Grandir ?

Grandir. En littérature jeunesse, qu’est-ce que ça veut dire ? Gagner 10 centimètres ? Eh bien non, pas vraiment.

Généralement, les héro.ïne.s grandissent quand il y a émancipation de la famille. « Quelle famille ? » me dites-vous. Parce que oui, la littérature jeunesse c’est un peu comme un film Disney : les parents sortent vite du cadre. La perte des parents, c’est un passage fondateur et très clair pour le lecteur. Quoi de mieux qu’un.e orphelin.e ou que quelqu’un qui apprend la vérité sur sa famille pour le pousser à aller de l’avant tout seul ? Comme un grand.

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Grands livres pour petites pattes

Des animaux, il y en a un peu partout dans la littérature. Ils peuvent prendre la forme de totems, de monstres, d’instincts primaires ou de bestioles de compagnie hyper pratiques en cas de baston dans la Terre du Milieu. (Et ça vaut tout autant pour les aigles géants que pour les espèces de dragons des Nazgûls, notez. Mais je m’égare.)

Si c’est bien vrai qu’il y en a partout, on peut avoir tendance à oublier nos premières rencontres avec eux. Avant les loups-garou et les hippogriffes, bien longtemps avant les si jolis chevaux de Cormac McCarthy, nous avions déjà fait la connaissance de tout un tas de figures animales dans une littérature bien spécifique : les albums jeunesse. Ces beaux ouvrages pleins de tendresse ou de frissons, d’humour et de myriades d’autres petites choses dont, personnellement, je ne me lasse pas. J’AIME les albums pour les petits. Je suis sûre que VOUS AUSSI.

Donc aujourd’hui, on va causer des p’tites bestioles (ou des plus grosses) que vous et moi avons pu croiser quand la lecture était encore un exercice laborieux – et parfois bien avant…

 

Partons du plus petit, avec la Famille Souris de Kazuo Iwamura. C’est peut-être lui qui a semé les premières graines de ma fascination pour le Japon, avec ses histoires douces comme des comptines et fraîches comme des ruisseaux. Aujourd’hui encore, quand je les lis, c’est la voix de ma mère que j’entends – les albums de la famille Souris représentent pour moi l’idéal des histoires à lire avant de s’endormir.

Ses quatorze membres mènent une vie rythmée par des événements quotidiens, mais étrangement captivants sous le pinceau de monsieur Iwamura, qui attire souvent notre attention sur de minuscules détails. La famille Souris pique-nique, fait sa lessive ou sa cuisine, se prépare avant d’aller dormir ou va à la pêche sous la glace… Et au second plan, Petite Sœur et Benjamin se chamaillent, un de leurs grands frères tombe à l’eau, leur Grand-mère chante une berceuse…

Ces albums me procurent l’effet d’un haïku, tel que je l’imagine : une intense sensation de bien-être.

 

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Ernest et Célestine pourraient concurrencer nos rongeurs en matière de mignonnerie. Bon, Célestine est aussi une souris, peut-être que ça aide ; Ernest, lui, est un ours. Et pourtant, ces deux-là sont comme père et fille, ou peut-être frère et sœur, à moins qu’ils soient simplement les meilleurs amis du monde… Ils sont nés sous le pinceau de Gabrielle Vincent, une grande dame belge dont tous les ouvrages sur lesquels j’ai pu poser mes petites mains sont chargés d’émotion.

Comme la famille Souris, Ernest et Célestine font… des tas de trucs. Ils construisent des cabanes, se mettent en quatre pour préparer une chambre à leurs visiteurs et rigolent souvent pour des bêtises. Comme chez la famille Souris, il ne se passe rien d’extraordinaire dans ces albums, et c’est ce qui en fait toute la saveur ; ils diffusent un parfum un peu suranné, qui renvoie inévitablement à l’enfance, aux parties de cache-cache de l’été et aux bols de lait avant d’aller se coucher.

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Ernest & Célestine sont devenus un film d’animation, malheureusement pas dessiné par madame Vincent, et qui ne ressemble que de loin à ses albums, mais qui est d’une très grande qualité et que je vous recommande tout de même. Le scénario est de Daniel Pennac, qui était ami de plume de Gabrielle Vincent, et l’idée principale est de montrer qu’on peut être ami avec quelqu’un de très différent de soi.

