Morceaux choisis

L’ambiance est aux fouilles dans les cimetières, et chez nous aussi, les disparus ne dorment que d’un œil. Nous avons enfilé nos gants, chaussé nos bottes et exploré les tréfonds les plus obscurs de Fictions Plume d’Argent pour vous offrir une farandole de textes : voici la seconde vie des participations à nos divers concours halloweenesques !

 

 

Concours Halloween 2009 : Le Carillonneur, de Shaoran

La contrainte était d’introduire dans la nouvelle les mots : carillon, froid, drap, attitude

La douce mélopée d’un carillon me parvint par delà la porte. Serait-ce déjà mes invités, avec une telle avance ? Personne à la porte, personne aux alentours, je suis seule. Encore. Voilà une semaine que cela dure, ce suave cliquètement se fait entendre à la moindre occasion toujours plus proche, toujours plus envoutant. Mais, j’ai décidé de l’ignorer, sans doute est-ce une mauvaise blague de quelque voisins. En effet, tous le quartier sait que je suis une vrai chiffe-molle et que me faire peur est un jeu d’enfants. Pourtant, cela devient de plus en plus dur de lui résister, cette singulière musique m’appelle. J’ai peur. Un coulis d’air froid s’engouffre à l’intérieur et vient me chatouiller le bas de la nuque.

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Concours Halloween 2010 : Ouvre la porte…, de Nascana

En partenariat avec les Éditions du Petit Caveau. Le thème était : le soir d’Halloween, un petit garçon ou une petite fille ouvre la porte de son placard…

Au début tout était flou, puis peu à peu, il distingua l’endroit familier. La large pièce plongée dans le noir, à tel point qu’il ne savait où elle commençait et où elle s’arrêtait. Seule lui faisait face la porte simple de l’armoire. En bois clair, elle possédait une petite poignet ronde qui semblait le narguer.

Il fallait se décider à agir. Il était lui, même s’il possédait un corps d’enfant. Contre son cou, il ressentit la présence de la cape. Sa tenue était invariablement la même.

Jonathan fit un pas vers la porte, elle se rapprocha dangereusement. Mais il ne pouvait pas se permettre de renoncer. Tous ses progrès lui revinrent en mémoire, il touchait au but. Il lui suffisait juste de faire preuve d’un minimum de courage. Ouvrir la porte…

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Speedwriting de la fête des Morts 2012 : Sur la route, d’Elka

Le thème était : l’autoroute

Il se pencha rapidement pour se gratter le mollet mais remonta bien vite se concentrer sur la vitre qui – enfin – montrait autre chose qu’un décor en ombres chinoises. Des habitations commençaient à se dessiner, par groupements ou isolée, brillants comme des phares dans la nuit tombée. Ça, Tate adorait ; ces petites torches qui trouaient les ténèbres. Y’avait qu’en voiture, pendant la nuit, qu’on voyait ça !

C’était son genou qui le grattait maintenant, et il avait des fourmis dans les jambes. Il imita la position d’Ellie, les paupières lourdes. Finalement il allait peut-être s’endormir sur la route pour la première fois. Ça le démangeait vraiment par contre. Il souleva la jambe de son pantalon, ne distinguant bien sûr rien du tout dans le noir, et commença à frotter sa peau. C’était poisseux.

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Concours Halloween 2013 :  Influences, de Aranck

Le thème était : la lune

 La lumière ne revient toujours pas. Je n’aime pas le noir. Je regarde par la lucarne la grosse Lune ronde et épanouie. Placide et lointaine, elle semble indifférente aux agitations terrestres. Alors que je me rassure sous sa clarté, un nuage, immense, épais et sombre, glisse majestueusement devant elle et absorbe toute trace de lumière. Cette fois, il fait complètement nuit. Je me penche par la lucarne et distingue à peine le perron de l’escalier. Soudain, Samuel apparaît dans mon champ de vision, il court, tourne sur lui-même, lève les yeux vers la lucarne. Vite, je rentre la tête à l’intérieur.

« Mais qu’est-ce qu’il fiche dehors, à tourner comme un beau diable ? »

Son attitude m’inquiète vraiment. Depuis quelques jours, je ne l’ai jamais vu si nerveux, si prêt à bondir à la moindre remarque de ma part. Je décide de descendre et de l’attendre dans la cuisine.

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Concours Jour des Morts 2014 : Où l’inspiration vient bien en dormant, de Rimeko

Le thème était : horreur et comédie

Avant que ma raison puisse tenter d’analyser toutes ces bizarreries passablement effrayantes, la sorcière se tourne vers moi et un rictus dévoile ses chicots, jaunâtres bien évidemment. Je m’attends tellement à un « Oh, voilà l’ingrédient manquant de ma recette ! » que je crois même entendre ces mots.

– Tous ces stéréotypes te montent à la tête.

– Pourquoi tu me regardes comme ça ? m’apostrophe la vieille femme. J’ai un bouton sur le nez ?

Je me retiens de répondre « oui ». Je ne suis pas – encore – suicidaire.

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Pot-pourri (poil au zombie)

Vous n’avez jamais fait votre baptême de la peur et vous ne savez pas par quoi commencer ? Le PAen d’Halloween est là pour ça ! Danette, Elka et Eryblack vous ont concocté un menu des livres, des films et des séries incontournables pour perdre votre innocence et ne plus jamais, ô grand jamais, dormir sur vos deux oreilles.

Bonne nuit les petits !

 

 

Livres

Les Maudits par Edith Kabuya (3 tomes, édité chez BlackMoon)

Ce que Vince m’a fait, la nuit où il m’a sauvée ?
Je ne saurais vous l’expliquer.
Je peux toutefois jurer de deux choses :
1 – Je n’ai pas que frôlé la mort : j’étais morte.
2 – En me ramenant à la vie, Vince a fait de moi une Maudite.
Hantée par le Monde des Morts à jamais.
– Elka + Danah

Simetierre par Stephen King

Louis Creed, son épouse Rachel, sa fille Ellie et son fils Gage ont quitté Chicago pour emménager à Ludlow, petite bourgade du Maine. Ils s’installent dans une belle maison que Louis vient d’acheter. Louis, médecin, vient de trouver un travail à l’université voisine. Il fait la connaissance de Judson Crandall, son voisin octogénaire qui deviendra son meilleur ami. Au cours d’une promenade, Judson fait découvrir à la famille Creed le « Simetierre », un cimetière d’animaux où des générations d’enfants ont enterré leur animal de compagnie préféré.
– Elka

Films

Ça – Il est revenu (1990) film de Tommy Lee Wallace, adapté du roman de Stephen King
Une créature sans nom, Ça, répand la terreur et la mort dans la petite ville de Derry. Jusqu’à ce qu’une bande d’enfants mette fin aux agissements du monstre. Trente plus tard, les sept amis se réunissent à Derry : Ça est revenu…
– Elka

Rec (2008) réalisé par Paco Plaza et Jaume Balagueró
Dans le cadre de son émission, une journaliste suit le travail des pompiers durant toute une nuit. Ils se retrouvent dans un immeuble, pour venir en aide à une vieille dame, quand celui-ci est soudain mis en quarantaine.
– Elka

It follows (2015) réalisé par David Robert Mitchell
On raconte que la créature peut prendre n’importe quelle forme pour troubler votre vigilance. Elle avance inlassablement dans votre direction jusqu’à vous attraper.
– Elka

Alien, le huitième passager (1979) réalisé par Ridley Scott
Le vaisseau commercial Nostromo et son équipage, sept hommes et femmes, rentrent sur Terre avec une importante cargaison de minerai. Mais lors d’un arrêt forcé sur une planète déserte, l’officier Kane se fait agresser par une forme de vie inconnue, une arachnide qui étouffe son visage.
Après que le docteur de bord lui retire le spécimen, l’équipage retrouve le sourire et dîne ensemble. Jusqu’à ce que Kane, pris de convulsions, voit son abdomen perforé par un corps étranger vivant, qui s’échappe dans les couloirs du vaisseau…
– Danah

Rosemary’s baby (1968) réalisé par Roman Polanski
Malgré les conseils de leur vieil ami Hutch, Guy Woodhouse et sa jeune femme, enceinte, s’installent dans un immeuble new-yorkais vétuste, considéré par leur ami comme une demeure maléfique. Aussitôt, leurs voisins, Minnie et Roman Castevet, vieux couple d’Europe centrale, imposent leur amitié et leurs services. Si Guy accepte facilement ce voisinage, Rosemary s’en inquiète…
– Danah

Ring (1998) réalisé par Hideo Nakata / Le cercle (2002) réalisé par Gore Verbinski
Lorsque sa nièce trouve la mort foudroyée par la peur une semaine après avoir visionné une mystérieuse cassette vidéo, Rachel Keller, une journaliste de Seattle, décide d’enquêter sur ce fameux enregistrement. Aidée de son ex-mari Noah, elle découvre que cette cassette est porteuse d’une étrange malédiction : quiconque la visionne est condamné à périr dans de terribles circonstances.
Rachel prend tout de même le risque de regarder l’enregistrement. Le téléphone sonne alors, le décompte mortel s’enclenche : la jeune femme ne dispose plus que de sept jours pour sauver sa vie et celle de son fils. Sept jours pour tenter de déjouer le sortilège du Cercle…
– Danah

Les Autres (2001) réalisé par Alejandro Amenábar
En 1945, dans une immense demeure victorienne isolée sur l’île de Jersey située au large de la Normandie, vit Grace, une jeune femme pieuse, et ses deux enfants, Anne et Nicholas. Les journées sont longues pour cette mère de famille qui passe tout son temps à éduquer ses enfants en leur inculquant ses principes religieux. Atteints d’un mal étrange, Anne et Nicholas ne doivent en aucun cas être exposés à la lumière du jour. Ils vivent donc reclus dans ce manoir obscur, tous rideaux tirés.
Un jour d’épais brouillard, trois personnes frappent à la porte du manoir isolé, en quête d’un travail. Grace, qui a justement besoin d’aide pour l’entretien du parc ainsi que d’une nouvelle nounou pour ses enfants, les engage. Dès lors, des événements étranges surviennent dans la demeure…
– Danah

28 jours plus tard (2004) réalisé par Danny Boyle
Un commando de la Protection Animale fait irruption dans un laboratoire top secret pour délivrer des dizaines de chimpanzés soumis à de terribles expériences. Mais aussitôt libérés, les primates, contaminés par un mystérieux virus et animés d’une rage incontrôlable, bondissent sur leurs « sauveurs » et les massacrent.
28 jours plus tard, le mal s’est répandu à une vitesse fulgurante à travers le pays, la population a été évacuée en masse et Londres n’est plus qu’une ville fantôme. Les rares rescapés se terrent pour échapper aux « Contaminés » assoiffés de violence. C’est dans ce contexte que Jim, un coursier, sort d’un profond coma…
– Danah

