Interview de Laure

Bonjour lecteurs et lectrices !

Ça y est, les beaux jours sont arrivés, la chaleur et les habits légers sont de mise… même si cela va parfois de pair avec les premières allergies aux pollens ! La Plume qui a accepté de partager quelques anecdotes croustillantes pour ce numéro s’est renouvelée comme le printemps… autrefois connue sous le pseudonyme d’Ethel, merci d’accueillir Laure !

 

1. Alors, comment s’est passée ton installation sur le nouveau forum ?

D’abord, je voulais dire que je suis honorée de figurer ici. Merci beaucoup Slyth pour l’invitation !
J’ai mes petites habitudes et j’ai du mal avec le changement (dit celle qui s’expatrie tout le temps haha) alors au début j’étais un peu déstabilisée je dois dire. Mais ça va, je me suis vite adaptée et maintenant je ne reviendrais plus en arrière ! Déjà parce que je suis fort heureuse de ce changement de pseudo. Plusieurs Plumes sont devenues de vrais amis dans la vraie vie, et je ne me faisais pas trop à me faire appeler autrement que par mon prénom en dehors du forum. Je dirais même que ça me mettait un peu mal à l’aise. Maintenant tout rentre dans l’ordre.

2. Ça fait longtemps que tu écris ? Comment es-tu tombée dans cette marmite ?

Ça oui, très longtemps ! Je ne sais pas vraiment comment ça a commencé. Je pense que, petite, j’aimais tellement les livres et les histoires que j’ai rapidement voulu en produire moi-même. À six ans, je fabriquais de petits livres agrafés et illustrés par mes soins. À neuf ans, j’ai écrit une petite histoire que j’ai envoyée à J’aime lire pour qu’ils la publient. Pas de réponse de leur part ! J’en suis encore vexée. Remarque, ils ont bien fait, c’était immonde comme truc.
Ce qui est peut-être inhabituel chez moi, c’est que l’écriture a toujours précédé l’histoire : je n’écris pas parce que j’ai quelque chose à raconter, mais parce que j’aime écrire et m’immerger dans un monde à moi, que j’ai d’ailleurs souvent du mal à construire. Écrire, pour moi, c’est une sorte de thérapie pour survivre à la vie.

Et donc enfant, puis adolescente, je me suis souvent trouvée, dans les longs trajets de voiture, pensive, regardant par la fenêtre, cherchant de toutes mes forces dans ma tête vide une idée d’histoire à venir.

3. Quels genres de fictions et de fanfictions aimes-tu lire sur le site ?

Dure question. En fait, j’ai tellement de mal à lire sur écran que la lecture sur FPA n’est jamais un loisir complet pour moi, je n’arrive pas à m’y évader comme je peux le faire avec un livre papier. Je lis presque exclusivement pour commenter et pour essayer d’aider les autres comme on m’aide avec mes propres textes. Bien sûr ça ne m’empêche pas d’apprécier ce que je lis, de rigoler et de m’émerveiller ! Mais ce n’est jamais aussi immersif qu’un livre à cause du cadre.

Et donc comme je lis plutôt par volonté d’aider que par plaisir, je choisis mes histoires en fonction de leur auteur beaucoup plus que de leur contenu ; je lis des amis et des gens qui me lisent.

Il faudrait que je me procure une liseuse, je suis sûre que si j’en avais une, ma réponse à cette question serait tout à fait différente !

4. Selon toi, qu’est-ce qui fait une bonne héroïne (ou un bon héros) de roman ?

Je pense qu’un bon héros est un personnage complet et cohérent, qui fonctionne et qui est en accord avec le reste de l’histoire. Si on est dans une histoire réaliste (enfin réaliste côté humain, pas forcément côté univers), j’aime qu’il ait des objectifs, des comportements et des réactions réalistes, et j’aime beaucoup l’idée de besoins des personnages dont Cricri parle souvent : les besoins entrent parfois en contradiction avec les objectifs, et ça peut être intéressant. Donc un bon héros pour moi doit avoir des défauts, des qualités, des forces et des faiblesses ; là je peux m’identifier à lui, ou à tout le moins comprendre ce qui motive ses différents choix. Mais si on est plutôt dans de l’absurde, alors là, il peut être aussi absurde qu’il veut et je l’observe, amusée ou fascinée, sans avoir forcément besoin de m’identifier. Il faut juste que ce soit cohérent avec le reste.

