouille. Le lendemain, ce fut sans tambour, ni trompettes, mais armes et bagages que nous nous mîmes en route pour Roanne. Là-bas, quelle ne fut notre surprise en découvrant Vef et Drago ! Ainsi on put se prolonger les adieux, à l’aune d’un Diogène teigneux et terrorisé à l’idée de rater le train.

Ainsi s’est achevée la migration des plumes dans le centre de la France.

Diogène




Les bribes « sur le vif » par Shaoran et Cristal
 

Sur la route

Message de Shaoran : C’est bon, une dernière pause et je quitte l’autoroute.

Message de Cristal : Attention de ne pas te perdre.

Message de Shaoran : C’est bon. Je me suis déjà perdue deux fois les autres années, je ne vais pas me perdre une troisième fois.

Message de Shaoran, trois heures plus tard : Je suis perduuuuuuuuuuuuue !

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¤             ¤

Attention. Pour bien comprendre cet extrait, remplacez les **** par le nom du convive que vous souhaitez (exception faite des gens qui sont venus en train).

****, dans sa voiture au milieu de la campagne, juste sous le panneau « Chérier » (localité où habite Vefree, et qui se targue d’être la commune la plus étendue de France et pour cause c’est un amas de fermettes isolées dans la montagne) : Allô Vefounette ? C’est ****. J’suis perdue !

Vefree : T’es où ?

**** : Sous le panneau « Chérier ».

Vefree : Oui mais « Chérier les moulins » ou « Chérier vieux village » ?

**** : Ô_o  Ahem… Chérier… village.

Vefree : =_=’. Ouais, alors bon, t’es pas du tout du bon côté. Tu cherches le panneau « Croix Trévingt ». Tu fais deux ou trois bornes, puis tu aperçois une fermette appelée « la Murette ». Là, tu continues sur trois quatre bornes et tu vas voir une cabane en bois au milieu de la verdure. A ce croisement-là, tu prends à droite et puis après, c’est direct jusque chez moi.

**** : …

Vefree : T’es toujours là ?

**** : Euh… oui… c’est parti. Je te rappelle dans quatre minutes quand je serai de nouveau perdue.


Dix-huit minutes plus tard, hein, chipotons pas, et à la louche l’impression d’avoir parcouru vingt-cinq bornes au lieu des six ou sept annoncées.
****, concentrée sur la route : AAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!!! LA CABANE EN BOIS !!!!!!!

*S’arrête sur le bas-côté pour danser une épique danse de la victoire*

(Pour l’anecdote, ladite cabane ressemble à un WC paumé sous trois arbres à une intersection dans la verdure.)

À table !

Les plumes, dévorant le pâté du grand-père de Hadana : Dans le cochon, tout est bon !

Les plumes, dévorant les muffins au thon de Shaoran : C’est drôlement bon aussi, le thon !

Shaoran : C’est normal. Le thon, c’est le cochon de la Bretagne.

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Cristal débarrasse la table en lançant des œillades énamourées à Vefree.

Cristal remplit le bac à vaisselle en lançant des œillades énamourées à Vefree.

Cristal range les verres en lançant des œillades énamourées à Vefree.

Cristal : Vefreeeee ?

Vefree : Oui ?

Cristal : Je peux encore avoir du dessert au chocolat ???

Oui. Cristal est une personne horriblement intéressée. Mais sans rire, avec les pâtes au fromage, c’est la meilleure chose qu’elle ait avalée de sa vie.

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Flammy, en grande forme pendant l’apéro du premier soir, pendant une discussion avec Hadana, Elka, Eryblack pleine de philosophie, de récits de beuverie et de poésie : Moi, j’vous le dis, sans les champignons on serait dans la merde. Mais littéralement, hein. Les écosystèmes, c’est comme ça que ça fonctionne : il faut les champignons.

*regard perplexe des interlocuteurs qui n’ont pourtant encore pas bu grand-chose*

Flammy : Mais oui, voyons. Les herbivores mangent l’herbe, les carnivores mangent les herbivores, l’homme mange tout ça (je résume, mais vous voyez l’idée), puis quand tout ça meurt, bah les champignons le mangent et fertilisent le sol qui refait de l’herbe.

Hadana, sceptique : Mouais. Sans les champignons, on serait dans la merde.

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Spilou, en train d’étudier la notice du frigo de Vefree : En fait, ce n’est pas logique. J’ai tenté une réinitialisation des paramètres à zéro, mais il n’en tient absolument pas compte. Ce frigo ne fait que dégivrer, il ne congèle rien.

