Récit #4 – Action, introspection, description

Dans le cadre de notre partenariat, l’agence Sélène nous a communiqué une liste des erreurs les plus fréquentes dans les romans en recherche d’éditeur. Nous avons conjointement décidé de vous transmettre chaque conseil de Sélène, accompagné de pistes de réflexion.

Le conseil de Sélène :

LE RATIO DESCRIPTION / ACTION : Bien sûr il s’adapte au type de récit. Cependant, de manière générale, l’action ne doit pas dominer le récit. Les pauses dans l’action sont des éléments indispensables à la mise en place d’un récit.

L’ABSENCE DE PAUSES : Les pauses dans le déroulement de l’intrigue et dans l’action sont essentielles dans l’appréhension des personnages. Il faut laisser aux personnages l’opportunité d’analyser les situations dans lesquelles il se trouve et de ressentir les choses. Il doit pouvoir avoir peur, faire le point sur ses erreurs, progresser, être triste, reprendre espoir, se résigner…etc. Il est important de pouvoir développer des moments où votre héros s’exprime. Car ce sont ces moments-là qui font que le lecteur s’attache à vos personnages.
Sans ces passages, les personnages restent creux.

 

Commentaire de Plume d’Argent :

Il y a quatre grands « moments » qu’on retrouve dans les romans : le dialogue, l’action, la description et l’introspection. Ça n’a, bien sûr, rien d’une loi universelle. Il existe par exemple des full-dialogues et des zéro-description qui fonctionnent extrêmement bien. Mais voilà, dans la majorité des cas, votre personnage fait, parle, voit, sent, ressent, cogite, etc. La place que nous accordons à chacun de ces moments aura des conséquences sur le rythme du récit, sur son atmosphère et sur sa profondeur. Ce sont des techniques d’écriture aussi différentes que complémentaires et nous ne les maîtrisons pas forcément toutes de la même façon. Nous n’aborderons pas ici le dialogue qui fera l’objet d’un conseil à part entière, mais voici quelques pistes de réflexion sur les autres moments du récit.

L’action

S’il y a un conseil qui revient souvent en la matière, c’est bien « show, don’t tell. » Une scène gagnera en impact si, au lieu d’expliquer au lecteur que votre personnage ressent de la colère, vous le montrez directement en train de dire sa colère – ou de casser sa chaise sur la tête de quelqu’un. Un autre conseil récurrent pour les scènes d’action concerne le rythme des phrases mêmes : une syntaxe courte, voire elliptique, donnera une impression d’urgence. Plus les phrases s’allongent, plus leur syntaxe se complexifie à grands renforts d’adverbes, d’adjectifs et compagnie, et plus le rythme de l’action se dilue au contraire dans le temps. À vous d’en jouer selon l’effet recherché.

L’introspection

En musique, les silences sont aussi importants que les notes. Aménager des pauses dans un récit en alternant scènes d’action et ressenti des personnages peut permettre au lecteur de s’immerger plus en profondeur dans le texte. Savoir ce que pense et ressent un personnage, comment il vit la situation, pourquoi il en arrive à faire tel choix peut permettre au lecteur de s’identifier à lui. Mais jusqu’à quel point peut-on dire ce qui n’appartient pas toujours au domaine du langage ? L’auteure Carole Trébor a fait par exemple le choix de ne pas exprimer les émotions les plus intimes de son héroïne. Parce que parfois un vrai silence est plus fort que n’importe quel mot.

La description

Si vous n’êtes pas à l’aise dans ce domaine, il n’y a pas de quoi en faire un complexe. Une description n’a pas besoin d’être longue et détaillée pour être évocatrice. Et surtout, elle n’a pas besoin d’être exclusivement visuelle. Quelques mots bien choisis, faisant appel aux sens, peuvent suffire : « Il fait gris, sale, mouillé. Les voitures passent avec un bruit de soie déchirée. » (Janine Boissard) Le décor est planté, on y est.

Et vous ? Quelle place accordez-vous à l’action, à l’introspection et à la description dans votre récit ?

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