Interview de Danan-Omeci

Salut les Plumes !

L’hiver sera bientôt là et l’année touche gentiment à sa fin.

C’est également l’occasion pour moi de tirer ma révérence. En effet, cette dix-huitième interview sera ma dernière. Comme beaucoup le savent (ou l’on remarqué), je ne suis plus autant présente qu’avant sur Plume d’Argent et je ne parviens pas à me tenir informée de l’élargissement de nos rangs plumesques. Je pense donc ne plus être la personne adéquate et légitime pour continuer à gérer la rubrique des Imagineurs. Alors voilà, je regrette de partir, mais je sais que c’est ce qu’il y a de mieux à faire.

Pour continuer sur une note plus joyeuse, ce n’était pas prévu au départ mais, pour ce final, je suis heureuse d’avoir pu collaborer avec une amie très chère. Merci d’accueillir Danan-Omeci !

 

1. Quand tu as débarqué sur PA, l’année dernière, tu portais le pseudo de Omecihuatl. Peux-tu nous éclairer sur sa signification ?

J’écris beaucoup en collaboration avec Vava-Omete ; nous partageons nos idées, nous nous inspirons mutuellement et souvent nous créons des mondes ensemble. Il y a plus précisément un énorme univers, construit ces dix dernières années, qui nous lie. Puisque nous sommes une dualité de création, il nous a paru important de le souligner en créant nos compte sur Plume d’Argent. Ometeotl est un nom désignant une paire de divinités aztèques créatrices : Ometecuhtli et Omecihuatl. Ome voulant dire deux et teotl, dieu. Puis il a fallu pouvoir nous différencier et chacune d’entre nous a repris son vieux pseudo tout en gardant la référence avec Omeci et Omete.

2. Sur quel(s) topic(s) du forum aimes-tu te balader et pour quelle(s) raison(s) ?

J’aime beaucoup les discussions littéraires. J’évolue dans un monde très science dure au jour le jour et c’est difficile de trouver des occasions où l’on peut parler écriture, expression et littérature avec de multiples personnes à la fois. J’aime beaucoup lire des approches multiples sur des questions.

3. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans l’écriture ?

C’est ce qui me cristallise le plus : absence d’obligations, de jugement, contrôle total et potentiel d’aider le monde (même si pour le coup c’est très ambitieux x) ) . Personne n’a jamais pu m’atteindre ou me blesser par rapport à mes écrits, j’ai toujours eu un sentiment de confort et de justesse dans ce domaine, ce qui me protège des critiques et m’aide à les accepter. Dans toutes mes autres activités, on attendait de moi que j’aie les meilleurs résultats : c’était normal. Que la performance baisse un peu et tout de suite, rien allait. C’était une pression assez terrible et heureusement, personne n’était le moins du monde intéressé par mon écriture.

On m’a fichu la paix dessus et j’ai pu cultiver une certaine assurance. Mon imagination me permet de facilement créer des mondes, des situations et même si parfois j’aime l’exprimer de diverses manières telles que le bricolage, la réalisation, le dessin, l’écriture reste mon confort absolu. Puis, dernier point, écrire me permet de tester des idées. Qu’est-ce qu’il se passerait si le modèle politique de la Chine était utilisé en Suisse, si personne ne travaillait, comment est-ce qu’on se sent lorsqu’on est mutilée, ou expatriée…ça me permet de satisfaire au moins en partie ma curiosité et après lectures abondantes, de créer une synthèse de mon ressenti.

4. Quels genres de difficultés peux-tu rencontrer dans tes écrits ?

Je vois de manière très claire et précise les scénarios et les univers que j’invente ce qui fait que j’ai de la peine à les expliquer à l’écrit. On me dit très souvent « je n’ai pas compris » à la première écriture et je dois faire un effort conscient pour ne pas être synthétique. Sinon, les personnages et leurs dialogues, j’ai encore beaucoup de progrès à faire. Ah. Et ne pas trouver ce que j’écris horrible. J’arrive à me forcer à ne pas relire immédiatement – sinon je n’écrirais rien – mais systématiquement ce que j’écris est moins bien que ce qui était dans ma tête, et le processus de correction est beaucoup trop lent pour ma patience. Mais là aussi, je m’améliore.

5. Qu’est-ce que le thème de ce trimestre, « échos », évoque pour toi ?

L’écoute, les commérages et la bêtise.

6. Tu as évoqué votre univers commun avec Vava-Omete, La Plateforme (le texte qui le présente Icosaedre, est disponible sur le site) : comment s’organise votre collaboration depuis toutes ces années ?

Beaucoup de communication. L’histoire a commencé comme roleplay entre nos deux héros principaux, sur skype principalement. Des idées ont été lancées, testées, certaines gardées et d’autres oubliées ou délibérément abandonnées. Je pense qu’à un certain moment, on a commencé à assez maîtriser notre univers pour pouvoir simplement lancer des idées et en discuter via messageries sans devoir les jouer. Nous habitons assez loin l’une de l’autre, donc beaucoup se fait par le web. Si j’ai une idée je vais aussitôt lui envoyer un message et vice-versa. Il n’y pas vraiment d’arrêt au cours d’une journée.

On a aussi passé quelques journées physiquement ensemble à poser un scénario. Ca a commencé à devenir sérieux il y a deux ans je crois, depuis l’histoire a encore évolué : les actions générales sont posées, mais on discute encore sur le background de nos personnages, sur la situation politique, l’organisation. Finalement on s’est partagé les chapitres d’écriture et maintenant c’est en bonne voie !

Il y a aussi un autre aspect important dans notre collaboration, au niveau de nos caractères. Elle préfère ne pas avoir de scénario pour écrire, moi j’en ai absolument besoin d’un. Donc je dirais qu’on s’équilibre, avec une qui pousse vers l’avant et une autre qui ralentit le rythme et demande des repères. C’est vraiment une collaboration à tous les niveaux : l’encouragement est important également.

7. Peux-tu nous en dire un peu plus sur les mystérieuses Portes présentes dans cet univers ?

Oh ! Une demande d’information sauvage ! Les Portes sont extrêmement importantes dans cet univers. La zone principale où se passe cette aventure s’appelle La Plateforme, c’est une sorte d’île artificielle, un condensé de magie vaquant entre planètes, mondes et univers. Pour accéder à La Plateforme depuis la Terre, ou bien pour se balader sur d’autres univers, il faut passer par ces Portes. Ce sont des portails interdimensionnels en quelque sorte. Ils reposent sur un complexe mélange de technologie et de magie et sont en général gérés par le clan des Néants qui a la charge de la maintenance de la Plateforme.

8. Comment décrirais-tu Diane, l’héroïne de ton texte du même nom ? Qu’est-ce qui t’a inspirée pour créer ce personnage ?

Diane est une femme très instinctive. Avant d’avoir son enfant et de vivre sa déchéance dans la société du Quatrième Monde, elle suivait son instinct et ses envies, sans trop se soucier des conséquences possibles. Maintenant, ses impressions supplantent encore sa réflexion, mais elle n’est plus la personne au centre de ses intérêts.

La création…à vrai dire, c’est une de ces histoires où le monde et l’histoire sont venus avant le personnage. Le monde fait partie des univers de La Plateforme, donc il était déjà là et je voulais écrire une histoire ressemblant à celles que l’on pouvait lire dans la Bibliothèque Verte, notamment les aventures de Lancelot, d’Alice Leroy…donc il me fallait une héroïne qui soit détective. J’avais une restriction supplémentaire : je voulais qu’elle soit de la Haute Société du Quatrième Monde. Ca me permettait un accès sur des informations sensibles (l’organisation, la politique, les secrets) et aussi je voulais discuter des différences de classe et de la position d’une femme là-dedans. Accessoirement, j’adore la mode et je n’avais pas encore un personnage dans lequel catalyser cette passion-là

Pourquoi et comment…c’est en se posant ces questions qu’elle est apparue. Niveau inspirations…il doit y avoir un peu de Lancelot, Alice Leroy, d’Arsène Lupin, de Gail Carriger et beaucoup de mes voyages en Corée, Chine et Japon. Pour l’instant, c’est le texte en collaboration avec Vava qui est prioritaire, mais dès le premier jet fini, c’est la première aventure de Diane qui prendra la tête de mon agenda.

9. Le texte Laser. Couteau. Ciseaux est assez cru et sordide, est-ce que ça a été difficile pour toi de le mettre sur pied ? Dans quel état d’esprit étais-tu en l’écrivant ?

Je crois que tout est parti d’un article dans le journal concernant les mutilations faites sur les adolescentes en Suisse. Il me semble qu’il s’agissait d’une statistique, bref, j’ai voulu me renseigner sur les différentes mutilations possibles et leurs classifications (bienvenue dans mes soirées) et je suis tombée sur un récit de voyage. Si l’histoire a parue crue aux lecteurs, ce carnet l’était bien plus, avec nombre de détails visuels. Au final, la vie de ces femmes était extrêmement structurée : la mutilation, le mariage, les enfants. Comme un cycle infernal et je crois que c’est ce cycle-là qui est resté dans ma tête et qui a structuré l’histoire.