Cristal : Quelque part, je me sens moins bête. Je l’avais d’abord pris pour un four.

La Murder Party

Cristal, s’approchant de Diogène : Ainsi, vous êtes le comptable de la victime ?

Diogène, relevant lentement la tête : Je suis le roi des as. Cinq lettres.

Cristal : Quoi ? Euh… Pique ? C’est un indice pour l’enquête ? Une énigme cryptée ?

Diogène : Non. Je fais juste des mots-croisés pour tuer l’ennui.

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Elka, fière mousse sous couverture, toquant au plafond comme si c’était la porte de la cabine du capitaine : Capitaine ! Capitaine !

Flammy, maitre de jeu incontesté, assise en tailleur, l’air affairé dans ses papiers : Le capitaine est bourré.

L’assemblée de joueurs :  =_=’

Flammy, relève la tête : Ah au fait, le bateau tangue.

Pas de réaction. L’assemblée est restée figée sur le « capitaine bourré ».

Flammy, cérémonieusement, après s’être éclairci la gorge : J’ai dit… le bateau tangue.

L’assemblée : Ah !!!!

*mime épique d’une horde de passagers en plein « tangage », sauf pour Lucien, éternel alcoolique (aka Eryblack) *

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Eryblack, les épaules avachies, le regard dans le vide, la bouche tordue en un pli amer : De toute façon, la vie n’a aucun sens. À quoi bon ? Nous allons tous mourir un jour ou l’autre. C’est pathétique.

Les autres joueurs : La vache. Elle fait trop bien le pochtron dépressif.

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Flammy : Le bateau coule, il vous reste un quart d’heure.  Ah, et Elias (aka Cristal) s’isole dans une cabine (comprendre derrière un rideau dans le grenier de Vefree) et ouvre le livre pour accomplir le rituel. Attention, si quelqu’un l’interromp, il va mourir.

Elka (anciennement mousse sur le bateau, mais réellement détective engagé par le mort), se postant fièrement devant le rideau : Approchez, si vous l’osez ! Je monte la garde.

Shaoran (aka Max, musicien looser habité par l’esprit de Damien, vil sorcier maléfique réveillé par Lucy aka Jamreo) à Jamreo son adepte : Il faut qu’on récupère le livre. Je me charge d’Elias.

*s’approche en tapinois du drap accroché à la poutre*

Shaoran en son for intérieur : hum …  j’le tente ou pas ? Allez, soyons fous.

Flammy : Eh oh, les gens… le bateau coule.

*Shaoran s’élance, profite de l’inattention générale, feinte Elka et s’engouffre derrière le drap. Claquette tente une manœuvre de rattrapage au vol * Échec critique * Ou pas * Résultat de l’action : carnage ! * On omettra de dire qu’au passage Max est devenu un comateux fort vigoureux qui se vidait de son sang à côté d’une Cristal, admirablement crédible en légume de son état, et qui ne doit qu’à l’intervention de Gary/Henry (aka Elka) de ne pas avoir totalement passé l’arme à gauche (ce qui finalement ne tardera pas à arriver XD) *

Flammy : Ah, en fait, un autre bateau arrive.

Tous : Chouette !

Flammy : Il vous fait des signes. « Eh oh, comte Boris (aka Sej) ! »

Tous : WTF ! Comte Boris ! Oh, le fourbe !

Flammy : C’est terminé, un kraken vient de bouffer New-York, libéré par la formule d’Elias. Et c’était le but ultime de Boris (aka Sej).

L’assemblée : WTF ! Un kraken ? Mais… mais…

Fin de la murder party.

Conversations de couloir

Dragonwing regarde attentivement par la fenêtre le ciel, mi soleil ni nuages.

Cristal : Tu hésites à sortir ? C’est vrai que tu es frileuse.

Dragonwing : C’est un peu plus compliqué que ça. En-dessous de 25°, j’ai trop froid. Au-dessus de 27°, j’ai trop chaud.

Cristal : …

Dragonwing : Oui, ma fourchette thermique est assez étriquée

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Torvucci : Oh, vous êtes là ? Vous parlez de quoi ?

Mimi : De jeux vidéo.

Torvucci : J’arriiiiiiiive !

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Cristal : Mooooow !

Carmae : Tu ne peux pas t’en empêcher, hein ?

Cristal : De quoi ?

Carmae : De toujours faire « moooooow ».

Les départs

Cristal : Oh, on dira qu’il y a de l’orage là-bas.

Sej : Oui, juste quand je vais reprendre la route.

Cristal : Ça ira ?

Sej : Oh oui ! Avec un peu de chance ce sera l’apocalypse ! La fin du monde ! Enfin !