Et puis aussi, j’aime bien quand le personnage partage mes valeurs, au moins les plus fondamentales, mais ce n’est pas nécessaire pour que je plonge dans l’histoire.

5. As-tu des héroïnes favorites (qu’il s’agisse de personnes fictives ou réelles) ?

Fictives, je ne sais pas. Je ne suis pas le genre de lectrice qui s’attache tant que ça aux histoires qu’elle lit (enfin à l’époque j’ai pleuré en terminant la série Quatre filles et un jean parce que j’ai eu l’impression de perdre des amies, lol. Puis l’autrice a sorti un quatrième tome, puis un cinquième, et je me suis sentie bête). Je lis, je me laisse porter, puis j’analyse, je discute, mais je ne m’attache plus comme avant. C’est peut-être mes études de lettres qui m’ont désensibilisée, mince…

Mais des héroïnes réelles, j’en ai plein ! Il y a Simone de Beauvoir, si inspirante, dont j’ai lu les mémoires et qui m’a énormément apporté sur des tas de plans dans ma vie ; J.K. Rowling, dont le discours donné à Harvard le jour de mes treize ans devrait être entendu par toute la planète (vous le trouverez sur Youtube) ; Christelle Dabos (eh oui, vous ne vous y attendiez pas) dont l’imagination, la discipline, la générosité et l’humilité m’impressionnent chaque jour ; ma maman, etc.

6. Mon petit doigt m’a confié que tu avais un nouveau projet de roman… peux-tu nous en dire plus ?

Volontiers ! Eh bien c’est venu d’une nouvelle que j’ai envoyée au Prix du jeune écrivain en février dernier (j’y participe depuis plusieurs années, un super concours, j’encourage tous les 15 à 27 ans à participer, en particulier les non-Français (car c’est gratuit pour tous les « étrangers »)). En l’écrivant, je me suis dit que ça me plaisait trop pour que ça s’arrête à la nouvelle, et j’ai eu envie d’aller plus loin. Et voilà, maintenant j’essaie de transposer le concept sur un roman, et c’est à peu près mon seul texte littéraire en cours. Je séchais un peu sur Astel de toute façon.

Ça raconte l’histoire de Rebecca, une jeune fille qui vit dans un monde gris depuis qu’elle a lentement perdu la faculté de voir les couleurs. Sous la métaphore, je voulais parler de l’espèce de blues du millénial qu’on est plusieurs à connaître, je crois. Bon, dans son cas, c’est probablement une vraie dépression, mais je ne m’y connais pas tellement sur le sujet.

7. Cette histoire a-t-elle déjà une fin ou tout reste-t-il encore à inventer ?

Elle a en théorie déjà une fin, et ce serait la même que celle de ma nouvelle, mais qui sait si mon écriture ne m’emmènera pas sur un autre chemin ? Je n’écris qu’avec un plan très vague et qui est sujet à modifications, donc rien n’est sûr. Disons, donc, que je me laisse porter, mais que j’ai pas mal de bouées de sauvetage sur le chemin !

8. Ce projet est-il une occasion pour toi de relever des challenges en tant qu’auteure ? Lesquels ?

Ah ça oui ! Déjà, pour moi, le roman est toujours un challenge, parce que c’est long et que j’ai souvent peur de me perdre en chemin, de dévier, malgré les bouées que j’évoquais plus haut. À la fin j’ai l’impression d’obtenir un texte moins cohérent et moins entier que quand je termine une nouvelle. Pour les textes courts, il est beaucoup plus facile pour moi d’avoir une vision d’ensemble de ce que j’ai écrit, alors que dans le roman, c’est plus compliqué. Là, plus j’écris, plus j’ai des doutes ; j’ai l’impression d’escalader une échelle qui se courbe légèrement de droite à gauche et qui risque de se casser, ça me donne le vertige.

Et puis c’est aussi la première fois que je me lance dans un roman qui ne s’inscrit pas dans une saga pour la jeunesse, alors les codes sont différents. Quand j’ai commencé, ça coulait tout seul ; la nouvelle a été relativement facile à écrire, surtout grâce à l’aide que j’ai trouvée ici. Et puis après, le début du roman, qui reprend beaucoup de la nouvelle, a franchement été un jeu d’enfant, mais maintenant ça commence à se complexifier dangereusement ; je dois beaucoup construire et continuer d’apprivoiser ce nouveau type de texte.

