IRL de l’été 2018 : de Payrac à Payrac-Argenté-sur-Oise-en-Corrèze

En l’an de grâce 2018, entre le 19 et le 23 juillet, alors que les chaleurs de l’été nous plongeaient tous et toutes dans des torpeurs sans pareilles, a eu lieu un événement que la plumauté attendait avec impatience : la Grande IRL PAenne. L’accueil y a été mémorable, la nourriture incroyable, l’ambiance exceptionnelle et surtout la compagnie des plus raffinées. Sans plus attendre, voici un florilège de ces moments si précieux passés ensemble dans la vraie vie, à Payrac, chez la très accueillante famille de Jamreo !

 

TEXTES EN DEMI-PAGE

Pour cet atelier d’écriture, le principe est de partir d’un texte publié sur Fiction Plume d’Argent, d’en imprimer une page, puis de plier celle-ci en deux dans le sens de la hauteur. Ces “demi-pages” sont distribuées au hasard parmi les participant·e·s, qui doivent alors compléter la partie manquante au gré de leur imagination ! En voici les résultats, agrémentés de quelques photos des plumes en plein travail.

Les parties inventées sont en italique.

Jamou contemple sa création avec fierté, sans savoir que Dan est prête à tout pour piquer ses idées. Luna, elle, cherche au plus profond d’elle-même comme une vraie artiste.
Beul ne cache pas sa fatigue après tant de travail

 

Texte de Jam par Nana

À première vue, il s’agissait d’un établissement banal dont les clients avaient tendance à disparaître sous la montagne de gris, noir et blanc. C’était plutôt louche car la devanture était en sympathique bois vieillot dans les coins mais pas dans la partie centrale. Monsieur America vous invitait à entrer avec un large sourire. Mais comme souvent avec les robots, son sourire plastifié se répétait ainsi que le nom du café (hors de prix) qu’on ne pouvait obtenir que sur abonnement. Entre autres, un double american (édition collector avec du lait de brebis) vous obligeait à passer directement par la centrale d’achat.
Les non-initiés passaient à côté de l’insubordination de Monsieur America à cause des limites de ses capacités intellectuelles – un penchant extrêmement préjudiciable au syndicat des cafetiers, qui pouvaient être de réels oublieux, de temps à autre, et n’étaient qu’une bande de grosses feignasses. Au moins, Monsieur America n’avait pas trop d’ennuis. Combien de temps avant que quelqu’un se rende compte que son café était beaucoup trop cher ? Tout pouvait changer si vite.
Le cou rentré dans les épaules pour se faire plus petit qu’un raton-laveur, l’homme buvait son café en écoutant la musique entraînante à base de trombones l’englobant. Des gens louches mangeaient leur pâtisserie. Sanne en reconnut deux. Mais pas les autres, pourtant ils étaient encore plus louches. Soudain, il glissa sans s’arrêter, comme s’il ne s’était jamais tenu debout sur une surface horizontale. Quelqu’un lui lança un tablier rouge reprenant les motifs du mythique bouclier d’Abraracourcix. Il se retourna et repéra une femme avec un écran ouvert au creux de la main.

–     Bonjour, je voudrais retirer mon spécial super-héros – celui avec du lait de brebis.

La fille tendit impérieusement la main et Sanne lui donna 50€.

–     Hmm, il semble y avoir un problème. Votre solde n’est pas suffisant pour ajouter du lait de brebis.
–     Ah bon. Pourtant je sais compter.
–     Attendez, suivez-moi. Nous allons demander au gérant si sa brebis est prête à faire une exception…

La serveuse sortit de derrière le comptoir et fit signe à tout le monde de se tirer vite fait. Elle poussa la porte, qu’elle prit soin de fermer derrière elle.

–     Allez-y, souffla-t-elle.
–     Merci.

Sanne se pressa dans le couloir tandis que l’autre attaquait son café.
Après des tours et détours pris sans y penser, elle tomba sur une pièce remplie d’étagère. Elle n’eut pas fait trois pas que quelqu’un surgit de nulle part, une brebis dans les bras. Elle reconnut le chef au rythme particulier de la respiration, et se retourna vers la porte pour fuir. Mais au son de sa voix, elle se figea :

–     Bonjour.
–     Bonjour.
–     On vient pour un peu de lecture ?
–     Hmhm.

D’un air absent, elle délogea sa carte Captain America de son oreille. La serveuse était démasquée : elle faisait partie des plus fidèles visiteuses et il la fusilla du regard pour bien la faire culpabiliser. Soudain, sous ce front plissé comme un vieux parchemin, la fille compris tout : elle n’était qu’un personnage de fiction.

Texte de Nana par Beul

Berteram poussa la porte du Bureau des Pouliches, huma l’air chargé avec avidité et galopa d’un pasassuré vers le comptoir d’accueil. Une jeune gueuse y était affairée à signer des autographes à la plume, la tête appuyée sur sa main gauche, le visage déformé par l’ennui et l’herpès.

–     Bonjour ! s’exclama gaiement Berteram face à cette vision de cauchemar, lui qui aimait les défis.

La jeune femme sursauta et laissa tomber sa culotte par surprise. Imperturbable, Berteram se pencha pour la ramasser pendant qu’il enchaînait :

–     Je viens chercher mon permis de cheval de trait, celui-là même remis aux meilleurs artisans de France par le Prince, lors de la bataille d’Argerosk, vous savez, non loin de Payrac-Argenté-sur Oise-en Corrèze.