Cristal : Le plus effrayant, c’est que tu le penses vraiment.

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Mimi : Torv vous fait un gros bisou !

Cristal : Hein ?

Mimi : Torvucci. Il vous fait un gros bisou.

Cristal : Ah, je croyais que tu avais dit « Thorn vous fait un gros bisou ». Ça me paraissait bizarre aussi.

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Vefree : Et voilà. Arrive le moment que j’aime le moins. Quand vous  reprenez tous la route et que la maison est vide.

IRL PAenne

Cet été, un grand rendez-vous de plumes argentées s’est tenu chez Vefree : Aranck et son fils, Beul, Blacky, Cristal, Diogène, Dragonwing, Elka, Hadana, Jamreo, Keina et Isy, Nascana et Amelio, Neila, Reb, Saiph, Shaoran et Sej. Nous avons presque fait l’alphabet à nous tous ! Voyez-vous, chers lecteurs, la belle maison d’hôtes de Vefree, la Halte du Pèlerin, est en train de devenir le festival annuel de Plume d’Argent : on se retrouve autour du feu, on bavarde, on rit, on mange, on boit, on s’amuse ! Cette fois, nous avons même joint l’utile à l’agréable en aidant Vefree aux finitions de son chantier. Vous pouvez évidemment compter sur nos plumes-porters, et la gentille contribution des autres, pour vous faire un rapport en bonne et due forme !
Le paysage vu depuis la Halte du Pèlerin

Envie de faire des travaux chez vous ? Soucieux de l’esthétique et de l’esprit de votre maison ? Appelez la Plume d’Argent. Ces auteurs vous proposeront un intérieur fait pour vous. Du grenier à la cave, toutes vos pièces transpireront de créativité et de bonne humeur. Ses équipes jeunes et dynamiques savent peindre tous les supports, vaincre les murs les plus tenaces, parer de papier à écrire n’importe quelle surface, agrémenter l’atmosphère de rire ainsi que de peinture de guerre. De plus, la Plume d’Argent compte parmi ses membres bon nombre d’acrobates sur escabeau et funambules sur radiateur. Rien de tel pour repeindre en fanfare tout vos encadrements de fenêtre.
Besoin de débarrasser une grange ? Faites encore appel à la Plume d’Argent. Surqualifiée dans le domaine du bûcher, vos vieilles planches grincheuses crépiteront tel un feu d’artifice accompagnées de branches de sapin.

Vingt invités viennent d’arriver à l’improviste ? Appelez encore la Plume d’Argent. Avec ses fins gourmets, ses experts en barbecue, ses maîtres d’hôtel constellés de tache de peinture et sa cuisinière hors paire, vos repas seront de véritables festins.

Attention, offre exceptionnelle en août : toute l’équipe de PA s’engage à hanter les lieux d’histoires rocambolesques et de bonnes odeurs.

Pourquoi hésiter ? Contactez la plume la plus proche de chez vous, il y en a 457 sur toute la France et même à l’étranger.

Plume d’Argent, et vos travaux sont faits immédiatement !

Saïph

L’une des poupées japonaises offertes par Flammy

J’ai une chance incroyable ! Vingt plumes sont venues avec leur grand coeur et leur curiosité rencontrer d’autres plumes à la Halte du Pèlerin. À leur initiative, elles ont bien voulu donner un coup de main pour mon projet de création de chambres d’hôtes. Une maison qui, visiblement, a été adoptée comme le QG IRL de Plumes d’Argent à ma grande surprise et aussi pour mon plus grand plaisir. 

20 plumes ouvrières à la maison
J-2
Il serait temps d’acheter la peinture !
Pas encore décidée sur la déco, c’est avec la généreuse collaboration de Keina et Izy, en vacances chez moi depuis une petite semaine, que nous allons ensemble dans un magasin de bricolage spécialisé faire le choix des couleurs pour les trois chambres à peindre. Avec eux, c’est déjà plus facile. Ils sont de bons conseils et écoutent avec attention mes contraintes financières ainsi que mon envie de faire une jolie déco.
Nous repartons à la maison, le coffre plein de couleurs et même de la tapisserie, chose à laquelle je n’étais pas prête au départ.
J-1

Izy, Keina et moi préparons les sols de l’étage et de l’escalier pour les protéger des grands passages. On nettoie, on installe les matelas dans le grenier qui servira de dortoir, comme l’année dernière.
Bientôt, la maison grouillera de gens de tous âges, résonnera de rires et d’éclats de voix. Je suis déjà sur les charbons ardents ! Mais en fait, faut pas s’y tromper, en apparence, je suis zen.

