Flottons, mes bons

Ca, en français

Résumé :

Bill, Eddie, Mike, Stan, Beverly, Richie et Ben habitent Derry, dans le Maine ; à eux sept, ils forment les « club des ratés ».

Quelques mois plus tôt, le frère de Bill, Georges, a été retrouvé mort, un bras arraché. Ce n’est pas le premier enfant tué à Derry, même s’ils ont surtout tendance à disparaître. Peu à peu, les sept amis se retrouvent chacun confronté à une étrange créature revêtant l’apparence d’un clown.

Avis :

Je vais ici parler du roman, que je recommande chaudement à chaque fois parce que ce n’est pas exactement un livre d’horreur. C’est une histoire sur l’enfance, sur l’amour, sur l’âge adulte, sur les peurs, sur l’amitié… Avec un clown démoniaque, certes. Mais si deux tomes aussi longs vous rebutent, je vous encourage à voir le film (le plus récent). Voilà.

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Grandir ?

Grandir. En littérature jeunesse, qu’est-ce que ça veut dire ? Gagner 10 centimètres ? Eh bien non, pas vraiment.

Généralement, les héro.ïne.s grandissent quand il y a émancipation de la famille. « Quelle famille ? » me dites-vous. Parce que oui, la littérature jeunesse c’est un peu comme un film Disney : les parents sortent vite du cadre. La perte des parents, c’est un passage fondateur et très clair pour le lecteur. Quoi de mieux qu’un.e orphelin.e ou que quelqu’un qui apprend la vérité sur sa famille pour le pousser à aller de l’avant tout seul ? Comme un grand.

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Black Mirror

Quelques mots :

Créée par Charlie Brooker en 2011. La série compte actuellement 13 épisodes répartis sur trois saisons.

 

Histoire :

Chaque épisode est différent et critique les abus de la technologie.

 

Avis :

Black Mirror est une claque, à plusieurs niveaux.

Visuellement, de premier abord. Il n’y a pas un épisode qui se ressemble, tant dans la narration que dans l’époque, ou chez les personnages. La saison 1 en est un parfait exemple : le premier épisode pourrait se passer à notre époque, le suivant fait un bond faramineux dans le futur, le troisième se situerait entre les deux.

Pourtant, grâce à une construction des personnages aux petits oignons, on ne se trouve jamais déstabilisé. Les héros et héroïnes nous guident d’une main ferme jusqu’au dénouement et, comme rien ne leur est épargné pour aboutir à la réflexion voulue, on s’en prend plutôt pas mal dans la tête en même temps.

Que l’on soit choqué ou non par ce qu’ils racontent, les épisodes de Black Mirror font réfléchir.

Le thème central de cette série, c’est la technologie. Comment elle pourrait évoluer et, de fait, ses répercussions sur la société ou l’armée ; ou plus simplement, comment elle agit à notre époque (« shut up and dance » étant, à mon avis, le meilleur exemple). Sujet réchauffé ? Non. Certainement pas, car chaque épisode parle d’une chose différente : réseaux sociaux, jeux vidéos, simulateurs, télévision…

L’autre point particulièrement intéressant, c’est que le but de la série n’est pas de diaboliser la technologie. On appuie sur les dérives possibles, naturellement, afin d’ouvrir les yeux du spectateur et de le faire réfléchir à son propre comportement en ligne ; mais on ne condamnera pas nécessairement la chose. Dans Black Mirror, il est question de réflexion, d’ouverture d’esprit.

Par exemple, l’un des épisodes développe un concept pour soulager les gens après la mort d’un proche. Si cette personne était particulièrement active sur les réseaux sociaux (ce qui est le cas de pas mal de gens, déjà à notre époque), le programme informatique peut repêcher toute sa « personnalité », sa façon de répondre, ses tics de langage… pour permettre aux vivants de tchatter avec le mort en question. Clairement, l’épisode nous montre deux facettes : ceux/celles à qui cela a fait du bien, et ceux/celles que ça n’aide pas.

La technologie évolue et nous n’empêcherons jamais ça. Nous notons déjà, par exemple, les restaurant, les covoitureurs, les lieux touristiques… sur Internet ; et nous le ferons toujours plus sans prise de conscience. Les avancées sont là et c’est assez fascinant d’en repousser les limites, de chercher toujours plus de réalisme dans les mondes virtuels, d’instantané dans les conversations en ligne, d’échappatoires à travers un ordinateur, dont les tailles se réduisent de plus en plus. Il est cependant nécessaire de toujours garder un esprit alerte sur ces prouesses, d’en garder le contrôle avant que ça dérape.

The future is bright

Les Éveilleurs

 

 

  • Qu’est-ce que tu as contre l’amour ?

Claris s’arrêta net, exaspérée.