The Grudge (2004) réalisé par Takashi Shimizu
Dans ce qui paraît être une paisible maison de Tokyo se cache l’un des fléaux les plus épouvantables qui soient. Quiconque franchit le seuil de la demeure est aussitôt frappé par une malédiction qui ne tardera pas à le tuer dans un sentiment d’indicible rage.
Alors que le nombre de victimes augmente, une jeune Américaine, Karen, se trouve brutalement confrontée à l’horreur de cette réalité. Pour elle, il n’est désormais plus temps d’ignorer ou de fuir, il faut comprendre pour avoir une chance de survivre…
– Danah

World War Z (2013) réalisé par Mark Forster (adapté du roman de Max Brooks)
Un jour comme les autres, Gerry Lane et sa famille se retrouvent coincés dans un embouteillage monstre sur leur trajet quotidien. Ancien enquêteur des Nations Unies, Lane comprend immédiatement que la situation est inhabituelle. Tandis que les hélicoptères de la police sillonnent le ciel et que les motards quadrillent les rues, la ville bascule dans le chaos. Les gens s’en prennent violemment les uns aux autres et un virus mortel semble se propager. Les êtres les plus pacifiques deviennent de redoutables ennemis. Or, les origines du fléau demeurent inconnues et le nombre de personnes infectées s’accroit tous les jours de manière exponentielle : on parle désormais de pandémie. Lorsque des hordes d’humains contaminés écrasent les armées de la planète et renversent les gouvernements les uns après les autres, Lane n’a d’autre choix que de reprendre du service pour protéger sa famille : il s’engage alors dans une quête effrénée à travers le monde pour identifier l’origine de cette menace et trouver un moyen d’enrayer sa propagation.
– Ery

Comédies – mais dégueu quand même

Shaun of the dead (2004) réalisé par Edgar Wright
À presque 30 ans, Shaun ne fait pas grand-chose de sa vie. Entre l’appart qu’il partage avec ses potes et le temps qu’il passe avec eux au pub, Liz, sa petite amie, n’a pas beaucoup de place. Elle qui voudrait que Shaun s’engage, ne supporte plus de le voir traîner. Excédée par ses vaines promesses et son incapacité à se consacrer un peu à leur couple, Liz décide de rompre. Shaun est décidé à tout réparer, et tant pis si les zombies déferlent sur Londres, tant pis si la ville devient un véritable enfer. Retranché dans son pub préféré, le temps est venu pour lui de montrer enfin de quoi il est capable…
– Danah

Zombieland (2009) réalisé par Ruben Fleischer
Dans un monde infesté de zombies, deux hommes tentent de survivre. Columbus, le plus jeune, est terrorisé à l’idée d’être dévoré. C’est une poule mouillée, mais sa prudence pourrait bien lui sauver la vie… Tallahassee, lui, est un chasseur de zombies qui ne craint plus rien ni personne. Armé d’un fusil d’assaut, il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui : trouver les derniers exemplaires de ses biscuits préférés, des Twinkies, encore disponibles sur Terre.
Dans leur périple, les deux survivants sont rejoints par Wichita et Little Rock, deux jeunes filles. Tous ont désormais deux défis impossibles à relever : affronter les zombies et apprendre à s’entendre…
– Danah

Séries TV

The Walking Dead (2010) créée par Frank Darabont, adaptation de la bande dessinée de Robert Kirkman
Après une apocalypse ayant transformé la quasi-totalité de la population en zombies, un groupe d’hommes et de femmes mené par l’officier Rick Grimes tente de survivre… Ensemble, ils vont devoir tant bien que mal faire face à ce nouveau monde devenu méconnaissable, à travers leur périple dans le Sud profond des États-Unis
– Elka + Danah

Fear the Walking Dead (2015) créée par Dave Erickson, Robert Kirkman
Prequel de The Walking Dead

American Horror Story (2011) créée par Brad Falchuk et Ryan Murphy
A chaque saison son histoire :

Saison 1 – Murder House
La famille Harmon, composée d’un psychiatre pervers, de sa femme meurtrie et de leur fille satanique, s’installe dans un manoir… hanté, après l’adultère du père et la fausse couche de la mère. Les esprits rôdent et sont bien décidés à les torturer, afin de les confronter à leurs plus grandes peurs…

Saison 2 – Asylum
En 1964, Sœur Jude dirige d’une main de fer la clinique psychiatrique de Briarcliff aux alentours de Boston jusqu’à ce que les patients, qui font l’objet d’expérimentations secrètes et particulièrement cruelles, se rebellent contre l’autorité en place. L’arrivée d’un nouvel élément perturbateur, surnommé « Bloody Face » et dont on dit qu’il a décapité et dépecé trois femmes, dont sa petite amie, entraîne une escalade de violence…

Saison 3 – Coven
300 ans après la fameuse chasse aux sorcières de Salem, une poignée de survivantes doit faire face à l’extinction tout en protégeant leur secret. A la Nouvelle-Orléans, une école spécialisée accueille les plus jeunes sorcières dont Zoé, une jeune fille qui cache un lourd secret. Fiona, qui s’est longtemps absentée de la ville, refait son apparition pour protéger leur existence.

Saison 4 – Freak Show
Les coulisses d’une troupe de forains dans l’Amérique profonde des années 1950.

Saison 5 – Hotel
Drames et cauchemars dans un mystérieux hôtel de Los Angeles.
– Elka

The Strain (2014) créée par Guillermo del Toro et Chuck Hogan, adaptation de leurs romans
Lorsqu’un Boeing 777 atterrit à l’aéroport new yorkais JFK sans qu’aucun signe de vie n’en émane, Eph Goodweather, un scientifique spécialisé dans les épidémies et les attaques biologiques, est dépêché sur les lieux. A l’intérieur de l’avion, il découvre que tous les passagers sont morts, probablement tués par un étrange virus ou… un monstre non identifié.
– Elka

Les Revenants (2012) créée par Fabrice Gobert
Dans une ville de montagne dominée par un gigantesque barrage, le même jour, plusieurs personnes d’âges et de milieux différents, toutes désorientées, cherchent à rentrer chez eux. Ils ne savent pas encore qu’ils sont morts depuis plusieurs années, qu’ils n’ont pas vieilli et que personne ne les attend. Déterminés à reprendre une place qui n’existe plus, ils découvrent peu à peu qu’ils ne sont pas les seuls revenants et que leur retour s’accompagne de dérèglements croissants. Et si ce n’était que le début d’un bouleversement plus majeur encore ?
– Elka

Halloween, les origines

Coucou les plumes,

 

Quand arrive la fin du mois d’octobre, la nature se pare de ses couleurs flamboyantes tandis que les cimetières se colorent de dizaines de petites lanternes. C’est le moment d’Halloween. Cette fête dont les coutumes horrifiques sont bien connues de tous, et pourtant, savez-vous d’où elle vient ? Dans cet article hors-série, je vous propose de remonter aux origines de l’Halloween.

 

La croyance populaire lui attribue une origine celtique, lointain héritage de la commémoration de Samhain, fête païenne qui célébrait la fin des moissons. Fêtée le 31 octobre depuis environ 2500 ans, elle marquait la fin de l’année calendaire celte.

Les réjouissances duraient sept jours. Les trois premiers visaient à célébrer la clôture de l’année écoulée. Venait ensuite Samhain, une journée qui n’appartenait ni tout à fait à l’an passé, ni tout à fait à l’an à venir. Notre monde entrait en communion avec le Sidh, autrement appelé monde des esprits et lors de cette journée hors du temps, les druides pouvaient communiquer avec les démons et les dieux. Ils priaient alors leurs divinités pour les remercier des récoltes et quémander leur protection pour l’hiver. Durant cette cérémonie, dont le but était de s’assurer que l’année à venir serait placée sous le signe de la prospérité, ils éteignaient leur feu de cheminée avant de se rassembler autour du feu de l’autel. Ce foyer sacré était lui-même mis en sommeil pour dissuader l’intrusion des mauvais esprits. Une fois la cérémonie terminée, chacun rentrait chez lui, emportant dans un navet, un rutabaga (ou chez les Américains, une citrouille) les braises du feu sacré pour raviver leur propre cheminée. Ainsi, ils espéraient protéger leur maison des dangers. Les trois jours suivant célébraient l’avènement de la nouvelle année.

Par la suite, la colonisation romaine, puis le christianisme provoquèrent la disparition de Samhain au profit de la Toussaint encore commémorée actuellement. Si les coutumes païennes ont longtemps disparu de certaines contrées, il est des territoires celtes comme l’Irlande, l’Ecosse ou encore le Pays de Galles, qui ne s’en sont jamais débarrassées. Et Samhain devint Halloween, qui est une contraction de l’expression anglaise « All Hallow’s Eve » que l’on peut traduire par la veille de tous les saints, autrement dit la veille de la Toussaint. Ce folklore a été exporté aux Etats-Unis en même temps que les nombreux émigrants irlandais victimes de la famine, avant de revenir nous « hanter », rapportée par lesdits Américains. Ces derniers cependant préférèrent tailler leurs visages dans des citrouilles, plus faciles à sculpter que les navets.

Si la tradition n’a plus de commune mesure avec la fête de Samhain, il est resté de coutume (surtout en Irlande, Ecosse et Pays de Galle) d’installer une citrouille sculptée d’un visage grimaçant et illuminée par une bougie devant sa porte pour effrayer les mauvais esprits.

 

Cependant, si de nos jours, tout le monde connait bien cette coutume, ce n’est pas tant à cause de la tradition celte de Sahmain, qu’à cause de la légende irlandaise de Jack-o-lantern. Cet ivrogne cruel et rusé, capable de battre le diable à son propre jeu plusieurs fois. Un soir, alors qu’il était dans une taverne, le diable lui apparut et lui réclama son âme. Jack demanda alors au diable de lui offrir à boire, un dernier verre avant de partir pour l’enfer. Le diable accepta et se transforma en pièce de six pence. Jack la saisit et la plaça immédiatement dans sa bourse. Cette dernière ayant une serrure en forme de croix, le diable ne put s’en échapper. Finalement, Jack accepta de libérer le diable, à condition que ce dernier lui accorde dix ans de plus à vivre. Dix ans plus tard, Jack fit une autre farce au Diable, le laissant en haut d’un arbre (sur lequel il avait gravé une croix grâce à son couteau) avec la promesse qu’il ne le poursuivrait plus. Lorsque Jack mourut, l’entrée au paradis lui fut refusée, et le diable refusa également de le laisser entrer en enfer. Jack réussit néanmoins à convaincre le diable de lui donner un morceau de charbon ardent afin d’éclairer son chemin dans le noir. Il plaça le charbon dans un navet creusé en guise de lanterne et fut condamné à errer sans but, jusqu’au jour du jugement dernier. Il fut alors nommé Jack à la lanterne. Il réapparaît chaque année, le jour de sa mort, à Halloween.

Durant cette fête de l’Halloween, outre les chandelles dans les navets, les pauvres et les enfants frappaient également aux portes, promettant aux gens de la maisonnée de prier pour leurs défunts, en échange d’un morceau de cake que l’on surnomma bien vite le « soul cake ». De cette tradition, naquit le très célèbre « trick or treat », bien connu et largement pratiqué de nos jours.