J-0

Le matin, c’est le marché. À nous trois, nous achetons fruits et légumes pour notre IRL. Au Panier d’Urfé, ma commande de viandes nous attend. Il fallait bien tous les bras, surtout les forts d’Izy, pour transporter tout ça jusqu’à la voiture. En plusieurs fois.
C’est que… vingt bouches à nourrir, hein…
En fin d’après-midi, c’est le premier trajet à la gare de Roanne pour accueillir Nascana, Amelio et Reb, les premières plumes à débarquer à La Halte du Pèlerin.

J+1

C’est au tour de Saiph, Blacky et Drago d’arriver à la gare en tout début d’après-midi. La troupe d’apprentis ouvriers se forme et les premiers n’ont pas attendu pour faire chanter la ponçeuse et jouer du pinceau. Jamreo et Sej arrivent, elles, en voiture avec force renfort de guidage au téléphone pour retrouver la maison. Puis, Hadana, Elka, Neila et Beul, le quatuor inséparable, vient poser ses sacs de couchage tout sourire. Pareil pour Cristal et Shaoran qui finissent par arriver en début de soirée en se trompant plusieurs fois. La joyeuse bande déjà formée s’accueille mutuellement les bras ouverts. Et chacun à son tour, tout le monde gagatise avec Tigris et Tigrou, les chatons de la maison.
Point délicat pour moi : distribuer les tâches à tous, sachant que certains n’ont jamais touché un pinceau de leur vie. Entre nous, c’est un joyeux bazar organisé !

J+2

Il fait un temps radieux. Comme promis, au petit déjeuner, arrivent Aranck et son fils, Etienne, avec le pain pour les tartines et les croissants. Nous faisons connaissance aussi avec Ishan, leur petit chiot noir adorable. Dans l’intervalle, j’étais partie chercher à la gare le petit dernier dont on va faire la connaissance : Diogène.
Et nous voilà tous réunis !
Nous fêtons nos retrouvailles, et pour certains notre rencontre, autour d’un grand feu de bois. C’est toujours autant de joie et de plaisir de voir tout ces visages et ces yeux briller dans les flammes de notre bûcher. Notre repas cuit sous la cendre se termine à la nuit noire et, frileusement, nous prenons une tisane assis en rond dans le grenier-dortoir où tout le monde y a ses quartiers. Là, débute une séance de dédicace dont notre Cricri nationale est l’invitée d’honneur avec sa Passe Miroir éditée chez Gallimard.

J+3

Les travaux battent leur plein sous un joli soleil. Quelle belle équipée !
Je suis reconnaissante de toute cette aide. Certes plus ou moins maladroite, plus ou moins experte, mais tellement généreuse ! C’est un don inégalable que vous me faites-là, les plumes. Merci beaucoup. Je crois que je ne vous l’ai pas dit assez, alors je profite de cette part du PAen pour réitérer mes remerciements à tous.

J+4

Déjà certains repartent et la maison se vide. Mais deux chambres ont pris déjà une nouvelle allure. Leurs murs fraîchement peints et tapissés promettent un accueil digne et confortable. Je suis vraiment contente. La façade aussi a entamé de blanchir ses volets. La maison change, grâce à vous. Je l’ai tant rêvé !

J+5

Le plus gros est parti hier. Il ne reste que Saiph, Nascana, Amelio, Blacky et Drago. Une seule voiture pour ramener tout ce petit monde à la gare est impossible. Saiph sera donc la dernière à partir en fin de journée. Avec son oeil avisé, nous peaufinons la déco en tentant de masquer les défauts. Pour ça, nous retournons au magasin acheter le nécessaire. Il y aura une couleur de plus dans la chambre du milieu et nous choisissons des peintures assorties pour peindre les placards. Après ça, je dois la quitter sur le quai de la gare. Sniff !
La maison est vide. Seuls les chats me tiennent encore compagnie.
Mais la promesse des plumes de revenir, que ce soit pour l’inauguration de La Halte du Pèlerin ou l’été prochain me fait chaud au cœur.

Un jour, les plumes reviendront…

Vefree

Pendant que les autres s’activent…
Parce que des Plumes, même armées d’un pinceau ou d’une fourchette, ça reste des auteurs dans l’âme, nous n’avons évidemment pas pu nous empêcher de donner une petite touche littéraire à notre rencontre. Déjà, il faut savoir que les plumes argentées ont le « conte » dans le sang : il n’y a qu’à écouter les jeux de mots de Shaoran après six heures de route (le canal d’Écuisses, je vous laisse deviner ce que ça a pu donner) ou encore Saïph en train de commenter les étoiles pendant le dîner ou encore Reb qui nous sort une boutade par phrase !