Le plus difficile pour moi était de gérer les émotions de Noël : qu’est-ce qu’on ressent lorsqu’on est vendue comme un objet, qu’on est privé de sa féminité, de sa liberté et finalement de son futur ? C’était tellement difficile que je me suis plus attachée à ses sens qu’à ses émotions. Le bois qui râpe, le tissu qui brûle. Je voulais ses sens assaillis à l’étouffer. En l’écrivant, j’étais plongée dans son corps, sans trop réfléchir à l’injustice, c’était plus un défilé d’événements.

10. Pour finir, que dirais-tu que l’écriture t’a apporté ?

Des rencontres d’abord. Sans l’écriture, je n’aurais jamais rencontré Vava et je serais une personne très différente aujourd’hui. Un rêve ensuite et la capacité d’avoir des projets : je ne me laisse pas porter par la vie, travailler pour dormir pour travailler sans but final, très peu pour moi. Et finalement une confiance en moi : je sais écrire. Que ce soit vrai ou non, prétentieux et irrévérencieux, ne change rien au pouvoir de cette confiance dans ma vie de tous les jours.

 

Ainsi s’achève cette ultime interview.

Je tenais à remercier infiniment Danan-Omeci qui a accepté de répondre à mes questions malgré son agenda de ministre ! 😉

J’ai vraiment eu beaucoup de plaisir à collaborer avec toi et à découvrir tes réponses passionnantes ! Je te souhaite encore plein de beaux projets et de rêves réalisés pour la suite !

Il est temps maintenant que je prenne congé de vous. Je tenais simplement à vous dire que ça a été un honneur pour moi de gérer cette rubrique et d’apprendre à mieux connaître toutes ces talentueuses Plumes à travers les interviews. J’ai vraiment passé d’excellents moments, ça aura été un plaisir d’un bout à l’autre pour moi et j’espère humblement être parvenue à vous faire passer quelques bons moments devant votre écran aussi.

Merci à toutes celles et ceux qui ont accepté mes demandes d’interviews.

Merci à toutes celles et ceux qui les ont lues.

Merci à vous les Plumes.

 

Gardez vos plumes affûtées, toujours.

Slyth

Interview de Jowie

Bonjour les Plumes !

La moitié de l’été est déjà passée mais PA ne prend jamais de repos : les Plumes continuent de lire et d’écrire, le forum demeure rempli de vie et de surprises.. bref, impossible de s’ennuyer dans nos belles contrées !

A travers vos œuvres, vous nous faites voyager, rêver, pleurer, rire, nous exclamer, nous émouvoir… vivre d’autres vies en somme !

Pour cette interview, j’ai invité une Plume qui sait bien faire usage de ces différents pouvoirs d’auteur : elle dessine aussi merveilleusement bien et sa passion pour la nourriture est légendaire… merci d’accueillir Jowie !

1. Ça fait déjà quelque temps que tu fais partie des Plumes.. tu te souviens comment tu as débarqué ici ?

C’est un peu flou dans ma tête mais je sais que j’ai appris l’existence du site grâce à La Passe-Miroir (Je suis si originale.). Je me souviens que pour me présenter sur l’ancien forum, j’avais été extrêmement brève, mais j’avais estimé utile de mentionner mon obsession pour les barres de céréales. Au miel.

Bref, découvrir Plume d’Argent est tombé à pic pour moi, parce qu’à l’époque mon écriture stagnait. J’avais besoin de partager mes histoires, de recevoir des retours constructifs et de progresser. La communauté Paenne m’a offert bien plus que ça.

2. Et quel genre de commentatrice es-tu donc ?

Le genre qui tombe toujours dans le panneau et qui culpabilise à mort si je ne fais pas un commentaire par chapitre que je lis. J’essaie d’être aussi régulière que possible dans mes lectures. Ma pile à lire PAenne s’allonge à l’infini, mais tant mieux ! En ce moment, je me suis fixée l’objectif de lire et commenter au moins deux chapitres par semaine. Ça me permet d’avancer lentement mais sûrement.

3. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans l’écriture ?

Le fait qu’elle permette de voyager, de s’échapper, de se défouler. Le fait qu’en regroupant des lettres et des mots, on façonne des mondes, des images, des gens, des sensations et des émotions qui peuvent se transmettre. Le fait qu’elle puisse transformer un mauvais souvenir ou une expérience difficile en quelque chose de beau et dont on est fier.

Je trouve ça fou aussi que l’on puisse relire son propre texte et se surprendre (“C’est moi qui ai écrit ça ?”), rire à ses propres blagues ou remarquer entre les lignes des choses sur soi-même dont on n’avait pas pris conscience jusqu’alors.

4. Quels genres de difficultés peux-tu rencontrer dans tes écrits ?

Je pourrais pondre toute une liste.

Le pire, c’est quand un personnage as des ennuis pas possibles et que moi, je dois le tirer de là sans que cela paraisse trop facile. Mais… le sauveur ninja qui débarque en mode deus ex macchina pour tout arranger, c’est vraiment trop tentant.

Sinon, garder la personnalité et les pensées d’un personnage constantes malgré son développement et les épreuves qu’il traverse est un également un défi pour moi. Tout comme rester “historiquement crédible” dans le cadre d’une fiction se déroulant à une autre époque. Mine de rien, il y a énormément de détails auxquels il faut faire attention. Mais en même temps, j’aime ça: ça me pousse à faire des recherches.

5. Qu’est-ce que le thème de ce trimestre, « différence ». évoque pour toi ? Est-ce un thème qui t’inspire ?

« Différence », ça peut être ne pas se sentir comme les autres, avec derrière u un sentiment de distance ou de solitude ; or “différence”, ça veut aussi dire “diversité” et donc “richesse”. Dans mes histoires, il est souvent question de personnages qui ne se sentent pas à leur place ou qui n’ont pas l’impression d’appartenir à la communauté majoritaire. On peut se sentir « décalé » pour mille raisons. Que la différence soit physique, de l’ordre des idées, des valeurs ou de la culture, c’est un thème qui m’interpelle et que j’aime explorer à travers l’écriture. Il est étroitement relié à l’identité, au « qui-suis-je par rapport aux autres ? À quelles valeurs et à quelles personnes est-ce que je m’identifie ? »

Je ne pense pas avoir infusé ces problématiques dans mes textes de manière consciente, mais maintenant, avec un peu de recul, je le vois clairement. Ça ne m’étonne pas : ce sont des questions qui m’ont beaucoup travaillée. J’espère montrer à travers mes personnages que les différences peuvent devenir de précieuses ressources.

6. Parlons maintenant de ta saga Hêtrefoux (anciennement Les croyances de Bronwen), comment t’es venue l’idée de cette histoire ?

Posons d’abord le contexte. Juillet 2010, je viens de boucler la pire année scolaire de ma vie dans une école où je me sens comme un alien. Ma confiance en moi traîne par terre et je suis très irascible. Malgré tout, je garde espoir : à la rentrée, c’est direction le collège ; le futur est une page blanche.

C’est l’été, je lis Les secrets de l’immortel Nicholas Flamel de Michael Scott qui me fait découvrir la déesse irlandaise Morrigan. Je cours sur Internet pour en savoir plus. Or ce n’est pas sur Morrigan la déesse que je tombe mais Morrigan le personnage du jeu vidéo de rôle Dragon Age: Origins. Le monde de Origins attire mon attention : les elfes y sont représentés comme des sous-êtres, des esclaves. Autrement dit, rien à voir avec les beaux, puissants et gracieux elfes du Seigneur des Anneaux par exemple. Graduellement, je me demande : pourquoi ne pas pousser la réflexion plus loin ? Et si les elfes étaient carrément vus comme des abominations ? Et si les humains avaient voulu les exterminer ? (Ironiquement, ce n’est que depuis début 2018 que j’ai vraiment joué à un jeu Dragon Age.)

Ce nouveau regard de quelque chose que je croyais connaître, le fait que je ne me sentais pas exactement comme une rock star et que je m’ennuyais se sont mis ensemble. Résultat : écrire une aventure me démangeait. Et là, je me suis dit: « Je vais commencer une histoire et cette fois, je la terminerai ».

7. Le moins que l’on puisse dire c’est que ton héroïne, Eleonara, n’est pas banale ! Que peux-tu nous dire sur elle ?

Eleonara vit dans dans un monde où personne ne lui ressemble et où elle n’a pas le droit d’exister. Un monde dont elle ne connaît que l’intérieur d’une taverne. Ses maîtres la traitent comme un chien, mais en même temps, tiennent à cacher son identité.