 

Voilà, maintenant vous savez tout des origines de cette fête. Mais avant de conclure, faisons un tour d’horizon de ses célébrations à travers le monde.

  • L’Irlande, l’Ecosse et le Pays de Galles, bien sûr fêtent massivement l’Halloween.
  • Hawaï, organise de petites excursions horrifiques en barque sur le lagon.
  • Les USA et le Canada, évidemment, célèbrent l’Halloween qui est la seconde fête plus rentable de leur histoire directement après Noël. C’est dire l’importance qu’elle revêt pour nos amis outre-Atlantique.
  • Les Mexicains, eux, ne pratiquent pas l’Halloween, mais la Toussaint.
  • La Transylvanie, contrée roumaine, fief imaginaire du comte Dracula fête également l’événement comme il se doit. Bals costumés, chasses aux sorcières, les Carpates se parent de leurs plus sanguinolents atours.
  • L’Algérie ne fête pas à proprement parler Halloween, mais célèbrent un jour marqué par les « bonbons et les monstres »
  • Nos amis asiatiques, non plus, ne connaissent pas Halloween, pour autant, les chinois célèbrent la fête des fantômes quand les japonais fêtent l’O-bon. Autrement dit, la fête des morts.
  • Les Espagnols, ainsi que les Portugais quant à eux célèbrent la fête des châtaignes, inspirée d’anciens rituels funéraires.

 

Ainsi se termine cet article, sur les origines d’Halloween. J’espère qu’il aura su éclairer quelque peu votre lanterne. Et je vous dis à bientôt pour un nouvel article.

 

 

Horrifiquement vôtre,

Shao.

Les maîtres de l’horreur (3)

Tim Burton

Réalisateur, scénariste et producteur américain, Tim Walter Burton naît le 25 août 1958 à Burbank en Californie. Enfant, il est plutôt solitaire, passant une bonne partie de son temps dans les salles obscures où il découvrira de nombreux films de monstres tel que Godzilla ou Frankenstein (qui l’influenceront sans nul doute !).


Doué pour le dessin, il est embauché par les studios Disney en 1979. Il travaille sur les concepts de plusieurs dessins-animés (dont, croyez-le ou non, Rox et Rouky !) mais, malheureusement, ses idées ne correspondent pas à celles des studios et sont souvent rejetées. Même ses propres cours-métrages qu’il réalise à l’époque (Vincent et Frankenweenie) ne reçoivent pas l’accord de la direction pour être distribués. Il quitte la maison Disney en 1984.


La chance finit par tourner un an plus tard lorsqu’il décroche un contrat avec la Warner Bros. pour réaliser Pee-Wee Big Adventure. Trois ans après, il sera désigné pour réaliser Beetljuice (un personnage de son invention) et, à partir de là, s’ensuit la carrière qu’on lui connaît, jalonnée de nombreux succès cinématographiques (tels qu’Edward aux Mains d’Argent, Mars Attacks !, Big Fish ou, plus récemment, Dark Shadows pour n’en citer que quelques uns).

Quand on pense à Tim Burton, on l’associe le plus souvent aux univers de l’horreur et du fantastique. Toutefois, il entretien un lien particulier avec ces genres et possède une « patte » bien reconnaissable.
Si le concept de la mort est effectivement souvent présent dans ses œuvres, il n’est pas présenté de manière sombre et amère mais plutôt drôle, pleine de joie, de poésie.. et même de vie ! La mort n’est pas vécue comme une fatalité mais, au contraire, comme un commencement. Et même, souvent, comme l’occasion de s’amuser : pensez au contraste détonnant entre les vivants et les morts dans Les Noces Funèbres !
En jouant ainsi avec la mort, en la représentant sous un aspect humoristique et parfois même en la tournant au ridicule, Burton nous la rend plus familière et nous permet de mieux apprivoiser ce sujet encore parfois tabou. Bien loin de la vision sombre et triste que nous imaginons aisément, il nous propose une image plus proche de la vision traditionnelle mexicaine de la fête des morts (magnifiquement représentée dans La légende de Manolo.. qui n’est certes pas un de ses films mais que je vous conseille très fortement malgré tout !).

Ainsi, même si ce grand monsieur a pu (et peut encore) donner l’impression d’être en décalage avec les « normes cinématographiques » en vigueur, il s’est montré suffisamment persévérant pour poursuivre ses idées envers et contre tout et finalement s’imposer comme un maître du genre.

Sa filmographie est riche de nombreux succès et, bien que cette tâche se soit révélée ardue pour une grande fan telle que moi, je vous propose une sélection de ses œuvres qui se rattachent le plus au thème d’Halloween et de l’horreur en général. Excellente (re)découverte !

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1 – Beetlejuice

Synopsis : Adam et Barbara Maitland, un couple de jeune mariés heureux, meurent stupidement d’un accident de la route en ayant voulu éviter un chien. Ils deviennent des fantômes incapables de sortir de leur maison, alors que de nouveaux et insupportables propriétaires, les Deetz, s’y installent.
Devant leurs efforts infructueux pour chasser ces derniers, et malgré leur complicité avec Lydia, la mélancolique fille des Deetz, ils font appel à Betelgeuse (plus facilement prononçable et reconnaissable sous le nom de Beetlejuice), un « bio-exorciste » fantôme, excentrique et imprévisible.

Avis : Un film complètement barré ! Ici, le concept de la mort est tourné à la dérision totale : ce sont des vivants qui hantent une maison et les fantômes des précédents propriétaires vont tout tenter pour les chasser. Certes, ça date un peu et ça se voit particulièrement avec les effets spéciaux mais je trouve que ça ajoute encore plus au comique et au ridicule de la situation. Bref, rien n’est à prendre au sérieux, vous n’avez plus qu’à prendre votre pied !

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2 – Sleepy Hollow

Synopsis : New York 1799. Ichabod Crane, enquêteur de la brigade criminelle, tente d’imposer tant bien que mal de nouvelles méthodes d’investigations scientifiques au sein de la police. Afin de lui permettre de les expérimenter, il est envoyé dans un petit village de campagne du nom de Sleepy Hollow pour y enquêter sur une série de meurtres par décapitation. Dans cette bourgade brumeuse et solitaire, les habitants sont persuadés que les meurtres sont l’œuvre du Cavalier Sans Tête, fantôme hantant la région depuis deux décennies.
D’abord sceptique, Ichabod Crane va voir son assurance flancher après avoir constaté que le Cavalier Sans Tête est bien réel et qu’une terrible machination entoure ses meurtres.

Avis : Un film très sombre, avec une atmosphère brumeuse qui faire froid dans le dos. Un petit village perdu, une forêt lugubre, de sinistres secrets… il y a indéniablement plus d’un mystère à résoudre dans cet univers tordu. Saurez-vous démasquer le coupable ?

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3 – Sweeney Todd

Synopsis : Après des années de bagne, le barbier Benjamin Barker revient dans la ville de Londres, où il vivait autrefois avec sa femme et sa fille. Se prénommant maintenant Sweeney Todd, il est bien décidé à obtenir vengeance auprès de celui qui les lui a enlevés : le Juge Turpin, puissant et respecté magistrat. Avec l’aide de Mrs. Lovett, vendeuse de tourtes plus que douteuses installée dans son ancien appartement, Sweeney Todd va refaire commerce de ses talents de barbiers d’une bien sanglante manière, jusqu’à ce que justice soit faite.

Avis : Je n’ai vu ce film qu’une fois mais je m’en souviens encore. L’atmosphère lugubre de la ville, les chansons à l’humour noir (oui, c’est un film musical) et les étranges manigances orchestrées dans l’ombre.

Si vous n’êtes pas hématophobiques et que vous avez envie d’entendre Johnny Depp pousser la chansonnette, foncez ! Mais, sachez une chose… vous ne verrez plus jamais les tourtes à la viande de la même manière !

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4 –Frankenweenie

Synopsis : Dans la petite ville de New Holland, le jeune Victor Frankenstein, passionné de science et de cinéma, va voir sa vie basculer le jour où son chien Sparky se fait renverser par une auto. Privé de son meilleur ami, Victor va tenter l’impossible : ramener son chien à la vie grâce à ses connaissances en sciences, inculquées par son nouveau professeur.  L’expérience est un succès et les deux amis sont réunis. Mais un tel secret ne peut rester dans l’ombre et les camarades de classes de Victor, prétentieux et opportunistes, vont tenter à leur tour de ramener leurs compagnons morts à la vie…

Avis : Un très joli film d’animation avec de nombreuses références et clins d’œil à Frankenstein et Van Helsing notamment. Entièrement en noir et blanc, avec des personnages aux physiques indéniablement « burtonnien », c’est l’histoire d’une amitié plus forte que tout qui vous fera à la fois rire et pleurer !

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5 – L’Étrange Noël de Monsieur Jack / The Nightmare Before Christmas

Synopsis : Dans la ville d’Halloween, le terrifiant Jack Skellington est le citoyen le plus adulé par les habitants qui n’ont d’yeux que pour son splendide sens du macabre. Mais Jack se lasse de son aura d’être le plus effrayant du monde. Tellement malheureux qu’il ne voit pas l’attention que lui porte Sally, poupée de chiffon aux griffes du savant fou local. Mais la vie de Jack bascule lorsqu’en errant dans les bois, il tombe accidentellement sur la ville de Noël. Terriblement excité par tout ce qu’il y découvre, Jack revient à Halloween avec la ferme intention d’organiser lui-même la fête de Noël cette année.

Avis : C’est enfant que j’ai eu le plaisir de voir ce film pour la première fois sur grand écran (dans un club de cinéma pour les 6 – 12 ans) et, déjà à l’époque, il m’avait complètement fascinée. Quelle belle surprise de découvrir un univers certes sombre et composé d’étranges créatures, mais surtout poétique, festif et drôle ! Même après tout ce temps, les chansons qui le jalonnent (orchestrées par l’excellent Danny Elfman) sont inoubliables.

Aujourd’hui encore, c’est pour moi LE film d’Halloween par excellence et je ne me lasse jamais de le revoir encore et encore !

Pour celles et ceux qui l’ignorent, il s’agit d’un film d’animation réalisé en stop-motion (procédé en image par image) non pas par Monsieur Burton mais par Henry Selick (réalisateur, entre autre, du magnifique et inquiétant Coraline). Toutefois, c’est majoritairement Tim Burton qui était aux commandes : initiateur, producteur, sans compter l’histoire et l’univers graphique qui lui appartiennent également.

A l’origine, le film est l’adaptation d’un poème de Tim Burton (il dit lui-même en avoir eu l’idée après être passé devant la vitrine d’un magasin où les décorations d’Halloween étaient en train de laisser place à celles de Noël).

Un poème dont je souhaitais partager avec vous les paroles (et leur traduction) ainsi qu’une vidéo issue des bonus du DVD où les vers (lus par l’inoubliable et légendaire Christopher Lee) se mêlent aux croquis de Burton.