 

Et puis ce qu’il y a de chouette, avec les auteurs, c’est que leurs écrits sont toujours à portée de main. Tenez cette pauvre Dragonwing, par exemple. « Tu as la nouvelle version des Enfants de Prométhée avec toi ? » que je lui demande. « Je dois avoir quelques chapitres, oui », qu’elle me répond en toute innocence. Hop, vote à l’unanimité, c’est son histoire à elle qui sera lue devant tout le monde ! C’est Elka qui nous a fait la lecture du premier chapitre et Neila qui a assuré les bruitages (enfin… surtout les rires… les rires gras et démoniaques, en fait). Ah, c’était juste magique, cette petite veillée dans le grenier, chaque plume installée sur son matelas, à voir la prestigieuse académie du roman s’élever sous les poutres. L’espace d’un moment, nous ne voyions plus les beaux tapis persans de Vefree, mais ce pauvre Dimitri qui se battait contre une armée de pissenlits. Merci, Dragonwing, de t’être sacrifiée pour nous permettre de conclure la soirée en beauté !
Le soir d’après, pas de lecture, mais séance de dédicaces ! Je vous l’ai dit : plume un jour, plume toujours. Chers lecteurs, pourquoi aller faire la queue dans des salons du livre quand vous pouvez, à la Halte du Pèlerin, obtenir l’autographe personnalisé des auteures des Pérégrinations d’une cuisinière, des Cinq Terres Oubliées, de la Septième face ou du Petit Marchand de sable ? Quand vous pouvez feuilleter à votre aise les carnets de dessins de l’une ou le cahier à idées de l’autre ?

 

Je vous le prédis, un jour la maison de Vefree deviendra le lieu de pèlerinage incontournable pour tous les amoureux de la plume !

Cristal

Les Plumes sont des artistes !
Que serait une IRL sans son bestseller je vous le demande ? Alors après Jean Claude et le plat à quiche, laissez-moi vous présenter Mouton(s), la trilogie de l’été. Fruit de l’imaginaire (un peu tordu ? Naaaaaaan) des sept plumes talentueuses que sont Neila, Sej, Nascana, Blacky, Jamreo, Elka, et moi-même, Mouton(s) s’est construit au détour d’une partie de dés (un petit jeu au nom très évocateur de Story Cubes).Le Pitch : Jean-Louis est un mouton comme les autres. Mais il s’ennuie seul dans son pré. Alors, au détour d’une orgie d’herbe fraiche, il prend LA décision de sa vie : quitter le monotone confort de son pâturage pour découvrir le monde. Sans doute aurait-il dû s’en abstenir.

Mouton(s) c’est avant tout une histoire fantastique sous tous les angles. Une histoire qui rapproche les auteurs fous comme les moutons borgnes. C’est aussi une amitié hors norme, celle de Jean Louis le mouton et René le scarabée. Ainsi qu’une cruelle tragédie qui ne laissera personne insensible, la fin émouvante de René, et l’hommage déchirant de Jean-Louis, rebaptisé Jean-René en mémoire de son défunt ami.

Mouton(s), c’est également un concentré d’amour à l’état sauvage. La folle nuit de folie avec Hughette la chevrette laissera sa marque indélébile sur Jean-René, et un indomptable désir de vengeance pour Maya.

Enfin, la trilogie des Mouton(s) ne serait pas ce qu’elle est sans sa dose d’aventure et de trahison. Eborgné par une abominable fleur et effondré par la perte de son ami René brutalement dégommé par un archer qui passait devant la banque fermée, Jean-René se relèvera pourtant courageusement pour être jeté sans vergogne dans le feu d’une guerre qui ne le concerne pas avec Maya sa nouvelle amie. Échappant de peu à la mort, et après s’être livré à toutes sortes d’exercices triviaux avec Hughette, c’est toute une pyramide de moutons zombies borgnes qu’il devra affronter.

De Maya l’abeille (ouais, elle était facile celle-là) trafiquante à la solde de l’effrayante Fleur mangeuse d’yeux et secrètement transie d’amour pour Jean-René, en passant par Hughette la chevrette versatile et mégalomane prête à conquérir le monde avec le premier archer venu et accessoirement reine suprême de l’armée des moutons zombies, Jean-René devra affronter pléthore d’épreuves et autant de garces.