Eleonara hait les humains qui, selon elle, lui ont tout pris et rendent son existence un calvaire. C’est une fille taciturne et seule qui se sent impuissante. Elle cultive une rage destructrice qui la ronge et dont elle perd contrôle. Malgré tout, elle s’accroche fiévreusement à la vie et est déterminée à survivre pour se venger des humains, puis rejoindre les terres de ses ancêtres. Curieuse, voire assoiffée de savoir, elle cherche à remonter l’histoire des Troyaumes en quête de la vérité et se découvre en passant une passion pour les langues des différents peuples, ce qui lui fera des amitiés là où elle n’en espérait pas.

Au cours de son voyage pourtant, Eleonara sombre dans la confusion. Elle réalise que ses convictions les plus fondamentales ne coïncident pas du tout avec la réalité des Troyaumes. À partir de là, elle remet tout en question. C’est un personnage qui évolue et apprend beaucoup au fil de la série, mais pas sans quelques heurts et désastres !

8. Dans ce texte, tu évoques différents peuples (Einhendriens, Opyriens, Nordiques, Elfes) : comment t’es-tu débrouillée pour pouvoir nous les présenter de manière aussi complète et réaliste ?

Je m’intéresse beaucoup aux différences interculturelles et à leurs implications. Je me suis inspirée de cultures qui m’intriguaient particulièrement. En en prenant un élément par-ci, un élément par là et en combinant les cultures qui m’interpellaient particulièrement, j’ai fini par en créer des nouvelles. Ainsi, les Einhendriens sont un pot-pourri de cultures Européennes ; certains prénoms ont même des tendances slaves. Les Opyriens, eux, incarnent plus une mosaïque d’ethnies qu’un peuple uniforme, comme en Éthiopie, par exemple. Certains sont citadins, d’autres sont nomades, certains ont la peau foncée comme la nuit, d’autres sont basanés. Chaque tribu opyrienne a ses propres croyances et mœurs, ce qui ne les empêche pas de cohabiter en paix.

Évidemment, la culture des trois peuples humains se rattache à leur histoire commune qui, mine de rien, a déterminé qui parle quelle langue. Je m’explique : le Mikilldys (le Nord) et l’Opyrie ont été assujettis par l’Einhendrie, qui impose sa langue. En tant que sujets diplomatiques et coopératifs, les Opyriens ont fini par “oublier” leur langue d’origine, alors que les Nordiques, plus rebelles, sont devenus bilingues, faisant tout pour ne pas oublier leur identité, leur dialecte.

Pour l’instant, je n’ai représenté les elfes qu’à travers les souvenirs et les découvertes d’Eleonara ainsi que les effrayantes rumeurs répandues par les humains. Qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui ne l’est pas ? On verra !

9. As-tu déjà imaginé une fin pour cette saga et/ou sais-tu combien de tomes la composeront ?

J’ai une fin, mais elle est très flexible, ce qui me donne pas mal de liberté. Rien n’est vraiment décidé, alors je serai moi aussi surprise au moment de poser le point final. J’avais prévu trois tomes mais avec l’ampleur que ça prend, peut-être que j’en ferai quatre. Je ne sais pas encore. Le troisième tome décidera.

10. Pour finir, y aurait-il quelque chose en particulier que tu voudrais dire aux personnes qui sont en train de nous lire ? Un message à leur transmettre peut-être ?

Le porridge, c’est bon pour le cœur.

Non, plus sérieusement, j’aimerais juste remercier tout le monde sur Plume d’Argent. Le fait que l’on puisse tous échanger sur une, voire plusieurs passions communes, tout en s’entraidant dans un cadre à la fois décontracté, amusant et constructif, ce n’est pas quelque chose que l’on trouve partout. C’est un projet qui foisonne et qui grandit en créativité (on a même une radio et des interviews, quoi !) Sans dire que l’on fait de belles rencontres. J’ai l’impression que c’est super cliché de finir mon interview avec ça, mais voilà, ça ne fait pas de mal de prendre une minute pour apprécier ce qu’on a.

Et pour le porridge, je vous jure que c’est vrai.

 

Ainsi s’achève cette interview.

Je tiens à remercier du fond du cœur Jowie, ma chère compatriote, qui a accepté mon invitation spontanément et avec beaucoup d’enthousiasme. Personnellement, je me suis beaucoup retrouvée dans tes réponses et je suis très heureuse que nous puissions nous connaître et partager de belles expériences !

J’espère que cette interview vous aura plu tout autant qu’à moi chers lecteurs et lectrices !

Et maintenant, vous savez ce qu’il vous reste à faire : filez tout de suite avaler un bol de porridge !

Gardez vos plumes affûtées,

Slyth

Interview de Laure

Bonjour lecteurs et lectrices !

Ça y est, les beaux jours sont arrivés, la chaleur et les habits légers sont de mise… même si cela va parfois de pair avec les premières allergies aux pollens ! La Plume qui a accepté de partager quelques anecdotes croustillantes pour ce numéro s’est renouvelée comme le printemps… autrefois connue sous le pseudonyme d’Ethel, merci d’accueillir Laure !

 

1. Alors, comment s’est passée ton installation sur le nouveau forum ?

D’abord, je voulais dire que je suis honorée de figurer ici. Merci beaucoup Slyth pour l’invitation !
J’ai mes petites habitudes et j’ai du mal avec le changement (dit celle qui s’expatrie tout le temps haha) alors au début j’étais un peu déstabilisée je dois dire. Mais ça va, je me suis vite adaptée et maintenant je ne reviendrais plus en arrière ! Déjà parce que je suis fort heureuse de ce changement de pseudo. Plusieurs Plumes sont devenues de vrais amis dans la vraie vie, et je ne me faisais pas trop à me faire appeler autrement que par mon prénom en dehors du forum. Je dirais même que ça me mettait un peu mal à l’aise. Maintenant tout rentre dans l’ordre.

2. Ça fait longtemps que tu écris ? Comment es-tu tombée dans cette marmite ?

Ça oui, très longtemps ! Je ne sais pas vraiment comment ça a commencé. Je pense que, petite, j’aimais tellement les livres et les histoires que j’ai rapidement voulu en produire moi-même. À six ans, je fabriquais de petits livres agrafés et illustrés par mes soins. À neuf ans, j’ai écrit une petite histoire que j’ai envoyée à J’aime lire pour qu’ils la publient. Pas de réponse de leur part ! J’en suis encore vexée. Remarque, ils ont bien fait, c’était immonde comme truc.
Ce qui est peut-être inhabituel chez moi, c’est que l’écriture a toujours précédé l’histoire : je n’écris pas parce que j’ai quelque chose à raconter, mais parce que j’aime écrire et m’immerger dans un monde à moi, que j’ai d’ailleurs souvent du mal à construire. Écrire, pour moi, c’est une sorte de thérapie pour survivre à la vie.

Et donc enfant, puis adolescente, je me suis souvent trouvée, dans les longs trajets de voiture, pensive, regardant par la fenêtre, cherchant de toutes mes forces dans ma tête vide une idée d’histoire à venir.

3. Quels genres de fictions et de fanfictions aimes-tu lire sur le site ?

Dure question. En fait, j’ai tellement de mal à lire sur écran que la lecture sur FPA n’est jamais un loisir complet pour moi, je n’arrive pas à m’y évader comme je peux le faire avec un livre papier. Je lis presque exclusivement pour commenter et pour essayer d’aider les autres comme on m’aide avec mes propres textes. Bien sûr ça ne m’empêche pas d’apprécier ce que je lis, de rigoler et de m’émerveiller ! Mais ce n’est jamais aussi immersif qu’un livre à cause du cadre.

Et donc comme je lis plutôt par volonté d’aider que par plaisir, je choisis mes histoires en fonction de leur auteur beaucoup plus que de leur contenu ; je lis des amis et des gens qui me lisent.

Il faudrait que je me procure une liseuse, je suis sûre que si j’en avais une, ma réponse à cette question serait tout à fait différente !

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Interview de Dédé

Salut les Plumes !

L’hiver et le froid battent leur plein, mais PA est toujours là pour nous réchauffer le coeur : que ce soit à coup de déménagement surprise ou de PaCNo ensoleillé !

De mon côté, je vous propose de découvrir un autre de ces phénomènes haut en couleur… merci d’accueillir Dédé !

 

1. Comment te présenterais-tu aux nouvelles Plumes qui nous ont rejoint dernièrement ?

Je commencerai par dire que ce n’est pas parce que je ne traîne pas trop dans la section «Présentation des patients» que je suis forcément sauvage. Je crois que je préfère faire connaissance avec les Plumes « en situation » : sur les journaux de bord, autour d’un topic ou sur le PAchat (la Shoutbox de Plume d’Argent). On fait énormément connaissance sur le PAchat. Et j’y suis connecté le plus souvent possible. J’ai même pris le réflexe de me connecter depuis ma voiture, entre deux cours, pour me redonner du courage quand il m’arrive d’en manquer cruellement. Bref, vous savez où me trouver si jamais ! Voilà !

Sinon, certains diront que tout ce qui se passe (en négatif) sur Plume d’Argent est de ma faute. Ne les écoutez pas ! C’est faux ! Et je ne suis ni dépravé ni nécrophile !