La jeune employée se releva et lui jeta un caillou entre les deux yeux pour vérifier qu’il n’était pas une hallucination. D’ordinaire, sa haute taille, ses cheveux blonds, ses traits d’union et son chapeau de paille faisaient meilleur effet aux gens. Il avait l’habitude de faire forte impudeur aux demoiselles, mais celle-ci, malgré ses sous-vêtements libres et insoumis, reprit immédiatement son air ennuyé etlui tendit un doigt d’honneur pour conclure d’une voix monocorde :

–     Bureau B1, au bout du couloir à dr L’agricultrice en chef vous appellera dès que ce sera votre tour. En attendant, veuillez ne pas pratiquer de ressuscitement par chanson paillarde et ne pas commettre de meurtre, vous engageriez votre réputation de chevalier laboureur, et les chevaliers laboureurs doivent absolument rester neutres.

Berteram perdit un peu de sa superbe en se souvenant de cette contrainte. C’est qu’il commençait à se prendre pour quelqu’un d’important et on lui rappelait que non. Il attrapa la convocation qu’on lui tendait, l’examina et vit, écrit à la plume, sans fioritures, « un discret sale con » écrit en tout petit dans la marge.

–     Euh… Très bien, merci mademoiselle.
–     Bonne journée, répondit celle-ci d’un air de ne pas du tout le penser.

Le jeune chevalier s’engagea dans le coulis de caramel renversé en plein milieu du passage et chercha le bureau indiquant « B1 », à droite au bout du plus dégoûtant couloir qu’il ait dû traverser de sa vie. Il poussa la porte moyenne, encombrée de nombreux sièges de torture, de casques à pointes et de herses d’antiquité. Dans le fond, des employés écrivaient sur de grands parcmètres en bois de santal que de jeunes hommes à l’air guerrier placés en file indienne devaient payer pour avoir le droit de rester. Leurs chevaux quant à eux attendaient ça et là sur les sièges. Berteram hésita à pénétrer la pièce à cause de son enthousiasme retombé, et se prépara à agoniser lentement mais sûrement sans avoir le droit de sauver ni tuer les personnes attendant dans la pièce à son arrivée. Il songea quand même à mettre le feu aux bureaux. Le numéro 272 venait d’être appauvri pour la onzième fois par les parcmètres quand son tour arriva enfin. Son impatience grandissait devant cet évènement annonçant tant de réjouissance et Berteram retrouvait enfin foi en la vie : il allait recevoir son permis de cheval de trait d’une minute à l’autre.

–     Numéro 273 ! tonna soudain une voix.
–     C’est moi, répondit immédiatement Berteram en lançant son chapeau de paille dans les airs.

Qu’est-ce qui sera le plus fort ? L’inspiration ou l’appel de la bière ?

 

Texte de Beul par Cliène

L’A1 défile sous les roues de la petite Opel bleue nuit. L’odeur omniprésente de cadavre persiste tel un parfum salé et collant à l’intérieur du véhicule qui roule toutes fenêtres ouvertes depuis des heures. La source de cette puanteur, baptisé James est assis derrière Taylor, refoule à leur en faire pleurer du sang. Le nez enfoui dans le col de son manteau pour tenir le coup face au froid, même le cadeau de Marina n’offre pas de réconfort à Taylor. Pour  que les automobilistes ne se posent trop de questions, ils ont habillé James d’un costume bon marché récupéré dans une friperie. Ils ont quitté Rhode  Island depuis quelques temps. Cela représentait alors le point de départ des cent soixante-deux kilomètres de torture que Marina leur infligeait pour conduire ce satané cadavre à elle.

–     J’en ai une autre, celle-ci, vous allez m’en donner des nouvelles ou je ne m’y connais pas s’exclama Bruce.

Persuadé qu’il réussira à décrocher un sourire à sa conductrice, murée dans le silence, Bruce songe au cuir d’origine de la vielle Opel et plonge dans sa gibecière  pour en sortir une cassette de musique russe révolutionnaire.

–     Mes balades préférées ne sont peut-être pas toutes dessus vu que j’en ai égaré quelque part. Nous pourrons partager : un peu de musique révolutionnaire et un peu de balades intervint Bettina.
–     
Hrm…

Comme respirer, déglutir mais surtout parler la bouche pleine de l’odeur de James, Taylor avait ce talent pour communiquer que par très légères vibrations de la gorge. Il ne fallait surtout pas dire mais alors pas du tout, il n’y a que Taylor pour alimenter la discussion, sous peine de l’entendre geindre pendant plusieurs minutes.

–     Allons, mettez-y du vôtre… Je fais ce que je peux pour vous changer les idées par la musique, ajoutait Bruce, vexé. Vous n’avez qu’à penser à vos propres morceaux ! Marina ne possède pas grand-chose à part cette voiture.

Les basses de son téléphone incapables de couvrir le chant du vent qui s’engouffrait dans la voiture, était bon à jeter. A elle exclue, ce que Taylor ne pas expliquer aujourd’hui, c’est à quel point trimballer un cadavre estdangereux. Deux heures et demie de route dans le noir, ça pouvait se faire mais deux heures et demie de route avec un Taylor Falseflower, par contre, ce n’était pas une sinécure. Dialoguer avec soi-même n’est jamais une sinécure.

–     Ecoutez-moi ça, les Dead Moon, j’avais tout juste quatorze ans quand ils ont explosé, mais littéralement, ria Bruce.

L’image d’un Taylor de quatorze ans perturbe à nouveau le cerveau de Taylor et l’emmène sur un chemin plutôt concevable. Elle oublie bien vite cet adolescent de malheur lorsque dans un bruit assourdissant les premières notes s’échappent des haut—parleurs et lui font saigner les tympans ; les instincts musicaux de Taylor lui sortent par les oreilles.

–     Running away, I knew I vas wrong, se met à fredonner Bruce.