Paroles en anglais : http://www.tim-burton.net/1982/01/nightmare-before-christmas-le-poeme-original/

En français : retranscrites par moi-même via la vidéo du DVD

Poème (lien vidéo) : https://www.youtube.com/watch?v=XbPCwc_Cdz0

 

It was late one fall in Halloweenland,

and the air had quite a chill

Against the moon a skeleton sat,

alone upon a hill

 

Il était tard un soir d’automne au pays d’Halloween,

Et il ne faisait pas bien chaud

Face à la lune un squelette était assis,

Seul sur un coteau

 

He was tall and thin with a bat bow tie ;

Jack Skellington was his name

He was tired and bored in Halloweenland

Everything was always the same

 

Grand et mince, il portrait une chauve-souris pour nœud papillon ;

Jack Skellington, tel était son nom

Il s’ennuyait beaucoup au pays d’Halloween

Rien ne changeait jamais

 

I’m sick of the scaring, the terror, the fright.

I’m tired of being something that goes bump in the night.

I’m bored with leering my horrible glances,

And my feet hurt from dancing those skeleton dances.

I don’t like graveyards, and I need something new.

There must be more to life than just yelling, ‘Boo!’”

 

J’en ai assez de la peur, l’effroi et la terreur.

J’en ai marre d’être un craquement dans le noir.

Mon œil noir n’en peut plus de lorgner,

Et ces danses de squelettes finissent par me faire mal aux pieds.

Je n’aime plus les cimetières, ça manque d’ardeur.

Il doit y avoir autre chose dans la vie que de causer des frayeurs !”

 

Then out from a grave, with a curl and a twist,

Came a whimpering, whining, spectral mist

It was a little ghost dog, with a faint little bark

And a jack-o’-lantern nose that glowed in the dark.

It was Jack’s dog, Zero, the best friend he had,

But Jack hardly noticed, which made Zero sad.

 

Puis d’une tombe sortit en se tortillant,

Un nuage spectral pleurnichant et gémissant

Un petit chien fantôme, aux abois assez discrets,

Avec un nez luisant dans le noir tel un feu follet

C’était Zéro, le chien de Jack, son meilleur ami

Mais Jack le négligeait et Zéro en était tout contrit

 

All that night and through the next day,

Jack wandered and walked. He was filled with dismay

Then deep in the forest, just before night, Jack came upon an amazing sight

Not twenty feet from the spot where he stood, were three massive doorways carved in wood

He stood before them, completely in awe,

His gaze transfixed by one special door

Entranced and excited, with a slight sense of worry,

Jack opened the door to a white, windy flurry

 

Toute la nuit et la journée qui suivit,

Jack erra et marcha, anéanti. Le désarroi l’avait envahi

Puis, au fin fond de la forêt, au crépuscule, Jack vit une chose qui le rendit incrédule

A quelques pas de lui, tout près, se tenaient trois énormes portes de bois sculptées

Il resta là, bouche bée,

Son regard sur une des portes s’était fixé

Enchanté et excité, et quelque peu inquiet,

Jack ouvrit la porte, dans un courant d’air frais

 

Jack didn’t know it, but he’d fallen down

In the middle of a place called Christmas Town !

Immersed in the light, Jack was no longer haunted

He had finally found the feeling he wanted

 

Jack l’ignorait mais, comme tombé du ciel,

S’éleva devant lui un lieu nommé le pays de Noël !

Baigné dans la lumière, Jack n’était plus hanté

Il avait enfin trouvé le sentiment recherché

 

And so that his friends wouldn’t think him a liar,

He took the present filled stockings that hung by the fire

He took candy and toys that were stacked on the shelves

And a picture of Santa with all of his elves

He took lights and ornaments and the star from the tree,

And from the Christmas Town sign, he took the big letter C

 

Pour que ses amis sachent qu’il disait la vérité,

Il prit les souliers remplis près de la cheminée

Il prit les cadeaux et sucreries un à un

Et une photo du Père Noël avec ses lutins

Il prit les décorations, les guirlandes et l’étoile du sapin,

Et sur l’écriteau de la ville, la première lettre à portée de main

 

He picked up everything that sparkled or glowed

He even picked up a handful of snow

He grabbed it all, and without being seen,

He took it all back to Halloween

 

Il s’empara aussi de tout ce qui brillait

Et d’une poignée de neige qui scintillait

Il prit tout et, en sourdine,

Il ramena son butin à Halloween

 

Back in Halloween, a group of Jack’s peers

Stared in amazement at his Christmas souvenires

For this wondrous vision none were prepared.

Most were excited, though a few were quite scared !

 

A Halloween, Jack rassembla tous ses amis

Qui admirèrent les souvenirs de Noël tous ébahis

Aucun ne s’attendait à un tel spectacle

Ce fut l’excitation, mais aussi la débâcle !

 

For the next few days, while it lightninged and thundered,

Jack sat alone and obsessively wondered

Why is it they get to spread laughter and cheer

While we stalk the graveyards, spreading panic and fear ?

Well, I could be Santa and I could spread cheer !

Why does he get to do it year after year ?”

 

Les jours suivants, sous les éclairs et le tonnerre,

Jack resta seul et se demanda, très austère

Pourquoi peuvent-ils répandre le rire et le bonheur

Alors qu’on hante les cimetières, semant la terreur ?

Je pourrais être le Père Noël et répandre le bonheur !

Pourquoi est-ce lui qui, chaque année, a cet honneur ?”

 

Outraged by injustice, Jack thought and he thought

Then he got an idea

Yes. . . yes. . . why not !”

 

Indigné par cette injustice, Jack longtemps cogita

Puis il eut une idée

Mais oui… pourquoi pas !”

 

 In Christmas Town, Santa was making some toys

When through the din he heard a soft noise

He answered the door, and to his surprise,

He saw weird little creatures  in strange disguise

They were altogether ugly and rather petite

As they opened their sacks, they yelled, “Trick or treat !”

Then a confused Santa was shoved into a sack

And taken to Halloween to see mastermind Jack

 

Au pays de Noël, le Père Noël fabriquait des jouets

Quand il entendit, dans le brouhaha, un bruit léger

Il répondit à la porte et fut très étonné,

Car il vit d’étranges créatures bizarrement déguisées

Elles étaient franchement laides et riquiqui

Elles ouvrirent leurs sacs et crièrent, “Des bonbons ou la vie !”

Puis le Père Noël, tout perplexe, fut dans un sac enfoui

Et conduit à Halloween pour que Jack le vît

 

In Halloween everyone gathered once more,

For they’d never seen a Santa before

And as they cautiously gazed at this strange old man,

Jack related to Santa his masterful plan

 

A Halloween tout le monde à nouveau se réunit,

Car ils n’avaient jamais vu ce personnage de leur vie

Ils observèrent le vieux bonhomme très prudemment

Alors que Jack parla au Père Noël de son plan

 

 “My dear Mr. Claus, I think it’s a crime

That you’ve got to be Santa all of the time !

But now I will give presents, and I will spread cheer

We’re changing places I’m Santa this year

It is I who will say Merry Christmas to you !

So you may lie in my coffin, creak doors, and yell, ‘Boo !’  

And please, Mr. Claus, don’t think ill of my plan     

For I’ll do the best Santa job that I can”

 

Cher M. Noël, c’est tout à fait affligeant

Que vous ayez le rôle du Père Noël tous les ans !

Désormais, je donnerai des cadeaux et répandrai le bonheur

Echangeons nos rôles, cette fois, c’est mon heure

C’est moi qui vous souhaiterai Joyeux Noël à vous mon cher !

Prenez mon cercueil, faites craquer les portes et soyez austère

Je vous en prie M. Noël, ne soyez pas fâché

Car je suis votre remplaçant rêvé”

 

And though Jack and his friends thought they’d do a good job,

Their idea of Christmas was still quite macabre

They were packed up and ready on Christmas Eve day

When Jack hitched his reindeer to his sleek coffin sleigh

 

Même si Jack et ses amis pensaient bien faire,

Leur notion de Noël était assez macabre

Le jour du réveillon, Jack était paré pour son grand accueil

Il attacha son renne à un traîneau fait d’un cercueil

 

But on Christmas Eve as they were about to begin,

A Halloween fog slowly rolled in

Jack said, “We can’t leave; this fog’s just too think

There will be no Christmas, and I can’t be St. Nick”

 

Le soir du réveillon, alors qu’ils s’apprêtaient,

Un brouillard d’Halloween vint s’installer

Jack dit, “Avec ce brouillard, on ne partira pas

Il n’y aura pas de Noël, je ne pourrais être Saint-Nicolas”

 

Then a small glowing light pierced through the fog

What could it be ? It was Zero, Jack’s dog !

Jack said, “Zero, with your nose so bright,

Won’t you guide my sleigh tonight ?”

 

Mais une lueur jaillit dans ce brouillard importun

Qu’est-ce donc ? C’était Zéro, le petit chien !

Jack dit, “Zéro, ton nez est d’un tel éclat,

Accepterais-tu de nous ouvrir la voie ?”

 

And to be so needed was Zero’s great dream,

So he joyously flew to the head of the team

And as the skeletal sleigh started its ghostly flight,

Jack cackled, “Merry Christmas to all, and to all a good night !”

 

Zéro avait toujours rêvé d’avoir une utilité,

Et c’est avec joie qu’il prit la tête de l’équipée

Le traîneau fantomatique s’éleva dans la nuit,

Et Jack s’écria, “Joyeux Noël à tous et, à vous tous, bonne nuit !”

 

Twas the nightmare before Christmas, and all though the house,

Not a creature was peaceful, not even a mouse

The stockings all hung by the chimney with care,

When opened that morning would cause quite a scare !

The children, all nestled so snug in their beds,

Would have nightmares of monsters and skeleton heads

 

Ce fut l’étrange Noël de M. Jack et, toute la nuit,

Toutes les créatures s’agitèrent, jusqu’à la dernière souris

Les souliers furent posés au pied des cheminées

Qui, à leur découverte, allaient à coup sûr effrayer !

Les enfants, blottis dans leurs petits lits douillets,

Rêveraient de monstres et de squelettes laids

 

The moon that hung over the new-fallen snow

Cast an eerie pall over the city below,

And Santa Claus’s laughter now sounded like groans,

And the jingling bells like chattering bones

 

La lune se reflétait dans la neige à peine tombée

Et jetait un voile sinistre sur la ville ensommeillée

Le rire du Père Noël était devenu un grognement

Et les clochettes, des os claquant

 

And what to their wondering eyes should appear,

But a coffin sleigh with skeleton deer

And a skeletal driver so ugly and sick

They knew in a moment, this can’t be St. Nick !

 

Et ce qui apparut devant leurs yeux sceptiques,

Ce fut un traîneau en forme de cercueil avec un renne squelettique

Un squelette au volant si laid et frêle

Qu’ils surent tout de suite que ce n’était point le Père Noël !