Maintenant que c’est dit, je peux aussi vous prévenir que j’ai à l’heure actuelle une bonne petit treizaine de projets à mon actif. Niveau scribouille, j’aime toucher à tout.

Entre deux projets d’écriture, je suis aussi journaliste pour le PAen. J’écris des Potins qui sont très attendus des Plumes. Pas plus tard que l’autre jour, on m’a demandé quand allait sortir le prochain numéro ! Protégez-moi de ces Plumes fanatiques ! Please…

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Interview de Praline

Joyeux Halloween !

(ça compte encore de dire ça le 1er, n’est-ce pas ?)

Quoi qu’il en soit, après cette nuit agitée par le retour des morts, me voici de retour pour vous hanter avec une nouvelle interview.

La Plume qui a accepté de me confier son âme a sans aucun doute beaucoup apprécié les sucreries de la soirée dernière… merci d’accueillir Praline !

 

 1. Tu es inscrite sur PA depuis un peu plus d’une année… comment as-tu survécu à cette communauté déjantée et à ses méandres nébuleuses ?

Eh bien, je n’ai pas survécu. Je suis actuellement décédée et c’est mon hologramme qui répond à tes questions et qui apparaît de temps à autres sur le PAchat.
Trêve de plaisanterie, je suis toujours en vie, et justement grâce à Plume d’Argent. C’est bien la première fois que je me sens chez moi, dans une communauté déjantée justement, où j’ai pu rencontrer des plumes qui me ressemblent et avec qui je peux échanger sur ce que j’aime réellement. Et où je peux être la vraie moi.
J’y ai même rencontré celle qui est devenue une de mes meilleures amies IRL (Loki, si tu passes par là… !)
Bon, parfois, Seja me fait un peu peur avec sa hache et ses menaces, mais je crois que je suis un peu masochiste parce que j’adore ça.

2. Rares sont les membres qui viennent uniquement pour lire, alors dis-nous : comment le goût de l’écriture t’est-il venu ?

Question piège ! Eh eh eh.
Pour être franche, je ne sais pas exactement comment il m’est venu. Mais je sais que, déjà toute petite, j’adorais les rédactions à l’école, j’écrivais des lettres à Saint-Nicolas (une sorte de Père Noël que nous fêtons en Belgique) et je créais même des petits livres illustrés. En fait, je pense que ça a toujours fait partie de mon enfance, grâce à mes parents qui m’ont inculqué le goût de la lecture et des histoires très tôt déjà.

Et, avant de savoir écrire, je racontais des histoires à voix haute, tout le temps, partout. Ce qui avait le don d’énerver mes parents et mes institutrices à l’école héhéhé.

3. Est-ce que tu as des attentes lorsque tu lis les écrits des Plumes sur FPA ?

Je ne suis pas bien placée pour avoir des « attentes » envers mes collègues Plumes, mais il est vrai que j’ai toujours l’espoir de lire une histoire qui m’embarque et qui me fasse voyager dans l’imagination de celui ou celle qui l’a écrite. Ce qui fonctionne à chaque fois tellement ce site regorge de talents ! (comment ça je flatte pour être dans les bonnes grâces des admins ?)
Plus sérieusement, tout ce que j’ai lu jusqu’ici m’a fait rêver et même parfois baver un peu d’envie.

4. Tu as récemment été lauréate du Prix du jeune écrivain de langue française, félicitations ! Comment as-tu vécu cette expérience ?

Merci beaucoup ! Je n’en reviens toujours pas moi-même et j’ai eu du mal à réaliser quand on m’a annoncé au téléphone que j’étais reprise.
En fait, il y a plusieurs sélections dans ce concours (trois si je me souviens bien). Chaque fois que je recevais un mail comme quoi j’avais passé la sélection, je me disais « c’est la dernière que je passe, je n’irai pas plus loin ». Donc j’ai été vraiment très surprise, très contente aussi car c’est la toute première fois que je participe à un concours d’écriture, et bien sûr très impatiente de pouvoir aller au salon du livre de Paris !

5. Parlons maintenant de l’une de tes histoires que les lecteurs connaissent (peut-être) bien…comment as-tu élaboré La Recenseuse des Mondes ?

Ah, La Recenseuse… C’est une histoire qui me trotte dans la tête depuis un moment et que j’ai décidé de mettre par écrit le jour de mon inscription sur PA.
L’idée m’est venue pendant une période un peu trouble de ma vie où j’avais du mal à trouver ma place et où j’avais besoin de m’évader, avant de dormir ; dans un monde imaginaire dans lequel les gens n’auraient pas à se soucier de la trouver, qu’elle serait décidée pour eux. De là est partie l’aventure de Louise, qui est un petit peu à mon image quand même, et depuis j’ai continué à peaufiner son univers avec des lois, une histoire, une géographie, etc.
Le plus difficile, ça a été de transposer ce monde imaginaire en un monde de mots, avec des codes et une logique qui tiennent debout, sinon l’histoire elle-même devient bancale. Je crois même qu’en écrivant, je continue à élaborer ce monde un peu complexe, mais ça fait partie du défi !

6. Qu’est-ce que le thème de ce trimestre, la famille, évoque pour toi (que ce soit en lien avec ton texte ou avec l’écriture en général) ?

La famille est primordiale dans La recenseuse des Mondes, la relation de Louise, le personnage principal, avec la sienne étant très complexe. Sans trop spoiler, ses parents ont envers elle des attentes qui pèsent très lourd sur ses épaules et qu’elle a du mal à vivre. Quant à son frère, il préfère le travail et la gloire que de soigner ses relations avec sa petite soeur et d’essayer de la comprendre.
Je pense que la famille peut tout aussi bien représenter le bonheur, le partage, l’amour comme elle peut être un fardeau, une obligation, et qu’elle n’est pas forcément la mieux placée pour nous comprendre. Elle est souvent idéalisée dans les films et les livres, alors que les relations sont bien plus complexes que ça. J’ai voulu montrer ces nuances dans mon récit, en décrivant une famille ni toute blanche ni toute noire, mais une famille avec des failles et des défauts.
Je vous rassure, j’aime ma famille 😉

7. En cas de blocage, comment te débrouilles-tu ? As-tu inventé des rituels particuliers pour te débarrasser du « syndrome de la page blanche » ?

Si un jour je trouve le secret pour le surmonter, je vous le dirai !
Quand je suis bloquée, j’ai beaucoup de mal à lâcher l’affaire et du coup, je me bloque encore plus. Mais je finis toujours par accepter que parfois, on bloque et qu’il faut laisser reposer le texte un moment plus ou moins long (parfois, ça peut me prendre des mois). Je prends alors le temps de m’aérer, de faire autre chose et de lire des romans. Je sais que de toute façon, mon idée reste quelque part, dans un coin de ma tête, et qu’un jour, je vais avoir l’inspiration pour la reprendre.
Sinon, en cas de gros blocage, je sais que je peux me tourner vers les Plumes pour essayer de débloquer la situation.

8. Question de fan : Tes personnages principaux sont-ils inspirés de ta propre personnalité ? Celle de ton entourage? Ou sont-ils complètement originaux ?

Zut j’ai déjà vendu la mèche ! En effet, mon personnage principal, Louise, est fortement inspirée de mon ressenti personnel. Pas tant en terme de personnalité, je dirais, mais en terme de difficultés dans sa vie.
Par contre, mes autres personnages sont originaux, dans le sens qu’ils ne ressemblent à personne de mes proches. Ils peuvent cependant avoir des inspirations de gens que je peux croiser dans la rue et qui ont une caractéristique que je trouve intéressante (bien souvent physique, ou dans une attitude). Sinon je pense que mes influences littéraires et cinématographiques doivent beaucoup jouer dans les portraits de mes personnages.

9. As-tu d’autres projets d’écriture en cours ou à venir ?

Pour l’instant, non. Je voudrais venir à bout de La Recenseuse qui est un gros morceau, et corriger mon texte pour le Prix du Jeune Ecrivain. Mais je n’écarte pas la possibilité qu’un jour je trouve une idée et que je doive l’écrire !

10. Pour finir, y aurait-il quelque chose en particulier que tu voudrais dire aux personnes qui sont en train de nous lire ? Un message à leur transmettre peut-être ?

Je n’ai qu’une seule chose à dire : quand vous êtes triste, mangez du chocolat ! 😀

 

Ainsi s’achève cette interview.

Je tiens à remercier Praline qui a accepté cette interview et y a répondu à la vitesse de l’éclair avec beaucoup d’enthousiasme et de sincérité !

Merci également à la Plume-Dont-On-Ne-Prononcera-Pas-Le-Nom (mwahaha !) qui a joué le jeu de la question de fan !

Et finalement, merci à vous chers lecteurs et lectrices d’être toujours fidèles au rendez-vous des Imagineurs !

