Les Plumeporters à Montreuil

Du 2 au 7 décembre, c’était le Salon de la Littérature et de la Presse Jeunesse, à Montreuil. C’est toujours pour les Plumes l’occasion rêvée de festoyer ensemble, de concilier IRL et littérature, d’envahir le resto japonais à proximité et de traumatiser quelques auteurs et lecteurs au passage. On se souvient de l’affaire des chapeaux Naruto en 2014… Cette année n’a pas fait exception à la règle !

Ce qu’il y a de nouveau en revanche, c’est qu’entre trois fous rires et sept parties de Loup-Garou, les Plumeporters se sont furtivement esquivées (que personne n’ose nous contredire) pour se la jouer vraies journalistes… Et interroger les auteurs en dédicace aux quatre coins du Salon ! Armées de nos téléphones en mode dictaphone – merci encore à Danah de nous avoir épargné l’angoisse de devoir tout consigner dans un carnet – nous avons multiplié les excuses bancales pour nous éloigner des Plumes et opérer en discrétion. Ce qui s’est révélé un échec total pour la journée du vendredi, même si nous avons pu sauver les apparences le samedi.

Nous en profitons donc pour présenter toutes nos excuses aux autres Plumes : si nous disparaissions par moments, c’était pour la bonne cause. Nous tenons aussi à remercier chaleureusement les auteurs que nous avons interviewés : Vincent Villeminot, Tristan Koëgel, Flore Vesco, Alex Alice, Béatrice Bottet, François Descraques, Slimane-Baptiste Berhoun, Vincent Cuvellier et Victor Dixen. Ils se sont tous prêtés à l’exercice avec amabilité et nous ont donné des réponses variées et intéressantes.

 

Voici donc le résultat de notre dur labeur et nous sommes ravies de vous le présenter !

 

Vincent Villeminot

Vincent Villeminot est journaliste, spécialiste des questions de l’éducation. En 2002, il signe son premier livre, Anatole n’aime pas l’école, et poursuit une carrière de romancier en multipliant les genres. Ouvrages jeunesses, thriller pour adultes et œuvres pour jeunes adultes, Vincent Villeminot touche tant par la diversité de ses travaux et de ses thèmes que par la rudesse de son écriture.

 

Dans quelle mesure les mythes, légendes et religions vous inspirent dans l’élaboration de vos intrigues ?

 

Dans aucune mesure. J’essaye de commencer par le monde réel. Il peut arriver que je me rende compte en cours d’écriture qu’un mythe ou une légende fait écho à ce que j’écris, mais je n’en prends jamais pour source d’inspiration.

 

Vous pensez qu’il peut s’agir d’une inspiration inconsciente, alors ?

 

Non, je ne pense pas. Je pense au contraire qu’un vrai mythe, c’est une histoire universelle et intemporelle. Elle répond à des questions qu’on se pose à chaque époque, elle est un moyen d’aborder ces questions. Donc ce n’est pas que le mythe m’inspire inconsciemment, c’est juste que ses réponses restent valables.

 

L’actualité de notre monde trouve-t-elle écho dans vos textes ? Peut-être un peu dans U4 ? Et si oui, quel message cherchez-vous à transmettre ?

 

L’actualité est essentielle pour moi, j’écris en regardant le monde comme il va ou comme il ne va pas. J’estime que mon rôle d’écrivain, c’est de parler de ce monde. Après, je ne cherche pas à délivrer un message, mais éventuellement à raconter le monde. Si message il y avait, ce serait de regarder ce monde-là en m’adressant à des jeunes gens de 14 ans ; peut-être que je suis un peu plus désillusionné qu’eux, et que j’ai un regard qui pourrait les inspirer eux. Le but, c’est que mon regard soit pour eux source d’inspiration et pas de message. C’est pour ça qu’on a détruit le monde dans U4, qu’on l’a mis dans les mains des adolescents, mais qu’on n’a pas commencé à le reconstruire. Le reconstruire, c’est à eux de le faire.

 

 

Tristan Koëgel et Flore Vesco

« Tristan Koëgel est né en 1980 et vit à Aix en Provence. Après avoir été tour à tour distributeur de prospectus, garçon de café, pizzaïolo, animateur radio, écrivain public, il obtient une maîtrise de Lettres et enseigne la littérature et la langue française.