  • Mais on s’en fout de l’amour ! Le problème, c’est que les choses vraiment intéressantes, comme les dragons, les quêtes, les épées, les batailles, les stratagèmes, tout ça, ce n’est jamais pour les filles.

C’est par le plus pur des hasards que je me suis lancée dans les Éveilleurs. Le résumé parlait de jumeaux aptes à communiquer télépathiquement l’un avec l’autre… Quel meilleur lancement pour parler de couples, de pairs ?

Clairement, oui, l’univers des Éveilleurs repose sur des liens extrêmement forts tissés entre chaque personnages (et il y en a !). Claris et Jad, d’abord, qui lancent l’histoire ; Claris et Jad, les jumeaux complémentaires. Handicapé par sa maladie de cœur, Jad a grandi dans le calme ; expert en méditation, garçon patient et attentif, il aime s’occuper de ses bonsaïs et lutte contre son mal en pratiquant L’Unir, une méthode de relaxation de leur monde. Puisque son frère ne pouvait plus faire de cheval ou pratiquer l’escrime, c’est Claris qui s’y est jetée corps et âme, ne cessant de courir que pour dévorer des romans, perchée sur une petite corniche.

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« Ghost in the Graveyard » de Danah

Histoire :

Quand l’enlèvement et le meurtre d’un premier enfant ébranle la ville de Worcester, le lieutenant Dinsie s’attelle à l’enquête avec un professionnalisme calculé. Il a la ferme intention de prouver à son entourage que la tragédie de 2012 ne se reproduira pas. Suffit-il de le vouloir, cependant ? Le sort semble s’entêter à réveiller d’anciennes blessures ; une question taraude alors Lewis : et si son sentiment de persécution était finalement fondé ?

/!\ Cet récit « contient des scènes de sexe et/ou de violence imagées. Destiné à un public averti. »

Avis :

Sur FPA, on se retrouve souvent à essayer des textes qu’on n’oserait pas encore acheter en librairie. En l’occurrence, pour moi, les polars. J’ai toujours eu une espèce de méfiance lointaine à leur égard ; je ne connaissais pas d’auteurs auxquels me raccrocher pour faire le plongeon, on ne peut pas en connaître réellement les thèmes sans que ça nous indique la fin, il y en a tellement que j’avais peur de choisir quelque chose de trop semblable à un épisode de série pour me happer efficacement.

Et puis Danah a écrit Ghost in the Graveyard, et j’ai adoré.

Howard ferma les yeux. Le halo des réverbères dessinait des rosaces contre ses paupières, la pluie grésillait sur le capot, le vent chahutait la bagnole sur ses amortisseurs. Il avait à peine conscience de se raccrocher au volant, de placer ses doigts là où le lieutenant Lewis Dinsie mettait d’habitude les siens, comme s’il cherchait son empreinte sur le plastique encore tiède.

Peut-être ne connaissez-vous pas encore la plume de Danah, je me dois donc de commencer par là. C’est une plume sans pitié, d’une délicatesse brute. Danah nous croque ici un personnage principal cynique et de plus en plus taciturne. La « tragédie de 2012 » semble avoir laissé au lecteur un Lewis Dinsie dur et amer, qu’on suit sur la pointe des pieds de peur qu’il nous remarque.

À travers lui se découvrent les autres, mais comme à travers un filtre. En se protégeant de leur compassion, Lewis nous apporte la vision d’un Hartburn grognon et autoritaire, d’une Jeannie radieuse mais méfiante et d’une Stanton intrusive et naïve…

Ces personnages, on les adore et les soupçonne à tour de bras. À quel point sont-ils vraiment « bons » pour Lewis ?

— Tu m’écoutes ? lança Hartburn en s’appuyant à la paroi qui séparait la cage à lapin de Lewis de celle de son voisin.

— Ouais.

— Paie-toi ma fiole.

— Non. Regarde.

Lewis rangea la boîte d’allumettes. Il sentait le regard circonspect de son capitaine sur sa joue : il cherchait le sarcasme là où les autres cherchaient le mépris. Ces ratés de communication venaient de Lewis, forcément ; une façon d’agir ou de s’exprimer qui ne sonnait jamais vraie.

Bon, me direz-vous, mais si on accroche pas à l’aspect policier, hein ?

Eh bien pas de soucis, Ghost in the Graveyard est là ! Je pense qu’un polar uniquement centré sur la police et l’enquête ne me captiverait qu’à moitié. L’enquête aurait beau être passionnante, j’aurais envie de davantage connaître les personnages.

En parallèle de ses collègues du commissariat, Lewis doit aussi se confronter à sa famille. Là encore, la plume est acérée. Je me refuse à en dire plus, déjà parce que je me répèterais (ce portrait de famille est encore une fois dépeint par un Lewis obnubilé par le besoin de bien faire), ensuite parce que c’est tellement plus agréable de découvrir par soi-même ! Enfin… agréable, on se comprend.