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Enfin, je vous présente Sophie la vache musicienne, un album signé par Geoffroy de Pennart. Comme le titre l‘indique, Sophie aime la musique, et elle est extrêmement douée. Lorsqu’elle apprend qu’un concours de musique est organisé, elle part pour la grande ville pour essayer de se faire engager dans un orchestre. Et comme le titre ne l’indique pas du tout, elle va être confrontée à toutes sortes de discriminations basées sur l’apparence. Aucun des orchestres chez qui elle se présentera ne consentira même à l’écouter jouer.

« Pouah ! Pas de vaches brunes chez nous ! »

Eh oui, les enfants, cela s’appelle la discrimination et vous en verrez probablement toute votre vie. Vous serez découragés, comme Sophie. Parce que « qu’est-ce que la couleur vient faire dans la musique ? » Rien. Il y a de quoi se mettre en colère. Et c’est ce qui arrive à Sophie ; mais plutôt que de charger ces imbéciles en meuglant de rage, Sophie va se ressaisir : elle ne doit pas être la seule dans cette situation. Il suffit de créer son propre orchestre !

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Je ne sais pas vous, mais moi, tous ces animaux me paraissent finalement bien humains. Il me semble que l’animalité dans les albums pour enfants permet d’aborder des thématiques importantes sans renvoyer trop violemment à la réalité. Et puis, s’il faut être parfaitement honnête, c’est aussi peut-être une question d’esthétisme. Comme c’est joli, toutes ces cornes, tous ces poils et ces museaux ! Comme c’est mignon, toutes ces petites oreilles !

Il y a encore tant d’ouvrages que j’aurais voulu vous présenter sur ce thème. Les travaux de Beatrix Potter ou de Claude Ponti, le Chien Bleu de Nadja, La cabane dans le cerisier de P.Dale ou bien Max, le lapin de Rosemary Wells… Sans compter Babar ! Il y a tant de merveilles dans cette littérature. J’espère que vous apprécierez ces albums autant que moi si vous avez l’occasion de les feuilleter !

EryBlack

Histoires de crottes

Des histoires, il y en a pour tous les goûts et pour tous les sujets. Des histoires de vilains, des histoires de monstres et même des histoires de… caca. Eh bien oui, vous avez bien lu. Je vous parlerai aujourd’hui de merde. Donc, si quelqu’un se préparait à déguster une bonne baguette jambon-beurre, je décline toute responsabilité.

Mais qui voudrait bien lire des histoires de crottes, me direz-vous ? Bonne question. À ceci, je répondrai qu’à chaque passage obligé, on y retrouve une histoire dédiée. On a des histoires sur la mort, sur l’adoption, sur la sexualité et même sur les crottes de nez. Parce que le monde de l’enfance n’est pas seulement peuplé de fées et de dragons. Une situation des plus banale peut être une excellente source de curiosité. Et c’est ainsi qu’on retrouve une belle brochette de livres assez crados dans les rayons de nos libraires.

Je vous rassure tout de suite, je ne parle pas d’albums faisant l’apologie du caca. Pas tant que ça, non plus. En fait, on y parle surtout de processus digestif, du pourquoi on doit aller à la toilette et minou aussi, par la même occasion. Car non, les enfants ne naissent d’office pas avec ce savoir mystérieux. Il y aussi des livres visant à dédramatiser cet évènement. Car le pot peut-être un passage ardu chez certains marmousets.

Bref, vous l’aurez compris, il y en a pour tous les goûts et ce qui se passe aux toilettes est loin d’être aussi insignifiant qu’on le croit. Donc, en terminant, je vous laisse sur quelques lectures fort intéressantes qui, si elles ne vous sont pas utiles, auront au moins l’heur de vous faire sourire. Sur ce, je vous souhaite un bel été…

Le Grand Voyage de Monsieur Caca

Manger une pomme ! Rien de plus simple ! On croque, ça craque, on avale, et voilà ! Mais après, qu’arrive-t-il ?

C’est le début d’une longue histoire, celle du grand voyage de Monsieur Caca. Voyage un peu compliqué, fait de nombreuses rencontres, qui finit généralement bien !