Épaulé par sa fille et sa compagne, Tristan Koëgel a l’ambition folle de visiter tous les pays du monde en ramenant à chaque fois une histoire à raconter. »

Il a écrit notamment le très bien accueilli Bluebird, qui raconte une rencontre à l’époque de la ségrégation raciale aux États-Unis. On n’a pas encore lu le livre, mais les quelques mots qu’on a échangés avec l’auteur donnaient envie !

« Flore Vesco a fait des études de lettres et de cinéma. Elle aime les anagrammes, les rébus, les listes et tout ce qui a des bulles (le champagne, le bain moussant, la bande dessinée…). De cape et de mots est son premier roman. »

L’histoire se passe visiblement au sein d’une cour pleine de manigances, de complots et d’intrigues, où Serine devra se faire une place en tant que demoiselle de compagnie. Parce qu’elle ne veut pas se marier ! (Ça vous évoque quelque chose ?)

 

Dans quelle mesure les mythes, légendes et religions vous inspirent quand vous écrivez ?

 

FV: Je pense que c’est une matière très intéressante. Pour le moment, je n’ai jamais écrit à partir de ça, mais si je le faisais, je pense que j’irais chercher vers la mythologie nordique. Ou quelque chose de moins retravaillé que la mythologie grecque, où on a eu par exemple Percy Jackson de Rick Riordan… (Qui s’est d’ailleurs attaqué à la mythologie nordique récemment, selon Elka)

TK: Je n’ai pas non plus eu l’occasion de travailler là-dessus, mais je suis assez passionné de mythologie gréco-latine…

FV : La mythologie hindoue, aussi, il y aurait des choses super à faire.

TK : Le mythe, je pense que c’est un trait d’union entre plusieurs civilisations, dont la nôtre. Je pense que ça fait partie du bagage culturel qui sert à cultiver notre imaginaire.

 

Est-ce que, dans ce que vous écrivez ou dans ce que vous lisez, vous avez parfois l’impression de voir des ressemblances avec les mythes ? Même involontaires ?

 

FV : Oui, d’un point de vue narratif, ça arrive souvent. Par exemple, pour mon livre, j’ai une structure qui rappelle le conte, donc forcément, quelque part, ça peut remonter jusqu’au mythe. L’obstacle à franchir, ce genre de choses… Sur l’intrigue et les schémas narratifs, je pense que les mythes ont un côté universel.

 

En quoi l’actualité vous inspire, ou ne vous inspire pas ? Est-ce que vous essayez de faire passer un message ?

 

FV : Personnellement, non. D’abord parce que je mets longtemps à écrire, donc je ne vais pas parler d’un événement qui survient alors que je suis en plein milieu de l’histoire. Après oui, on est influencés par l’ambiance ! Les événements récents ont amené une ambiance très particulière en ce moment en région parisienne, et on est touchés plus ou moins inconsciemment ; ça se ressent peut-être quand on écrit. Sinon, ce n’est pas une source d’inspiration pour moi.

TK : La littérature jeunesse permet d’apporter un autre regard sur l’actualité. Passer par l’enfant, par son prisme, c’est regarder le monde différemment. Je pense que c’est important.

 

 

Alex Alice

Alex Alice publie sa première BD, en collaboration avec Xavier Dorison, en 1997. Depuis, il a travaillé sur plus de quatre séries, participé à des ouvrages collectifs et acquis une grande reconnaissance dans le monde de la BD. Les quelques minutes qu’on a passées à l’interviewer nous ont révélé un auteur passionné par son travail, par la mythologie, les sciences, l’Histoire… Et un homme incroyablement ouvert et talentueux.

 

De quelle manière les mythes, légendes et religions peuvent vous inspirer dans vos œuvres ?

 

Oh mon dieu… Vous avez deux heures ! (rires) En gros, pour l’instant, toutes mes histoires en bande dessinée tournent autour des mythes et de la religion, à un degré ou à un autre. Par exemple, j’ai écrit une série qui s’appelle Le Troisième Testament, donc ça parle tout le temps de religion. C’est une aventure médiévale qui tourne autour d’un texte secret, inspiré par Dieu, qui aurait été perdu. J’ai écrit une deuxième série sur cette idée, qui s’appelle Le Troisième Testament – Julius, et qui est l’histoire de la personne à qui le testament aurait été révélé. Je suis en train de terminer le scénario en ce moment, mais ce n’est pas moi qui dessine. J’ai aussi publié Siegfried, une adaptation de mythes et légendes nordiques et germaniques.

 

Alors, vous avez pris les mythes comme base d’inspiration ?