Mais Lewis avait l’impression qu’elle préférerait rester là. Qu’elle préférerait rentrer à la maison, peut-être. Avec eux. C’était ce qu’il aurait voulu, lui. Coincé entre son frère et sa sœur qui trépignaient, les mains toujours tremblantes, toujours crispées sur son jean, Lewis attendait en espérant que Maman changerait d’avis.

Un point, enfin, sur l’écriture et le rythme. S’il vous reste des appréhensions sur l’aspect polar, foncez alors pour tout le reste : pour l’histoire de famille, pour le personnage de Lewis, pour le rythme, pour le jeu des points de vue, pour l’Écriture. Oui, avec un « e » majuscule.

La plume de Danah est immersive et très belle. Je ne peux pas résumer mieux les sensations qu’elle réussit à nous faire éprouver en lisant. Vous sentirez le soleil, la pluie, les lumières… Vous entendrez les averses et verrez le temps tout gris de Worcester. Vous aurez le cœur battant à la seule idée de vous faire prendre…

J’ai ici l’occasion de vanter les qualités d’écrivain de Danah, et j’en profite. Pour certains, elles ne sont plus à démontrer, pour d’autres il y a tout à découvrir ! Alors ouvrez « Ghost in the Graveyard », ouvrez-le maintenant, et savourez-le à pleines dents !

Lewis avait un mal fou à la cerner. Même ici, dans son élément, elle lui paraissait déplacée, comme si la lumière des néons ne lui donnait pas le même relief qu’au décor. Lewis connaissait les lignes du bureau de Jeannie, la tranche des ouvrages d’anatomie entreposés sur l’étagère métallique, les étiquettes cornées des dossiers classés par ordre alphabétique. Fut un temps, ils s’amusaient à comparer leur maniaquerie ; et dans l’antre ordonnée de Jeannie, Stanton n’était qu’une pelote de nœuds et de paradoxes.

Rencontre avec Vincent Villeminot

Grâce à un petit concours organisé par les éditions Fleurus, j’ai eu la chance de pouvoir participer à une rencontre avec Vincent Villeminot. En cette occasion, j’ai reçu les épreuves d’un de ses derniers romans : Les Pluies.

Arrivée bonne dernière (naturellement), je me suis retrouvée à la droite de l’auteur, découvrant la bouille d’une dizaine de blogueuses, chevronnées ou toutes nouvelles. Parmi elles je me souviens de blogs comme « Temps de mots » ou « Les lectures de Mylène »…

Tout y était : une ambiance de plus en plus détendue (à en oublier les portables et magnétophones dégainés), mon admiration sans bornes pour celles qui retranscrivaient l’essentiel à l’écrit (une telle capacité à écouter, profiter et condenser me laisse coite !), de quoi boire et manger (muffin aux noix de pécans absolument… comment ça « on s’en fiche » ?), et une conversation passionnante !

Les deux heures ont filé telle la bise et si je ne peux tout vous redire tel quel, je peux vous en faire un résumé pour que vous partagiez ma belle expérience ! (mais n’ayez crainte, votre envoyée spéciale PA a réussi à… oui, bon, à mentionner PA naturellement, mais aussi à poser la question spéciale Paen !)

La première question a orienté stratégiquement la conversation sur la présentation de l’auteur. Comment en est-il venu à écrire ?

Aujourd’hui, Vincent Villeminot est connu pour de multiples romans piochant dans plusieurs genres de la littérature (qu’il décrit lui-même comme de plus en plus nombreux et spécifiques). Instinct est une trilogie fantastique, Réseau(x) un thriller, U4. Stéphane le quart d’une histoire d’anticipation écrite à quatre mains… Cette année, il sort quatre romans, du policier au roman d’aventure.

Dans le Copain de la fille du tueur, il nous a expliqué vouloir écrire une histoire d’amour, en réaction à toutes celles qui sortent actuellement. Ne partageant pas les idées de l’amour véhiculées par la littérature New Adult (il nous a cité en exemple le très controversé Fifty Shades), il a voulu écrire la sienne.

« Les pluies, c’est un roman particulier parce que je l’ai fait avec S.,qui est citée dans tous mes remerciements de roman. On s’est rencontrés y’a 13 ans quand je commençais chez Fleurus. On est devenus amis. C’est la personne qui m’a fait l’amitié de lire tous mes manuscrits, y compris quand ils étaient pour d’autres éditeurs. Elle me dit en cours d’écriture « là, tu te perds ». C’est une amie, je sais très exactement la façon dont elle lit mes textes, ce qu’elle y aime et n’y aime pas. Parfois je mets des choses qu’elle aime pas et je sais qu’elle me le dira. Mais c’est différent de « ah ça c’est pas bon ».