Voilà qui est de bon ton. La voix du chanteur est agressive, brutale. Bruce hurle sans raison et c’est toujours ça de gagné. Toujours ça de gagné pour ne pas penser à James et à sa puanteur. Taylor imagine alors que Marina n’est vraiment pas en joie. En réalité, elle fait la vaisselle, les cheveux liés en un palmier dépouillé par le vent, son foulard lui couvre les oreilles et descend autour de son cou, sans compter les différentes ecchymoses dont son corps sont couverts comme les fleurs d’un printemps affreusement précoce. Trop vite né, trop arrivée, se dit Taylor, trop vite sortie, elle trouve déstabilisant de se retrouver dans cette bagnole pour apporter James à Marina et la tuer. Il s’avère être, si on en croit Taylor, un gentil garçon ce Bruce mais le voir prendre toute cette place sur SES sièges arrières, dans SA voiture, pour passer de la musique russe d’hérétique : il aurait pu simplement le balancer dans le coffre et l’y oublier le temps du trajet. Ils ont pourtant plus embrouillé Marina qu’elle ne l’ont aidé. Il ne fallait pas derrière soi de cadavre seulement capable de tracer quelques lettres avec leur sang. Il fallait les achever et ne rapporter à Marina qu’un certain nombre de maladies transmissibles. La révolte qui couvait concernant le pays entier, d’une alerte à donner à un génocide, il n’y avait qu’un pas.

 

Texte de Cliène par Jam

Le rouge lui monta au visage. Elle était partagée en quatre et il faut dire que la situation était étrange. Le doute avait germé dans sa tête.
Sa mystérieuse. Sa voyageuse. C’était elle qui s’était donné ces surnoms, dans un accès de mégalomanie silencieuse, plongée encore une fois dans l’une des barriques de bière de la cave. L’avait-on seulement reconnue ? Lise se raisonna, sa mystérieuse ne pouvait pas s’être trahie si bêtement, elle n’était coupable de rien à part avoir fait preuve d’une curiosité appuyée.
Elle devait à présent faire preuve de courage, le but étant de sortir de la bière et de se recoller à l’aide du papier qui vivai[t] en elle. S’il lui était impossible de se soulever sans ses bras, elle pouvait néanmoins rétablir l’ordre des choses : le livre oublié dans le miel d’oranger contenait une formule de recollage express. Il fallait qu’elle le fasse sortir, celui qui n’attendait que de rejoindre sa propriétaire dans l’alcool en fermentation.
Lise reposa le livre qu’elle avait choisi, ouvrit son estomac pour en sortir les champignons hallucinogènes. Ça va mieux. Dans un autre contexte, ce seul livre aurait été susceptible de la sortir de sa galère. Mais son malheur n’en était qu’un parmi tant d’autres, orphelins d’autres esprits décidément trop heureux. Enfin sobre, Lise tourna la première page, espérant que sa lecture réveille ce je ne sais quoi qui l’avait poussée à chanter du Céline Dion dans le métro. Et par cheminement, peut-être celui de Conrad pouvait-il la mener sur le chemin d’une attitude tout aussi perturbante.
Elle prit une profonde inspiration et la direction du vent lui indiqua dans quel sens pisser. Son besoin d’uriner compulsif l’avait devancé[e] et venait d’y poser son beau fleuve jaune. Les autres personnes présentes firent un effort pour ne pas se ruer immédiatement vers la sortie. Un prêtre se mit à réciter des prières derrière elle tel un mantra. Entre sa couverture et son corps, il n’y avait rien. Le prêtre lui fit comprendre à sa manière qu’elle ne rêvait pas. Elle entendait Conrad qui lisait son livre, aussi. C’était lui, c’était le feuilleteur. Il les lâcha dans le creux de la main de Lise qui les transforma fissa en liquide avant de les verser dans un tiroir. L’homme marmonna quelque chose de super con. À nouveau, Lise inspira profondément. Quelle idée de dire de telles conneries ! En plus, Conrad n’avait pas une once de courage !
C’était son tour. Elle s’approcha du comptoir et sa main rencontra celle de Conrad. Pire, elle était sur le point de croiser son regard. Toute approche était malheureusement défendue, et cette déception était familière aux yeux de sa voyageuse. Elle lui souffla dans l’oreille et il répondit d’un sourire qui fit remonter le haut de ses joues, accrochées à des hélices. Privé de ses joues, Conrad se trouva un instant bien trop pauvre pour exprimer ce qui se passait dans sa tête. Même des années plus tard, Lise ne sut jamais dire ce qu’avait signifié cet air de béatitude crétine. Elle pouvait pourtant en décrire l’intensité, l’apaisement qui l’avait envahi en voyant le prêtre s’en aller. La couleur des iris de sa voyageuse, ses lèvres joyeuses étaient autant de signes de sa bonne santé. Elle se souvenait également de ce qui y avait noyé un peu de tristesse, parce que c’est la vie. Le silence s’était brisé, le charme s’était rompu, Lise avait fait une overdose de champis hallucinogènes et elle s’était déconnecté[e]. Lise s’était retournée pour prendre congé de Conrad. Elle jeta un pavé dans la mare. Elle lui en voulait tout comme elle en voulait au prêtre de l’avoir découpée. Elle avait songé à s’enfuir. Ce qu’elle fit sans hésiter.
Fuir. Lise adoptait cette solution de repli et en avait même pas honte. Les opposants, elle les faisait taire dès que possible sous le joug d’une Timidité maladive et en chargeant leurs organes dans le sac allégé. Sa voyageuse le n’accusait d’aucune cruauté, connaissant bien son trafic d’organes. Elle avait même souri. En la regardant avec une telle fierté, une telle affection, elle avait assuré n’être en rien gênée que Lise en ait fait de même dans le monde réel. Néanmoins, il ne fallait pas tirer de conclusion hâtive.

Lishette pense déjà à la jolie perruque qu’elle va se faire avec le scalp de Cliène.