Donc oui, c’est tout un défi ! Mais je m’amuse beaucoup et je pense que j’ai bien fait de laisser Astel de côté pour me lancer là-dedans.

9. As-tu recours à des grigris, un doudou ou une danse spéciale pour faire venir l’inspiration ?

Non pas du tout ! Je n’ai jamais vraiment compris ce qu’était l’inspiration. J’oublie toujours le moment précis où une idée m’est venue, je dirais que ça se forme plutôt comme une boule de neige : au début c’est un petit flocon auquel je ne fais pas attention, et petit à petit d’autres éléments viennent s’ajouter. Quand l’idée est assez développée, je me sens prête à commencer à écrire. Je ne suis pas trop le genre d’autrice qui connaît ces espèces d’éclairs de génie qui remplissent d’adrénaline et donnent tout de suite très envie d’écrire quelque chose ; chez moi ça se fait très progressivement, parfois sur des mois.

Et puis une fois l’écriture commencée, ce qu’il me faut c’est juste du travail et de la discipline, et je me mets à coudre mes quelques idées ensemble et à meubler les trous. Je ne sais pas trop ce que c’est, le syndrome de la page blanche. Dès que je trouve la motivation de travailler vraiment sur mon texte, j’ouvre le document et je me force à écrire ; je n’ai jamais connu le moment où on ouvre le document en se disant « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire ? ». En fait, tous mes problèmes de non-productivité sont dus à de la paresse et non à de réels blocages.

10. Pour finir, y aurait-il quelque chose en particulier que tu voudrais dire aux personnes qui sont en train de nous lire ? Un message à leur transmettre peut-être ?

Euh… je ne sais pas. Continuez de lire le plus possible et de commenter des textes sur FPA ? S’il y a une chose que j’ai apprise depuis mon arrivée sur Plume d’Argent, c’est bien que lire et commenter les autres est hautement enrichissant. Maintenant j’ai développé le réflexe de m’interroger sur l’efficacité de ce que je lis, sur ce qui me plaît et ce qui me plaît moins, et je pense que ça m’a beaucoup fait grandir dans ma propre écriture parce que maintenant je me sens plus critique envers ce que j’écris. Et puis si ça peut aider les autres en même temps, ça me fait très plaisir.
En fait, ce conseil, je me le donne surtout à moi-même, parce que je suis loin de commenter autant que ce que je devrais.
À part ça, je dirais je vous aime et merci pour tout ?

 

Ainsi s’achève cette interview.

Je tiens à remercier Laure pour l’enthousiasme dont elle a fait preuve dès le début de notre collaboration. Je ne sais pas pour vous mais, pour ma part, en découvrant ses réponses, j’ai vraiment eu l’impression de ressentir son ton pétillant et enjoué ! Je me suis également pas mal retrouvée dans ses propos. Et vous ? N’hésitez pas à réagir à cette interview dans les commentaires !

Ma chère Laure, je te souhaite une très belle suite de parcours avec ton roman et encore plein de chouettes challenges à relever à l’avenir !

Gardez vos plumes affûtées,

Slyth

3 commentaires à propos de “Interview de Laure

  1. Merci Slyth pour cette belle interview, tu as raison, on reconnaît bien Laure dans ses propos ^^.
    Laure, je pense que tu feras quelque chose de bien et comme toujours de beau avec « Rebecca ».
    Je me reconnais beaucoup dans tes dires, c’est malheureusement aussi souvent la paresse qui m’empêche d’écrire… Par contre, les idées « de génie » (enfin, si on peut appeler ça comme ça…) me viennent souvent par éclair, mais c’est aussi parce que j’y réfléchis souvent et qu’à la fin ça finit par se déloquer…
    Désolée de t’avoir posé un lapin mardi pour ton cours, j’avais piscine 😉 !

  2. J’aime beaucoup la métaphore du flocon qui devient boule de neige, je pense qu’on est beaucoup à passer par ce processus 🙂
    Moi j’aurais aimé savoir si Laure prévoyait un jour d’écrire une fiction basée sur les vidéos youtube, ou bien en savoir plus sur sa vie secrète en tant qu’espionne stalkeuse, mais ça rentrait peut-être hors du cadre de l’interview 😀

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