Quand on s’est dit « allez, on va se faire un roman ensemble » ça a donné les Pluies.

L’idée du déluge vient du prénom de son deuxième enfant, Noah.

Il faut toujours une idée de départ pour un roman. Je voulais essayer d’écrire un classique de la littérature jeunesse : un roman comme j’en lisais quand j’étais gamin avec des aventures, des pirates et des abordages. Mais comme le raconter à des lecteurs qui ne vivent pas dans ce monde-là et n’en rêvent peut-être plus ? »

Mais avant tout ça, Vincent Villeminot n’avait jamais songé à écrire. Il voulait être journaliste : « Dans le métier de journaliste, tu passes 3 semaines en reportage et trente heures à écrire ton reportage, donc l’essentiel c’est le terrain, pas l’écriture.

En plus je ne voulais pas travailler dans un bureau. Ca, je le savais depuis l’enfance : je ne voulais pas être tenu à des horaires, être enfermé dans une pièce, et je voulais pas de cravate. »

C’est suite à des cours d’écriture donnés en école de journalisme qu’il s’est peu à peu essayé à l’écriture. Il a pris goût aux petits exercices sur la fiction qu’on leur donnait. Durant ses années de journalisme, il a donc écrit deux ou trois romans destinés à la grande littérature générale. Aucun éditeur n’en a voulu et, en riant, il s’en est avoué soulagé.

« Et puis un jour, j’ai considéré que je ne pouvais plus faire mon métier de journaliste comme je l’entendais, alors j’ai cherché un autre métier. Je ne savais pas du tout ce que j’allais faire. Et, en attendant, pour gagner ma vie, je faisais ce qu’on appelle des « bouquins de journaliste ».

Un jour, dans les locaux de Fleurus – pour lesquels j’étais en train d’écrire des livres de voyage – une éditrice m’a dit « écoute, on cherche des gens pour écrire un album pour des enfants de 6 ans ». Mon fils avait 6 ans, ils le savaient, donc j’ai écrit ce premier album-là.

Ça s’est bien passé. On m’en a demandé un autre, un troisième, un quatrième… On s’est mis à écrire des histoires un peu déconnantes avec une copine aussi éditrice chez Fleurus… Et voilà comment je me suis retrouvé en littérature jeunesse. Un peu par hasard et sans l’avoir prévu, mais en me disant « Si ça doit devenir mon métier, faut que je l’apprenne ».

Pendant 5 ans, j’ai fait énormément de livres (des contes aux encyclopédies) et un jour une éditrice est venue me demander d’écrire un roman. Je l’avais croisé chez Fleurus, elle travaillait chez Plon, et elle me demandait d’écrire un roman parce qu’elle aimait bien ce que je faisais.

Ensuite, une autre éditrice, chez Nathan m’a demandé aussi… Et voilà. Je me suis retrouvé auteur jeunesse sans du tout l’avoir prévu. Autant mes manuscrits ont toujours été refusés en littérature adulte, autant je n’ai jamais eu à chercher d’éditeurs en littérature jeunesse parce qu’ils sont toujours venus me chercher.

Aujourd’hui des éditeurs adultes me font des propositions, mais je suis mieux en jeunesse. »

Quelqu’un a alors lancé que ce devait être bien différent d’écrire pour la jeunesse, ce à quoi il a fortement acquiescé :

« Oui. Y’a une différence fondamentale dans la façon d’aborder les sujets. En jeunesse, tu les abordes comme une première fois. Une histoire d’amour, pour ton héros, c’est probablement la première. Une épreuve, une aventure… C’est une initiation. Donc ça, ça change du point de vue du héros, mais aussi du lecteur ; parce que je m’adresse à des lecteurs qui, pour certains, ont 12-13 ans, pour d’autres 25 ans, donc il faut que je leur parle à tous et ce n’est pas les mêmes préoccupations. Et moi, en tant qu’auteur, je dois m’oublier.

Je suis convaincu d’un truc : c’est que mes lecteurs n’en ont rien à faire des états d’âme d’un type de 44 ans. Si je commence à les raconter je vais perdre mes lecteurs, les ennuyer. Quand j’écrivais en littérature générale (mes romans non publiés, Dieu merci), j’étais très attentif à moi-même. Écrire pour la jeunesse m’a fait faire un pas de côté, j’ai commencé à être attentif à mes personnages et à ce qu’ils éprouvent, à ma fiction et non plus à moi-même.