 

Texte d’Ery par Luna

–     Hé, gamin…

Andrev fit la sourde oreille et entreprit de déposer au-dessus du feu les saucisses à griller lorsqu’il entendit Nilssen étouffer une exclamation.

–     Gamin ! Il se passe quoi, là ?

Le Nordiste se retourna – et se figea. Les yeux de l’homme étaient exorbités. Andrev regarda à nouveau les flammes, de plus en plus fortes et au cœur du foyer, les saucisses frétillèrent. Andrev sentit les battements de son cœur s’emballer, tandis que la viande se mettait à danser.

–     Reculez lentement, dit-il au mercenaire, il ne faut surtout pas se montrer hostile.
–     Quoi ? bredouilla Nilssen. C’est quoi cette histoire ? Hostile envers les saucisses ?
–     C’est un Brann. Ne faites pas de geste brusque ou c’en sera fini de notre repas.

Il se tut. La silhouette avait bougé. Une fraction de secondes plus tard, elle se mit à jongler avec la nourriture avant de s’extirper du foyer. Tout autour, il y avait des centaines et des centaines de sauterelles mortes – et la forêt. Andrev prit une grande gorgée de Chartreuse, et après s’être brûlé l’œsophage, il tâcha de se rappeler tout ce qu’il pouvait des leçons de sa mère.

–     Je fais quoi ? lança Nilssen, les narines dilatées par les effluves de saucisse grillée.

L’esprit se trouvait à peine à un cheveu de la plus grosse chipolata. Cette situation commençait à le rendre fou.

–     Respirez. Gardez vos yeux sur lui. Essayez de rester calme.

Il vit Nilssen bouger la tête et déglutit avec difficulté tandis que son propre ventre poussait un terrible gargouillement. Le mercenaire s’empara alors du fusil, posé un peu plus loin.

–     Non, dit Andrev. Ne faites pas ça.
–     Si j’ai pas le choix, gamin, je…

Il étouffa un petit cri. Le Brann avait lâché les saucisses qui retombèrent dans le feu dans un couinement sinistre et commença à se déplacer. Les flammes gagnèrent le tas de bûches destinées à entretenir leur feu de camp. Nilssen tremblait de l’estomac. Elles étaient si près de lui – près comme son genou – il grandissait presque en tendant son bras, distinguant le festin de plus en plus nettement et on aurait dit qu’une faim diabolique s’était emparée de lui, comme par curiosité.
Andrev ferma brièvement les paupières, repoussant cette odeur délicieuse qui commençait aussi à lui monter à la tête. Être humain, c’était la première erreur à ne pas faire. Il ne fallait pas céder à l’appel. 


–     Pourquoi il me regarde ?

La panique perçait dans la voix de Nilssen qui ne savait plus s’il devait mordre ou non dans la chipolata juteuse.

–     Je ne sais pas. Ne bougez plus.

Andrev commença à marmonner les ingrédients nécessaires au ragoût, en se répétant intérieurement : ne détourne pas le regard. Articule. Tiens-toi droit.
Il se sentait bien moins confiant qu’il l’aurait imaginé. Si l’esprit reprenait les saucisses et décidait d’attaquer, il ne pourrait rien faire. Le Brann avait l’avantage. Reprenant raison, Nilssen se tourna vers lui. Andrev leva lentement la fourchette en direction du feu, se laissant guider par l’odeur du fumet.

–     Pas de geste brusque, rappela-t-il en avançant prudemment sa fourchette.

Le Brann approcha, suivi par sa traîne orangée aux odeurs de cochon grillé, menaçant de mettre feu à un buisson tout proche. Alors il agita sa silhouette vaporeuse et, doucement, il s’avança vers le jeune homme, délaissant le mercenaire qui reculait à cloche-pied.
Le Brann l’observait. Du moins c’était ce qu’il voyait, il en était certain ! Soudain, la silhouette de l’esprit se modifia, comme s’il se courbait en avant. On l’aurait cru prêt à bondit... bondir sur les saucisses dans un dernier élan désespéré.
Un claquement se fit entendre et Andrev éternua à grand bruit, mais il ne bougea pas. Le Nordiste détacha enfin son regard des chipolatas qui s’étaient remises à frétiller difficilement, et le Brann disparut dans la nuit.

 

Texte d’Eilish par Ery

Comment le savait-il ? La question ne se posait particulièrement pas en ce jour morne et pluvieux. Les trucs d’alliance suffisaient à révéler sa situation. Ses yeux orangeâtres où brûlait une haine féroce ne pouvaient guère cacher qu’elle tenait davantage de la vieille fille que de la jeune. Mais au moins c’était une fille.

–     J’écrirai à votre compagnie, rétorqua-t-elle.