Finalement, je crois qu’il ne nous reste plus qu’à mettre en pratique le dernier conseil de Praline, et ce quelle que soit notre humeur, qu’en dites-vous ?

Gardez vos plumes affutées,

Slyth

 

lab-elle

Bonjour les Plumettes et les Plumeaux ! 😉

Pour rester dans le thème de ce trimestre, le GENRE, j’avais à cœur de vous présenter une association suisse-romande du nom de lab-elle.

Mais qu’est-ce donc ?

Cette association, créée en 2006, poursuit divers objectifs (que je me permets de reprendre sur leur site officiel) :

Mise en évi­dence, grâce à un label, des al­bums illus­trés pour en­fants qui présentent le fémi­nin de ma­nière va­lo­ri­sée, ouvrent les ho­ri­zons aussi bien des filles que des gar­çons, offrent une part belle à la di­ver­si­té et per­mettent ainsi aux en­fants de déve­lop­per leur per­son­na­li­té et leurs po­ten­tiels, li­bre­ment, sans être res­treints par des stéréo­types de genre.

Prise de conscience par un large pu­blic que les livres pour en­fants pu­bliés ac­tuel­le­ment pro­posent des his­toires beau­coup plus stéréo­ty­pées que la réa­li­té elle-​même ; ce déca­lage porte à conséquence pour le déve­lop­pe­ment des en­fants et les choix qu’ils ef­fec­tuent pour leur ave­nir.

– Sen­si­bi­li­sa­tion au fait qu’il est im­por­tant de pro­mou­voir l’éga­li­té entre les sexes dès l’en­fance plu­tôt que consa­crer toute l’éner­gie à répa­rer des in­éga­li­tés entre hommes et femmes – pla­fond de verre, lutte contre la vio­lence, in­éga­li­té sa­la­riale, orien­ta­tion pro­fes­sion­nelle, etc.

Pro­mo­tion de la lec­ture: à l’école, l’ap­pren­tis­sage de la lec­ture se fait très ma­jo­ri­tai­re­ment à l’aide de livres pour en­fants.

 

L’égalité entre les sexes, les stéréotypes de genre et les modèles masculins/féminins dans la littérature (mais également dans d’autres domaines) sont des éléments auxquels je pense que nous sommes tous et toutes confrontés, de manière plus ou moins évidente et à plus ou moins grande échelle.

Pour ma part, j’y ai été plus particulièrement sensibilisée durant mes études pour devenir éducatrice de l’enfance. Nous avions brièvement évoqué l’exemple de lab-elle lors d’un cours et je m’en suis souvenue lors de la mise en place du calendrier des publications du Journal PAen et de ses thématiques. Cela m’a donc permis d’approfondir un peu le sujet et je suis ravie d’avoir pu découvrir cette association plus en détails !

Il y a quelque temps, je suis également tombée sur un petit reportage qui m’a confortée dans l’idée de rédiger cet article !

Vous pouvez le visionner ici !  (en espérant que cela fonctionne ! ><)

J’imagine que tout cela peut donner une impression un peu idéaliste, « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » mais, personnellement, je pense que c’est un travail important, voire même essentiel. Je suis très sensible aux divers stéréotypes de genre auxquels les enfants sont confrontés dans la vie de tous les jours à travers les livres, la TV, les jouets, la publicité… des stéréotypes qui sont même parfois renforcés dans l’environnement familial. Nous avons tendance à reproduire les gestes, les habitudes et les paroles que nous avons appris et, ce faisant, nous pouvons inconsciemment transmettre des clichés. Je me souviens qu’en cours nous avions discuté du fait que les gens ont plus facilement tendance à encourager les petites filles à exprimer leurs émotions (en les laissant pleurer) tandis qu’ils vont essayer plus rapidement de sécher les larmes d’un garçon en lui disant qu’il est courageux, par exemple.

Quoi qu’il en soit, c’est un sujet très vaste et qui peut également rapidement partir en débats. C’est d’ailleurs ce que je vous invite à faire en partageant votre avis sur cet article et plus particulièrement le sujet dont il est question sur le topic dédié du forum !  =)

Finalement, je souhaitais encore partager avec vous ce document PDF, qui présente les albums labellisés par l’association et qui explique plus en détails son fonctionnement et les thèmes qui lui sont chers.

En espérant que cet article vous aura plu (ou, tout du moins, intéressé), je vous salue bien bas !

Interview de GueuleDeLoup

Salut les Plumes !

En ce 1er juin qui annonce une fabuleuse journée « Cricriesque », je propose que nous nous inclinions tous devant le 3ème tome tant attendu de la PM !

Quelle chance de pouvoir vous proposer une nouvelle interview en ce glorieux jour ! D’ailleurs, gardez vos têtes baissées encore un instant car je suis certaine que la Plume qui va être à l’honneur ici nous a tout autant impressionnés par son talent, sa créativité et son imagination. Merci d’accueillir GueuleDeLoup !

1. Comment as-tu atterri au sein de cette communauté joyeusement déjantée ?

Bonjour tout le monde ! Comme beaucoup ici, c’est la plume de Cristal qui m’a montré la voie. J’avais déjà entendu parler de PA avant, mais je trouvais le site moins adapté à ce que j’écrivais à ce moment-là (de la fanfic) comparé à d’autres sites plus connus.
Mais les rumeurs circulant sur la toile laissaient entendre que PA faisait peur car on critiquait sévèrement par ici ! Je ne peux que plussoyer cette rumeur, Jean-Pierre !

2. Avais-tu déjà publié des textes en dehors de PA avant de venir ici ? Comment s’est passée cette première expérience ?

Oui, j’ai publié plusieurs histoires sur fanfiction.net avant d’atterrir ici, les deux principales sur Death Note et Harry Potter. Globalement, ça s’est très bien passé, mais ce n’est pas aussi épanouissant que d’être dans une communauté soudée qui cherche constamment à s’améliorer.
A cette époque-là, j’écrivais un chapitre, je le relisais une fois et puis je postais pour ne plus jamais le retoucher de ma vie. C’est le genre de chose qui m’est complètement impossible maintenant.
Sur FF.net, il y avait tout de même des gens qui commentaient sévèrement, mais ça dépendait énormément du fandom. Quand j’écrivais sur Death Note, il ne restait que le noyau dur des fans les plus persistants et là, il y avait une vraie émulation entre nous. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai rencontré Alive qui était ma rivale la plus flamboyante.
J’ai écris par la suite sur des fandoms plus à la mode et là mon compteur de commentaires a explosé, mais c’était majoritairement des commentaires de type «Ouah! Trop chou! » ce qui était gentil mais un peu limité quand on cherche à s’améliorer.

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Une interview de Chalice

Bonjour les Plumes !

En l’an de grâce Panesque 2017, le temps était venu pour une nouvelle formule du Journal de voir le jour. Néanmoins, la rubrique des Imagineurs reste toujours d’actualité. Il faut dire que le site ne manque pas de Plumes à cuisi.. présenter pardon !

Surtout avec la récente vague d’arrivée de nouveaux membres (à croire que l’aura mirifique du PaCNo les attire !)

La Plume qui a accepté mon invitation a d’ailleurs posé ses valises dans nos contrées il y a peu de temps. Mais, avec sa bonne humeur communicative et son, désormais célèbre, fouet à paillettes, elle a très vite su gagner notre affection éternelle. Merci d’accueillir Chalice !

 

1. Comment es-tu tombée dans la marmite pailletée de l’écriture ?

Hey salut Slyth (comment te dire que la marmite et moi on est de grandes copines) ! Alors c’est une bonne question qui remonte à mes années lycée (genre il y a dix ans quoi) pendant lesquelles les heures passaient à une vitesse tellement lente (en cours de français surtout) qu’avec deux de mes amies, nous avons tout bêtement décidé d’écrire une histoire. Alors nous voilà en pleine soirée pyjama avec un vieux cahier tout moche (on n’allait pas en prendre un neuf quand même !) en train de chercher des idées de personnages et de péripéties. Bref, cette histoire est terminée (j’ai même ajouté un épilogue 5 ans après) et c’est vraiment du grand n’importe quoi. Aucune cohérence dans les dialogues, les personnages dormaient dans un appartement pour se réveiller dans un autre alors que …oh ! Mais il fait déjà nuit ?! BREF c’est franchement drôle de la lire. En fait, on se passait le cahier les unes les autres pour que chacune écrive du point de vue de son personnage et, du coup, comme on ne se relisait pas avant, ça donnait un sacré résultat. En tout cas, depuis cette période-là, je scribouille par-ci par-là sans vraiment me pencher sérieusement sur un texte. C’est seulement depuis le mois de juin 2014 (date à laquelle ma boite a coulé) que j’écris vraiment. Pour moi. Pour me détendre. Pour me poser des questions. Et surtout, parce que j’adore ça.

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Une interview de Lyra

Salut les Plumes !

L’automne touche à sa fin et l’hiver approche à grands pas. Les brumes matinales, les plaines enneigées, le silence… toute une atmosphère calme, sereine et empreinte de mystère. Et le mystère justement, c’est le thème du journal de ce mois.