C’est pour ça que j’écris pour la jeunesse et non pas en jeunesse. J’écris pour d’autres que moi. Des livres que je ne lirais peut-être pas aujourd’hui. C’est ce chemin vers l’autre qui fait que j’écris mieux, je crois. »

Un petit silence méditatif a suivi. Je dis méditatif mais je crois qu’il y avait aussi une note de gêne du genre « Bon… à qui le tour ? Qui ose ? ». Donc oui, plumettes et plumeaux, j’ai osé. J’ai ravalé mon « Claquette, journaliste pour le PAen » qui n’aurait fait rire que moi et ai jeté :

« Pensez-vous qu’on peut apprendre à écrire ? »

« Non seulement on peut, mais il faut. Très clairement, mes livres sont meilleurs aujourd’hui qu’il y a dix ans. Je pense que si c’était pas le cas faudrait que j’arrête ce boulot très vite ! L’écriture y’a pas d’école pour, y’a pas de cours. Il commence à y avoir des universités qui créent des départements de creative writing – ça existe pas mal aux États-Unis – mais en réalité c’est plus des cours pour apprendre à structurer une histoire et développer des personnages ; qui marchent donc aussi bien pour le scénario de série télé que pour le roman.

Mais apprendre à écrire ça se fait en faisant des livres. Tes premiers livres, heureusement que y’a les éditeurs pour te dire « voilà où sont les faiblesses ». Tu te fais accompagner de lecteurs fidèles, tu te fais accompagner par tes éditeurs… Et petit à petit tu apprends ce qui est un métier.

Parce que je défends l’idée que romancier, c’est un métier. C’est un artisanat, y’a des tours de main, il peut y avoir du génie (parce que y’a des artisans de génies) mais il y a d’abord des techniques et beaucoup de travail. Je fais ce boulot à temps plein Dès lors que j’ai compris que j’allais être auteur jeunesse, j’ai fait le choix, difficile financièrement dans un premier temps, de ne faire que ça. Parce que je me suis dit « Si c’est un métier, je vais le traiter comme tel. »

C’est-à-dire m’y consacrer.

Je pense que c’est super important. Après y’en a qui font ce métier d’écrire à côté d’un autre métier, pour des raisons d’équilibre familial, financier… C’est pas un mauvais choix, c’est juste qu’on peut pas raconter les mêmes histoires. On les raconte pas de la même façon en tout cas.

Pour écrire les Pluies, je vais y passer 3 mois à temps pleins. Un auteur avec un métier à côté peut y passer 2 ans ou 3 ans. Donc entre le début et la fin, il va changer, évoluer… Donc, il ne pourra pas être dans le même concentré que moi. Il va raconter l’histoire différemment, ça va se sentir à la narration. Ce ne sera pas meilleur ou moins bon, ce sera autre chose.

Quand j’ai écrit Réseau(x), j’y ai passé 18 mois à temps plein. Pour un auteur qui ferait un métier à côté, il aurait clairement fallu 10 ans, et il serait devenu fou. Moi déjà, en 18 mois, j’étais limite…

Tous les matins, je me mets au boulot à 9 heures. Je suis calé sur les horaires scolaire de ma petite dernière donc y’a la pause déjeuner, mais le soir je me remets au boulot de 20 à 23 heures tous les jours. Sans weekend, sans rien. Là ça faisait trois ans que j’avais pas pris de vacances. Donc c’est vraiment mon taf. »

Nous avons ensuite abordé plusieurs sujets. La traditionnelle question du « écrivez-vous avec un plan ? » est sortie, « connaissez-vous déjà la fin des Pluies ?» aussi.

Il a aussi évoqué ses rencontres dans les écoles, du collège au BTS informatique. Pour ces derniers, il devait initialement évoquer Réseau(x), dont le sujet rejoignait leurs cours. C’était le 30 novembre, peu de temps après les attentats ; au bout d’une heure de questions sur l’histoire-même, à la toute fin, un élève lui a demandé « vous en pensez quoi de ce qui se passe en ce moment ? ». Il a demandé aux professeurs s’il pouvait répondre franchement, et leur conversation a duré une heure supplémentaire. Quand Vincent Villeminot est revenu les voir, quelques mois plus tard, c’était pour leur lire le début d’un de ses nouveaux livres, dont l’idée avait jailli suite à cette rencontre.

Il a précisé que chaque rencontre ne menait pas à des illuminations, mais que ça en faisait des moments forts. Comme intervenir dans un collège et repérer, tout au fond, les deux filles très silencieuses qui finissent par poser une question monstrueusement technique sur l’écriture-même, « trahissant » leur hobby caché. S’ensuit un sourire de connivence et l’assurance qu’avec elles, la discussion se prolongera un peu à la fin de la rencontre.

Les salons, pour lui, sont des moments forts. Il est toujours touché de tomber sur le ou la lectrice qui réussira à cracher un « J’ai beaucoup aimé votre livre » avec dans les yeux tout le discours qui ne réussit pas à sortir.

Difficile de ne pas s’y reconnaître… Nous avons toutes sourit timidement avant de rigoler.