On ne saurait dire si Mouton(s) deviendra le bestseller de l’année, mais en tout cas, il nous aura fait passer un sacré bon moment. Un moment qui n’aurait jamais pu avoir lieu sans Vef’ et sa Halte du Pélerin. Alors je ne pense pas trop m’avancer en parlant au nom de tous : MERCIIIIIIIII VEFOUNETTTE !

Shaoran

Vefree n’est pas la reine de la fourchette pour rien
« Ce qui m’a le plus amusée, c’est quand on a fait la soirée-feu. C’était pour moi l’exemple même de la bonne entente et de l’amusement du début de la soirée à la fin ! » (Elka)

« Ce qui m’a le plus amusé, ce fut le petit Ishan essayant de montrer aux enfants de Gribouille combien il était mignon. » (Diogene)

« J’ai adoré la façon avec laquelle Nasca, sous son air innocent, presque angélique même et tout à fait distingué, nous a raconté cette histoire grivoise de morsure fatidique se concluant par un magistral coup de poêle sur la tête. Le silence que cette conteuse sans égal a laissé juste avant la chute finale, et juste après ce que j’avais déjà cru être la conclusion, m’a complètement scotchée ! Ce fut une splendide prestation ! Du grand art ! Je n’avais pas ri comme ça depuis longtemps ! » (Aranck)
« Une des choses qui m’a marquée à l’IRL, c’est quand Reb parlait la nuit et que je lui demande si ça va. Il me répond « il est 6h ! » et là, Amélio vérifie sur son portable et « non, il est 5h30! ». Sinon l’histoire qu’on a inventée en jouant avec des moutons borgnes et des fleurs qui mangent les yeux, ça m’a bien fait rire. » (Nascana)
« Ma plus grosse déception, ça a été de voir que le Dragon ne crachait ni flammes ni shampoing. Puis, je me suis dit qu’avec une créature aussi inoffensive, le tas d’or serait plus facile à atteindre. » (Sej)
« Cette rencontre m’a donné la sensation de faire parti de la famille. Je me suis beaucoup amusée pendant la partie de Loup-Garou et durant la création de MOUTON(S), et les moments qui m’ont le plus émues se sont ceux où chacun a sorti ses notes et ses dessins, parce qu’il y avait un tel respect et un tel partage que s’ouvrir et faire confiance devenait tout naturel. » (Blacky)
« L’une des choses qui m’a le plus émue à l’IRL, c’est la magie de l’instant lorsque les plumettes éditées ont écris pour nous de belles dédicaces, plus précieuses à mes yeux que toutes celles que je pourrais jamais obtenir. » (Neila)
 
 
Les pinceaux des Plumes

IRL PAenne

Saïph

17 Mai, midi
La valise est prête et le book dessin est bouclé. Il ne reste que moi qui surveille ma montre et mon appareil photo qui trépigne d’impatience. Dans ma tête, plusieurs mots dansent en une grande farandole. Dragonwing, Cristal, Sophinette, Train, Vefree, IRL. Cette liste est la formule magique de mon rêve plumesque. De plus, en grande privilégiée géographique, j’ai déjà vu la cabane bédouine qui nous attend au grenier, senti la métamorphose de la maison sous l’attention soignée de sa maitresse, le feu de joie immolant le bois usé. Les plumes sont attendues de pied ferme chez Vefree.

Enfin, l’horloge indique l’heure du départ. Un bisou aux chats et me voila dans la rue toute dorée de soleil. Nez au vent, l’esprit se remémore les photos du trombinoscope. Car dans ces falbalas du bonheur, il y a une tache d’appréhension. Vais-je retrouver les plumes à la gare ? Un regard à ma valise flashi, je soupèse la Passe-Miroir dans mon sac et la tache disparaît. En avant camarade !

17 Mai, 13h30
Un flot s’écoule sur les escaliers du quai K flambant neuf. Au travers, je cherche une jeune femme en jean, avec un blouson en cuir et deux ailes de dragon invisible pour le commun des voyageurs. Mais j’aurais dû me douter que notre majestueux dragon attendrait que la piétaille soit passée pour apparaître à son tour. Pour moi, l’excitation est à son comble au point d’en perdre la parole. Faut dire qu’un dragon, ça impose.

17 Mai, 14h30
« Le train en provenance de Bruxelles Midi est annoncé voie K. »
Cinq minutes plus tard, la prédiction de Simone se voyait vérifiée. Avec un sac comme un tambour major et un air rieur, Cristal se détache de la foule. Juste à côté, les yeux pétillants, Sophinette. J’ai rempli ma mission, j’ai retrouvé tout le monde. Ces retrouvailles semblaient IrRéeLles. Quatre plumes d’argent dans la gare Part Dieu. Ce qui m’a amusée, c’est de voir que malgré nos apparences très diverses, nous avions toutes un point commun. La création dans le sang. C’est cette ressemblance qui a animé tout notre trajet de Lyon jusqu’à Roanne et tissé des liens que la toile nous aurait enviés.