Qu’y a-t-il dans ta couche ?

Bébé souris est terriblement curieuse. Elle veut toujours tout savoir, même ce qu’il y a dans la couche de ses amis ! mais toi, bébé souris, où as-tu fait ta crotte ? un livre plein d’humour pour apprendre la propreté.

Tous les cacas

On ne savait pas qu’il y avait autant de cacas différents! Un livre très instructif dans ce domaine !

 

Honey

Le Noël vert de Siméon

C’est bientôt Noël… Eh oui, déjà. Et qui dit Noël dit aussi festivités, cadeaux et écologie. Quoi? Écologie? Mais elle n’est pas nette du pot de miel notre Honey, direz-vous.

Eh oui, je vous parle bien d’écologie. En fait, c’est plutôt Siméon et le lutin du Père-noël-vert qui vous en parlera. En cette fin d’année, qui je l’espère sera joyeuse pour toutes nos plumes, je vous propose une petite lecture qui saura sûrement plaire aux tout-petits de votre famille. C’est une excellente idée cadeau, peu coûteuse et instructive. Que demander de plus?

Pour commencer, un petit résumé :

Siméon et son grand frère Pacifique attendent Noël avec impatience. Alors qu’ils sont en train de construire un bonhomme de neige dans leur jardin, un lutin vert apparaît à Siméon.
C’est un lutin envoyé par le Père-Noël Vert afin d’aider le garçon à préparer un Noël qui respecte l’environnement. Grâce aux conseils du lutin, Siméon va découvrir plein de bonnes idées pour vivre un super Noël tout en limitant le gaspillage et en préservant notre environnement.

Ce joli album a été écrit par Edwidge Planchin est paru aux éditions Les petits pas de Ioanis. Vous trouverez sur le blog de l’auteur, un court descriptif des motivations qui l’ont amené à écrire cet album. Je vous suggère fortement d’aller y jeter un œil. En voici un court extrait :

Trop souvent, le respect de l’environnement sert d’argument de vente pour pousser, encore et encore, à la consommation. Et plus on consomme, plus on pollue ! Je suis révoltée lorsque je vois que le souci de la planète est au service du souci de soi, lorsqu’on confond protection de l’environnement et protection de son égo. Oui, la publicité sait nous faire croire que le soin de la nature n’est que plaisir et qu’il passe forcément par l’achat. Mais la conscience écologique, ce n’est pas uniquement se faire plaisir, c’est aussi parfois renoncer […]

http://a-plus-d-un-titre.over-blog.com/article-le-noel-vert-de-simeon-53077123.html

Et voici quelques mots sur l’éditeur : Les petits pas de Ioanis

C’est une maison d’édition jeunesse indépendante, créée en 2010. Son ambition est d’offrir aux enfants et à leurs parents des albums et des livres pour grandir, réfléchir, éveiller leur conscience et essayer de rendre le monde meilleur.

Leur ligne éditoriale est ciblée sur les évènements de vie et les faits de société. Vous y trouverez l’excellent titre « La fête des deux mamans » qui traite de l’homosexualité parentale et dont je m’attarderai plus longuement dans un autre article.

Le site : http://www.lespetitspasdeioannis.com

Alors pour résumer : un joli album de Noël traitant d’écologie qui encourage une toute jeune maison d’édition française. Rien d’autre à dire.

Sur ces mots, je vous souhaite à tous un merveilleux temps des fêtes avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d’amour.

Honey

Beatrix Potter

On ne peut pas, à mon sens, créer une rubrique de littérature jeunesse sans passer par la biographie des plus illustres en ce domaine. Et afin de démarrer cette année PAenne en beauté, je vous propose une courte biographie d’une auteure-illustratrice incontournable de la littérature enfantine ; c’est-à-dire Béatrix Potter.

Helen Béatrix Potter est née en 1866 et provient d’une famille aisée de la bourgeoisie. À l’époque, les enfants de cette classe sociale étaient élevés à l’écart du monde par une gouvernante et rapidement envoyés en pension. Si bien que Béatrix souffre d’une grande solitude. Pour tromper son ennui, elle s’intéresse à la nature et parfait ses connaissances scientifiques auprès d’un oncle. Elle présentera ses travaux de recherche à la communauté de botanistes, mais sera reléguée au rang d’amateur par les scientifiques qui l’accusent d’être une femme, tout simplement.