Comme toujours, pour les Imagineurs, il m’a fallu trouver une victime consentante et d’accord de répondre à mes questions tordues. Elle a accepté de lever un peu le voile sur son parcours et son fonctionnement en toute confiance, merci d’accueillir Lyra !

1. Es-tu une auteure du genre mystérieuse ? Et sinon, comment te décrirais-tu ?

Tout dépend du sens que l’on donne à mystérieux j’imagine. Si c’est d’écrire de nuit dans une épaisse brume et à la lueur des lampadaires, pas vraiment, quoi qu’avec un peu d’imagination du brouillard ferait l’affaire. Bon, plus sérieusement, se décrire en tant qu’auteure est vraiment compliqué, d’autant plus que je me suis beaucoup éparpillée jusqu’ici. Disons que je fais à la fois dans les projets très, voire trop, construits qui commencent avec beaucoup d’entrain et qui n’aboutissent pas et dans les nouvelles écrites en une fois ou les projets lancés sans trop y croire et sans préparations qui finissent par arriver quelque part. Du coup, je dirai que je suis encore une auteure qui cherche sa méthode en tentant des choses et qui essaie d’écrire selon ses envies et pour se faire plaisir.

2. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans l’écriture ?

Mmmh… ça va beaucoup dépendre du type de projet mené en fait. Pour des textes comme Mandarines où je laisse les choses venir, c’est vraiment l’écriture sur le moment que j’aime le plus. La sensation que l’histoire s’écrit sous ses doigts est vraiment quelque chose de particulier qui me plaît beaucoup. Relire ensuite et corriger reste intéressant mais le travail n’est pas le même.
En revanche pour des gros trucs, aka les textes que je n’ai jamais mené au bout, la phase de « mûrissement » pré-écriture dans la tête et/ou sur un carnet durant laquelle les choses s’agencent entre elles et évoluent pour former peu à peu un tout à peu près cohérent est vraiment un moment clé où je me plais à laisser mon esprit divaguer dessus et gober ce qu’il peut gober dans les influences à ingérer pour encore développer le tout. Après, comme je suis en plein dedans actuellement et que ça fait un moment que je n’ai pas écris sur ce genre de projets, je n’aurais sans doute pas répondu ça il y a quelques mois et qui sait si je serai toujours de cet avis une fois l’écriture en elle même entamée. Car, après tout, les débuts sont eux aussi des moments clés et plus stimulants encore que la mise en place qui précède. Et puis, démarrer un projet est toujours pour moi une période pleine d’énergie scripturale qui me met souvent en joie.

3. Quel genre de difficultés peux-tu rencontrer dans tes écrits ?

Ouhlà, il y en a beaucoup je pense, mais ce n’est pas simple de mettre des mots dessus.
Déjà, il y a le découragement qui m’a jusqu’ici fait abandonner beaucoup d’écrits et qui est lié également à la motivation, à la lenteur avec laquelle j’avance dans mes projets et à l’appel de la nouveauté : parce que gérer dans sa tête cinq mille idées en même temps sans être tenté de les réaliser quand on est bloqué sur celle en cours mais impatient d’avancer, c’est compliqué. Aussi, comme j’avance lentement, je finis souvent par ne plus aimer l’histoire avant la fin et/ou avoir de nouvelles idées qui me plaisent plus et donc je finis par abandonner le projet en question.
Concernant les écrits en eux-mêmes (histoire, personnages, etc.), j’ai souvent tendance à faire un background un peu trop poussé (qui tient plus ou moins debout) mais avec une histoire obsolète derrière, ce qui complique un peu les choses (et puis ça rend nécessaire ma grande horreur à écrire : les dialogues explicatifs). J’ai aussi tendance à ne pas en dire assez, à ne pas répondre aux questions que quelqu’un d’extérieur, comme sur FPA, pourrait se poser, mais en écrivant ou en corrigeant, j’ai encore du mal à prendre ça en compte. Quant aux personnages, les construire est encore une difficulté majeure puisque j’essaie de plus en plus d’arrêter de faire des profils de personnalité similaires d’un projet sur l’autre mais ce n’est pas encore ça… (ceci est une liste non exhaustive)

4. Et en tant que commentatrice, comment tu t’en sors sur PA ?

J’ai une productivité proche de zéro à ce niveau-là et, souvent, ça me désole. Il y tellement d’histoires qui ont l’air géniales sur FPA, que je voudrais lire jusqu’au bout, au rythme de la publication et commenter dans les temps. Mais, devant la pile, je me décourage assez vite et commente au final au compte-goutte et à la vitesse d’un escargot asthmatique.
Concernant les commentaires en eux-mêmes, je suis adepte de la méthode des avis en vrac qui découlent directement de ma façon de prendre des notes (noter chaque truc qui m’interpelle ou me fait réagir pendant la lecture, ce qui finit parfois par ressembler à une liste de courses). Pendant un temps, je lisais tout un chapitre puis je commentais avec les souvenirs que j’en avais mais, du coup, j’avais souvent rarement beaucoup de choses à dire à part « J’adore ce chapitre ! » qui est d’une utilité absolue n’est-ce pas ?

5. Puisque nous sommes dans le thème du mystère… as-tu recours à des grigris, un doudou ou une danse spéciale pour faire venir l’inspiration ?

Mes grigris ce sont les orbites des gens que je garde dans ma cave. Ça fait deux en un, une jolie décoration et de l’inspiration à volonté.
Ceci mis à part, quand j’ai besoin d’inspiration en cours de projet (avec l’entrain des débuts le démarrage va tout seul, lui), j’essaie de faire le bilan sur ce qui me bloque dans l’avancée en écrivant des trucs à propos de l’histoire et des personnages pour voir où ça coince et faire venir les idées plus vite ou du moins plus facilement. Sinon, mes doudous ce sont toutes les influences que je peux recevoir et qui m’aident souvent grandement à aborder les choses sous un autre angle.

6. Tu as plusieurs textes en cours de publication sur PA, d’où te viennent toutes ces idées ?

Haha j’aimerais bien te dire qu’il s’agit de tout un tas de projets en cours de publication mais, à part Mandarines et Mortui sunt blabla, ce sont tous des nouvelles, plutôt courtes, et quelques poèmes aussi.
Quant aux idées de ces textes-ci, ceux qui sont sur FPA donc, je t’avouerais que la plupart du temps, c’est à partir d’une image, d’une musique, ou d’un film parfois que ma cervelle se met à imaginer des bouts d’histoires plus ou moins conséquents. Après, selon l’envie du moment, je les écris ou non. Pour les nouvelles, je les fais d’une traite sinon l’envie s’en va. Pour Mandarines, j’avançais dans les chapitres par petites touches en me servant de ces influences, puisées ici et là, surtout dans des images d’ailleurs (pour tout te dire, ce sont les photos journalières de l’écran d’accueil de bing qui m’ont le plus servi, comme quoi ça peut s’avérer utile parfois)

7. Comment te débrouilles-tu pour écrire toutes ces histoires en parallèle ?

Mmh… Disons que je fonctionne surtout avec deux projets en même temps : un gros sur lequel j’ai une histoire ficelée et organisée et un plus petit pour tenter et expérimenter des choses telles que le full dialogue ou l’écriture « à l’aveugle », et pour respirer un peu quand j’en ai marre du gros ou que je bloque dessus ; le tout ponctué de quelques nouvelles quand l’envie m’en vient. Ça a plus ou moins fait ses preuves, mais ça aura au moins fonctionné avec deux projets (qui étaient en « binôme » gros-petit du coup).
Après, cette méthode n’est pas figée. Disons que, jusqu’à présent, je me débrouille comme ça pour des résultats plus ou moins concluants mais, pour être plus efficace et pour bloquer moins souvent, il faudra sans doute que je tente d’autres manières de fonctionner et que j’expérimente plus de choses.

8. Si tu ne pouvais présenter qu’un seul de ces textes, lequel choisirais-tu et pour quelle(s) raison(s) ?

Et bien.. Mandarines je dirais. C’est vraiment le texte que j’ai pris le plus de plaisir à écrire et l’un des rares dont je sois encore satisfaite même si la correction est compliquée en ce moment.
Quant à le présenter, j’ai encore un peu de mal à bien cerner ce qu’est ce projet exactement mais, disons que c’est un voyage où chaque étape correspond à un chapitre, toutes dans l’ordre chronologique mais avec des ellipses plus ou moins grandes entre chaque. Pour le fond, c’est plus contemplatif que vraiment narratif je pense, on va dire que j’ai pris mon temps pour décrire les choses, les paysages, les lieux traversés, les ambiances…  pour y faire évoluer les personnages qui, eux, errent un peu dans ce monde-là en le découvrant petit à petit.

9. Fais-tu partie de ces auteurs un peu fous qui pensent que leurs personnages ont une vie propre ? Est-ce qu’ils font parfois des choses auxquelles tu ne t’attendais pas ?