17 Mai, 15h45
Le train prend un dernier virage, freine puis s’immobilise en gare de Roanne. Nous y voilà. Vef’ doit nous attendre sur le parking de la gare avec d’autres plumes. Nos bagages débordant de nourriture se font remarquer dans le passage souterrain, mais malgré la protestation des muscles contraints, un autre visage empreint de créativité (et de riz) attire nos regard. C’est Shaoran ! Mais l’aura semble plus grande, y aurait-il d’autres plumes ? Oui ! Nascana et Amélio sont là. Nous voilà sept. Moussaillons, le capitaine nous attend sur le pont à bord de sa voiture couleur anis.

Cristal

17 Mai, 16h00
On quitte la ville et le paysage se fait collines, bleu ciel, vert feuille. Sur la banquette arrière de la voiture, j’ai un sourire béat. Pas de silences gênés, pas de flottements, je me sens au milieu d’une famille. Dans le rétroviseur, j’intercepte le regard pétillant de Vefree. Elle est douce et paisible comme une maman de conte de fées. Pourtant, P’tite Voix est bien là, qui jaillit parfois de sa bouche quand elle s’exclame. Saïph rayonne d’énergie et de bonne humeur : en digne scientifique, elle parle botanique pendant le trajet ! Derrière notre voiture, Shaoran et son petit équipage nous suivent à la trace.

Je me remémore les recommandations dont Cher Et Tendre m’a assaillie avant que je parte : ne rien casser, passer un bon moment, lui téléphoner quand j’arrive, prendre des photos de jeunes plumes sous la douche. CET, quoi.

17 Mai, 16h40
La Halte du Pèlerin apparaît enfin ! On remonte la route, on décharge et j’entends des voix qui nous appellent. SecretSpleen ! Carmae ! Keina ! Isy ! Ils sont là, assis dans l’herbe devant la superbe maison de Vefree, à profiter du soleil. Ni une, ni deux, je pique un sprint. J’ai une démarche de pingouin pressé, et pour cause : je suis encombrée de sacs. Attendre d’avoir rangé les affaires avant de faire les papouilles ? Et puis quoi encore !

Nous nous installons tous sur la pelouse. À peine j’ai posé mon fessier sur un coussin que Saïph me fourre un livre entre les mains. La Passe-Miroir. C’est la première dédicace d’une longue série ; suivront, au fil du séjour, Vefree, Keina, SecretSpleen, Shaoran, Flammy, Elka, Neila ! J’ai honte de ma calligraphie d’ado mal grandie. Je rouspète pour la forme ; en fait, je suis hyper intimidée. Je crois que j’y ai pris goût.

17 Mai, heure oubliée
Tour du propriétaire. Les parquets chantent sous nos pieds. Le séjour est délicieusement désuet et accueillant. La petite cuisine déborde de bonnes choses. Le dortoir semble sorti tout droit des Mille et Une Nuits. Et cette odeur ! Une odeur de bois, de pierre, de campagne dont mon sac de couchage est encore imprégné aujourd’hui… Il y a aussi une vieille grange hantée, des vaches qui nous regardent de travers depuis les champs voisins et des chevaux obèses dont j’ai compris après coup qu’il s’agissait de juments enceintes.

Parenthèse de Saïph

Au retour de notre excursion champêtre, tous s’attèlent à la préparation du repas sous le regard attentif de la maîtresse de maison. D’un côté on équeute le persil, la coriandre et la menthe, d’un autre on prépare le boulgour ; sous le préau, le charbon devient flamme, la table se débarrasse et ce ballet s’enchaine au rythme des rires et des allusions envers nos écrits.

Reprise de Cristal

Très juste, Saïph, rendons hommage aux bons plats ! Arrive l’heure du dîner, puis du dodo. Shaoran qui rampe, se déhanche, se tortille pour entrer dans un sac de couchage, ça vaut le détour !

18 Mai, 8h00
C’est officiel : je ronfle. CET me l’avait dit, mais j’ai toujours pris ça pour de l’humour mal placé. Toutes mes excuses à Shaoran, ma voisine de dortoir-camping. C’est à moitié en pyjama que commencent les échanges de potins. On s’échange nos cahiers de notes, nous scribouillages, nos dessins et parfois, de façon un peu accidentelle, nos spoilers. Le livre ma-gni-fique des Pérégrinations d’une Cuisinière de Vefree, le plan top-secret du nouveau roman de Dragonwing, le trailer inédit d’ALE de Sophinette, les extra-terrestres de Saïph, les architectures génialissimes de Shao, les femmes en belles robes de Keina, et j’en oublie.