A la fin, un exemplaire tout beau (avec couverture et résumé différent) des Pluies nous a été offert. Le moment s’est prolongé avec un peu de dédicaces et de discussions plus relâchées. La blogueuse chevronnée a brandi une dizaine de marque-pages faits maison à faire signer pour organiser un concours (certaines personnes pensent vraiment à tout !). Vincent Villeminot, en m’entendant parler de Cristal, m’a mentionné « Il paraît que c’est vraiment très beau ce qu’elle écrit ! » et, repérant la responsable éditoriale disponible, je me suis permise de lui demander :

« Est-ce que les éditeurs regardent les sites de publications en ligne, maintenant ? »

Elle a souri avec amusement :

« Oui. Je peux vous dire qu’on regarde. Au moins pour savoir ce qui se fait, chercher les tendances, ce qui se fait le plus. »

Plumes, we are being watched !

C’aura été une rencontre passionnante à tous points de vue ! Dans un spectre large en ce qui concerne l’écriture et ces anecdotes de rencontres vraiment touchantes ; de façon plus restreinte, il était très intéressant d’avoir la vision de l’auteur sur ce roman que nous avions lu. Je pourrais vous en parler encore un moment, sur la conception de la couverture ou sur ses réponses à mes remarques sur son personnage principal… mais ceci est une autre histoire, que nous raconterons une autre fois.

Pour moi, cette rencontre était un apprentissage en soi. J’ai appris comment cet auteur avait conçu ce roman ; j’ai appris pourquoi il avait mis des pirates, pourquoi ces noms, ce déluge, cet intermède, pourquoi cette absence de sons et d’odeurs au tout début… Pourquoi il a fait ces choix et, une chose est sûre, on devrait toujours pouvoir parler de tout ça avec les auteurs ! Cela donne des rencontres et des témoignages précieux.

« Les Pluies » de Vincent Villeminot

 

Lou aime Kosh et Kosh aime Lou. Cela est une certitude. Leurs frères ne se supportent pas, ça aussi c’est une certitude ; comme le fait qu’il pleut sans interruption depuis huit mois. Eux qui, jusque là, n’étaient pas encore concernés par les refuges et les inondations, doivent soudainement fuir face à la brusque montée des eaux.

 

 

Discuter de son livre avec un auteur change forcément votre vision dudit livre. Ce commentaire aurait été légèrement différent si elle n’avait pas eu lieu (attention, rien de radical, mais tout de même ; je ne mentionnerai pas un ou deux points qui me manquaient à lecture, c’est tout).

Du coup, est-ce que j’ai aimé les Pluies ? Oui, j’ai aimé les Pluies !

Ce matin-là, en se levant, Kosh Kamiesh regarda par sa fenêtre et songea comme chaque jour aux yeux de Lou. […] Kosh n’avait jamais vu leur couleur dans le soleil.

J’ai aimé parce qu’après un moment il casse les codes qu’on croyait avoir trouvés. Ce n’est pas une romance entre deux lycéens qui se le sont avoués – Kosh et Lou sont étonnamment jeunes en vérité – ce n’est pas juste une romance en fait. Si cet amour très fort, un peu incroyable (mais très joliment décrit) porte le personnage de Kosh, il ne supporte pas l’histoire.

Les piliers du roman sont les relations fraternelles – de sang ou de cœur, l’amour – au sens très large histoire de tout brasser, et le voyage. J’ai dû admettre que nos héros bougeaient beaucoup et que ça faisait partie du livre.

Amour et mouvement, donc, draguent l’histoire de son point A à son point B.

Demain probablement, on débarquerait à VillerDams, ce serait de nouveau le règne du chacun pour soit, mais en attendant…

Le changement de point de vue est vraiment agréable (d’autant plus agréable que je sais éventuellement comment ça se bouclera au tome 2) et pose tous les personnages à égalité. Une belle surprise, ça aussi !

Il ne me reste qu’une déception, en réalité. C’est qu’un événement important se produise pendant l’intermède (cet intermède ayant une forme particulière, il marque un rythme différent). C’était très bien écrit, il n’y a pas tergiverser, très touchant aussi à certains moments, mais ce point là… j’ai eu l’impression qu’on le mettait au même niveau que tout alors qu’à mes yeux c’était surprenant que ça arrive et fondamental pour la suite.

Bon, honnêtement, c’était un petit point noir dans un déluge de plaisir (mais quelle poète !).

Les Pluies est un beau roman d’apprentissage. Apprendre à aimer, à protéger, à se responsabiliser, à grandir, à accepter ses mauvaises décisions… Un sacré roman d’aventure, aussi.

J’ai bien hâte de pouvoir poser mes yeux sur le tome 2, il ne me reste qu’à faire des suppositions dans mon coin en attendant !

Ils flottaient au-dessus de la vie d’avant. L’eau était claire, tiède comme celle d’un lagon.