J’aurais tendance à dire que tout dépend de la mise en place d’avant et d’à quel point je sais où le projet va. Si j’ai déjà prévu à l’avance avec un plan comment je veux que l’histoire soit et où je veux qu’elle aille, les personnages auront une liberté bien moindre pour avoir leur vie propre. Là où ça devient intéressant par contre, c’est pour les fois où je ne prévois pas et où je les laisse écrire leur histoire et décider de leurs réactions, que ce soit sur le papier ou dans ma tête quand j’y réfléchis. Pour l’instant, je n’ai pas eu de cas où il font des choses auxquelles je ne m’attendais pas, mais plutôt des petites découvertes sur eux à travers des détails insignifiants mais toujours plutôt sympas comme untel qui aime le thé au citron par exemple. Donc oui, auteur un peu fou sans doute, surtout quand je parle avec eux dans ma tête mais eh, qu’est ce que l’écriture sans un peu de folie ?

10. Pour finir, y aurait-il quelque chose en particulier que tu voudrais dire aux personnes qui sont en train de nous lire ? Un message à leur transmettre peut-être ?

Mangez cinq fruits et légumes par jour ?
Blague à part, je voudrais dire merci à Slyth déjà pour la proposition d’interview qui m’a fait plaisir je dois l’avouer. Et puis, surtout dire merci à la communauté Plume d’Argent tout entière à qui je dois beaucoup. Ça fait trois ans que je suis là maintenant et, vraiment, merci pour tout ce que vous m’avez apporté, que ce soit d’un point de vue scriptural ou personnel. Avant Plume d’Argent, j’écrivais dans mon coin et de manière occasionnelle, mais le forum m’a ouvert d’autres possibilité, rendue accro à l’écriture et fait beaucoup progresser. Il m’a aussi fait rencontrer des gens géniaux et adorables (vous quoi, faut suivre un peu) qui me font découvrir un tas de choses, beaucoup rire, passer de supers moments et sans qui je ne serais sans aucun doute pas la personne que je suis aujourd’hui.
Restez aussi magiques que vous l’êtes, écrivez toujours dans la tripe et les pastèques (c’est important) et prenez soin de vous.

Ainsi s’achève cette interview.

Un grand merci à Lyra d’avoir accepté ma proposition et bravé les caprices de dernière minute de son ordinateur pour me répondre ! A travers tes réponses, je t’ai sentie très impliquée et, entre les lignes, je crois qu’on perçoit que tu as un fonctionnement bien à toi. Tu es décidément unique en ton genre et je te souhaite une très belle suite de parcours (dans l’écriture et dans la vie en général), de pouvoir trouver ta méthode et de toujours rester toi-même !

Merci à vous chers/chères lecteurs et lectrices, très belle fin d’année à chacun(e) d’entre vous et je vous donne rendez-vous en 2017 pour de nouvelles découvertes !

Gardez vos plumes affutées,

Slyth

 

Florilège de PAroles

Ça y est, les vacances sont là !

Et, une fois n’est pas coutume, vous allez avoir droit à un numéro « spécial été », réalisé avec la participation d’une dizaine de Plumes (non, non, je ne vous dirai pas que j’ai dû modifier mon organisation au dernier moment… c’était parfaitement voulu voyons !)

Une seule question et des réponses toutes différentes, captivantes, touchantes, intrigantes et merveilleuses, il y en a vraiment pour tous les goûts et je suis sûre que vous saurez apprécier chacune d’entre elles !

 

« Monde sauvage, monde urbain, monde féérique, monde poison : quelle place et quel rôle accordes-tu à l’environnement dans tes textes ? Quelles sont tes sources d’inspiration, fictives ou réelles, pour créer tes propres environnements ? »

 

Ethel

Pour moi, il n’y a rien qui soit plus important dans une histoire que les personnages. Par contre, l’environnement est lui aussi essentiel ! Il m’est arrivé de lire des romans captivants, mais dont les décors étaient très peu décrits ; à cause de ça, dans ma tête, toute l’action se déroulait dans une énorme grotte très sombre. Ce n’est pas la fin du monde, mais disons que ça rend les choses moins intéressantes. Et puis, je pense que ça donne des atmosphères moins fortes que si j’avais eu une meilleure idée du décor.
Pour éviter que ceux qui lisent mes textes rencontrent aussi ce problème, qui me frustre un peu, j’essaie de décrire assez précisément ce que j’ai dans la tête. Par contre, des commentaires reçus m’ont fait comprendre que la suggestion est souvent mieux que la longue description, et c’est donc ce que j’essaie maintenant (encore assez maladroitement) de privilégier.
Pour l’instant, j’écris surtout dans le réalisme, ou à peu près, donc je m’inspire en majeure partie de lieux réels. Durant ma presque déjà longue vie, j’ai eu la chance de voyager et de voir pas mal de trucs, et quand je vois un endroit où un objet décoratif qui me rappelle de près ou de loin mon histoire, je le photographie et je mets ça dans un dossier. Comme ça, j’ai plein d’inspiration à regarder quand j’ai à décrire un lieu. Et puis, pour Astel, mon « idée de départ » a commencé à se développer grâce à une vraie chose que j’ai vue et qui m’a tout de suite paru merveilleuse : la fontaine du Fallsview Casino, près des chutes du Niagara. Allez-y, c’est très beau et très impressionnant !

 

GueuleDeLoup

Bonjour, bonjour ^^
Alors pour répondre, je dirais que j’accorde énormément de place à l’environnement où évoluent mes personnages. Je suis une personne très pointilleuse sur la notion d’ « ambiance ». J’aime les petits détails du décor, les objets, les odeurs, le bruit des machines.
Je parle beaucoup de la lumière et des reflets aussi, ça compte beaucoup dans la façon dont je visualise une scène. D’ailleurs quand j’ai commencé à monter le Multivers avec mon amie la plus proche, on visualisait plus ça comme une série télé que comme un livre. Du coup on parlait beaucoup d’effet de caméra, d’angle de l’image et de zoom.
J’utilise également souvent des codes couleurs. Celui de la Ville noire sont le noir et le vert laiteux. Celui de Limbo est un monochrome de gris.
Concernant le type de monde, je n’ai pas de préférence particulière: j’ai déjà écrit des histoires dans le monde réel, d’autres dans des mondes inventés. Ville Noire se situe entre un espèce de Steam Punk épuré et une ville ultra-moderne mais les annexes se passeront dans des ambiances totalement différentes: Il y en aura une qui se passera dans des d’arbres gigantesques et une autre qui suivra des pirates du désert.
Enfin concernant les inspiration, je pense que A la croisée des Mondes de Pullman m’a ouvert des tas de nouveaux horizons chocolatés et a initié le concept du Multivers. Et pour Ville Noire, je citerai  Huis clos  de Sartre, pour le huis clos justement, même si le mien se passe dans une ville énorme.

 

Jowie

L’environnement a un rôle crucial dans mes textes, car j’estime qu’il peut avoir une influence importante sur les personnages qui y ont grandi ou qui y évoluent. C’est un des facteurs qui peut forger ou expliquer certains aspects d’une personnalité. Vice-versa, une personne a également le pouvoir modifier son environnement jusqu’à un certain degré. Je trouve cette bidirectionnalité très intéressante et j’essaie de l’exploiter au maximum.
Pour créer un environnement, je choisis d’abord un décor, un paysage, une ambiance. Je m’inspire de lieux visités ou de photos. Par exemple, pour Le Bal aveugle, je me suis fortement inspirée de la région autour de la ville de Zermatt et du Cervin (alias « la montagne représentée sur les Toblerones »). Par contre, pour Les Croyances de Bronwen, un récit fantasy, j’essaie de me représenter le lieu dans ma tête, de faire des croquis et d’ensuite faire des recherches pour compléter mes brouillons d’idées. Mais ça reste assez superficiel jusqu’à ce que je décide quelle dynamique je vais superposer au décor. Par “dynamique”, j’entends comment les personnages peuplant ce milieu vont fonctionner/interagir, et quelles en sont les règles. Pour cela, je recueille des anecdotes ou des impressions ressenties en rencontrant certains groupes de personnes et après, j’exagère et je déforme à ma guise. C’est tout bête, mais rien qu’en visitant sa propre famille, on peut déjà percevoir son fonctionnement (ex : qui parle le plus, qui tranche, qui a le droit de faire quoi, etc.). Ce que j’ai remarqué, c’est que dans mes deux projets, les petits villages prédominent. Étant moi-même de la campagne, j’ai toujours été intriguée par le côté « tout le monde sait tout » ou « t’es pas d’ici, toi » de certains villages, ainsi que la dimension que peuvent y prendre les commérages !