Ses paroles ne rencontrèrent qu’un dos tourné. Un très joli dos par ailleurs, avec plein d’omoplates qui, hélas, disparurent avec lui derrière les poutres de l’écurie. Il faisait tellement moche ce jour-là qu’on pouvait craindre que les gouttes d’urine n’en pénètrent la toile. Elle s’était adoucie (pas la toile, hein – et quelle toile d’ailleurs ?), mais elle trouvait la maison trop respectable et voilà qu’elle faisait cas de caca. Eh oui, encore. Quoi qu’elle fasse, son existence finissait toujours par impliquer quelque matière fécale. Du purin qu’on ne savait placer. Ni chez les domestiques ni chez les institutrices – puéricultrices – administratrices – dessinatrices – ni chez les autres parce que bof quoi. Ils étaient tous sans le sou. Dépourvue de classe sociale, de matières grasses et de tout espoir, elle agissait comme une criminelle et une dépravée, mais elle était pire : ambigtieuse et malégfique, et les gens ne pouvaient supporter ce statu quo indéfini. La compagnie des domestiques voulait détruire les Darnley avant qu’ils ne trouvent un prétexte eux-mêmes pour lui adresser un regard. Il n’y avait que de la terre, mêlée de paillettes rouges qui envahissaient la boue jusqu’à s’y substituer, la recouvrant comme une grande cape sanguinaire. Le ciel était lesté lui aussi. Elle se dirigea vers les maisonettes choupettes où séjournaient les autres ; elles gardaient les chemins comme de grands fétiches sévères puis s’évanouissaient aussitôt, vaincues par le crachin quelconque. Les nuages, constitués de calcaire ou blanchis à la chaux, (les habitants étaient vraiment consciencieux) recouvrirent à cet instant entièrement les champs. Cette arrivée n’avait en rien interrompu le face-à-face pesant et frénétique, il les poursuivait sans quittance. C’était comme ça ici, on taillait le bois, on frappait le métal et on chevauchait une limace qui se faisait lourde. À l’évidence, personne ne comptait beaucoup sur la grand-rue, mais dans quelle direction aller ? Bah oui ! On a le temps de se poser la question quand on chevauche une limace. Accompagnée des couinements de la boue et des croassements des nuages, elle glissait lentement dans l’espoir d’avoir quelques commerçants, mais aucun ne l’aurait jamais acceptée car c’était une limace. BOUM. Ils gémissaient dans leur échoppe pour poser une question sans lâcher du regard les omoplates, pour ne pas tarder davantage. Un retard n’apportait jamais. Lorsqu’elle revint au niveau des premières chaudières, elle se rendit compte qu’elle ne comprenait rien. Les commerçants l’avaient crue partie et n’appréciaient pas qu’elle réapparaisse, parce que la limace la suivait, avec l’air un peu moins miséreuse que les autres. À côté d’un tas, elle et la limace aperçurent des domestiques qui se lançaient des paquets de tourbe en bavardant à voix basse. Leur sang ne fit qu’un tour et elles dévorèrent une jolie fille, qui nourrissait son bébé.

–     Bonjour. Quelle route prendre pour se rendre à l’ennemi ?

Les deux femmes se regardèrent comme si le toit fuyait à cause de la pluie. La première arracha ses yeux cernés et passa la main sous son châle pour essayer de retrouver son bras, qui geignait et griffait pour retourner à sa place habituelle.

Voilà ce que provoque la lecture de nos textes-frankenstein.

 

Texte de Dan par Eilish

Bowie réussit à glisser son petit gabarit de géométrie dans l’angle droit de sa figure en forme dedromadaire et s’installa au comptoir. Une fois perclus de douleurs aux doigts, il prit une pause pour boireet tenter de repérer Napoléon. « Je porterai un fez. » Voilà ce qu’il avait dit, avant d’enfiler un fedora. Il ne l’avait donc pas vu dans la semi-obscurité fumeuse, on pouvait deviner un sombrero, une capeline, un deerstalker, une cloche et un béret, mais pas de fez à l’horizon.

–     Vous buvez quelque chose ?

Bowie pivota vers le barman pour décliner mais le barman lui imposa une pinte de chartreuse, pour lui et deux clients bien imbibés.

–     Bowie, c’est ça ? Je vous offre une lichette ?

Il sursauta : accoudé à sa droite, un homme basané portait trois chapeaux, dont deux qu’il avait subtilisés sur l’égouttoir. Napoléon avança le bol de chartreuse et le versa en cascade sur ses couvre-chefs. Les gouttes tombaient devant ses yeux pétillants, bleus et globulement vôtres. On lui aurait pardonné s’il avait été un pépé sénile mais il ne devait pas avoir plus de trente-cinq ans.
Bowie n’était pas très calé en matière de langage de sénilité. Il connaissait les bains nus de chartreuse, mais pas les applications vestimentaires, et c’était à peine s’il savait différentes figures géométriques à angle droit. Sa maîtresse le maudissait de ne pas avoir potassé le sujet avant de se lancer dans une licence d’architecture, mais c’était ça ou les danses folkloriques d’Europe. Ni la coiffure hirsute ni les fringues criantes de kitsch ne l’avaient séduit. Pourtant, c’était trahir la culture de son origine et donc de ses pouvoirs psy. Ne pas salir l’honneur de sa famille lui importait, mais dessiner des moulures et corniches, encore plus. Lire les pensées ou (de) manipuler les souvenirs, c’était peut-être sympa aussi, mais il fallait savoir tracer des rosaces niveau 4. Trop difficile pour une affaire aussi cruciale que celle de Bowie.
Sans attendre de réponse, Napoléon sortit une flasque casquette, y versa quelques décilitres de chartreuse, en but une rasade et tendit un verre à Bowie, qui avait encore trop mal aux doigts pour reprendre son cahier de vacances de géométrie. Son acolyte baissa son pantalon pour brandir sa clé à pipe au moindre signe distinctif religieux.

–     Bù… N… non merci, dit-il finalement.

Il en aurait bien eu besoin – Shenshen appelait ça l’amour, une chose qui ne servait pas à garder les chapeaux sur la tête ET garder les idées claires. La consommation d’alcool était la meilleure façon de se réchauffer sans engagement, et pourtant il avait pris froid pour arriver sur Europe et pour constater qu’ils avaient les mêmes bonnets qu’ailleurs. Il avait oublié le sien mais pas envie de se faire pincer pour un délit aussi naze que le non-port de couvre-chef. Il lui en fallait un, et vite.

–     Vous… commença-t-il.
–     Vous voulez entrer dans le vif du sujet, j’imagine. Vous avez tellement la crève que je peux entendre vos glaires dans le gosier. Soit. Transférez-moi cinquante crêpes au sarrasin, sans lactose, sans gluten, parfaitement carrées, et je vous donne ma casquette.

Bowie faillit culbuter de son tabouret. Cinquante angles droits, fois quatre ! Il ne connaissait rien en tarifs de criminel, mais ça lui servirait de leçon pour ne pas avoir écouté son prof de mafia.