 

From house to house, with a true sense of joy,

Jack happily issued each present and toy

From rooftop to rooftop he jumped and he skipped,

Leaving presents that seemed to be straight from a crypt !

Unaware that the world was in panic and fear,

Jack merrily spread his own brand of cheer

 

De maison en maison, le cœur enjoué,

Jack distribua gaiement chaque présent et jouet

De toit en toit, il sauta et bondit,

Distribuant des cadeaux d’une crypte tout droit sortis !

Inconscient de la panique et de la peur générale,

Jack répandit son genre de joie avec régal

 

He visited the house of Susie and Dave ;

They got a Gumby and Pokey from the grave

Then on to the home of little Jane Neeman ;

She got a baby doll possessed by a demon

 

Il s’arrêta chez Susie et Timothée ;

Qui reçurent des figurines exhumées

Puis chez la petite Jane Simon ;

Elle reçut une poupée possédée par le démon

 

A monstrous train with tentacle tracks,

A ghoulish puppet wielding an ax,

A man eating plant disguised as a wreath,

And a vampire teddy bear with very sharp teeth

 

Un train monstrueux aux rails tentaculaires,

Une hache brandie par une marionnette sanguinaire,

Une plante carnivore déguisée en guirlande,

Un ourson vampire aux dents très grandes

 

There were screams of terror, but Jack didn’t hear it,

He was much too involved with his own Christmas spirit !

Jack finally looked down from his dark, starry frights

And saw the commotion, the noise, and the light

 

Il y eut des cris de terreur, mais Jack n’entendit rien,

Car l’esprit de Noël et lui ne faisaient qu’un !

Jack sortit de sa rêverie passagère

Et vit l’agitation, le tapage et les lumières

 

Why, they’re celebrating, it looks like such fun !

They’re thanking me for the good job that I’ve done”

 

Ils font la fête, comme ils ont l’air de s’amuser !

Ils me remercient pour le bon travail que j’ai effectué”

 

But what he thought were fireworks meant as goodwill

Were bullets and missiles intended to kill

 

Mais ce qu’il prit pour des feux d’artifice de remerciement

Étaient en fait des balles et missiles de ressentiment

 

Then amidst the barrage of artillery fire,

Jack urged Zero to go higher and higher

And away they all flew like the storm of a thistle,

Until they were hit by a well guided missile

 

Au milieu de ce barrage de coups de feu tirés,

Jack dit à Zéro de plus en plus s’élever

Et ils s’envolèrent comme un orage de chardon,

Jusqu’à ce qu’ils soient touchés par un missile dans leur direction

 

And as they fell on the cemetery, way out of sight,

Was heard, “Merry Christmas to all, and to all a goodnight”

 

Quand ils tombèrent dans le cimetière, plus personne ne les vit

Et on entendit, “Joyeux Noël à tous et à vous tous, bonne nuit”

 

Jack pulled himself up on a large stone cross,

And from there he reviewed his incredible loss

I thought I could be Santa, I had such belief”

 

Jack se hissa sur une énorme croix,

Et de là, il constata son échec avec effroi

Je pensais pouvoir être le Père Noël, je le croyais”

 

Jack was confused and filled with great grief

Not knowing where to turn, he looked toward the sky,

Then he slumped on the grave and he started to cry

 

Jack était contrit et plus qu’affligé

Ne sachant pas quoi faire, il regarda le firmament,

Puis il s’effondra sur la tombe en sanglotant

 

And as Zero and Jack lay crumpled on the ground,

They suddenly heard a familiar sound

 

Alors que Zéro et Jack étaient ainsi affalés,

Ils entendirent un son familier

 

My dear Jack,” said Santa, “I applaud your intent

I know wreaking such havoc was not what you meant

And so you are sad and feeling quite blue,

But taking over Christmas was the wrong thing to do

I hope you realize Halloween’s the right place for you

There’s a lot more, Jack, that I’d like to say,

But now I must hurry, for it’s almost Christmas day”

 

Mon cher Jack,” dit le Père Noël, “J’applaudis tes efforts

Je sais que tu n’as jamais voulu me faire de tort

Alors tu te sens abattu et très attristé,

Mais t’emparer de Noël n’était pas une bonne idée

J’espère que tu sais qu’Halloween est ton foyer

Jack, il y a tant de choses que j’aimerais t’exprimer,

Mais c’est le jour de Noël, et je dois retourner travailler”

 

Then he jumped in his sleigh, and with a wink of an eye,

He said, “Merry Christmas,”and he bid them good bye

 

Il bondit dans son traîneau, une lueur bienveillante dans les yeux,

En disant “Joyeux Noël”, il fit ses adieux

 

Back home, Jack was sad,

But then, like in a dream, Santa brought Christmas to the land of Halloween

 

De retour chez lui, Jack était d’humeur chagrine

Mais soudain, comme dans un rêve, Noël fit son apparition au pays d’Halloween

 

 

 

 

Sources :

http://www.tim-burton.net

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Accueil_principal

Les maîtres de l’horreur (2)

Avec cet article je propose une petite plongée nostalgique. Pour beaucoup, l’horreur ça a d’abord été cette série de livres. On aura regardé la version télé (pour parfois zapper sur « Fais-moi peur » dans le même genre) mais les romans avaient un petit quelque chose de particulier. Ce frisson, on l’a jamais oublié…

R.L. Stine

Né à Colombus en 1943, Robert Lawrence Stine est surtout connu pour ses romans d’horreur à destination des enfants. Il a écrit la longue collection des Chair de Poule, mais aussi les séries Rue de la Peur, Aux portes du cauchemar et Peur bleue.

Il démarre sa carrière par des livres humoristiques pour enfants et crée un magazine à ce sujet, Bananas, dont il sera rédacteur en chef de 1975 à 1984. Mais il faut croire qu’il avait un humour douteux, car c’est bien avec l’horreur que l’homme se fait connaître.

Chair de poule

La série démarre en 1992 et sera traduite dans 35 langues différentes. Elle sera rapidement suivie (de 1995 à 1998) par une adaptation télé (on se souvient tous du générique, du G qui se balade dans le décor et des yeux jaunes du chien !). Il y aura aussi trois jeux vidéos (mais je ne suis pas certaine qu’on en ait vu la couleur en France).

Aujourd’hui, les couvertures continuent de hanter les étagères des librairies.

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Les histoires mettent en scène un enfant de 10-13 ans affrontant les monstres de nos plus vieux cauchemars (ou parfois des choses plus folklo’ comme le « sang de monstre », la vilaine bave verdâtre) . Du classique loup-garou aux glauquissimes pantins articulés : R.L Stine aura semblé ne jamais manquer d’idées !

Un jour, il reçoit le courrier d’un fan plutôt remonté qui lui tint à peu près ce langage : « c’est un scandale ! J’ai lu absolument tous vos livres et c’est toujours la même chose ! »

R.L Stine lui répondra qu’il aura été extrêmement flatté que ce lecteur ait attendu de TOUT lire avant de râler. Loin d’être touché dans son ego d’écrivain, il reconnaîtra que ces ressemblances étaient parfaitement voulues.

.: Attention, c’est la minute culture repas de famille de Claquette :.

Dans un Chair de Poule vous aurez toujours un héros assez jeune (l’âge du lectorat principal : parfait pour l’identification). Les parents seront souvent du genre à ne pas aider (pour en avoir relu récemment, les mères courent vraiment sur le haricot), il y aura toujours un gros dur à la récrée et des fins de chapitres multipliant les « soudain, un gros bruit éclata dans mon dos ! » pour reprendre sur « c’était le chat qui avait fait tomber un verre. »

Les Chair de Poule s’inscrivent dans la catégorie des romans-passerelles. Soyons franc, on a presque tous eu notre phase « Grand Galop » ou « Danse », voire « Cœur Grenadine ». Ce sont tous des livres répétant un schéma narratif dans un univers précis.

Ces sagas servent de transition entre les albums jeunesses et les romans adultes/ado ou jeunes adultes. La constance des personnages et les répétitions narratives rassurent le jeune lecteur. Il gobe dix Chair de Poule, trente Grand Galop, quarante-deux Danse puis, un jour, réalise que « c’est toujours pareil ». Il se tourne alors vers autre chose et c’est ainsi que la passerelle se fait !

Sous son côté horrifique, en fait, Chair de Poule rassure : qui l’eut cru ?

Pour conclure, comme je n’ai pas lu tous les Chair de Poule (j’en suis même super loin… oui, j’étais une enfant facilement terrifiée) j’ai demandé autour de moi quel titre vous a le plus marqué. Voici donc ce qui en est ressorti, au cas où vous chercheriez une petite lecture nostalgique à partager pour Halloween (ou un cadeau d’anniversaire, qui sait ?) :

C’est amusant de faire des farces aux enfants du voisinage ! Mais, avec le temps, ça finit par être lassant. En quête de sensations plus fortes, Diane et Stéphanie se rendent au Manoir Perché, une maison hantée transformée en musée. Une nuit, les deux filles décident d’explorer secrètement les pièces et se retrouvent nez à nez avec… le fantôme décapité !

Le jeu préféré de Brandon, c’est d’effrayer les autres. Sa sœur, son cousin, les enfants qu’il garde… Pour Halloween, il s’en donne à cœur joie ! Mais quand les fantômes s’en mêlent, le jeu tourne au cauchemar… Et si c’était à Brandon d’avoir peur ?

Une seule chose compte dans cette colonie de vacances : gagner. Que ce soit au basket-ball, au ping-pong ou à la course à pied, les moniteurs semblent tous obsédés par la victoire. Pourquoi paraissent-ils en vouloir aux perdants ? Quelle est cette menace qui pèse sur le camp ? Chloé et son frère Christopher l’apprendront à leurs dépens…

Partis visiter un zoo, les Morris se retrouvent devant un mystérieux parc d’attractions: le parc de l’Horreur. A peine en ont-ils franchi les grilles que des monstres et des loups-garous croisent leur chemin. De sévères mises en garde précèdent les attractions proposées. Et s’il s’agissait de pièges pour faire disparaître les visiteurs à jamais ?

En explorant le grenier de sa maison, Jérôme découvre un magnifique piano, abandonné par d’anciens propriétaires. Et s’il apprenait à en jouer ? L’idée est tentante. Mais le professeur trouvé par annonce est plus que bizarre, et les histoires qu’on raconte sur lui sont angoissantes. Ses élèves disparaissent-ils vraiment pour ne jamais revenir ?

– Super ! s’écrie Chloé en découvrant le nouveau pantin que lui offre son père. Tu t’appelleras Diabolo !
Mais, bientôt, l’enthousiasme de Chloé disparaît. Pourquoi le pantin lui sourit-il de façon si étrange ?
Quelle est cette drôle de chose molle et tiède qu’elle trouve dans sa tête ?
Et si Diabolo était vivant ?