« Aristote et Dante découvrent les Secrets de l’Univers » de Benjamin Alire Saenz

Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n’ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais…

 

C’est donc l’un avec l’autre, et l’un pour l’autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l’univers.

Plumes, l’heure est grave… Il m’est étonnamment difficile de parler de ce livre. Difficile de vous résumer l’amour que j’ai éprouvé en parcourant ces pages, l’oubli dans lequel cette lecture m’a plongé, les réflexions et les émotions qu’elle a entraînées.

Aristote et Dante est écrit avec beaucoup de douceur et de délicatesse. Ari est un animal craintif, renfermé sur lui-même, calfeutré dans sa carapace… Il apprend à s’en extraire, cela en observant Dante, sa façon de se comporter avec ses parents, sa façon d’être. Grâce à lui, Ari apprend aussi à se tourner vers sa propre famille, à admettre ses douleurs et à chercher à comprendre.

Comprendre son père qui a choisi le silence contre ses souffrances, comprendre sa mère qui ne parle jamais de son frère, comprendre le fonctionnement des autres, comprendre ses camarades, le monde, la vie…

Comprendre cet univers qui nous étreint tous.

 

Je parie qu’on trouve tous les mystères de l’univers dans la main de quelqu’un.

 

Dante, lui, apprend à s’accepter. Ce qui est étonnant parce qu’on attaque le roman persuadé que ce type tout sourire, tout décontracté, traverse l’univers les mains dans les poches. Rapidement, on réalise que non. Dante, comme n’importe qui, cherche à comprendre sa place, à se comprendre lui.

Et par leurs expériences, leurs conversations (parfois si sérieuses et parfois si simples) on finit par se retrouver entre les lignes. Leur amitié devient notre amitié ; leur famille finit par se lier à la nôtre.

Ce n’est pas leur vie qui est universelle, mais la tendresse avec laquelle celle-ci est abordée.

 

Mais j’ai mieux à te raconter : le soir, je suis allé dans le désert. Je me suis allongé à l’arrière de mon pick-up et j’ai regardé les étoiles en écoutant la radio. Il n’y avait aucune pollution lumineuse. Dante, c’était vraiment magnifique.

 

Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, Benjamin Alire Sáenz, Pocket Jeunesse

Les chimères d’Atalaya de Keina

 

Sur Terre-Ma, les dernières dentelles de la nuit s’étiraient, paresseuses. La Lumière embrasa l’horizon et alluma une à une les silhouettes effilées des Tours qui jalonnaient le désert.

 

 

Bienvenue à Terre-Ma, où le climat est si rude que les habitants ont trouvé refuge dans des tours aux proportions ahurissantes. À Atalaya, l’environnement est double. D’une part il y a ce désert à perte de vue, ce sable, cette sècheresse, cette vie impensable sous le soleil écrasant ; et de l’autre l’ombre fraîche des murs, les routes qui s’enroulent jusqu’au ciel, les arbres fruitiers, les fermes… Les Tours d’Atalaya, ce sont des univers au creux de l’univers. Des oasis où il faisait encore bon de vivre il y a peu…

— C’est le troisième ce mois-ci, dit Teunus Kevork, sur le ton de l’évidence. Sans compter le petit de Mokba qui était tellement chétif qu’il n’a pas vécu une semaine. Nous allons devoir appeler les Fossoyeurs, encore une fois.

 

Mais à Atalaya, la vie doit continuer de toute façon. On y espère tous que les problèmes du moment ne sont que passager. Les jeunes se préparent donc pour leur examen. L’Épreuve sépare les habitants pour les répartir dans les différents étages, chacun consacré à une branche de métier. Les plus intelligents partent vivre en bas, avec les Penseurs, quand les autres sont condamnés à monter. Et là-haut, tout là-haut, il y a les pauvres et les fous ; ceux qu’on aimerait pouvoir oublier. Mais la vraie peur des habitants sont les Chimères – ces créatures étranges, à mi-chemin entre la légende urbaine et l’abominable réalité – pas la répartition de la population.

 

Au moins, tant qu’ils vivaient tous deux dans le degré Trente, rien ne leur interdisait de se voir et de se parler.

 

Mais nous, lecteurs, sommes forcément déchirés quand Keina nous présente ses personnages principaux. Lottie, Rasmus, Kori et Tibal sont si différents que leur destin est clairement énoncé dans les premiers chapitres : après l’Épreuve, chacun vivra sa vie. Peut-être certains d’entre eux ne se reverront pas. Et dès le premier chapitre, on le redoute, parce qu’ils comptent déjà pour nous. Par la langue, les tics de langage, de prononciation ; par l’invention des termes et des suffixes, Keina nous happe en quelques lignes dans son univers. Le soleil pèse sur nos épaules, le passage des Fossoyeurs nous fait frissonner et on se rassure de ne pas passer le test d’intelligence.