Par la suite, encouragée par un de ses amis, Béatrix crée une série de cartes de vœux qui sera achetée par Hildesheimer & Faulkner en Allemagne. Elle devra toutefois patienter 7 ans avant qu’un de ses livres ne soit édité. D’ailleurs, c’est devant les refus successifs et parfois méprisants des éditeurs qu’elle entreprend de publier elle-même son premier recueil. Elle choisit alors un petit format de 15 cm pour ses livres, du papier résistant et surtout, des illustrations sur chaque page en noir et blanc. Elle en fait un premier tirage de 250 exemplaires qui sera un véritable succès. Par la suite, Frederick Warne & Co acceptera de publier Peter Rabbit avec des illustrations en couleur.

Béatrix Potter a 36 ans et vit toujours chez ses parents, mais gagne sa vie pour la première fois. Une situation plutôt rare pour l’époque. Durant les dix années suivantes, 23 albums naitront de l’univers de Peter Rabbit. Béatrix est de plus en plus reconnue et se délivre lentement de la tutelle de ses parents.

Béatrix Potter reste célibataire jusqu’à l’âge de 47 ans. Elle épouse William Heelis et met fin à sa carrière ensuite. En effet, Béatrix souffre beaucoup moins de la solitude, délaisse peu à peu ses livres pour se consacrer à l’élevage des moutons.

Elle meurt le 22 décembre 1943 et laisse au fond du National Trust 14 fermes, 4000 acres de terre, ses moutons et ses lapins de qui elle dira qu’ils sont les descendants de Peter Rabbit.

Béatrix Potter était reconnue pour ses univers cruels et sans artifices. Ses personnages, des lapins, n’entretenaient jamais de rapports édulcorés avec les humains. Si bien que le père de Peter Rabbit finit ses jours dans une tourte cuisinée par Madame McGegor. Béatrix était aussi persuadée que les enfants étaient sensibles aux mots utilisés. Elle n’a donc jamais voulu remplacer un mot compliqué par un plus simple mais moins précis.

Un film sur sa vie a été réalisé en 2006, mettant en vedette Renée Zellweger dans le rôle de Miss Potter.

Pour la liste complète de ses œuvres, rendez-vous sur Wikipédia.
Source : Wikipédia

Honey

Peut-on tout dire aux enfants ?

Qui a dit que le monde de la littérature jeunesse était peuplé de bisounours affectueux? Que la controverse y était un mot inconnu? Certainement pas Margo Lanagan, l’auteure du roman intitulé « Tender Morsels ». Petit tour d’horizon d’un ouvrage qui a choqué le monde, soulevé plusieurs interrogations, entre autres : doit-on interdire certaines thématiques en littérature jeunesse? Une question fort intéressante; deux modes de pensées.

« Pour cela, beaucoup de gens la traiteraient de salope », voilà comment débute le roman de Margo Lanagan, une réécriture de Blanche-Neige à la sauce trash. On y traite, entre autres, de viol collectif, d’inceste et j’en passe. Des sujets durs, abordés crûment. Les parents ont été choqués de voir ce roman publié dans une collection destinée aux adolescents de 13 à 15 ans. Ils estiment que la maison d’édition responsable de la collection devrait aviser plus clairement le lectorat du contenu de la publication. D’autres pensent tout simplement que le livre devrait être destiné à un public adulte essentiellement. D’ailleurs, la maison d’édition offre deux couvertures différentes. La première destinée à la collection jeunesse, la deuxième à la collection adulte, tout en conservant le même texte.

Selon Philip Pullman, l’auteur de plusieurs ouvrages pour la jeunesse dont l’épique trilogie « A la croisée des mondes », la couverture en dit beaucoup sur le contenu d’un livre et il n’est pas nécessaire d’ajouter d’autres avertissements que celui qui se trouve en première page. Car oui, Random House a tout de même pensé à mettre une petite mise en garde. Toujours selon Pullman « il ne devrait pas y avoir de thématiques interdites à la littérature jeunesse. Les enfants font face à des réalités bien plus fortes : le divorce, le trafic de drogue, la sexualité. »

Pour ma part, je n’ai pas lu le livre, difficile donc de trancher même si le bisounours en moi tremble devant ces mots cruels. Cela dit, la polémique soulève des questions bien intéressantes qui méritent d’être approfondies. À savoir, faut-il aborder tous les sujets avec les jeunes, de quelle manière et où trancher la limite?