 

Siegfried, c’est la relecture d’un mythe en partant des sources mythologiques que j’ai trouvées. L’avantage, c’est que contrairement à chez Homère par exemple, il n’y a pas un texte unique, les sources et traditions sont multiples. Ça m’a permis d’aller faire une espèce de marché mythologique. J’ai gardé ce qui me correspondait, ce qui me parlait à moi.

 

Donc on peut dire que ça vous inspire carrément.

 

Oui ! Dans le Château des Étoiles, c’est moins direct. Mais à travers le personnage du roi Ludwig, par exemple, les mythes et légendes de la table ronde sont présents. Il y a aussi un propos du roi sur le rôle des mythes et légendes, même dans le monde moderne du XIXème siècle.

Comme c’est un sujet qui m’intéresse, je pense que c’est vraiment difficile, aujourd’hui, de ne pas parler de religion.

 

 

Béatrice Bottet

Béatrice Bottet était autrefois professeure de Lettres et d’Histoire. Aujourd’hui, et depuis un certain temps, elle se consacre entièrement à l’écriture. La saga du Grimoire au Rubis, Fille de la Tempête, l’Encyclopédie du Fantastique et de l’Étrange… Tous contiennent une grande part de fantastique. Elle parle de magie, de légendes, de créatures inconnues et de mythologie ; parfois avec beaucoup d’humour, souvent avec suffisamment de sérieux pour qu’on y croie.

 

Notre prochain numéro porte sur les mythes, légendes et religions. C’est un thème très présent dans vos œuvres. Est-ce que vous êtes partie en prenant les mythes pour base d’inspiration ?

 

Je m’y intéresse depuis que j’ai quinze-seize ans. J’aimais déjà beaucoup tout ce qui est étrange, bizarre et mystérieux. De là, on a vite fait de passer à toutes les mythologies. Celles de l’Antiquité comme celles qui sont moins connues, celles des pays celtes par exemple. Donc on se retrouve avec des contes, avec un imaginaire très vivant, souvent méconnu d’ailleurs, et que moi j’aime bien. Voilà, ça ce serait la réponse express. (rires)

 

Donc c’est vraiment une source d’inspiration pour vous.

 

Ça a formé mon imaginaire, je dirais. Ce n’est pas une source d’inspiration à proprement parler, sinon dans un deuxième temps. Mon imaginaire est plus aventureux que ça. Mais c’est toujours bien d’y mettre un petit poil de fantastique.

 

 

François Descraques et Slimane-Baptiste Berhoun

 

François Descraques est réalisateur, scénariste et acteur. En 2009 il réalise Le Visiteur du Futur, une websérie où un jeune adulte ordinaire se trouve harcelé par un étrange clochard venu tout droit du futur. Le succès de la série est tel qu’au terme de 4 saisons de plus en plus fouillées, François Descraques et Slimane-Baptiste Berhoun (qui joue le Docteur Castafolte) sortent le roman La Meute en guise de saison 5. Il travaille actuellement sur divers projets pour la télé (Dead Landes) ainsi que sur la chaîne Frenchball.

Slimane-Baptiste Berhoun est acteur et réalisateur. Il réalise et interprète la websérie La Théorie des Balls, qui reprend les personnages de J’ai jamais su dire non, et a écrit Les Opérateurs pour le collectif Brainsonic. Frenchballiste de compète, il multiplie les rôles dans divers projets de Frenchnerd. Il joue dans la pièce Milarepa, mise en scène par Stanislas Grassian.

 

Est-ce que vous utilisez l’actualité dans vos séries ? Faites-vous passer un message ?

 

FD : J’ai été contraint, disons, par les évènements, de changer des trucs. Quand tu écris quelque chose, tu peux penser que c’est de la science-fiction et te dire « Ah, ça arrivera jamais dans la vraie vie ». Et quand tu vois que trois semaines plus tard, un mois plus tard, ça arrive, tu te sens vraiment dépassé. La seule façon d’essayer de se reprendre en main, d’être dans le contrôle dans un moment comme ça, c’est de créer quelque chose.

Je pense que tout le monde, tous mes potes créateurs, réalisateurs, etc… On se sentait tellement dépossédés, tellement victimes, qu’il a fallu que chacun essaye de faire quelque chose. Moi, à ce moment-là, c’était de remonter la fin de Rock Macabre pour en faire un truc pas glauque, un truc sur l’espoir, un truc sur la musique qui sauve les gens et pas qui fait peur. Et c’était ma façon, on va dire un peu complètement débile et personnelle, d’essayer de reprendre en main une situation qui nous échappait.