–     Libre à vous de vous adresser à un autre gageur de couvre-chefs, mais les miens sont mous et 100 % pur laine.

Ça commençait très mal. Bowie régla son braço en mode analyse de composition pour vérifier ses dires.
Napoléon commanda une chope au barman qui renâclait derrière le comptoir. C’était un 100 % pur laine lui aussi.

–     J’ai besoin de vous parce que… Parce qu’on m’emmerde à cause des engelures de mes oreilles. Je ne suis pas fort en angles droits, mais j’aimerais un peu qu’on vous paye assez. Alors voilà. Je… Je pense que je pourrais vous dessiner un dromadaire sur quadrillage. Un carreau = un crédit. J’ai assez de feuilles pour vous payer tout ce que j’ai. Pour que vous…
–     Combien ? Combien de crédits en tout ?
–     Heu… Un peu moins de neuf mille.
–     J’en veux cinq mille tout de suite.
–     Vous êtes déjà bourré ?

 

Texte de Lyrou par Dan

Mr. Deladoey, connu dans la région pour être un homard, avait, plusieurs dizaines d’années auparavant, ouvert un hôtel perdu dans la pampa. « Construisez un cinéma et les gens viendront pour la programmation » disait-il, même si ça n’avait pas de rapport. « S’il n’y a qu’un seul hôtel, les gens n’auront d’autres choix que de dormir ici », et il y croyait. Sauf que ça ne marcha pas. Son hôtel à crustacés, personne n’en entendit parler et il n’y avait pas un bigorneau dans les parages. Il faillit renoncer, mais quand il installa un funiculaire plus esthétique pour acheminer les fruits de mer dans le désert, l’antenne à oreilles fit le reste du travail.
C’était un bâtiment immense, presque un château de sable, peint de vert foncé et de jaune. Il aimait énormément La Nuit Etoilée, célèbre tableau d’une crevette peintre renommée qui utilisait de tels tons. D’autres, beaucoup plus pragmatiques, trouvaient que ça donnait à l’hôtel un air malade, comme une jaunisse avancée qui le faisait se détacher de la montagne, par contraste en quelque sorte. Au final, cet hôtel, l’on avait tôt fait de l’appeler La Salamandre, bien que les salamandres ne soient pas vertes. Le homard, lui, continua de l’appeler sa nuit étoilée.
La clientèle grossit les premières années puis les cloportes marins débarquèrent en nombre. Ensuite il n’y eut plus tellement de roulement et les mêmes bestiaux vinrent toujours pendant les mêmes périodes. On finissait par retenir les visages et les odeurs,les chambres réservées, les plats favoris et le jour de baignade réglementaire, formant en quelque sorte un microcosme rotatif dans lequel rares étaient les surprises. Même les huîtres saltimbanques qui venaient représenter finirent par ne plus changer, et leurs numéros du vendredi soir intégrèrent le programme permanent des activités de l’hôtel.
Pourtant à l’époque à laquelle l’on finissait de faucher les asperges, arriva une femme portant un nom que la plupart des clients prononcerait ensuite « Tchaaaarly » avec une petite patte levée, prenant l’air sophistiqué. Charly venait du Wiltshire et personne de savait ce qui l’avait amené(e) à La Salamandre en particulier si ce n’était les relents de vieille marée. Poulpette et jongleuse de son état, elle signa son contrat assez rapidement et bientôt prit place dans la troupe d’artistes à domicile. Une place laissée vacante depuis que Georges, un domestique, avait succombé d’une chute de funiculaire il y avait déjà quinze ans. L’intégration de Charly ne fut pas aisée, tout le monde connaissant les us et coutume de chacun des autres artistes, à part elle. Elle s’efforça de faire mieux en un temps record pour s’en sortir correctement avec la troupe, les répétitions viendraient ensuite pour y être préparée au mieux.
Quand s’achevèrent les récoltes du maïs et que les choux furent en fleurs,Charly avait ingéré une immense quantité d’informations au sujets de ses compagnons ainsi qu’une immense quantité de plancton. Du bout des tentacules, elle pensait rapidement avoir touché un peu à tout et être capable de faire du diabolo en plus de toute nouvelle tâche assignée, du soin du bâtiment à celui des clients. Mastiquant des algues hallucinogènes pendant toute la période de sa formation tout en feignant d’aimer ça, Charly put finalement atterrir sous la surveillance de Mme. Pacotille, une méduse un peu sèche que tout le monde aimait beaucoup. Charly avait dû la suivre au pas pendant six mois pour découvrir tous les rouages de l’hôtel qui lui était possible de connaître, y compris les latrines. En l’accompagnant, elle avait vu la salle des machines pour le théâtre, le local d’entretien, l’étiquetage et le rangement des clés derrière le plan de concombres de mer ainsi qu’un tas de choses qui bien que pas indispensables à son éducation artistique, intéressèrent beaucoup Charly.
Quand vint la fin de novembre elle avait officiellement intégré un spectacle triptyque que Greta Pacotille appelait craillière en do majeur. Le reste du temps, pour Charly, il s’agissait de s’occuper de servir le petit déjeuner, faire le gratin de corail et fournir les chaudières en bois en venant en soutien aux bernard-l’hermites. C’était aussi à cette période qu’arrivaient les Wichwich et les Sandsand, des harengs. Les premiers venaient en couple avec la grand-mère et leur sardine domestique, qui aboyait rarement, prenaient toujours la chambre sept qui avait vue sur la ligne d’asperges, qui était souvent perdue dans la brume, et commandaient de la Chartreuse et des toasts le matin.