Les maîtres de l’horreur (1)

Quand on parle d’horreur ou d’épouvante, il y a toujours des noms qui viennent spontanément à l’esprit. Pour ce Hors-Série Halloween, nous vous proposons un petit éventail des incontournables de la littérature et du visuel en grand et en petit formats, des classiques aux méconnus ! Attrapez vos doudous, programmez « Maman » en appel rapide et suivez-nous !

Stephen King

Maître Stephen King, est-il encore nécessaire de le présenter ? Cet auteur américain de soixante-huit ans (publiant parfois sous le pseudonyme de Richard Bachman) est connu principalement pour ses œuvres horrifiques. Capable de mixer les ambiances d’épouvante à tous les genres : fantastique (Carrie), fantasy (La Tour Sombre), science-fiction (Les Tommyknockers) ou policier (Mr Mercedes ♥), il a forcément dans ses cartons LE livre qui vous terrifiera trop pour que vous osiez le lâcher.

Je ne m’attarderai pas trop sur les nombreuses qualités qu’on peut reconnaître à ses romans (des personnages plus vrais que nature, une grande maîtrise de la narration, un style direct et toujours efficace). Ce qu’on peut lui accorder avant-tout, c’est une capacité quasi-surnaturelle à nous faire trembler des genoux, grimacer en retenant notre vomi, voire redouter d’aller aux toilettes pendant six mois (véridique).

Mais Stephen King, ça n’est pas le gore pour le gore ou l’horreur pour l’horreur. Comme beaucoup d’auteurs, M. King a ses dadas, ses thèmes récurrents, parmi eux la place de l’imagination, la différence entre les adultes et les enfants, la tentation de la violence ou encore la réalité de choses fondamentalement effroyables sans que les esprits ou les E.T. s’en mêlent. Et c’est ce qui à mon sens fait que la terreur fonctionne si bien : elle n’est pas gratuite, elle est identifiable, elle est presque intime, pour le lecteur, car l’un ou l’autre aspect de l’un ou l’autre récit lui sera très familier.

Faut-il parler de ce qu’on connaît pour terrifier ? Peut-être. Stephen King en tout cas n’hésite jamais à parler du Maine, d’écriture, de blessure physique ou d’alcoolisme, des choses qui à différentes périodes de sa vie ont été incontournables et fondatrices ; ses romans les plus salués contiennent tous, à différents niveaux, une part de ces obsessions.

Si l’écriture dans les genres de l’horreur ou de l’épouvante vous intéresse, réjouissez-vous : là encore, M. King s’occupe de tout. Bien sûr, la meilleure chose à faire pour débuter, c’est de lire – lire, lire et encore lire, c’est le maître qui le dit. Lire autant d’auteurs reconnus pour leurs talents à vous effrayer que possible. Ensuite, si vous souhaitez vous culturer, je vous conseille l’excellent Anatomie de l’horreur (1981), un essai dans lequel Stephen King analyse les différentes formes de l’horreur au cinéma, à la télévision et dans la littérature, la manière dont le genre a influencé la culture américaine et surtout la façon dont des œuvres marquantes ont façonné son style et son penchant pour l’horreur.

Moins orienté sur le sujet horrifico-dégoûtant, mais non moins excellent, je recommande aussi très chaudement Écriture, mémoires d’un métier (2003), dans lequel Stephen King, après une autobiographie pleine d’humour grinçant (récit de percement de tympans et de fesses essuyées au sumac vénéneux à l’appui), prodigue des conseils extrêmement précieux à tous ceux qui seraient tentés par le délicat exercice de l’écriture. Qu’on soit d’accord ou non avec ses préceptes et ses outils, ses réflexions autour de l’écriture restent passionnantes.

Maintenant, si vous voulez vous ronger les ongles en tournant les pages et ne plus dormir sans veilleuse, je vous laisse avec mon top 5 des romans de Stephen King (la liste étant non-exhaustive (je n’ai pas lu ses soixante et quelques romans, je sais, honte à moi) et très subjective !) :

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1 – Dreamcatcher (science-fiction)

Résumé : Quatre amis se retrouvent annuellement pour une partie de chasse dans une forêt du Maine. Elle fut jadis leur terrain d’aventures, en compagnie de Duddits, l’enfant mongolien qu’ils avaient adopté comme un petit frère. Et le théâtre, aussi, d’événements qu’ils se sont efforcés d’oublier. Mais les mystères ressurgissent, sous la forme de présences étranges et menaçantes que l’armée a entrepris de surveiller de près.

Avis : Peut-être pas LE meilleur Stephen King de l’avis général, mais le meilleur pour moi, puisque c’est avec celui-ci que j’ai découvert cet auteur (à dix ans, oui, je ne vous raconte pas les cauchemars). Pourtant, ce qui m’aura marquée, et ce qui me pousse tous les cinq ou sept ans à reprendre ce bouquin maintenant tout froissé par d’innombrables voyages dans mon sac, ce n’est pas tant l’horreur et la terreur que certaines scènes m’ont inspirée. Non, c’est ce groupe d’amis, ces enfants unis qui auront grandi, changé, mais qui seront toujours liés d’une façon bouleversante et qui formeront au milieu de toutes les tragédies de ce livre « la ligne » qu’on suit désespérément, jusqu’au bout. Un très beau morceau d’amitié mis à l’épreuve de manière raide et cruelle par l’imagination foisonnante de l’auteur…

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2 – Shining / Docteur Sleep (fantastique)

Résumé : Situé dans les montagnes Rocheuses, l’Overlook Palace passe pour être l’un des plus beaux lieux du monde. Confort, luxe, volupté… L’hiver, l’hôtel est fermé. Coupé du monde par le froid et la neige. Alors, seul l’habite un gardien. Celui qui a été engagé cet hiver-là s’appelle Jack Torrance : c’est un alcoolique, un écrivain raté, qui tente d’échapper au désespoir. Avec lui vivent sa femme, Wendy, et leur enfant, Danny. Danny qui possède le don de voir, de ressusciter les choses et les êtres que l’on croit disparus.

Avis : Absolument culte, considéré comme un must-read, le roman qui a inspiré le film éponyme de Kubrick est assez différent de son adaptation. Encore plus dérangeant, peut-être, et encore plus terrifiant, grâce au talent de l’auteur qui sait exactement quoi dire, quand et de quelle façon pour vous hérisser tous les poils sur la nuque. Un huis-clos crispant où ne sait jamais trop s’il faut croire ce qu’on lit et qui, des années après la lecture, vous fera encore dire « Ah, brrr, oui ! Ce passage dans les jeux… ! »

En 2013 est sortie une suite à Shining, Docteur Sleep, où l’on suit le petit Danny devenu grand et alcoolique comme son papa (mais rassurez-vous, il s’en sort bien mieux). Une suite qui se détache largement de ses origines, n’en déplaisent à ceux qui auraient voulu retrouver l’Overlook. Ici, on se déplace en mobile-home et on se nourrit du shining des enfants doués du Don comme d’une drôle de drogue vaporeuse… Un récit bien différent mais tout aussi efficace, porté par une galerie de personnages hauts en couleurs.

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3 – Brume (divers)

Résumé : Imaginez une brume qui s’abat soudainement sur une petite ville, une brume si épaisse que les clients d’un supermarché hésitent à en ressortir. Il n’en faut pas davantage au maître de l’épouvante pour nous plonger dans le cauchemar avec un réalisme hallucinant.
Chacune des nouvelles de ce volume possède le même pouvoir ensorcelant. Vous aurez peur d’un petit singe en peluche qui joue des cymbales. Vous redouterez de voir surgir le fantôme d’un camion. Vous saurez de quoi est capable un naufragé solitaire, lorsque la faim le tenaille et que la drogue décuple son courage.

Avis : Toutes les nouvelles de ce recueil ne sont pas de la même qualité, mais globalement, ça reste mon préféré (plus convainquant en tout cas que Juste avant le crépuscule). Beaucoup d’idées géniales, dans cette collection, dont certaines auraient pu donner des romans excellemment complexes et terrifiants. Cela dit, la brièveté des récits et leurs éléments « chocs » fonctionnent peut-être à leur potentiel maximum ainsi. Vous ne regarderez plus jamais les pontons, les puits ou les caisses d’oranges de la même façon…

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4 – Histoire de Lisey (fantastique)

Résumé : Pendant vingt-cinq ans, Lisey a partagé les secrets et les angoisses de son mari. Romancier célèbre, Scott Landon était un homme extrêmement complexe et tourmenté. Il avait tenté de lui ouvrir la porte du lieu, à la fois terrifiant et salvateur, où il puisait son inspiration. À la mort de Scott, désemparée, Lisey s’immerge dans les papiers qu’il a laissés, s’enfonçant toujours plus loin dans les ténèbres…

Avis : Ici plus encore que dans les nombreux autres romans où Stephen King met un scène un personnage principal auteur, j’ai eu l’impression de sentir sa proximité dans le récit et toutes les choses personnelles qu’il y a distillées – paradoxalement plus intenses, parce que l’histoire est racontée par la femme de l’auteur et non l’auteur lui-même. Assez éloigné des effusions de sang et des monstres à multiples formes, ce roman s’attaque à des sujets aussi vastes et passionnants que la création, l’inspiration, la folie et l’amour. Je pense que ce récit saura parler à tous les auteurs, amateurs ou confirmés, que nous sommes. Le genre de personnages et d’ambiances qui vous accompagnent longtemps après que le livre soit refermé.

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5 – La ligne verte

Résumé : Paul Edgecombe, ancien gardien-chef d’un pénitencier dans les années 1930, entreprend d’écrire ses mémoires. Il revient sur l’affaire John Caffey – ce grand Noir au regard absent, condamné à mort pour le viol et le meurtre de deux fillettes – qui défraya la chronique en 1932. La Ligne verte décrit un univers étouffant et brutal, où la défiance est la règle. Personne ne sort indemne de ce bâtiment coupé du monde, où cohabitent une étrange souris apprivoisée par un Cajun pyromane, le sadique Percy Wetmore, et Caffey, prisonnier sans problème. Assez rapidement convaincu de l’innocence de cet homme doté de pouvoirs surnaturels, Paul fera tout pour le sauver de la chaise électrique.

Avis : Assez différent des genres habituels de Stephen King, cette histoire originellement publiée en feuilletons nous entraîne dans un univers oppressant et dérangeant dont il est absolument impossible de sortir indemne.

Et au passage, mes adaptations cinématographiques préférées de ses romans (on constatera que les romans que j’ai préférés ne font pas forcément les meilleurs films… Oui, adaptation affligeante de Dreamcatcher, c’est à toi que je pense).

1 – Shining, 1980, de Stanley Kubrick

2 – Misery, 1990, de Rob Reiner

3 – La ligne verte, 1999, de Frank Darabont

4 – Carrie, 1976, de Brian De Palma

5 – Christine, 1983, de John Carpenter

(Les plus vieux, quoi… ne me lancez pas sur Under the Dome ! è.é)

Afterworlds de Westerfeld

Histoire :

Darcy est une chanceuse. Elle tente le Nanowrimo sur un coup de tête (but : écrire un roman entier en un mois), envoie Afterworlds à une maison d’édition qui… accepte de la publier ! Bien décidée à devenir une véritable auteur, Darcy repousse l’Université pour s’installer à New York où, imprégnée par l’ambiance, elle compte mener ses corrections à bien.