 

S-BB : J’étais affecté par les événements mais ce n’est pas quelque chose qui va influencer mon écriture. En tant qu’évènement ponctuel, ça me touche, mais je n’ai pas besoin de le sublimer dans l’écriture. Par contre, en tant que représentation de quelque chose de plus large qui est, par exemple, le problème de la religion et de comment elle est interprétée, là je trouve que c’est quelque chose qui mérite d’être abordé. Par petites touches, je vais essayer d’en parler en toile de fond dans ce que je vais écrire, parce que j’ai l’impression qu’au niveau global, c’est… enfin, c’est un truc qui me fait chier dans le monde. C’est bien, pour nous, de se dire qu’on fait quelque chose d’utile, qu’on ne fait pas que du « lol » qui part comme ça et qu’on oublie. On divertit les gens pour, quelque part, introduire quelque chose, peut-être pas une réflexion, mais au moins un point de vue qu’on défend.

On a la chance d’avoir des jeunes qui nous regardent, quelque part ça nous donne aussi une responsabilité sur ce qu’on doit leur dire et les sujets sur lesquels on doit porter leur attention. Dire : « Peut-être qu’il faut réfléchir là-dessus aussi ».

 

 

Vincent Cuvellier

Né à Brest en 1969, Vincent Cuvellier publie son premier roman à dix-sept ans. Suivent plusieurs textes pour la jeunesse, dont Kilomètre zéro, La chauffeuse de bus, La nuit de mes neuf ans, etc. Il est l’auteur d’une cinquantaine de livres qui ont obtenu de très nombreux prix et sont traduits en quinze langues.

 

Par rapport à l’actualité, est-ce que vous essayez de transmettre un message aux enfants ?

 

Non, je ne fais pas ça, délivrer un message. Je n’écris jamais mes livres en fonction du thème, mais toujours en fonction du style. C’est d’abord la manière de raconter qui va me faire écrire, jamais je ne me dis « Oh, je vais parler de tel thème », notamment pour les thèmes graves. Par contre, mes livres peuvent parfois mentionner des événements réels, forcément. J’ai pas mal de livres autour de la Seconde Guerre Mondiale, autour de l’enfance en général. Je pars du principe qu’on peut parler de tout aux enfants, il y a juste la manière de le faire. Donc pour les évènements qui se sont passés, comme pour tous les sujets, il faut juste savoir qu’on s’adresse à des enfants. C’est tout.

 

Et ça se manifeste comment, à votre avis, cette conscience qu’on parle à des enfants ? On n’évite pas des sujets mais certaines manières d’en parler, si j’ai bien compris ?

 

Le truc, c’est que je parle simplement, avec des mots simples et sans hypocrisie. C’est-à-dire que je vais être direct, mais sans violence. Par exemple, je ne fais jamais de suspens avec la violence ou la souffrance d’un enfant. J’ai fait des bouquins sur la guerre, mais je ne vais pas monter le truc en sauce pour qu’il y ait du suspens.

 

C’est suffisamment horrible tout seul.

 

Exactement. Pour écrire ce livre, Ils ont grandi pendant la guerre, j’ai rencontré des gens âgés qui étaient enfants à cette époque. Il y en a un qui était juif et qui s’était caché pour échapper au Vel’ d’Hiv’, et à la fin de l’entretien, je lui ai dit « C’est drôle, vous racontez votre histoire d’une manière plutôt marrante, il y a des bagarres, tout ça… ». Il m’a répondu « Mais attendez, c’était déjà tellement tragique, vous ne voulez pas que j’en rajoute en plus ? ».

Inconsciemment, c’est un peu ma ligne de conduite aussi.

 

 

Victor Dixen

Victor Dixen est né d’un père danois et d’une mère française. Enfant, il échappe à la surveillance de ses parents et s’embarque dans les montagnes russes du plus vieux parc d’attractions du monde, le Tivoli de Copenhague. Sujet à d’étranges insomnies depuis cet incident, il consacre l’essentiel de ses nuits à l’écriture de ses romans Le cas Jack Spark et Animale.

 

Dans quelle mesure les mythes, légendes et religions vous inspirent de manière générale ?

 

Les mythes m’inspirent énormément, à travers leur différentes formes. Il y a les mythes, les mythologies qu’on connait, mais aussi les contes qui sont des formes dégradées des mythes. La majorité des contes qui sont venus jusqu’à nous étaient, dans l’Antiquité, des mythes ou des religions. Et puis, avec l’influence du christianisme, de la modernité, ils sont devenus des contes qu’on se raconte à la veillée, ou des comptines, mais qui conservent une charge symbolique et émotionnelle très forte.