 

Transition : le roman-photo

Beul : Hé, ton père est un voleur, il a pris les étoiles du ciel pour les mettre dans tes cheveux !
Cliène, en pensée : Quel beau jeune homme, les IRL sont de mieux en mieux…
Beul, en pensée : Femme qui rit à moitié dans le lit 😉
Beul : Ça te dirait une IRL à deux, chez moi, un de ces jours ?
Cliène : Mais… Danette est au courant ?
Cliène, en pensée : Est-ce que je fais de bons choix de vie ?
Beul, en pensée : C’est bon, c’est dans le plumard !
Jamou : Quand je rapporterai ça à ma maman Danette, j’aurai une augmentation de mon argent de poche…!

 

PERLES RÉCOLTÉES AU VOL

Pendant la partie de Concept :

Nul n’a de pied. – Lyrou, désemparé

La foudre ne tombe jamais deux fois dans la même oreille. – Dan, fataliste

Marcher comme un rat sans pattes. – Lyrou, particulièrement survolté

Pisser comme un violon. – Bruno (aka le frère de Jamou), pince-sans-rire

Mais je me demande pourquoi… bras. – Jamou, cryptique

Manger un sombrero par la racine. – une coproduction Ery-Dan, pessimistes

 

Au fil des discussions :

Maintenant je comprends pourquoi les gens vieux sont si vieux. – Lish, émerveillée

– T’as dit quoi ? « On se fait une banane » ? – Non, c’était « lance-lui une banane ». – Dan, perfectionniste

Pas la boule ! Pas la boule ! – Ery, terrorisée

Qu’est-ce qu’elle fout là cette corde à linge ? – Jam, pragmatique, lors d’un petit déjeuner comme un autre

Moi j’ai mes croûtes donc c’est bon, je suis contente. – Ery, nombriliste

 

Élans de masochisme :

J’aime bien me brûler. – Luna, malicieuse

Je m’en fous si je suis démembrée. – Cliène, nihiliste

Même la pizza ne suffit pas pour réchauffer Nana. Envoyez vos dons à 0800-Taipeitienne-en-détresse.

Lors des parties de Dentiers :

– Je suis Philippe Poutou ! – Nan toi t’es plutôt… Laurent Voulzy. – une coproduction Lyrou-Ery, en plein affrontement politique

Je serai Laurent Delahousse parce que nous sommes tous des Plumes. – Cliène (cette citation a provoqué un élan d’admiration et des applaudissements de toute l’assemblée à part ceux qui boudaient (Ery) parce qu’ils savaient qu’ils ne seraient jamais élus maires face à un tel discours)

 

Parties du corps en pagaille :

Où est ma bouche ? – Luna, préoccupée

Je sors mes oreilles pour l’occasion. – Nana, festive

C’est gros comment, une couille administrative ? – Ery, bourrée

Montre au moins tes fesses ! – Lish, entreprenante, à Dan, pudibonde

Après une petite rasade nocturne de Chartreuse, même les photos devenaient floues
Ery prépare sa poker face mais on sait tous qu’elle est un loup-garou

 

JEUX DES DÉFINITIONS

Saurez-vous retrouver la bonne définition face aux inventions des plumes ? Les réponses sont à la fin !

TAMARIX

  1. Forme d’arbuste africain poussant à la lisière des déserts.
  2. Nom attribué aux vergers dont les arbres fruitiers sont plantés en diagonale.
  3. Un fourmilier du futur qui se nourrit de puces graphiques.
  4. Petit animal à grands naseaux poilus.
  5. Petit animal du Sud de l’inde au poil vert foncé et à la dentition nombreuse. Famille des mammifères. Il a été découvert en 1825 par l’explorateur Alexander Stewart au cours d’une expédition scientifique organisée par l’Université d’Oxford. Disparu en 1943, on en trouve le dernier spécimen empaillé au Museum d’Histoire Naturelle de Paris.
  6. Arbrisseau originaire d’Orient, à très petites feuilles et à petites fleurs roses en épi.
  7. Minéral abondant dans les fonds marins proches des barrières de corail.
  8. Petit objet de jardinage servant à couper les racines apparentes des arbustes persistants.
  9. Petit singe, cousin du tamarin.

BOUTEROLLE

  1. Fleur des champs dont la corolle fleure la bière et dont les feuilles évoquent la silhouette d’une bouteille.
  2. Se dit de l’extrémité d’une tige encore non fleurie lorsque celle-ci est arrondie.
  3. Terme botanique se rapportant aux boutures réalisées sur plantes vivaces.
  4. Fente d’une clé.
  5. Excroissance observable suite à une bouture végétale mal exécutée.
  6. Se dit d’une petite bouteille dans laquelle sont enfermées des girolles (très appréciée des collectionneurs).
  7. Jeu ancien proche de la marelle pratiqué dans les régions provençales jusqu’au 20èmesiècle, aujourd’hui désuet.
  8. Plante vivace méditerranéenne à feuilles dentelées traditionnellement utilisée comme remède contre la toux après macération.
  9. Se dit d’une personne dont le métier est de faire rouler les cailloux hors des chemins, souvent en tapant ceux-ci du pied.

CHRYSOBULLE

  1. Désigne l’état d’une bulle en cours de formation.
  2. Autre nom d’une réunion de crise en conciliabule.
  3. Fleur de couleur bleue ou rouge à la forme arrondie, poussant à plus de 800m d’altitude.
  4. Se dit d’une bulle d’air enfermée dans la pâte de verre lors du façonnage de celle-ci.
  5. Terme utilisé en économie désignant l’état de crise dans lequel un pays se trouve les années suivant l’éclatement d’une importante bulle immobilière.
  6. Un caisson de cryogénisation qui aurait dysfonctionné et qui se retrouverait dans un cimetière, fleuri de chrysanthèmes.
  7. Cocon animal de forme sphérique.
  8. Chrysanthème qui fait des bulles au lieu de fleurs. Plante très rare et très fragile.
  9. Le plus solennel des diplômes impériaux de l’Empire byzantin, scellé de la bulle d’or.