Une imagination fertile, une plume poétique et beaucoup d’humanité sont les trois grands ingrédients de Keina pour nous conter les Chimères d’Atalaya.

 

Dors, petite souris, dors
La Tour se tait, tout est serein,
Les Pensées en sommeil fredonnent ce refrain.
Dors, petite souris, dors
Si bientôt tu ne dors pas
La Chimère t’attendra
 Dors, petite souris, dors.
Sin’ est là qui te protégera,
Dors et n’aie crainte des Chimères d’Atalaya 
 

 

Amie plume, sache néanmoins qu’au PAen, nous avons beaucoup hésité pour la chronique. Les Chimères ont toute leur place ici, mais d’autres aussi… Sachez donc que nous vous invitons vivement à jeter aussi un noeinoeil à Ulfur de Sierra, dont la quête met l’environnement en premier plan, et Moonshine de Danah, dont les protagonistes ont dû s’adapter à leur environnement disons… spatial.
Cet été, sur PA, vous ne manquerez donc pas de belles lectures <3
(Et merci Léthé pour la bannière !)

Parhélie de AliveArsenic

Résumé :

La vie de Leonora Solís Sanchez est une vie sans histoires, sans dangers. C’est une fille polie, disent les vieux, bien élevée, douée pour la SATI – Sciences et Arts du Tangible et de l’Intangible -, et elle et sa soeur vivent sous la garde de leur grand-père maternel dans le manoir au bout du village.

C’est pour cela que personne n’est étonné de ne plus la croiser dans les rues après avoir qu’elle ait vu sa soeur se faire tirer une balle dans la tête. Ce genre d’accidents, ça ruine une vie, disent également les vieux. Ca rend les gens amers, ça leur fait dire des bêtises. Faire des folies.

Personne n’est étonné et pourtant, pense Leonora, s’ils savaient ce qu’elle avait fait, ils le seraient.

 

***

Avec une grimace, Leonora donna une pichenette à la sauterelle qui avait eu l’imprudence de s’approcher trop près de son bras. L’insecte s’enfuit avant qu’elle ne puisse le toucher, et elle le regarda disparaître dans l’herbe avant de se rallonger en grognant.

Difficile de dire ce qui frappe en premier, quand on lit Parhélie. Le monde dans lequel on vient de mettre le pied ? Cet endroit où magie et sciences s’emmêlent, qu’Alive nous décrit en en appelant à nos cinq sens, et dont on ne distingue pas les limites. Les personnages ? Leonara marque par sa force de caractère de la même façon que Caterina touche par sa naïveté et sa douceur. Mais il n’y a pas qu’elles, et difficile de résister à la gentillesse de Teo, impossible de ne pas être intrigué par la mention d’êtres étranges aux doux noms d’astrologie.
Ou peut-être que c’est l’écriture très aboutie d’AliveArsenic, qui nous balance sensations et nouveautés dans la face, avec la même efficacité que quand vous vous jetez à l’eau d’un seul coup.

 

Taurus comprenait pourquoi Aries n’aimait pas parler.

Ce qui est certain (outre son talent, fichtre !) c’est que le Changement est à la base de cette histoire. Changement de vie puis, plus brutalement, de situation. La mort de Cat est le déclencheur d’une transformation en Leo. Sa force s’effrite, devient une résolution dangereuse qui la pousse au pire : changer la mort en une nouvelle vie.
Je n’en dirai pas plus mais, là encore, les métamorphoses se multiplient : apparences, caractère, statut… Toute la base de Parhélie est fondée sur le passage d’un état à un autre. De là débute une quête qui promet de nous mener loin, droit vers ces limites de l’univers qu’on peine à discerner.

 

Teo se levait plusieurs fois par nuit pour aller calmer ses cauchemars. Il était déjà arrivé [que Leonara] vomisse, ou qu’elle ne le reconnaisse pas ; il avait une cicatrice en forme de croissant sur l’avant-bras, blanche sur fond mat, à l’endroit où elle l’avait mordu en se débattant.

Les personnages s’enchaînent et ne se ressemblent pas, chacun dévoilant un petit bout d’univers dans son sillage, qu’il s’agisse d’us et coutume, de météo ou de politique. Si Leo, l’héroïne, est une boule de nerfs, d’autres personnages viennent l’adoucir. Cat, principalement, mais aussi Charlie qui sait lui tenir tête tout en faisant preuve de compassion.
De par les épreuves qu’elle fait traverser à ses personnages et le voyage qui en découle, Parhélie me rappelle FullMetal Alchemist. Leo a, comme Edward, cette façon de jouer les dures dans les pires situations. Et ces situations semblent de plus en plus lourdes à vivre ; Alive n’épargne ni lecteur, ni personnage dans sa quête du Changement.

>> Lire Parhélie sur Fictions Plume d’Argent

 

Elka