C’est juste magique. Plume d’Argent qui devient real life à 100%.

18 Mai, 12h00
À table ! Il pleuvote, mais rien n’arrête SecretSpleen et Carmae qui préparent le barbecue derrière un tour d’écharpe. Toutes les plumes sont mises à contribution pour préparer le repas. Partout des bonnes odeurs, partout des sourires. Beul jaillit derrière la fenêtre alors que nous entamons les desserts. La famille de plumes est presqu’au complet !

18 Mai, 15h00
Vefree organise un Bûcher Collectif, un vrai de vrai, tout en bois et en flammes. Chacun y est allé de sa petite liste de rouspétances et hop, à l’autodafé ! Perso, j’ai cramé mes cours de PHP.

18 Mai, 19h20
On les a entendues avant de les voir : Hadana, Neila, Elka et Flammy poussent de grands cris depuis leur voiture en nous apercevant. Elles auront erré des longues heures sur les routes avant de trouver le bon chemin.

On s’embrasse, on rit, on se bouscule, on s’installe autour du feu, on boit et arrive l’heure de la grande photo, celle qui immortalisera le plus grand rassemblement de plumes argentées. Cette photo, rien que de la revoir aujourd’hui, ça me fiche le sourire et le bourdon à la fois.

Évidemment, une IRL de plumes argentées ne peut pas faire l’impasse sur une partie de LG ! S’entretuer autour d’un bon feu, en mâchant de marshmallows brûlants, c’est un avant-goût du paradis. Carmae est un maître du jeu dans l’âme, il nous plonge immédiatement dans l’ambiance. Keina, Neila et moi serons les loups. Mais bon, je suis une très mauvaise comédienne, je me suis fait cramer en moins de deux (et puis Néné m’a honteusement trahie (et oui, je sais qu’elle n’avait pas le choix, mais flûte quand même (et de toute façon, j’aurai ma revanche un jour (et même que c’était trop bien quand même)))).

Saïph

19 Mai, trop tôt le matin
Un réveil qui sonne avant le coq et des bruits feutrés de couverture. Oh non, c’est déjà l’heure du départ pour Cristal, Sophinette et Flammy ! Tant pis pour Morphée, plusieurs plumes repoussent le sommeil pour embrasser nos consœurs. Mais aussitôt disparues dans l’escalier, le combat s’achève dans les oreillers. Ce n’est qu’une heure plus tard que le soleil me tire des songes. Zigzagant entre les lattes branlantes, je rejoins la salle à manger où se retrouvent les lève-tôt autour d’un petit déjeuner étoffé. Beurre doux, beurre salé, pain, pain de mie, confitures et… des cookies ! Voila ce qui nous a occupés toute la fin de la matinée, un atelier cuisine improvisée.

19 Mai, midi et des poussières
Alors que les cookies refroidissent dans un large saladier, Carmae nous propose un jeu. Nous n’avons qu’à choisir entre réflexion et brutalité. Nous choisissons Banzaï. Les règles sont simples. En se passant une carte, il faut reconstituer une famille et quand l’un des joueurs y parvient enfin, chacun se jette sur un pion. Bien sûr, pour pimenter l’ambiance, il n’y a pas assez de pions pour tous. Un combat endiablé s’ensuit et c’est Elka qui a gagné même si Neila et moi ne lui avons pas facilité la vie.

Malgré ce combat chaotique, il fait beau et, pour la première fois du week-end, nous allons pouvoir manger dehors. Un délicieux rosé au basilic sert d’apéritif et une foule de plats se succèdent avec une certaine gourmandise. Cependant, dans cette atmosphère vacancière et créative, la montre reprend du service puisque Carmae, SecretSpleen et moi-même nous apprêtons à rentrer. La glace nous redonne un peu de courage, mais il est quand même difficile de quitter l’assemblée.

19 Mai, je crois qu’il était 15h, mais dans tous les cas c’était trop tôt

Sur le chemin du retour, le nez collé à la vitre, la miniature citadine reprend de la grandeur et le bruit de la ville étouffe le vent et les insectes. Dans le train, nous devinons les rires et les facéties des plumes restées chez Vef’. Je peux dire qu’une partie de mon esprit y est encore, malgré la cohue de la ville.

Merci à toutes les plumes et un immense merci à Vef’.

Saïph & Cristal