BOËSSE

  1. Forme de poésie courtoise uniquement récitée par les participants d’un tournoi avant le début de celui-ci.
  2. Région reculée du monde, située entre la Boême et les Boers, particulièrement célèbre pour son architecture gothique.
  3. Ensemble des œuvres de la Boétie.
  4. Plat régional de l’Auvergne à base de pieds de cochon et de chou. Se mange chaud en hiver et froid en été.
  5. Qualificatif issu des écrits littéraires de l’auteur Étienne de la Boétie, s’utilise pour désigner un état de languissement prolongé.
  6. Désignait au 18èmesiècle, en patois alpin, une brebis égarée du troupeau pendant le pâturage. Ce mot, dérivé du cri de l’animal, n’est aujourd’hui plus utilisé.
  7. Terme de poésie désignant une alternance de rimes féminines et masculines dans un sonnet.
  8. Brosse métallique destinée à ébarber et à brunir le métal.
  9. Style de vie très proche de la Bohème, initié au milieu du 20èmesiècle en Boétie.
On aurait pu payer des gogo-dancers mais on avait mieux : Alfie s’est offert à nous.

L’amour, le vrai

TALUTER

  1. Donner la forme d’un talus.
  2. Tondre et surélever les talus bordant les départementales afin de prévenir les risques de submersion.
  3. Construire un talus.
  4. Action de créer ou refaire les talus en bord de route.
  5. Action de buter contre un talus.
  6. Action de former un talus au bord des routes de montagne.
  7. Verbe du 1ergroupe décrivant l’action de raboter les talus pouvant se former sur les rebords de fossés le long des routes, dans le but de rendre ces mêmes fossés moins profonds et donc moins dangereux.
  8. Mettre une taloche et se sauver sans honneur.
  9. Façonner le relief en talus.

MUSCIDÉ

  1. Famille de mammifères produisant naturellement du musc.
  2. Un muscidé est un mécène ne pouvant financer qu’un seul artiste (utilisé durant la Renaissance en France).
  3. Famille de petits rongeurs à laquelle appartiennent notamment la musaraigne et le rat des champs.
  4. Spécificité du musc de l’espèce des cervidés.
  5. Petit animal qui sent fort le musc, à l’aspect très viril, et mis en danger par l’industrie de la parfumerie.
  6. Famille de petits rongeurs dont les phéromones sentent le muscat musqué.
  7. Famille de petits mammifères rongeurs dont font par exemple partie la souris et la musaraigne.
  8. Famille d’insectes diptères à antennes et ailes courtes comprenant les mouches.
  9. Résidu organique sulfurique présent dans le compost après décomposition.

PHALAROPE

  1. Formation rocheuse spiralaire datée du Quaternaire surtout présente en Afrique du Sud.
  2. Oiseau marin de l’Arctique, qui a l’aspect d’une petite mouette.
  3. Représentation abstraite d’un phallus et de trompes de Fallope.
  4. Médecin spécialisé dans les afflictions phalliques.
  5. Dans l’Antiquité, ustensile domestique servant à l’épilation des jambes.
  6. Partie dorsale du thorax des papillons à laquelle sont rattachées les ailes antérieures et postérieures.
  7. Onguent composé d’ambre grise, de cire et de fleur d’oranger, dont l’usage était réservé aux concubines des pharaons.
  8. Insulte désuète désignant communément les valets de pied impolis. Si son origine reste obscure, on peut attester de son utilisation dès le 16èmesiècle.
  9. Se dit d’une personne qui a la phobie des pharaons.

IDIOPHONE

  1. Objet produisant du son.
  2. Inventé en 1923, un idiophone est un petit appareil en cuivre doté d’un microphone pouvant, à partir d’une base de données préalablement enregistrée, reconnaître un idiome par sa phonétique.
  3. Instrument de musique produisant un son à partir de son propre corps au lieu de le produire à partir d’un élément ajouté tel que des cordes ou une membrane (par exemple le xylophone, le triangle, les castagnettes).
  4. Service téléphonique proposant de répondre à des questions honteuses (Exemple : « Suis-je idiot ? > Possible. »).
  5. Se dit d’un parler propre à un individu.
  6. Adjectif qualifiant les personnes dans l’incapacité d’entendre les idioties des autres.
  7. Néologisme provenant d’une erreur de locution dans sa langue maternelle.
  8. Qui parle un idiome.
  9. Appareil malheureusement fictif destiné à ne plus entendre d’idioties.

AUTOTOMIE

  1. Acte chirurgical et mécanique visant à forer un trou dans un moteur automobile pour le rendre plus docile.
  2. Autonomie s’acquérant par la possession d’une automobile.
  3. Ablation d’un organe ou d’une partie du corps pratiquée par le patient sur lui-même.
  4. Se dit d’une boule de mie de pain dont la passion est d’écrire des fanfictions AU (de l’anglais Alternative Universe) sur le groupe anglophone « Toto ».
  5. Mutilation réflexe d’une partie du corps chez certains animaux afin d’échapper à un danger ou à un prédateur.
  6. Fait d’acquérir l’autonomie dans la dégustation du fromage.
  7. Capacité à s’amputer d’une partie de son corps, à l’exemple de certains lézards et de leur queue.
  8. Opération consistant à se retirer soi-même un poil incarné.
  9. Opération chirurgicale pratiquée sur sa propre personne.
Les Plumes ont révélé leur vrai visage

Bonnes réponses : 6-4-9-8-1-8-2-3-5/7

 

Signé Eilish, Ery et Nana, vos fidèles envoyées sur place !

3 commentaires à propos de “IRL de l’été 2018 : de Payrac à Payrac-Argenté-sur-Oise-en-Corrèze

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