Pour ceux que le roman intéresserait, sachez qu’il est disponible en anglais seulement. Mais attention au contenu. C’est trash. Extrêmement trash. Usez donc de votre jugement et de votre bon sens.

Honey

Couverture jeunesse :

Couverture adulte :

L’auteur et l’illustrateur

Ce n’est sans doute pas une grande surprise si je vous dis que deux acteurs sont indispensables à la réussite d’un album jeunesse : l’auteur et l’illustrateur. Nécessaires, indissociables, chacun à leur manière contribue à donner vie aux histoires qui font rêver les tout-petits. L’auteur en démarre la création alors que l’illustrateur vient ajouter la touche finale. Mais au fait, comment se réalise la rencontre de ces deux artistes dont les galaxies éloignées sont pourtant tellement liées ?

Il est coutume de laisser l’éditeur choisir celui ou celle qui fera les illustrations du livre en devenir. En effet, la maison d’édition possède déjà dans ses archives une série de portfolios d’illustrateurs qui répondent à la charte graphique des albums présentés dans leur catalogue. Plus clairement : les maisons d’édition essaient toujours de présenter des textes et des illustrations qui possèdent une certaine homogénéité. Par exemple, si la collection traite d’écologie, ils éviteront d’emmêler les pinceaux en publiant l’œuvre revisitée du Chaperon rouge. C’est la même chose pour les illustrateurs. Certains font des illustrations très épurées avec des lignes abstraites et d’autres ont un style plus « cartooniste » représenté par des couleurs très vives.

L’éditeur détermine donc le choix de l’illustrateur et parfois, l’auteur est autorisé à donner son avis. Mais dans la majorité des cas, il découvre le livre une fois les illustrations faites. Tout se joue donc entre l’éditeur et l’illustrateur pour l’approbation des croquis. Il arrive que l’illustrateur demande à être mis en contact avec l’auteur afin d’obtenir son point de vue. Mais tout cela reste à sa discrétion puisqu’au final, ce n’est pas l’auteur qui doit donner son approbation, mais bien l’éditeur.

Cependant, et depuis peu, l’avènement d’internet a apporté une nouvelle dimension au duo auteur-illustrateur. De plus en plus de petites communautés virtuelles apparaissent, mettant en contact les divers acteurs du monde de l’édition jeunesse. Des duos se forment directement par le biais de ces communautés et ainsi naît ce que l’on appelle un « projet d’album ».

Un projet d’album est un projet où l’auteur et l’illustrateur travaillent en étroite collaboration avant même de savoir si le texte sera édité. Il y aura alors échange afin que les deux personnes expriment leurs idées respectives sur le texte qui, lui, est déjà écrit et achevé. Ensuite, elles conviendront d’un nombre d’illustrations à faire (habituellement trois ou quatre, inutile de faire tout le projet) et une fois celles-ci terminées, ils démarcheront ensemble les maisons d’édition afin de soumettre leur projet.

Pourquoi un tel duo ? La mise en valeur. En associant leur talent respectif, l’auteur et l’illustrateur permettent à l’éditeur d’avoir une idée plus précise de ce que pourrait donner le projet une fois édité. Cela permet aussi de souligner les points forts du texte et l’habileté de l’illustrateur à rendre en images les mots. Une visibilité non négligeable dans le cas où les deux artistes débuteraient dans le monde de la littérature jeunesse. C’est une forme de séduction, en quelque sorte. Cependant, tous les éditeurs n’aiment pas recevoir des projets d’album. Certains préfèrent la bonne vieille méthode ; d’autres apprécient particulièrement cette nouvelle façon de démarcher.

Alors, maintenant que vous en savez un peu plus sur la collaboration auteur-illustrateur, je clorai cet article en vous laissant sur un duo-choc dont je suis particulièrement « fan ». Il s’agit de l’album d’Orianne Lallemand et de l’illustratrice Éléonore Thuillier. Comment résister à la bouille de ce pauvre loup qui voulait tellement changer de couleur ?