Lizzie, son héroïne, n’a pas la même chance. Seule survivante d’un attentat terroriste, elle peut désormais passer dans l’envers du décors, où les morts attendent d’être guidés. Là, elle rencontre Yamaraj, un être comme elle, qui a sacrifié le monde réel pour protéger les spectres de l’oubli.

 

Avis :

« L’E-mail le plus important que Darcy Patel ait jamais rédigé tenait en trois paragraphes. »

Un nouveau livre de Scott Westerfeld, pour moi, c’est des picotements d’impatience dans la tête. Difficile d’expliquer pourquoi (certainement un mélange de personnages/thèmes/histoires/ plume) mais c’est l’un de mes auteurs jeunes adultes préféré. Je vais donc essayer d’être objective, mais vous voilà prévenus !

Je ne sais pas si c’est parce que je m’essaye à l’écriture aussi, mais je me suis beaucoup retrouvée dans le personnage de Darcy. A travers ses préoccupations, particulièrement. Elle est jeune, elle s’installe, et ça m’a rappelé mon propre départ de chez-moi (quand tu ne penses absolument pas que si, il te faudra un jour acheter un balai, des éponges et du produit à chiotte). J’ai beaucoup aimé ressentir la jeunesse de Darcy par rapport à ses nouveaux amis (elle débarque à NY à 18 ans, et ce n’est pas forcément simple de le faire ressentir). Son petit côté hésitant la rend plus attachante qu’agaçante, parce que je crois que ses questions trouvent écho chez pas mal de monde.

Mais Afterworlds, côté Darcy, c’est aussi plein de discussions sur l’écriture et les livres. Ce qu’on peut s’approprier, la réécriture, l’angoisse de la page blanche, les conversations autour des personnages qui, pour leur auteur et les proches, sont assez réels pour lancer des débats à leur sujet… Tant de conversations que j’ai moi-même avec mes amis, ça n’a rendu le roman que plus immersif.

C’était aussi très sympa de voir que si Darcy est le genre « je peux écrire très vite bille en tête »,Imogen sera plus réfléchie, multipliera les inspirations diverses pour s’aider. Tout comme il était très intéressant d’avoir toute la création du livre, tout le travail qu’il reste après que l’éditeur te dise « okay ça marche ! ». On pouvait quand même sentir une petite différence entre la France et les États-Unis, une façon de parler de la Littérature qu’on aurait peut-être pas (encore) chez nous, ou la mention de cours d’écriture qui sont pas légion au pays du fromage.

Mais là, je ne vous ai raconté que la moitié du livre, parce qu’un chapitre sur deux est consacré au roman de Darcy : Afterworlds, tome 1. On lit la version finale du roman, et c’est super d’avoir le travail de réflexion de Darcy en amont (vous l’avez remarqué, hein ? Que je trouve plein de trucs « super »…). L’histoire en soi est plutôt sympa, Mr. Westerfeld a pu écrire une romance paranormale sans que son roman ne soit que ça (chouette mise en abime, donc, de lire le roman de Scott Westerfeld, à propos de Darcy qui corrige et réécrit son histoire sur Lizzie).

On se surprend d’ailleurs à avoir un regard plus critique sur l’histoire de Lizzie. Comme si on était aussi un peu Darcy jugeant le produit final et trouvant encore à chipoter. Je ne cours pas après les romances paranormales, mais celle-ci recèle de bonnes idées, et l’histoire d’amour n’est pas envahissante (ou peut-être est-ce d’avoir les discussions de Darcy et Imogen à ce sujet qui creuse en parallèle les personnages (c’est gagnant-gagnant quoi)).

Un très bon roman sur les rêves et le passage à l’âge adulte, qui parlera à tous ceux qui s’essayent à l’écriture, à ceux qui se souviennent de leur prise d’indépendance, à ceux qui s’intéressent à la romance paranormale, aux fantômes, au quotidien, à la romance pas-paranormale et au monde du livre.

Festival du Livre de Mouans-Sartoux

Vendredi 4 octobre 2013 – 9h30. Ici Cricri, votre dévouée plumeporter, envoyée en mission spéciale au Festival du Livre de Mouans-Sartoux. Je viens de retirer mon badge à l’accueil. Je vais profiter de ma couverture d’auteur pour pénétrer dans les coulisses de l’espace Jeunesse et vous révéler comment se passe un événement du genre, vu de l’autre côté des stands.

Le Festival a investi le centre ville de Mouans-Sartoux. À ciel ouvert, ce sont les marchands de livres d’occasion qui se sont installés sur chaque pan de trottoir. Tandis que je cherche l’espace Jeunesse où je dois me rendre, je vois déjà défiler un nombre impressionnant de vieux livres. Le temps est dégagé, l’atmosphère lumineuse, la ville empreinte d’un charme ancien. Le gymnase, la médiathèque et le cinéma sont réquisitionnés pour l’occasion, mais moi, je dois aller plus loin encore. Là, j’y suis ! Un grand chapiteau blanc est pris d’assaut par des bus scolaires. Je me faufile au milieu des enfants, présente mon badge et cherche l’emplacement de mon stand.

Vendredi 4 octobre 2013 – 10h00. Voilà, je suis installée devant une forteresse de romans flambants neufs… et un tantinet dépitée. Sur le programme, j’avais vu que je partagerais le stand avec quatre autres auteurs dont il me tardait de faire la connaissance : pour le moment, je suis seule. Seule avec ma timidité d’auteure débutante. Seule devant le va-et-vient des classes qui déambulent le long des autres stands : les albums, les imagiers et les illustrateurs attirent davantage l’intérêt des enfants que les romans pour grands. Enfin non, c’est incorrect, je ne suis pas vraiment seule. Deux jeunes hommes représentent la librairie qui héberge le stand ; ce sont eux qui feront les encaissements et ils me proposent déjà de quoi boire. Je décline poliment. J’ai l’estomac noué de stress, une vraie bleusaille !

Vendredi 4 octobre 2013 – 11h00. Youhou, ça commence à s’animer ! Les institutrices m’amènent des groupes d’enfants pour qu’ils me posent quelques questions. Comment vous appelez-vous, madame ? Qu’avez-vous écrit, madame ? Quel est votre genre de roman, madame ? Vous écrivez depuis quand, madame ? Quel est votre livre préféré, madame ? Armés d’un calepin comme des mini-journalistes, ils notent consciencieusement mes réponses. Il y a parfois de drôles de quiproquo : j’ai parlé de ma fanfiction sur Harry Potter et les enfants se sont persuadés que j’étais J.K.Rowling en personne. Je fais mes toutes premières dédicaces pour des institutrices et des bibliothécaires qui m’ont lue cet été et qui m’encouragent à continuer sur cette voie. Je vais faire de mon mieux, mesdames !

Vendredi 4 octobre 2013 – 12h00. Pause déjeuner. Je quitte le chapiteau en compagnie d’un autre auteur jeunesse de mon stand, Thomas, le premier dont je fais enfin la connaissance. Le temps que nous traversions la vieille ville, j’apprends qu’il a 18 ans, que le lancement de son premier roman démarre au quart de tour et qu’il a été interviewé par TF1 la veille au soir. Mama mia, il fallait que je tombe sur un petit génie ! Il dégage une telle assurance que j’ai l’impression qu’on a interverti nos âges. Le déjeuner se déroule dans le parc du château de Mouans-Sartoux : le cadre est d’un charme fou et l’air sent bon le Midi de la France. À notre table, d’autres auteurs ne tardent pas à se joindre à nous. On échange nos premières impressions et j’ai le sentiment que beaucoup se connaissent déjà. Je manque de m’étouffer avec mon taboulé en écoutant ma voisine de gauche : elle écrit de trois à cinq romans par an ! Tout en mastiquant mon repas, je suis absolument subjuguée par ces écrivains expérimentés, drôles, bons vivants et chaleureux qui siègent à côté de moi. Je culpabilise un peu de ne connaître aucun des noms écrits sur les badges et je me promets d’être plus curieuse à l’avenir.

Vendredi 4 octobre 2013 – 15h00. Je viens de commettre mon premier cafouillage. Les visites de classe continuent et cet après-midi, ce sont les collégiens qui défilent. Certains viennent me poser des questions pour le journal de leur école, ils sont d’un professionnalisme impressionnant ! À force de répondre à des questions très simples, j’ai baissé ma garde, j’avoue. Et puis voilà, j’étais en pleine digestion, je commençais presque à somnoler, vous comprenez ? Bref, tout ça pour justifier mes inavouables bégaiements quand deux adolescentes-journalistes sont venues vers moi pour m’enregistrer sur leur iPhone : « Qu’évoque pour vous la naissance d’un livre ? » Si un auteur doit être éloquent, je crois que je viens de faire une tache indélébile sur la réputation de toute la profession. Résolution du moment : rentrer à la maison, dormir comme une souche et être plus concentrée demain !

Samedi 5 octobre 2013 – 10h00. Je commence à me demander sérieusement si je suis dans le coup. Mon camarade de stand, Thomas le surdoué, vend livre sur livre alors que je passe, moi, presque complètement inaperçue. Comment puis-je rivaliser avec ce jeune homme plein de feu, qui harponne et aimante tous les visiteurs à grandes exclamations, qui les fait rire, qui les emballe, qui les convainc que son livre est un incontournable du genre ? Cet auteur est doublé d’un vendeur dans l’âme. Moi et mes pauvres sourires, on ne fait pas le poids. Mon dieu, sont-ils tous comme lui ?

Samedi 5 octobre 2013 – 14h30. J’ai la réponse à ma question. Les autres auteurs du stand sont arrivés en cours de journée et je m’aperçois que chacun a une approche du public totalement différente. Hop, je sors mon petit carnet mental et je prends note !

Cendrine, l’une des co-auteures des déjà célèbres « Oksa Pollock », m’explique qu’un auteur doit savoir s’entourer de mystère, ne pas entrer dans une relation copain-copine avec ses lecteurs, que cette juste distance fait partie du charme de la profession. J’écoute son expérience sur les précédents salons auxquels elle a participé et je ne la sens pas tellement emballée par celui-ci. Je trouve formidable qu’elle écrive en binôme avec une autre auteure. Elles se mettent à deux pour monter une histoire, l’une écrit le premier jet d’un chapitre, l’autre l’étoffe, etc. Elle et sa partenaire ont une affinité si forte qu’en lisant le livre, on ne ressent pas deux mais une seule âme tapie derrière l’histoire.

À ma gauche se tient Philippe : c’est un auteur de best-sellers connu pour ses polars pour adultes, mais il s’est récemment lancé dans des romans d’ados (en plus soft ou en moins trash, ça dépend sous quel angle on considère la chose). Cet homme possède une douceur, une discrétion et une humilité qui l’auréolent de ce mystère fascinant dont me parlait Cendrine. Il est tout le temps en train d’écrire : quand ce n’est pas pour faire ses dédicaces, il griffonne des notes dans un beau cahier de cuir. C’est l’incarnation même de l’écrivain traditionnel.