Donc pour moi, c’est un matériau très intéressant à travailler, parce qu’on le porte tous en nous dans notre imaginaire collectif. Une réécriture de contes, c’est quelque chose que j’ai beaucoup fait, à la fois dans Jack Spark et Animale ; ça permet pour le lecteur un plaisir de la reconnaissance. On reconnaît des figures mythiques ou de contes qu’on connaît, et ça fait plaisir, comme un refrain de chanson qui revient.

 

Un écho ?

 

Un écho, exactement. Et en même temps, il y a un plaisir de la surprise. « Où est-ce que l’auteur va nous emmener ? Comment va-t-il réinventer le mythe ou le conte ? »

 

C’est super que vous en parliez parce que nous sommes auteurs amateurs, sur le site, et une question qui nous obsède, c’est celle des clichés. On a toujours très peur de tomber dans le cliché, mais là vous semblez dire que c’est une chose dans laquelle on peut se reconnaître.

 

Les clichés, il faut savoir les utiliser. Il ne faut pas se dire « Je n’aurai aucun cliché dans mon livre », parce que sinon on tombe dans un roman expérimental. Si on veut vraiment chercher de l’originalité à tout prix, on va avoir un roman que je dirais « autiste », qui ne parle qu’à l’auteur et qui n’offre aucun point d’accès pour les lecteurs extérieurs. Il faut doser le cliché parce que le cliché est utile aussi, par exemple pour démarrer une histoire. On donne des points de repère pour donner un contrepoint aux éléments d’originalité qu’a choisi l’auteur. Si tout est original, plus rien ne ressort. Si il y a des points d’originalité qui ressortent par rapport à des choses plus communes, là il va y avoir du relief, quelque chose d’intéressant.

 

Est-ce que l’actualité de notre monde trouve un écho dans vos livres ? Vous inspirez-vous aussi du monde réel ? Cherchez-vous à transmettre des messages ?

 

Ça dépend. Je pense déjà qu’on peut transmettre des messages indépendamment de l’actualité. Sur la condition humaine, sur ce que c’est de grandir ; ce sont des expériences à travers lesquelles n’importe quel être passe à un moment donné, et qui sont indépendantes de l’actualité. La littérature, ce n’est pas du journalisme, elle peut s’extraire de l’actualité pour avoir un propos sur ces grandes expériences universelles de l’être humain. Mais elle peut aussi parler de l’actualité avec une certaine perspective, elle a cette chance, par rapport au journalisme, de pouvoir prendre un pas de côté.

En ce qui me concerne ça dépend des romans, mais dans ma dernière série, Phobos, je parle vraiment de l’actualité. Je parle de la conquête de l’espace, de la conquête de Mars, qui n’a jamais été si à portée de main qu’aujourd’hui. Et je parle aussi de notre société, qui est devenue une société de l’image, pour le meilleur et pour le pire car c’est également une dictature de l’image. De la mise en scène permanente, de la télé-réalité, des réseaux sociaux… Les sphères privée et publique se confondent totalement, avec les enjeux économiques qui vont avec. J’ai donc un discours critique sur cette société de l’image à travers Phobos.

 

À ce propos, le résumé de Phobos est très axé sur l’amour, mais manifestement vous avez voulu transmettre plus que ça ?

 

L’histoire d’amour est en surface, le speed-dating est en surface. C’est ce qu’on aimerait donner à voir au spectateur et au lecteur, mais l’enjeu du roman c’est de voir ce qu’il y a derrière. C’est de voir les coulisses, de voir ceux qui tirent les ficelles et de voir le pouvoir de l’image.

 


 

Que dire de plus ? C’était un très beau Salon comme on les aime, avec son cortège d’événements plumesques. Rappelons que nous avons célébré un mariage – celui de Loup et Flammy – et une bonne quinzaine de crémations durant nos parties de Loup-Garou. Rappelons que la maman de Rimeko est venue la chercher au restaurant alors que nous étions en plein fou rire. Rappelons que PA a eu son moment de gloire lorsqu’un illustre inconnu l’a mentionné en conférence. Rappelons que les IRL, c’est que du bonheur.

 

C’est tout pour cette fois, nous espérons que vous avez apprécié !

 

EryBlack et Elka

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