Honey

Le loup qui voulait changer de couleur – Éditions Auzou
Texte : Orianne Lallemand – Illustrations : Éléonore Thuillier

http://boutique.auzou.fr/le-loup-qui-voulait-changer-de-couleur.html

La littérature jeunesse

Littérature jeunesse… À quoi pensez-vous ? Harry Potter, Fascination et autres sagas palpitantes. Mais si je vous dis Pinocchio, Cendrillon, Comtesse de Ségur, Fables de la Fontaine, les frères Grimm, ça vous évoque quoi ?

Enfants, nous adorons feuilleter de petits albums mettant en vedette des personnages aussi loufoques qu’un chien bleu ou une tortue qui parle. Adultes, nous délaissons ces univers pour évoluer lentement vers des lectures plus complexes. En tant qu’auteurs, nous nous dirigerons, pour la plupart, vers des littératures qui s’adressent à un public adulte, sinon adolescent. Cependant, une toute petite minorité bifurque pour s’engager sur une autre voie. Celle de la littérature jeunesse, ou plus précisément, des albums pour les jeunes enfants.

Mais qui sont ces auteurs ? Pourquoi vouloir écrire des histoires d’apparence aussi simplistes ? Où sont les difficultés et le plaisir ? C’est ce que nous allons découvrir.

Une des croyances les plus repandues sur la littérature pour les jeunes enfants, c’est qu’il est facile d’écrire des histoires pour les tout-petits. Après tout, Oui-Oui va à l’école n’a rien du Seigneur des anneaux. Mais cette affirmation n’est pas tout à fait exacte.

La vocation première d’un album pour enfants est pédagogique. Chaque histoire raconte quelque chose. Elle enseigne et consolide un apprentissage complexe. Tant pour l’apprentissage de l’alphabet que pour la gestions des émotions. En gros, elle prépare le tout-petit aux différentes situations de la vie. Elle aide les parents en tant que ressource et tout ça, avec subtilité, évitant à tout prix d’être moralisatrice.

La difficulté première de l’écriture pour enfants se résume en grande partie dans le ton et les mots choisis. Des termes simples, précis, sans fioritures sont à privilégier. Le tout, sans tomber dans l’ennui. L’art des histoires pour enfants réside surtout dans l’originalité du texte. Il doit faire appel à l’imagination, la créativité et la sensibilité de l’enfant. Et pour ça, l’auteur doit lui-même faire appel à sa propre émotivité. Il doit savoir se mettre au niveau de compréhension d’un petit de trois, quatre ou six ans. Et surtout, surtout, il doit avoir conservé lui-même son cœur d’enfant.

La deuxième vocation d’un livre pour enfants – et il est inutile d’extrapoler longtemps sur le sujet – c’est le plaisir de lire. Et ça, ça commence très jeune !

Alors, revenons aux questions posées précédemment, à savoir qui sont ces auteurs jeunesse ? Ce sont ceux qui préparent votre public de demain. Les difficultés ? Elles ont été abordées plus haut. Le plaisir ? Probablement celui d’enseigner et de partager.

Et maintenant, je vous pose la question : êtes-vous prêts à explorer avec moi les diverses facettes de cet univers ? Je l’espère car je vous réserve bien des surprises. En attendant, je vous laisse sur la présentation d’un album jeunesse et je vous parlerai, la prochaine fois, du duo auteur-illustrateur.

À très bientôt,

Honey


Doux comme un souvenir – Éditions Balivernes
Auteur et illustratrice : Cathy Delanssay


Résumé :

Annie est une petite fille qui grandit et qui va déménager. Juste avant de partir, elle retourne pour une dernière fois sur les lieux qui l’ont vue grandir. Elle se rappelle tous ces petits événements, que nous avons nous-mêmes vécus pour la plupart et que les enfants d’aujourd’hui et de demain vivent et vivront encore. Apprendre à nager, découvrir le sapin de Noël, chercher les œufs de Pâques, autant de moments à chérir toute une vie, autant de souvenirs tout doux, qui nous aident à grandir et que l’on garde toute sa vie avec soi.