Enfin, il y a Marilou, l’auteure de « la Lune mauve », avec qui j’ai très rapidement sympathisé. Elle a une personnalité proche de la mienne, avec une touche d’expérience en plus. J’ai su qu’on allait s’entendre dès qu’elle a renversé son verre d’eau sur la table pour la deuxième fois consécutive. Marilou, c’est l’exemple même de l’écrivain en phase avec son époque : un iPad dans une main, un iPhone costumisé dans l’autre, elle maîtrise les nouvelles technologies sur le bout des doigts. Elle n’hésite pas à donner son mail personnel à des jeunes qui lui demandent des conseils d’écriture. À moi, elle file des petites astuces pour personnaliser les dédicaces : une couleur de stylo en rapport avec le livre (mauve pour elle, en l’occurrence) et un petit tampon personnalisé. Je trouve ça trop fort ! Elle me fait part de son propre ressenti d’auteur, le stress inhérent aux attentes des lecteurs quand on écrit la suite d’une saga, le décalage entre l’avant édition et l’après édition. Je me reconnais beaucoup dans son témoignage, c’est très réconfortant.

Dimanche 6 octobre 2013 – 17h30. Le festival touche à sa fin. J’ai beaucoup gagné en assurance au fil du temps et des rencontres. J’ai pu faire la connaissance de mes lecteurs, acquis ou à venir, et mes petites dédicaces sont devenues de moins en moins tremblotantes. J’ai aussi appris à m’adapter au type de public qui s’adresse à moi : parler d’ambiance Fantasy Steampunk à une mère de famille, ça ne lui évoque strictement rien ; par contre, lui dire que mon univers est proche du « Château Ambulant » de Miyazaki, là, ça fait mouche à tous les coups ! J’ai aussi appris qu’en matière de littérature jeunesse, venir à un Salon armé d’un simple stylo noir, c’est un peu prosaïque. Les autres auteurs offraient des affiches, des marques-pages, des extraits gratis, ou faisait des dédicaces personnalisées… ça aussi, ça fait partie du rêve.

Mais ce que je retiens surtout de cette expérience, ce sont les échanges humains : des adolescents en quête d’évasion, des grands-parents qui veulent donner le goût de la lecture à leurs petits-enfants, des illustrateurs et des auteurs amateurs qui essaient de se lancer. Je me suis finalement rendue compte qu’un Festival, ce n’étaient pas les auteurs d’un côté du stand et les lecteurs de l’autre. C’est avant tout une réunion d’amoureux des livres.

Cristal

Portrait de Samantha Bailly

Bonjour à tous ! Je laisse mes poils dans cette rubrique le temps de parler d’une auteure qui me tient particulièrement à cœur : Samantha Bailly. Pourquoi elle plus qu’une autre ? C’est un peu complexe. Je n’ai lu d’elle qu’un diptyque – excellent au passage – et c’est pourtant quelqu’un qui m’a profondément marquée. Par son style d’écriture, mais aussi par sa passion et son envie de la faire partager. C’est pour moi une vraie auteure, avec tout ce que cela implique et dont je n’avais pas forcément conscience avant d’en savoir plus sur elle.

Comment vous faire comprendre ce qui m’a tapé dans l’œil chez elle ? On va commencer par un premier point important pour moi : Samantha Bailly est une jeune auteure française, à peine plus vieille que moi, qui consacre déjà sa vie à l’écriture. Elle s’est d’ailleurs donné toutes les chances pour y arriver, avec un master en Littérature comparée et une participation à des concours de nouvelles très jeune, avant même sa majorité. Elle a publié son premier livre à ses vingt-et-un ans et il a remporté plusieurs prix, dont le prix Imaginales des étudiants. Autant dire qu’elle commence déjà à se faire sa petite place dans le monde de l’écriture. Récemment, elle a signé pour plusieurs livres chez Bragelonne et s’est même fait une petite place dans leurs locaux pour écrire.

Niveau écriture, elle publie dans des styles qui peuvent être très différents. Elle a commencé par un diptyque de Fantasy, Oraisons, que j’ai adoré. Elle y raconte les aventures de deux sœurs qui doivent continuer à vivre suite à la mort de leur cadette. Mais rien n’est jamais simple dans la famille Manérian qui gère le commerce très lucratif de la mort en Hélderion. Les enquêtes policières se mêlent aux intrigues politiques, aux révoltes et aux quêtes initiatiques. Un récit comme je les aime ! Mais elle a aussi à son actif des écrits plus variés comme un roman épistolaire ou un conte pour enfants, et bientôt un thriller ado.

Mais plus que les livres et les concours, on peut réellement suivre la personne grâce à son site qui sert un peu de blog. On y voit la vie d’une jeune auteure qui se consacre à sa passion avec tous les problèmes et les questions que cela peut engendrer. Jusqu’à où dénaturer son style et ses envies lors d’une commande ? Comment réussir à alterner les périodes d’isolement total lors de l’écriture et les périodes très actives de promotion ? Comment gérer les périodes d’écriture pour différencier son travail et sa vie ? Etc. On y découvre d’ailleurs une facette moins connue des auteurs : tout ce qui est la promotion, avec les salons, les interviews mais aussi les interventions dans les écoles, la relation avec les éditeurs aussi et sa vision sur une multitude de choses.

Voilà donc pourquoi je vous conseille cette auteure, autant pour ses écrits que pour ses aspects humains, une belle découverte que je ne regrette pas du tout !

Site officiel : http://www.samantha-bailly.com

Flammy

Reportage spécial

*Voix du commentateur, Grand Dictateur H.* – Nous interrompons aujourd’hui la deuxième parution du journal Le PAen pour vous présenter un reportage de dernière minute. Notre envoyée spéciale, Honey, est présentement sur le forum Plume d’argent où elle fait le pied de grue depuis des heures pour rencontrer la star du jour, la grande gagnante du concours inter-forums Vers à lyre. Je cède la place à notre reporter. Honey, c’est à vous!

*Voix de Honey* – Merci beaucoup, Grand Dictateur. Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est la folie ici. Les fans se sont amassés sur le forum Plume d’argent où ils espèrent voir leur idole, Cristal de son état, apparaître sur le grand balcon de la place publique. La tension est à son comble et les admirateurs sont en délire. Tous scandent le nom de celle qui a remporté la sixième édition du concours Vers à lyre avec son poème intitulé « Le résistant ». Il y a de quoi devenir fou tellement le bruit est assourdissant.

*Voix du commentateur, Grand Dictateur H.* – Mais parlez-nous un peu de ce concours. Qu’est-ce que c’est exactement ?

*Voix de Honey* – Eh bien, le concours inter-forums Vers à lyre fait son apparition tous les trois mois et oppose une dizaine de forums d’écriture. Tous luttent pour obtenir le titre de vainqueur et ainsi décrocher l’honneur d’être publié dans e-magazine Vers à lyre. Ils ont aussi la chance de représenter la communauté avec laquelle ils se sont inscrits. C’est un concours sans pitié, réunissant les meilleurs du web. Aucun effort n’est épargné durant ce concours. Et d’après les dires de plusieurs sources anonymes, certains participants seraient même devenus chauves à force d’avoir trimé pour remporter les honneurs. Vraiment, Grand Dictateur, ce concours n’est pas pour les mauviettes.

*Voix du commentateur, Grand Dictateur H.* – Mais dites-moi Honey, qui sont ces autres participants ?

*Voix de Honey* – Pour cette édition du concours, ils ont été neuf participants. Je n’ai malheureusement pas les noms, mais je sais de source sûre que le forum de La Plume d’argent a, non seulement remporté la victoire grâce à cette auteure de génie, mais obtenu le plus haut taux de participation. Sept textes ont été écrits de la main des plumes argentées, sur un total de neuf poèmes en tout. Le moins qu’on puisse dire c’est que cette communauté sait se serrer les coudes.

*Voix du commentateur, Grand Dictateur H.* – Effectivement! Cette communauté est vraiment le top de la classe…

*Voix de Honey* – Oh! Attendez… je crois que… il y a du mouvement sur le balcon. Serait-ce la grande gagnante ? Suspense… je… non. Malheureusement, ce n’est pas elle. Quelle déception. Mais attendez, je crois que c’est le grand Manitou de PA. Et il va faire une annonce officielle.

*Bruit de foule en délire, voix du grand Manitou* – Mes amis, un peu de silence s’il vous plaît. Merci… Alors, je tiens a remercier chacun d’entre vous pour votre soutien. Je sais que vous êtes venus ici dans l’espoir d’apercevoir Cristal et peut-être même de lire « Le résistant », malheureusement, notre grande gagnante est dans l’impossibilité de nous honorer de sa présence… Je sais, je sais… S’il vous plaît, un peu de calme… Merci. Alors, comme je le disais, Cristal est aux prises avec une crise aiguë de modestie et doit garder le lit pendant une période indéterminée. Mais soyez sans crainte, vous pourrez lire « Le résistant » et quelques mots de notre prêtresse de la plume dans le prochain numéro du Vers à lyre qui devrait paraître d’ici quelques jours à cette adresse : http://www.vers-a-lyre.fr/

En attendant, merci à tous pour votre support et merci à tous les participants. Une belle mention pour les organisateurs qui ont fait un excellent travail et se sont montrés d’une grande disponibilité tout au long de ce concours. Je vous invite à vous joindre à moi pour adresser vos félicitations à Cristal pour sa belle victoire ainsi qu’à tous les participants de la Plume d’argent qui ont su démontrer à quoi ressemble une belle communauté soudée. Encore merci pour tout et à la prochaine.

*Voix de Honey* – Bon, nous venons de voir le grand Manitou de PA. C’est tout de même une grande déception pour les fans que d’apprendre que Cristal ne sera pas des nôtres aujourd’hui. Heureusement, nous pourrons nous rabattre sur la prochaine parution de l’e-magazine Vers à lyre. Pour ma part, il ne me reste plus qu’à rentrer chez moi et pleurer tout mon saoul… euh… je veux dire, déplorer l’absence de celle tant attendue. Sur ce, je vous quitte et vous remercie de votre fidélité. C’était Honey, sur le forum Plume d’argent, pour le PAen. À vous, Grand Dictateur.

*Voix du commentateur, Grand Dictateur H.* – Alors voilà qui conclue ce reportage spécial pour le PAen. Je vous invite à vous procurer le prochain numéro du Vers à lyre et à rester à l’affût de la rubrique « Pipole » ou notre meilleure paparazzo, La petite Clo, traque pour vous les potins croustillants. Qui sait, nous y apprendrons peut-être des détails intéressants sur la vie cachée de cette mystérieuse Cristal.

C’était le Grand Dictateur H, pour le PAen reportage spécial. Bonne soirée.