Personnages #3 – Les personnages secondaires

Dans le cadre de notre partenariat, l’agence Sélène nous a communiqué une liste des erreurs les plus fréquentes dans les romans en recherche d’éditeur. Nous avons conjointement décidé de vous transmettre chaque conseil de Sélène, accompagné de pistes de réflexion.

Le conseil de Sélène :

Ils ne doivent en aucun cas servir de faire valoir au héros. Il faut apporter le même soin à vos personnages secondaires qu’à votre personnage principal. Cela rendra les échanges riches et participera à rendre aimable vos intervenants.

Attention néanmoins à ne pas trop les multiplier. S’ils viennent s’ajouter au cours du récit ou d’une saga cela s’entend, mais il faut toujours faire en sorte que le lecteur ne se noie pas sous les informations.

Commentaire de Plume d’Argent :

Appartenez-vous à la catégorie des auteurs « maman poule » qui tombent systématiquement amoureux de leurs personnages secondaires ? Oh, au début, vous n’aviez pas prévu de leur attribuer un grand rôle. Puis vous leur avez donné un nom. Et le personnage, qui était supposé retourner dans les coulisses et ne plus en sortir, s’est incrusté sur scène. Comme tant d’autres avant lui. Au fond, tant que ces personnages servent votre propos, c’est qu’ils ont leur place dans l’histoire. Attention toutefois à ce que cette place soit la bonne.

Parce que je le vaux bien

Comme Sélène l’a souligné, « faire-valoir » n’est pas un rôle intéressant. Un personnage secondaire ne doit pas exister uniquement pour renforcer les qualités du héros en offrant une version affadie de lui-même (l’acolyte moins fort, moins intelligent, moins adroit, moins tout) ou en faisant son éloge à qui veut l’entendre (parce que vous comprenez, le héros est trop modeste pour se mettre en avant).

Il existe par lui-même, possède son propre point de vue, ses propres motivations et ses propres besoins qui, s’ils peuvent converger avec ceux du héros, ne sont pas les siens. Les questions que nous nous étions posés dans le conseil « Définir son personnage » s’appliquent aussi à lui.

On peut y ajouter les questions suivantes : Relation avec le héros ? Relation avec l’antagoniste ? Fait-il avancer l’intrigue (aide physiquement ou psychologiquement le héros) ? Fait-il obstacle à l’intrigue (empêche physiquement ou psychologiquement le héros) ? Que désire-t-il le plus au monde ? Quels efforts est-il prêt à faire pour l’obtenir ? Qu’est-il prêt à sacrifier ?

Pousse-toi de là que je m’y mette

Le travers inverse serait de tellement développer votre personnage secondaire qu’il finit par éclipser le héros par sa seule présence dans la scène. Si vous vous apercevez qu’un personnage secondaire occupe de plus en plus de place, prend de plus en plus d’importance et que vous le trouvez au final bien plus consistant que votre personnage principal… c’est peut-être que vous vous êtes trompé de héros.

Mais si ce sont tous vos personnages qui se mettent à envahir la scène, accordez-vous un temps de réflexion. On les accumule, on s’attache à tous, on veut leur donner de la visibilité, mais concrètement, servent-ils réellement l’intrigue en cours ? Non ? Ça peut avoir des allures d’infanticide, mais peut-être devez-vous envisager de vous défaire de certains personnages. Peut-être auraient-ils leur place dans une autre histoire ? Mieux vaut privilégier une petite galerie de personnages bien campés et approfondis qu’un éparpillement de personnages qui partent dans tous les sens.

Dans le cas des grandes sagas, il est évidemment normal que la famille s’étoffe avec le temps. Faites juste attention à ne pas asséner trop de personnages à la fois au lecteur. Introduisez une nouvelle galerie de personnages quand il s’est bien familiarisé avec la première.

Ami ou ennemi ?

Les figures du traître et du repenti sont des figures passionnantes à traiter sur le plan dramatique.

Le personnage secondaire peut ainsi être un faux allié. Cet ami qui poignardera le héros, dans le dos ou droit dans les yeux. Plus l’amitié est grande et sincère, plus l’impact de cette trahison sera puissant sur l’histoire entière.

Le personnage secondaire peut également être un faux adversaire. Ce gars du camp adverse qu’on ne sent pas depuis le début, sauf que non, en fait, il trahit son propre camp pour se rallier à la cause du héros.

Là encore, quel que soit le cas de figure, prenez le temps de réfléchir aux motivations profondes du personnage qui trahit les siens.

Et vous ? Quelle relation avez-vous avec vos personnages secondaires ?

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