 

Aloha

Une des choses que j’aime le plus dans la lecture, c’est croire à ce que je lis. J’aime être tellement immergée dans l’univers que je peux toucher les nuages si l’envie me prend de lâcher mon livre d’une main pour palper l’espace au-dessus de moi. J’aime me matérialiser dans cet ailleurs qu’on a créé et que je créé tout à la fois, alors que mes yeux continuent à avancer au fil des pages. J’aime que tout prenne vie, soit concret, et ce même si l’on me raconte quelque chose de complètement farfelu ; comme l’invasion d’un festival de rock par une armée de canards psychopathes (oui, cette histoire existe). L’environnement contribue pour moi à la modélisation de l’histoire. Au-delà d’asseoir sa crédibilité, il impacte l’intrigue et les innombrables possibilités qu’elle permet aux protagonistes d’explorer. Le monde les modèle, eux-mêmes, car leur psychologie découle directement de son influence constante, de par leur vécu.
Je suis actuellement plus axée dans une phase de recherches en ce qui concerne mon écriture. Je m’y perds très facilement. Mais je ne serai capable de rien sans comprendre un minimum où je suis dans ma tête. Ainsi, je n’ai pas de source unique. Je considère tout ce que je vois – l’illustration d’un livre de fantasy comme l’architecture de l’immeuble du voisin – comme une version d’une idée. J’adore laisser ensuite mon inconscient mélanger le tout et me faire des propositions. On croit souvent que je perds mon temps à rêvasser ou que je suis fainéante ; mais pas du tout. J’écris. Même les yeux fermés, assise au pied de mon lit, en souriant béatement, oui, je suis en train d’écrire.

 

Dédé

Je dois dire que je ne suis pas très à l’aise dans les descriptions et dans le développement de mes différents univers. Cependant, j’essaie de me soigner…
En créant des univers inspirés de la réalité, je m’appuie fortement sur ce qui existe déjà : des restaurants, des noms de villes, de rues, quitte à avoir Google Maps sous le coude pour visualiser l’univers en question. Cela demande un travail de recherches qui est énorme pour quelque chose qui reste sans doute dans l’ordre du détail pour le lecteur mais, ce travail, effectué de temps en temps, m’amuse jusqu’au moment où ça ne m’amuse plus et je retourne dans les univers que j’invente de toutes pièces.
En revanche, il est vrai que j’ai encore du mal à développer pleinement ces univers créés par mes soins de A à Z. Je n’arrive pas à penser à tous les moindres détails avant de me lancer dans la phase d’écriture. J’ai besoin d’écrire et de me poser les bonnes questions en temps voulu. Je pense que c’est ça qui fait que mes backgrounds sont un peu bancals à l’heure actuelle (surtout que je ne m’aide de rien, la deuxième question à laquelle je réponds me fait prendre conscience de ça…) mais comme je l’ai dit au début : j’essaie de me soigner…

 

Dragonwing

Étant une enfant de la ville, toutes mes histoires se déroulent principalement dans un contexte urbain. Pourtant la nature finit toujours par y reprendre ses droits : que ce soit dans un monde futuriste où les espaces verts ont envahi la ville, ou dans un univers où les humains se sont retranchés derrière des murs pour la préserver.
Même quand ce n’est pas du tout le sujet que je cherchais à traiter, je ne peux pas m’empêcher d’utiliser la fiction comme un moyen de rechercher un équilibre entre ces deux mondes. Je construis des sociétés comme autant de maquettes pour me dire « Ça, ça pourrait marcher… Ça non. »
Il en résulte que, côté création, je m’écarte peu de ce que je connais. Mes villes sont assez modernes, avec toutefois toujours un élément de décalage (technologique, mystique, magique…) qui les rend fondamentalement différentes des nôtres et qui finit par avoir une grande importance dans l’intrigue. Rien d’exotique en revanche dans ma faune et ma flore. Je ne me vois pas faire mieux que Mère Nature elle-même, je m’en tiens donc (jusqu’à maintenant, du moins) à ce qu’elle nous offre de plus beau !

 

Rachael

J’adore fabriquer des univers différents, décalés, exotiques. Ils peuvent être sauvages ou urbains, accueillants ou hostiles. Dans Naelmo, mon héroïne se promène dans un univers ultra technologique, où l’homme a investi des planètes plus ou moins adaptées à ses besoins ou construit des structures artificielles pour y vivre.
J’aime décrire ces mondes, les difficultés qu’ils posent à leurs occupants (canyons infinis ou forêt pensante) et la façon dont ceux-ci s’y adaptent pour créer des sociétés originales. Quel genre de société ces endroits inspirent-ils aux humains qui les occupent ?
Pour moi, l’inspiration est partout, dans l’observation d’abord ou dans son souvenir : la tiédeur d’un caillou au soleil, les odeurs des buis surchauffés au pied des falaises, la douceur d’une crosse de fougère, la blancheur de la grue de papier pliée. Tous les sens peuvent/doivent participer à l’observation et à la création des univers.
L’inspiration est aussi dans l’Art : littérature, ou plus rarement peinture, photographie ou cinéma. Paradoxal ? Pas vraiment : dans l’écrit, on peut inventer des paysages, les nourrir à la fois par le texte et sa propre imagination. Au cinéma ou dans les représentations visuelles, on est obligé d’accepter l’univers déjà construit de l’auteur. Il peut être très beau, nous transporter ailleurs, mais il ne laisse plus beaucoup de place à l’imagination. Pour moi, c’est rarement un matériau propice, du moins consciemment.
Quel rôle tiennent-ils : ce sont des environnements, et quelquefois des personnages, comme la forêt pensante d’Hevéla. Mais ils ne sont pas là pour « faire joli » : ils m’intéressent dans la façon dont les personnages les perçoivent et sont influencés par eux. Si dans une scène le décor a peu d’importance, parce que les personnages n’y accordent pas d’attention, eh bien, il n’y aura quasiment pas de description du lieu.

 

Hermine

Depuis toute petite j’ai toujours été fascinée et attirée par le monde sauvage. La nature est aussi tendre qu’effrayante, magnifique et terrible, mystique voire magique. C’est une source d’inspiration infinie, qui fait naître en moi beaucoup d’émotions différentes.

C’est donc sans surprise que j’ai donné une place de choix au monde sauvage dans mon projet. Dans l’Eloge au Serpent, la forêt est crainte par les Hommes. Dans une société qui prône la raison et le contrôle des émotions, le monde sauvage y est considéré comme l’antithèse de la civilisation : monde de l’inconscience et de la folie, siège des émotions incontrôlées, asile des chimères et des démons. Les prêtres de ce monde pensent que la forêt progresse au fur et à mesure que les Hommes perdent la foi et la raison. Ces lieux dénués d’activité humaine sont évités par tous, car la légende dit que l’on s’y perd corps et âme. La quête de liberté et de vérité de mes personnages les conduira d’ailleurs au cœur de ces fameuses Montagnes…

Mes inspirations sont assez évidentes : Miyazaki, Miyazaki, Miyazaki ! Princesse Mononoké et Nausicaä de la Vallée du Vent ont marqué mon imaginaire pour toujours. Pour ce qui est des lieux réels dont je m’inspire, il y a les forêts de Bretagne et d’Irlande ainsi que les montagnes allemandes. Les tableaux de Caspar David Friedrich m’ont beaucoup aidée à mettre en image les montagnes de mon roman, notamment le « Voyageur contemplant une mer de nuage ».

J’éprouve une étrange nostalgie pour le monde sauvage, comme une envie de retour aux sources.

 

Mandorle

Bien… Je n’ai pas vraiment commencé à écrire, à décrire réellement. Mais, dans mes quelques poèmes que j’ai pu rédiger, un seul traite réellement de l’environnement, lui donnant une dimension vivante, presque épique et mythologique.
Dans l’univers que je suis en train de créer, une des premières choses que j’ai cherché à faire a été d’imaginer un bestiaire. J’ai donc décrit des animaux, des plantes, leur aspect et caractéristiques. Il me fallait un décor pour planter mes personnages et mon récit. J’imagine davantage ce dernier comme une découverte progressive du monde et de ses règles. C’est donc une place majeure qui est accordée à l’environnement, comme élément inconnu mais pas forcément menaçant.

Je m’inspire très probablement des oeuvres de Pierre Bottero, et des mythologies celtiques, ainsi que du shintoïsme japonais (à travers Miyazaki). Mais comme personne n’a encore lu mes textes, je ne peux vous le montrer. Il s’agit aussi sans doute de déformer à travers ma propre perception des paysages / êtres réels, et de les présenter sous un autre jour, méconnaissables.

 

Ainsi s’achève cette interview collective.

Je tiens à remercier chaleureusement les neuf Plumes qui ont accepté mon invitation et contribué à élaborer cet article un  peu spécial. Un immense merci à vous pour votre participation enthousiaste et votre sincérité, ce n’était peut-être pas prévu au départ mais c’était vraiment une expérience géniale à vivre !

Si vous aussi vous souhaitez nous  faire partager vos expériences/anecdotes, n’hésitez pas à en parler sur le topic du Journal !

Gardez vos plumes affutées,

Slyth